Pascal Levy / Panthéon Sorbonne
Évènement

La bibliothèque Hélène-Ahrweiler inaugurée au centre La Chapelle

Le 18 juin, quelques mois après l’ouverture du centre La Chapelle et la disparition d’Hélène Ahrweiler, la bibliothèque universitaire qui porte son nom a été inaugurée. À cette occasion, une plaque commémorative a été dévoilée en hommage à celle qui fut la première femme présidente de l’université et l’une de ses cofondatrices. Cette bibliothèque, baptisée en son honneur dès l’ouverture du centre en janvier, s’affirme désormais comme un lieu de mémoire autant que d’études. 

Une reconnaissance au cœur du campus

Dès l’ouverture du centre La Chapelle, en janvier dernier, l’université a souhaité inscrire durablement le nom d’Hélène Ahrweiler dans son histoire en baptisant sa bibliothèque universitaire en son honneur. Situé dans le 18 arrondissement de Paris, ce nouveau campus porte ainsi la marque de celle qui avait accepté cet hommage de son vivant. Sa disparition peu après a conféré à cette décision une portée symbolique encore plus forte.

François Nawrocki, directeur de la bibliothèque, a prononcé quelques mots introductifs et rappelé « C'est à la fois la savante et bien entendu, la femme qui a été vraiment motrice à un moment donné de l'histoire de cette université qui est honorée aujourd'hui. » Il a poursuivi et salué la qualité du lieu et l'investissement des équipes du Service commun de la documentation (SCD). Agréable, fonctionnelle, plébiscitée par ses lecteurs, cette bibliothèque s'impose comme un lieu de travail et de réflexion pour les filières d'histoire, de philosophie ou encore de géographie qui y ont élu domicile.

Très émue, Marie-Hélène Ahrweiler, fille de l’historienne, a évoqué la trajectoire singulière de sa mère, née dans une famille de réfugiés grecs : « Ma mère n'aurait pas pu rêver d'un plus bel hommage. Elle qui dans les rues d’Athènes, se hissait sur la pointe des pieds pour admirer les bibliothèques des appartements bourgeois, en rêvant de pouvoir accéder un jour à tous ces livres. »  

L'héritage d'une pionnière

Au-delà du geste commémoratif, cette inauguration était l'occasion de rappeler ce que Paris 1 Panthéon-Sorbonne doit à Hélène Ahrweiler : première femme présidente de l'université, cofondatrice de l'établissement, ancienne chancelière des universités de Paris. « Elle portait une vision d'exigence de cette université complètement assumée, ouverte sur le monde et venant profondément attachée à l'excellence académique », a souligné Christine Neau-Leduc.

Cette dernière a également tenu à rappeler la dimension pionnière du parcours d'Hélène Ahrweiler pour les femmes dans l'enseignement supérieur. Elle-même deuxième femme à présider l'université, elle a reconnu : « je sais aussi que c'est son parcours qui a rendu beaucoup de choses possibles pour les femmes. »  

Enfin, la présidente a évoqué la dimension résistante qui a marqué la vie d’Hélène Ahrweiler — à quelques jours de l'entrée au Panthéon de Marc Bloch, historien et grande figure de la Résistance, le parallèle s'imposait naturellement.

La cérémonie s'est conclue sur les mots que Marie-Hélène Ahrweiler a souhaité adresser aux étudiants qui fréquenteront cette bibliothèque, des mots gravés sur la tombe de sa mère : « Poursuivez vos rêves avec les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. » 

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