Étudiant

De Paris à Istanbul : récit d’un semestre à l’étranger

Mathieu Deheunynck, étudiant en troisième année de double licence économie-histoire, a choisi de donner une dimension internationale à son parcours en réalisant un échange universitaire au cours du premier semestre de l’année 2025-2026. De retour de son séjour à l’Université Galatasaray (GSÜ) en Turquie, il nous livre ses impressions et revient sur les découvertes marquantes qui ont enrichi son expérience académique. 

Récit transmis par Mathieu

Le coup de cœur pour Instanbul 

Lorsque j’ai découvert, en arrivant à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, la possibilité de partir à l’étranger, l’idée de tenter ma chance s’est imposée comme une évidence. Étudiant l’histoire et l’économie, je cherchais une destination à la fois accessible et dépaysante, si possible où je n’étais jamais allé. Mon envie m’orientait donc vers un carrefour de civilisations, et quelle ville incarne mieux cette notion qu'Istanbul ? Entre l’Europe et l’Asie, la plus grande ville de Turquie me promettait un terrain d’exploration historique et culturel d’une richesse inouïe.

Plusieurs universités turques étaient envisageables, mais mon choix s’est rapidement porté sur la Galatasaray Üniversitesi (GSÜ). Cette faculté dispose d’une réputation d’excellence, son enseignement est majoritairement francophone, et surtout elle jouit d’une situation privilégiée en bordure du Bosphore. Tout cela a achevé de me convaincre. Ce séjour, je l’ai envisagé comme le voyage d’une vie. Le voyage commence pour moi bien avant le départ, par la manière dont je m’y projette, dont je l’imagine et le prépare. Mon objectif était triple : faire des rencontres, approfondir mes connaissances historiques sur ce lieu emblématique et m'immerger totalement dans un environnement nouveau.

Premiers pas dans une ville qui bouge

Je recommande vivement d'arriver à Istanbul au moins deux semaines avant le début des cours. Les contraintes administratives peuvent paraître lourdes et nécessitent du temps. Il faut s’armer de patience pour l’obtention d’un numéro de téléphone, pour les démarches liées au permis de séjour… C'est le prix à payer pour l’aventure. Croyez-moi, ça en vaut la peine !

La GSÜ, située entre les quartiers très vivants de Besiktas et Ortaköy, offre un cadre absolument magnifique. Le bâtiment historique est un ancien palais qui borde le Bosphore. Vous pouvez vous délecter de la vue du Pont des martyrs ensoleillé depuis la terrasse de la cafétéria. C’est un lieu de rencontre, notamment grâce à la forte présence d’étudiants internationaux, dont de nombreux Français, ce qui facilite l'intégration. De plus, de nombreuses activités et sorties sont proposées par la maison de la francophonie. Dès les premières heures, on est frappé par le caractère unique de la ville. Istanbul est une ville qui se découvre en marchant. On pourrait marcher six mois sans s’arrêter, sans pour autant réussir à tout voir. Et partout, les chats, à qui on s’attache très vite, déambulent avec une assurance et une nonchalance bluffante, veillant sur la cité. Et argument de poids, alors que Paris subit les premières vagues de froid, l’ambiance de fin d’été s’allonge à Istanbul jusque novembre. 

Étudier au cœur de l’histoire  

Le rythme académique à la Galatasaray Üniversitesi est parfois soutenu, mais sans jamais être oppressant. Les cours sont des TD, dispensés en français ou en anglais, qui permettent de s’adapter facilement. Il est bien entendu possible d’apprendre les bases du turc, une langue poétique mais pas facile car assez différente de la nôtre. L’évaluation consiste en des examens au milieu et à la fin du semestre, auxquels s’ajoutent souvent des exposés. Pour les passionnés d’histoire, la ville est un carrefour des civilisations dont les influences sont multiples : byzantines, ottomanes, orientales, occidentales. Étudier l'histoire ici, c'est la vivre à ciel ouvert. Chaque rue peut vous réserver une surprise. Une âme curieuse ne peut s’y ennuyer. La vie stambouliote est rythmée par le son lancinant de l'appel à la prière qui émane des innombrables mosquées. Ce bruit devient très vite une mélodie familière.

Rencontre avec les Stambouliotes

Mon séjour m'a permis de progresser en anglais, mais surtout de gagner en confiance lors des échanges. En dehors des lieux très touristiques, les Turcs sont particulièrement accueillants et bienveillants. Les interactions sont spontanées et chaleureuses, et c'est en osant parler et en sortant du campus qu'on profite pleinement de l’échange, même si la barrière de la langue peut parfois compliquer la compréhension avec les plus anciennes générations.

Istanbul est une ville particulièrement dynamique. C’est une sorte de Paris en plus grand. Son réseau de transports en commun est très développé : métro, tramway, bus, ou même des ferries pour traverser le Bosphore qui sépare les rives européennes et asiatiques. Je recommande de profiter des balades le long des quais de la Corne d’Or et du Bosphore pour saisir l'âme de la ville. Vous pouvez même en une heure de bateau, en utilisant votre carte de bus, aller dans une des îles des Princes, des petits paradis où se baigner en pleine nature. Pour les amateurs de football et de basket, c'est aussi l'occasion de goûter aux ambiances les plus chaudes du monde dans les stades mythiques de Galatasaray, Fenerbahçe ou Beşiktaş. Vos oreilles en prendront un coup. 

Grandir loin de chez soi

Cet échange m'a apporté une autonomie et une capacité d’adaptation inestimables. C’était la première fois que j’habitais sans ma famille, et j’ai beaucoup appris sur moi-même. On en ressort indéniablement plus autonome et responsable. Mais attention ! On pense toujours qu’on a le temps, qu’on peut remettre la visite du jour au lendemain. Et puis on se réveille un matin et il est temps de rentrer en France… Il faut donc profiter de chaque instant !

La Turquie est un pays d'une beauté et d'une diversité incroyables. C’est l’occasion de faire plein de voyages. N’ayez pas peur de l’inconnu, c’est une occasion unique de découvrir des régions dépaysantes. Je vous conseille la Cappadoce, Mardin, qui est une ville aux portes de la Syrie, ou la côte égéenne. C’est aussi l’opportunité de visiter des pays voisins exceptionnels comme la Géorgie ou l’Arménie. Sentez-vous libre. C’est un moment dont vous parlerez toute votre vie. Mon expérience à Istanbul m'a donné l'envie de repartir en master pour d'autres aventures. Et puis, au fond de moi, je sais que je revendrai ici un jour.

Je recommande vivement cette destination à tout étudiant curieux, désireux d’embrasser l’effervescence d’une ville unique. Traversez les rives, perdez-vous dans les bazars moins connus, et surtout, parlez aux gens.

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