M. Alain Séguy-Duclot

Maître de conférences

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Thèmes de recherche

 

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

 

I. Un relativisme non sceptique

La recherche que je conduis actuellement vise d’abord à explorer le sens nouveau de la rationalité en philosophie du langage, en philosophie de la connaissance et en philosophie des sciences.

        Ce travail commence dans deux ouvrages, Penser la vie (2004), sur la philosophie de la biologie, et Recherches sur le langage (2011), sur la philosophie du langage. Ce dernier veut comprendre le langage dans sa complexité émergente par rapport aux modèles plus simples de la communication chimique (non intentionnelle) puis des langages animaux (intentionnels). Il se prolonge dans un ouvrage, La Réalité physique (2013), qui travaille sur l’hétérogénéité de la théorie physique selon les échelles et sur les phénomènes émergents ie non linéaires, et dans Généalogie des mathématiques (2019), qui explore la relativité des systèmes axiomatiques, des modèles et des logiques.

        Cette recherche a pour cœur une critique du rationalisme, dont le présupposé fondamental depuis Pythagore est que la rationalité logico-mathématique permettrait d’atteindre l’essence de la réalité. Une telle critique du rationalisme n’a pas le sens de l’antirationalisme classique : elle ne vise ni une critique de la raison, ni une remise en cause de la légitimité de la science. Tout au contraire : si le rationalisme est critiquable, c’est parce qu’il n’est pas assez rationnel, et ne cadre plus avec les avancées de la science contemporaine. Le rationalisme eut sa fécondité historique pour légitimer la science face au scepticisme, mais il correspond désormais à un obstacle théorique dont il convient de se passer.

        La critique du rationalisme, à l’œuvre dans la présente recherche, ne conduit pas à une philosophie transcendantale (une synthèse entre le rationalisme et l’empirisme, qui reste toujours du côté du rationalisme). Elle ne conduit pas plus à un relativisme nihiliste ou sceptique (une antithèse simple du rationalisme qui, à ce titre, en dépend toujours conceptuellement). Elle construit un relativisme rationnel, non linéaire et pragmatiste. L’extraordinaire expansion de la science au XIXe et au XXe siècle, aussi bien en mathématiques qu’en physique, y est déchiffrée comme une manifestation de ce relativisme rationnel.

II. L’absolu et le symbolique

Dans le cadre du modèle relativiste rationnel, non linéaire et pragmatiste auquel aboutit cette recherche, se pose la question du statut de l’absolu visé par le projet rationaliste et présent dans l’art, la religion, ou les idéalités de la métaphysique (l’Être, la Vérité, le Bien…). 

        Loin de minorer une telle visée ou de la nier, je la réfère à un mode de pensée spécifique, mais non rationnel, auquel je donne le nom de « pensée symbolique ». Je l’étudie dans Définir l’art (1998, 2e éd. 2017), qui pense l’art comme technique symbolique, et dans Culture et civilisation (2010), qui opère une définition de l’humain comme animal symbolique.

        Éthique (2014), qui prolonge et parachève Recherches sur le langage (2011), étudie le langage dans sa dimension non plus rationnelle mais symbolique, à l’œuvre notamment dans la rhétorique. L’éthique y est construite non pas sur la raison, mais sur la pensée symbolique.

III. Généalogie du débat rationalisme / antirationalisme

Le modèle théorique que je développe dans mes ouvrages de philosophie a pour but de proposer une synthèse nouvelle au débat entre rationalisme et antirationalisme. Mes travaux en histoire de la philosophie sont complémentaires de cette approche dans la mesure où ils opèrent une généalogie de ce débat, à travers trois étapes principales : 1- l’opposition entre la théorie du dieu mesure de Platon et celle de l’humain mesure des sophistes ; 2- la reconstruction par Descartes du rationalisme sur la base de l’humain mesure ; 3- sa reprise dans un cadre désontologisé par Kant. Cette étude généalogique se clôt avec une présentation de la philosophie contemporaine au XXe siècle et au début du XXIe siècle à la lumière de ce débat.

Publications

I PUBLICATIONS PRINCIPALES 

A. PHILOSOPHIE

Livres

 

A1 – Penser la vie, enquête philosophique, Paris, Ellipses, coll. « Philo », 352 p., 2004.

A2 – Culture et civilisation, Paris, Cerf, coll. « Passages », 254 p., 2010.

A3 – Recherches sur le langage, Paris, Vrin, coll. « Analyse et philosophie », 304 p., 2011.

A4 – La réalité physique, Paris, Hermann, coll. « Philosophie », 466 p., 2013.

A5 – Éthique, Hildesheim, Georg Olms, coll. « Europaea memoria », 351 p., 2014.

A6 – Définir l'art [1ère éd., 1998], Paris, Belin, coll.  « Alpha », 288 p., 2017.

A7 – Généalogie des mathématiques, Paris, Spartacus Idh, coll. "Nouvelles visions des sciences, 498 p., 2019.

A8 – L’art, en définitive, Paris, Hermann, coll. « Philosophie », 254 p., 2021.

Articles (sélection)

A9 « Un readymade est-il une œuvre d'art ? », Poétique n° 105, février 1996, Paris, Seuil, p. 32.

A10 « Art décoratif et art iconique », Poétique n° 112, novembre 1997, Paris, Seuil, p. 491-508.

A11 « Qu'est-ce qu'un symbole ? », Philosophie n° 57, mars 1998, Paris, Minuit, p. 79-92.

A12 « Redéfinir l'art », Esprit 8-9, août-septembre 1999, Paris, Esprit, p. 97-108.

A13 « Biologie, bioéthique et ontologie », dans Les usages du vivant, dir. Gaelle Le Dref, Thomas Droulez et Catherine Allamel-Raffin, Strasbourg, Néothèque, 2011, p. 255-265.

A14 « Nouvelle solution pragmatique du paradoxe du Menteur », Dialogue, Cambridge University Press, vol. 53, Issue 4, décembre 2014, p. 671-690.

A15 « Cinq postulats de la théorie des concepts », Philosophie n° 125, mars 2015, Paris, Minuit, p. 63-80.

A16 « Le paradoxe de Richard : une solution kolmogorovienne », Dialogue, Cambridge University Press, vol. 54, Issue 2, juin 2015, p. 209-224.

A17 « Symbolique des noms propres », dans Langage et pensée dans la philosophie française, dir. C. Denat et P. Wotling, Reims, P.U.R., juin 2016, p. 211-231.

A18 « Les modèles philosophiques et leur interprétation », dans Faire de l'histoire de la philosophie ou les présents du passé, dir. Chantal Jaquet, Paris, Classiques Garnier, 2020, p. 45-59.

A19 « Mécanisme et finalité », dans Mélanges en l'honneur de Francis Kaplan, P.U.F.R., 2020, p. 411-429.

B. HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

Livres en nom propre

B1 – Le Parménide de Platon ou le jeu des hypothèses, Paris, Belin, coll. « L'extrême contemporain », 318 p., 1998.

B2 – Dialogue sur le Théétète de Platon, Paris, Belin, coll. « L'extrême contemporain », 281 p., 2008.

B3 – Platon, l'invention de la philosophie, Paris, Belin, coll. « Le chemin des philosophes », 288 p., 2014.

B4 – Descartes, une crise de la raison, Paris, Belin, coll. « Le chemin des philosophes », 368 p., 2017.

B5 – Leçons sur l'esthétique de Kant, Paris, Ellipses, coll. « Hermès », 448 p., 2018.

B6 – Kant, l'humain mesure de toutes choses, Paris, Belin, coll. « Le chemin des philosophes », 234 p., 2019.

B7 – Kant : le premier cercle. La déduction transcendantale des catégories (1781 et 1787), Paris, Classiques Garnier, coll. « Les Anciens et les Modernes – Études de philosophie », 304 p., 2021.

B8 – La philosophie contemporaine. XXe et XXIe siècles, Paris, Ellipses, coll. « Pas à pas » (à paraître en 2022)

Direction d'ouvrage collectif

B9 Modernité des Règles pour la direction de l’esprit de René Descartes, numéro de la Revue internationale de philosophie édité par A. Séguy-Duclot, novembre 2019.

Articles (sélection)

B10 « La structure des hypothèses du Parménide de Platon », Philosophie n° 50, juin 1996, Paris, Minuit, p. 12-29.

B11 « L'analytique transcendantale du corps », Critique n° 635, avril 2000, Paris, Minuit, p. 298-311.

B12 « Savoir et non-savoir dans le Parménide de Platon », dans Platon, l'amour du savoir, dir. Michel Narcy, Paris, P.U.F., p. 121-144.

B13 « Généalogie du sublime », Revue des sciences philosophiques et théologiques, décembre 2004, Paris, Vrin, p. 651-672.

B14 « Humanité et animalité », dans Heidegger et la question de l'humanisme, dir. Bruno Pinchard, Paris, P.U.F., 2005, p. 329-346.

B15 « Einai copulatif et existentiel dans le Parménide de Platon : réponse à une objection », La Revue des Études grecques, t. 120, janvier-juin 2007, Paris, AEEGF, p. 265-280. Texte : https://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_2007_num_120_1_7864?q=s%C3%A9guy-duclot

B16 « Par où commencer ? Parménide 137 a7-b4 », La Revue des Études grecques, t. 122, janvier-juin 2009, Paris, AEEGF, p. 15-60. Texte : https://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_2009_num_122_1_7941

B17 Préface à Spinoza contemporain de Charles Ramond, Paris, L'Harmattan, 2016, p. 5-16.

B18 « Derrida et le parergon, une lecture critique », Kant-Studien, Berlin, New-York, de Gruyter, vol. 108, Issue 1, mars 2017, p. 116-133.

B19 « Présentation : Modernité des Règles », Revue internationale de philosophie, novembre 2019, p. 385-386. Texte: https://www.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2019-4-page-385.htm

B20 « Les Règles au risque du relativisme », Revue internationale de philosophie, novembre 2019, p. 469-489.

 

II. PRÉSENTATION DES LIVRES

A. PHILOSOPHIE

A1. Penser la vie, Ellipse, 2004.

Dans un dialogue entre le chevalier Dupin, personnage fictif, et son contradicteur, ce livre s’efforce de tirer les conséquences philosophiques de la révolution théorique qu’a connue la biologie au XXe siècle. Il entreprend à nouveaux frais une définition de ses concepts fondamentaux, et notamment du concept de vie. Rejetant tout anthropocentrisme, l’enquête philosophique part de la question de l’appartenance ou non des virus au vivant pour interroger deux des préjugés toujours actuels de la théorie de la vie. Tout d’abord l’identification du vivant à l’organique. Puis le primat, communément admis depuis Aristote, de la survie sur la reproduction, laquelle n’offrirait à l’individu qu’une survie seconde au niveau de l’espèce. Par-delà cette critique, l’étude de l’individualité biologique reprend la question centrale de la philosophie : « qu’est-ce que l’humain ? ».

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A2. Culture et civilisation, Cerf, 2010.

Culture et civilisation opère une analyse conceptuelle de la notion de culture. Malgré la multiplicité des formes de culture, une détermination semble commune à toutes : leur lien à l’humanité. Mais comment définir l’humain ? La distinction de l’animal et de l’humain coïncide-t-elle avec celle entre la nature et la culture ? Faut-il rejeter l’idée d’une culture animale ? Répondre à ces deux dernières questions va nous conduire à critiquer les définitions usuelles de l’humain. Ce qui nous amènera à remettre en cause l’articulation traditionnelle de l’humain au logos, que ce terme soit compris au sens restreint, comme langage rationnel, ou au sens large, comme langage.

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A3. Recherches sur le langage, Vrin, 2011.

La philosophie part traditionnellement du sens, compris comme sens conceptuel, dans le cadre du langage humain. Mais partir du sens conceptuel conduit à un paradoxe : on ne peut définir ni la notion de concept, ni même celle de sens. L’ensemble du processus définitionnel, constitutif historiquement de la démarche philosophique, se trouve alors remis en cause. Pour échapper aux principales apories de la sémantique conceptuelle, l’ordre de l’analyse doit être inversé. Partir non du langage humain et du sens conceptuel, mais d’une théorie générale de la communication, qui travaille, comme dans la communication intercellulaire, sur les échanges de signaux dotés non de sens, mais d’information et d’efficace pragmatique. Puis considérer l’émergence du sens dans le cadre des langages animaux, en dehors de toute visée conceptuelle. Enfin, dans un troisième temps seulement, passer à l’étude du langage humain, compris comme le produit émergent le plus complexe de l’évolution communicationnelle et linguistique.

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Extraits en libre accès (aperçu de 65 pages) : https://www.google.fr/books/edition/Recherches_sur_le_langage/za9RLAqDs6AC?hl=fr&gbpv=1&dq=s%C3%A9guy-duclot&printsec=frontcover

A4. La réalité physique, Hermann, 2013.

Si la notion de communication à son niveau le plus simple et le plus général (physico-chimique) repose sur la notion mathématique d’information, définie par C. E. Shannon de façon statistique indépendamment du sens, la philosophie doit penser un primat de l’information sur le sens. Mais penser l’information en tenant compte des acquis de la science au xxe siècle implique de saisir le sens pluriel du probabilisme en physique, de démêler l’entrelacement entre aléatoire et déterminisme, et de délivrer les termes d’incertitude, de désordre, de complexité, et d’émergence de leur confusion native, qui mêle approche statistique et approche algorithmique, point de vue linéaire et point de vue non linéaire.

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Compte rendu : http://www.philosciences.org/notices/document.php?id_document=3015

Émission : https://www.franceculture.fr/emissions/continent-sciences/la-realite-physique

A5. Éthique, Georg Olms, 2014.

Wittgenstein note que l’éthique engage un jugement de valeur non relatif mais absolu. Or, tout sens est, selon lui, relatif. Il en conclut que « l’éthique ne se peut exprimer » (Tractatus, 6.421). Si l’on veut pouvoir théoriser l’éthique, deux voies principales s’offrent à nous. Ou bien revenir à une perspective métaphysique, pour laquelle la visée de l’absolu en soi est possible : on construit alors l’éthique – comme a pu le faire Spinoza – sur la base de la théorie de la substance absolue. Ou bien comprendre l’absolu relativement, comme résultat d’un processus d’abstraction, qui met entre parenthèses les relations dans lesquelles s’inscrit tout objet pour le penser « en soi ». L’approche n’est plus ontologique mais sémantique. Telle sera notre voie. Elle nous ouvrira un espace théorique largement inexploré par la tradition.

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Extraits en libre accès (aperçu de 38 pages) : https://www.google.fr/books/edition/%C3%89thique/SFrmCQAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=s%C3%A9guy-duclot&printsec=frontcover

A6. Définir l'art [1re éd., 1998], Belin, 2017.

La destruction des Bouddhas de Bâmiyân en 2001 ou, plus récemment, l’attaque en 2015 des collections du musée de Mossoul viennent nous rappeler la fragilité de l’art face à la violence du réel et la rareté des grandes œuvres. Plus que jamais, il est crucial d’interroger la distinction entre l’art et le grand art, entre l’art et le non-art – en bref, de repenser l’art.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/a6_definir_l_art_0.pdf                     Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 317 Ko

Extraits en libre accès (aperçu de 24 pages) : https://www.google.fr/books/edition/D%C3%A9finir_l_art/oc9BDwAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=s%C3%A9guy-duclot&printsec=frontcover

A7. Généalogie des mathématiques, Spartacus Idh, 2019.

Généalogie des mathématiques est un ouvrage de philosophie des mathématiques où, dans la continuité de mes précédents livres (Recherches sur le langage et La réalité physique), je défends une compréhension relativiste (la vérité que l’on atteint rationnellement n’est que relative), pragmatique (les consensus rationnels se forment selon des critères théoriques pragmatiques : simplicité, fécondité, etc.) et an-ontologique (on n’a pas affaire à un être absolu, mais à des réalités objectives construites, et non nécessairement isomorphes) de la connaissance mathématique. L’enjeu étant de redéfinir le relativisme dans un sens non sceptique, contrairement à la tradition qui réservait la compréhension de la science au seul rationalisme.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/a7_genealogie_des_mathematiques_0.pdf              Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 2 Mo

Lecture en libre accès : https://spartacus-idh.com/liseuse/042/#page/1

Vidéos : https://spartacus-idh.com/videos/042/

A8. L’art, en définitive, Hermann, 2021.

En s’appuyant sur les Recherches philosophiques (1953) de Wittgenstein, Morris Weitz entend démontrer en 1956 l’impossibilité de toute définition de l’art. Après l’examen de la théorie de Weitz, ce livre étudie quatre théories de l’art appartenant à la tradition dite « analytique », qui ont tenté, avec plus ou moins de radicalité, de contourner cet interdit wittgensteinien et ont eu une grande influence sur la philosophie contemporaine de l’art : 1- La théorie institutionnaliste de George Dickie (1973) ; 2- La théorie réelle d’Arthur Danto (1964) ; 3- La théorie typale de Richard Wollheim (1968) ; 4- La théorie symptomale de Nelson Goodman (1977). L’analyse de ces quatre théories, ainsi que des difficultés qu’elles rencontrent, nous mettra sur la voie d’une nouvelle philosophie de l’art.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-10/a8_l_art_en_definitive_0.pdf

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B. HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

B1. Le Parménide de Platon ou le jeu des hypothèses, Belin, 1998.

L'interprétation du Parménide de Platon se partage traditionnellement entre une lecture métaphysique, d'origine néoplatonicienne, qui parvient à lui donner sens mais ne peut rendre compte de son détail logique, et une lecture « analytique », qui en étudie précisément la logique argumentative, mais conclut sur l'impossibilité d'y découvrir un sens cohérent. Le présent commentaire tente d'échapper à ce dilemme en montrant que ce texte déploie un processus démonstratif continu et rigoureux dont le sens n'est aporétique qu'en apparence. À travers l'examen systématique des rapports de l'un à l'être et au multiple, le Parménide entreprend de refonder l'ontologie par-delà sa critique sophistique.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/b1_le_parmenide_de_platon.pdf    Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 441 Ko

Compte rendu : https://www.les-philosophes.fr/platon/parmenide-ou-le-jeu-des-hypotheses.html

B2. Dialogue sur le Théétète de Platon, Belin, 2008.

Ce livre est consacré à l’étude de l’un des grands dialogues de la maturité de Platon, qui porte sur la définition de la science. Je m’y sépare des trois grandes traditions interprétatives du Théétète (néo-kantisme, phénoménologie et philosophie analytique) en reconnaissant le rôle central du débat entre Socrate et le sophiste Protagoras, que les commentateurs, Heidegger en tête, s’accordent à négliger. En effet, la pensée de Protagoras, telle qu’elle est présentée dans le Théétète, présente une parenté forte avec la théorie de Nietzsche, ou celle de Deleuze : elle nie la possibilité de l’ontologie, abandonne l’idée d’un être caché par-delà les apparences, dénonce le concept de vérité-adéquation et rejette toute théorie de l’identité au profit de la différence pure. Il faudra attendre plus de 2000 ans pour que la philosophie donne la parole à une critique aussi radicale de la métaphysique.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/b2_dialogue_sur_le_theetete.pdf    Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 250 Ko

B3. Platon, l’invention de la philosophie, Belin, 2014.

L’objet de ce livre est de faire comprendre l’émergence de la pensée de Platon, à la fois à partir des conflits entre les philosophes de son temps, notamment Parménide et Héraclite, mais aussi à partir de la remise en cause radicale de la philosophie opérée par les sophistes, principalement Gorgias et Protagoras. Cette émergence s’est caractérisée par la mise au point d’une méthode de pensée radicalement nouvelle, la dialectique, qui rejette toute dogmatique pour faire du conflit théorique le moteur même de la réflexion. Pour illustrer la dialectique, la seconde partie de l’ouvrage entreprend un commentaire précis du Gorgias de Platon, dans lequel Platon confronte la méthode du philosophe, la dialectique, à la méthode du sophiste, la rhétorique.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/b3_platon_l_invention_de_la_philosophie.pdf       Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 303 Ko

Compte rendu : http://blog.ac-versailles.fr/oeildeminerve/index.php/post/08/04/2015/Alain-Seguy-Duclot%2C-Platon%2C-l-invention-de-la-philosophie%2C-lu-par-Sidonie-Dastillung.

B4. Descartes, une crise de la raison, Belin, 2017.

La pensée de Descartes n’invente ni le primat de la subjectivité humaine (déjà affirmé dans « l’humain est principe de toutes choses » de Protagoras), ni le primat de la rationalité (déjà mis en place dans l’ontologie mathématique de Pythagore). Son originalité est de les poser ensemble, alors qu’ils sont clairement antagonistes : poser un primat de la subjectivité finie devrait conduire au relativisme, comme c’est le cas chez Protagoras, et non au triomphe du rationalisme. L’objet de ce livre est de comprendre comment et pourquoi Descartes a tenté d’accorder ces deux positions théoriques adverses. Il nous apparaîtra alors que Descartes est moins le fondateur du rationalisme, que celui qui le fait entrer dans une crise profonde, caractéristique de la pensée moderne.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/b4_descartes_une_crise_de_la_raison.pdf      Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 731 Ko

Extraits en libre accès (aperçu de 34 pages) : https://www.google.fr/books/edition/Descartes_Une_crise_de_la_raison/oF4qDwAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=s%C3%A9guy-duclot&printsec=frontcover

B5. Leçons sur l'esthétique de Kant, Ellipses, 2018.

Ces leçons visent à faire comprendre l’esthétique kantienne, sans doute l’une des théories les plus importantes pour la philosophie contemporaine de l’art, en en reconstituant la genèse. Élargissant son projet initial d’une Critique du goût, qui porte sur le beau naturel, Kant conçoit une esthétique portant sur le sublime, puis une nouvelle théorie de l’art reposant sur le concept de génie.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/b5_lecons_sur_l_esthetique_de_kant.pdf        Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 231 Ko

B6. Kant, l'humain mesure de toutes choses, Paris, Belin, 2019.

Ce livre étudie la genèse du système critique. Il montre que contrairement à un mythe entretenu par Kant lui-même, ce dernier n’était pas un wolffien qui se serait réveillé de son sommeil dogmatique en lisant Hume. L’accès à la Critique de la raison pure (1781) est un processus long et complexe, qui passe par la conception de trois modèles antérieurs en 1755, 1763 et 1770. Après une étude de cette première Critique, on explique pourquoi Kant élabore une deuxième Critique (1788) qui porte sur la morale, alors qu’elle n’était pas prévue, puis une troisième (1790), qui est d’abord une théorie du beau et dont le sens s’est progressivement élargi à celui d’une théorie du sublime, de l’art et même du vivant.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/b6_kant_l_humain_mesure.pdf       Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 340 Ko

Extraits en libre accès (aperçu de 60 pages) : https://www.google.fr/books/edition/Emmanuel_Kant_L_humain_mesure_de_toutes/gmitDwAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=s%C3%A9guy-duclot&printsec=frontcover

B7. Kant : le premier cercle. La déduction transcendantale des catégories (1781 et 1787), Classiques Garnier, 2021.

Ce livre étudie l’occurrence ou non d’un diallèle (ou cercle logique) dans l’entreprise kantienne de fondation de la connaissance. La réponse à cette question passe par un commentaire du texte où Kant remonte analytiquement au principe de la connaissance objective : la déduction transcendantale des catégories, au cœur de la Critique de la raison pure, dans ses deux écritures, celle de 1781 et celle de 1787. L’ouvrage en propose une interprétation originale, qui tient compte à la fois du débat fondamental entre la lecture néokantienne d’Hermann Cohen (1871) et la lecture phénoménologique de Heidegger (1927), ainsi que du renouveau de l’étude de la déduction transcendantale en philosophie analytique, marqué notamment par le commentaire d’Henry Edward Allison en 2015.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/b7_kant_le_premier_cercle.pdf       Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 215 Ko

B8. La philosophie contemporaine. XXe et XXIe siècles, Ellipses (à paraître en 2022)

Cet ouvrage propose une présentation synthétique de la philosophie du XXe siècle et du début du XXIe siècle. La méthode adoptée est généalogique : il s’agit de comprendre ce qui s’est passé, en dégageant les forces mais aussi les difficultés rencontrées par les différentes doctrines. Les philosophies sont présentées selon deux axes : la voie rationaliste qui part d’un projet de fondation de la science dans la logique pure pour progressivement en saisir les limites ; et la voie anti-rationaliste qui dénonce, selon des approches hétérogènes, les illusions propres à la rationalité.

Présentation développée : https://www.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/2021-06/b8_philosophie_contemporaine.pdf  Type de fichier : PDF. Poids du fichier : 68 Ko

 

Curriculum Vitae (format texte)

 

Alain SÉGUY-DUCLOT

Né le 20 juin 1961 à Carcassonne (Aude)

 

École Normale Supérieure (Ulm, 1982)

Agrégation de philosophie (1987)

Doctorat de philosophie (Paris IV, 1993)

Habilitation à diriger des recherches (Paris IV, 1999)

 

Maître de conférences à l'Université de Tours

Institut de philosophie, 3 rue des Tanneurs, 37000 Tours

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