Rayogramme Selon Stalker : à l’approche des 40 ans de la tragédie de Tchernobyl
En 1986, l’accident de Tchernobyl a marqué l’histoire de l’humanité comme l’une des catastrophes technologiques et environnementales les plus emblématiques. Avant cela, l’humanité avait déjà connu les désastres d’Hiroshima et de Nagasaki (1945). Par la suite, la catastrophe de Fukushima (2011), la pandémie mondiale de Covid-19 (2019) et les guerres contemporaines rappellent sans cesse la fragilité de notre monde. Les catastrophes, qu’elles soient naturelles, technologiques ou provoquées par l’homme, se succèdent et se répondent, tissant une trame de destruction, de mémoire et de renaissance.
Mais si la catastrophe incarne la fin, elle ouvre aussi la possibilité d’un recommencement. L’art, en tant que mode sensible de connaissance et d’expression, joue un rôle essentiel dans la compréhension, la représentation et la transmutation du désastre. À Tchernobyl, Hiroshima ou Fukushima, des musées, archives et œuvres d’art témoignent de la mémoire des lieux. Les artistes, à travers la peinture, la vidéo, l’installation, le bioart ou la performance, continuent d’interroger les ruines, la souffrance et la résilience.
Quarante ans après l’explosion du réacteur de Tchernobyl, cette journée d’études, adossée à l’exposition Rayogramme selon Stalker (2025), interroge les résonances invisibles des catastrophes techno-écologiques et les réponses que l’art et la science peuvent leur opposer. En dialogue avec le film Stalker d’Andreï Tarkovski, les artistes explorent la Zone comme espace de mutation, de régénération et d’imaginaire : un lieu où la matière blessée devient source de vie et où les ruines du monde moderne engendrent de nouvelles formes de coexistence.
L’exposition et la journée d’études sont conçues comme un dispositif immersif et réflexif, mêlant installations, discussions scientifiques, analyses esthétiques et projections, pour questionner la manière dont les pratiques artistiques contemporaines traduisent aujourd’hui les mutations biologiques, écologiques et spirituelles du vivant irradié.
Cette journée d’études se propose également d’explorer les manières dont l’art nous accompagne dans la traversée du désastre. Comment l’art permet-il de vivre avec la catastrophe, d’en témoigner et de la transformer ? Comment ouvre-t-il la voie à de nouvelles formes de cohabitation entre humains, non-humains et environnements dévastés ?
L’événement adoptera une approche interdisciplinaire, réunissant des chercheur·euse·s et des artistes issu·e·s des domaines de l’art, de la philosophie, des sciences, de la sociologie et de l’anthropologie, provenant de différents pays. Il vise à établir de nouveaux ponts de compréhension entre l’histoire, la technologie et la création contemporaine.
Direction scientifique : Olga Kisseleva, MCF HDR, Institut ACTE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Organisation : Hsin-Yu Wang et Valentina Duriez, doctorantes, Institut ACTE et École Doctorale APESA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Programme
13h30 – 14h00
Accueil des participant.e.s
14h00 – 14h30
Introduction
Ouverture par les organisatrices Hsin-Yu Wang et Valentina Duriez, doctorantes, Institut ACTE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
14h30 – 17h00
Valentina Duriez, artiste et doctorante, Institut ACTE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
« Mettre en exposition : Rayogramme selon Stalker »
Valérie Chansigaud, historienne des sciences et de l’environnement
« Voir la catastrophe sans la voir : images de la nature et régimes de visibilité »
Christine Fassert, socio-anthropologue et chercheuse, LATTS (Université Gustave Eiffel)
« Le “Global hibakusha” : l’intangible en partage ? »
Chuchun Hsu, journaliste d’art et doctorante, l’ENSAPL
« Imaginer l’art de réparation en commun : Le projet Munus et les pratiques de Chang En-man et Cheng Ting-ting face à la Terreur blanche (2025) »
Modération : Hsin-Yu Wang
17h00 – 17h15
Pause
17h15 – 18h15
Hsin-Yu Wang, artiste et doctorante, Institut ACTE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
« La Zone à côté de nous : la résilience et la sympoïèse des vivants à travers le bioart »
Olga Kisseleva, artiste et chercheuse, Institut ACTE, Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne et Maayane Mouchenik, restauratrice d’écosystèmes
« Écosystèmes sensibles et pratiques artistiques : un jardin de résilience comme réponse contemporaine à Stalker d’Andreï Tarkovski »
Modération : Valentina Duriez
18h15 – 18h40
Q&A et clôture du colloque avec les intervenant.e.s
Conclusion par : Olga Kisseleva
Inscription : hsinyu1231@gmail.com
Lien du programme : Programme [PDF - 3,78 Mo]