Vingt ans de chœur à Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Créée au début des années 2000, l’association des Chœurs de Paris 1 a connu des débuts mouvementés, une longue reconstruction et, au fil des années, une ambition musicale grandissante. Devenue aujourd’hui une association structurée autour d’un grand chœur mixte dirigé par le chef de chœur Guilhem Terail, et de l’ensemble vocal féminin Neska, dirigé par la cheffe de chœur Edwige Parat, les Chœurs de Paris 1 font vivre une pratique musicale accessible, exigeante et profondément collective.
Présidée par Frédérique Boursicot, l’association compte aujourd’hui 134 membres comprenant 80 étudiants dont 51 de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et 10 membres du personnel de l’université. Au sein du Grand Chœur, la répartition entre étudiants, personnels et membres extérieurs reflète l'histoire même de l'association. Patricia, trésorière depuis plus de dix ans et bibliothécaire à l'École des Arts de la Sorbonne (EAS), défend avec conviction la vocation de l'association : « La voix, c'est quelque chose d’important, de porteur, qui amène aussi individuellement des choses vraiment très profondes. »
Près de vingt ans après sa création, les Chœurs de Paris 1 sont ainsi devenus une association à la fois riche de son histoire, de ses membres et de ses projets. L’année universitaire 2025-2026 en offre une bonne illustration, avec deux temps forts pour clôturer la saison : le concert Variations féminines de l’ensemble Neska et l’interprétation du Requiem de Verdi par le Grand Chœur.
Une histoire faite de persévérance et de reconstruction
L’histoire des Chœurs de Paris 1 commence lorsque l’association est lancée à l’initiative d’André Hervier, alors vice-président du Conseil d'administration de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à la tête de l’Orchestre et Chœur des universités de Paris (OCUP). Après des débuts prometteurs, l’association connaît une période difficile marquée par la disparition de son bureau et la crise du Contrat première embauche (CPE), qui entraîne la fermeture du centre Sorbonne et l’arrêt des répétitions. À la reprise, seuls dix choristes restent. « Nous n’étions pas très nombreux mais on s’est accrochés, nous faisions des petits concerts », résume Frédérique Boursicot. Le chœur se reconstruit progressivement en répétant dans différents espaces de l’université. L’accès à une salle à l’École des Arts de la Sorbonne permet finalement de relancer durablement l’activité.
Au fil des années, le projet reprend progressivement de l’ampleur. L’arrivée du chef de chœur Guilhem Terrail en 2014 marque un réel tournant au sein de l’association. Avec lui, l’ambition musicale monte d’un cran : les programmes deviennent plus exigeants, les collaborations avec des professionnels se développent et l’idée de chanter avec un orchestre devient progressivement réalisable. « Guilhem a un peu changé la face du chœur », estime Frédérique Boursicot, qui se souvient qu’il évoquait déjà le Requiem de Verdi alors que le groupe ne comptait qu’une vingtaine de chanteurs.
Cette progression est aussi celle d’une association qui apprend à trouver des financements et à structurer son fonctionnement. Les subventions et les partenariats permettent peu à peu de financer des orchestres plus importants et d’attirer de nouveaux choristes. Enfin, le retour des répétitions au centre Sorbonne, il y a environ trois ans, ainsi que la mise en place d’une bonification pour les étudiants, ont encore renforcé l’ancrage universitaire du projet.
Un chœur ouvert, exigeant et profondément collectif
Le Grand Chœur accueille des étudiants, des personnels de l’université, mais aussi des personnes extérieures ou d’anciens membres de la communauté universitaire. L’ambition y est claire : rendre la pratique du chant accessible en proposant des tarifs préférentiels et permettre à des personnes aux parcours musicaux différents de chanter ensemble, sans réserver la pratique chorale aux seuls musiciens formés. L’entrée dans le Grand Chœur passe néanmoins par une audition. Pour Guilhem Terrail, l'objectif n'est pas de rechercher uniquement des chanteurs capables de déchiffrer parfaitement une partition. Il s’agit plutôt d’évaluer la voix, la capacité à comprendre les consignes et surtout à suivre le rythme de travail du groupe.
Les répétitions reposent sur un travail régulier : échauffement vocal, travail avec le pianiste, apprentissage progressif des œuvres et, lorsque les échéances approchent, un rythme plus soutenu de répétitions. Le répertoire est choisi en fonction des possibilités du groupe et des projets envisagés. « Le Requiem de Verdi à quinze, ça ne fonctionne pas. Donc quand on est quinze, nous ne chantons pas ça », explique Frédérique Boursicot, soulignant combien la taille et le niveau du chœur déterminent les œuvres qu’il est possible d’aborder.
Rejoindre les Chœurs de Paris 1, c’est avant tout une aventure collective. Pour Clément Teillard, vice-trésorier, qui a rejoint l’association dès sa première année d’étude à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, c’est précisément cette dimension qui donne son sens à la pratique. « Si jamais nous nous trompons, il y a notre voisin qui nous aide et qui nous rattrape et vice versa. »
Cette sensation de produire quelque chose ensemble dépasse même la musique. Frédérique Boursicot évoque « quelque chose d’assez jouissif de produire un son commun, une énergie aussi. Il y a quelque chose qui nous emporte. » Patricia Bourgoint, décrit quant à elle le chant comme une échappatoire : « C’est un moyen d’évasion et une façon de se recréer un monde différent. »
Le Requiem de Verdi, l’aboutissement d’une ambition collective
Il aura fallu plusieurs années pour que le rêve évoqué par Guilhem Terrail, alors que le Chœur ne comptait qu’une vingtaine de chanteurs, puisse prendre forme. Le Requiem de Verdi représentait à lui seul un changement d’échelle : une œuvre monumentale, nécessitant un chœur important, des solistes et un orchestre.
Le projet a demandé une organisation à la hauteur de ses ambitions. L’orchestre réuni pour l’occasion comptait une trentaine de musiciens, sous la forme d’une formation réduite de type orchestre de chambre. Côté chœur, pour ce concert d’exception, le Grand Chœur de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a invité le chœur de chambre Calligrammes. Ces derniers ont d’abord travaillé séparément avant de se retrouver lors d’un week-end commun, puis pour des répétitions rapprochées durant le dernier mois avant les concerts du jeudi 25 juin à l’église de la Sainte-Trinité (Paris 9), puis du samedi 27 juin à l’église Saint-Roch (Paris 1er).
Pour les choristes, l'expérience du concert avec orchestre constitue un moment à part. « Chanter avec un orchestre, ça n’arrive pas souvent. C’est un honneur, un plaisir », témoigne Clément Teillard. Par l’ampleur de la formation instrumentale et la présence des solistes, le concert devient aussi une forme d’accomplissement collectif.
La puissance du Requiem tranche avec les autres propositions de l'association. Là où les formations peuvent explorer des répertoires plus intimes, Verdi impose une tout autre dimension. « L'effet de masse entre l'orchestre et le groupe crée une puissance impressionnante. Quant à la musique, on touche presque à l'opéra : c'est monumental. », explique Patricia Bourgoint.
« J'ai la sensation d'être dix centimètres au-dessus du sol », confie Frédérique Boursicot. Elle décrit ce silence qui suit la dernière mesure, quand Guilhem Terrail garde la main levée quelques secondes encore : « Ce silence-là, rien que d'en parler, j'en ai encore des frissons. »
Forts de leur développement et de leurs projets ambitieux, les Chœurs de Paris 1 poursuivent leur aventure en restant ouverts à de nouvelles voix. Une manière de faire évoluer le chœur tout en préservant ce qui fonde son identité : un projet musical collectif et accessible.
Rejoindre les Chœurs de Paris 1
Pour celles et ceux qui souhaiteraient à leur tour rejoindre l’aventure, le recrutement au sein des deux formations musicales – le grand chœur et l’ensemble vocal Neska - est d’ores et déjà lancé !
Les auditions sont ouvertes aux étudiants de Paris 1 Panthéon-Sorbonne en priorité, ainsi qu'aux personnels de l'université et à quelques membres extérieurs. Les cours de chant de l'Académie vocale sont accessibles à tous, à partir de 10 € pour les étudiants.
► Pour auditionner et rejoindre l’association, veuillez vous adresser par courriel à l’adresse recrutement.choeurparis1@gmail.com