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Inauguration du premier Campus international partagé de Paris 1 Panthéon-Sorbonne à Fès

Les universités Euromed de Fès (UEMF) et Paris 1 Panthéon-Sorbonne ont inauguré, ce jeudi 15 octobre, leur Campus international partagé – installé au sein de l’éco-campus de l’UEMF.  

La cérémonie d’inauguration s’est tenue, en présence de Mostapha Bousmina, président de l’université Euromed de Fès, et de Christine Neau-Leduc, présidente de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ainsi que de représentants des deux établissements et de personnalités issues des mondes académique, institutionnel, économique et social réunies dans l’amphithéâtre bleu de l’université marocaine.

Cet évènement marque une nouvelle étape du partenariat académique, engagé depuis 2016, entre les deux établissements. Au fil du temps, celui-ci s’est en effet élargi autour de formations conjointes, de doubles diplomations et de projets scientifiques à dimension internationale. Ayant débuté avec la mise en place d’une formation délocalisée en science politique, donnant lieu à une double diplomation au niveau licence, le partenariat s’est ensuite renforcé en 2022 avec la création d’un master en droit des affaires franco-marocain, puis d’un second master en double diplomation consacré aux « politiques méditerranéennes et africaines : circulations, migrations, transitions ».

Un nouvel espace pour renforcer les coopérations

Installé au cœur de l’éco-campus de l’UEMF, ce nouvel espace a vocation à rapprocher les communautés universitaires de ces deux institutions, et à faciliter le développement de projets communs. Comme l’a souligné Christine Neau-Leduc lors de son discours : « Ce premier campus international partagé marque une nouvelle étape dans le développement à l’international de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, dont l’ambition est de créer de véritables pôles régionaux d’enseignement et de recherche dans le domaine des sciences humaines et sociales. Des lieux ouverts où des étudiants venant de partout dans le monde, d'un très grand nombre de pays, peuvent se retrouver, échanger, travailler ensemble, apprendre et se cultiver ensemble. »

Le Campus international partagé donnera donc une dimension nouvelle à la collaboration entre les deux institutions. Conçu comme un espace de convergence entre les communautés universitaires, il favorisera le développement de formations conjointes, la mobilité des étudiants et des enseignants, la mise en œuvre de projets de recherche ainsi que l’émergence de nouvelles initiatives académiques. Des perspectives sont notamment envisagées dans les domaines du management, de l’histoire, des sciences juridiques et politiques ainsi qu’autour de thématiques contemporaines telles que l’intelligence artificielle et ses interactions avec la société.

À travers ce projet, les universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Euromed de Fès affirment leur volonté d’inscrire leur partenariat dans une dynamique durable, fondée sur la circulation des savoirs, le dialogue scientifique et le rapprochement des cultures académiques.

Trois questions à Bertrand Simon

Bertrand Simon

Bertrand Simon est professeur de science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l’université Euromed de Fès. Il a participé depuis ses débuts à ce partenariat académique et se réjouit de la nouvelle dimension qu’il s’apprête à prendre avec l’inauguration du Campus international partagé.  

Depuis quand enseignez-vous à l’université Euromed de Fès ? Pourquoi aviez-vous initialement accepté de vous investir dans ce partenariat académique ? 

J'enseigne à l'UEMF depuis la première année d'existence du partenariat. J'ai accepté d'abord parce que j'accorde une grande importance à la coopération internationale, ensuite parce que j'aime les défis ; et créer ex nihilo une licence de science politique en double diplomation avec un partenaire étranger en était un. Et puis, aussi pour une autre raison : quand j'ai eu un premier contact téléphonique avec la porteuse du projet du côté de l'UEMF, elle s'est présentée et je lui ai dit : « Tiens, c'est amusant, j'ai eu une étudiante à Paris 1 jadis qui s'appelait Sanae Kasmi elle aussi ! » Et elle m'a répondu : « Oui, c'était moi. » Nouer un partenariat et créer un double diplôme avec une de ses anciennes étudiantes, ça n'arrive pas tous les jours, alors ça ne se refuse pas, car c'est aussi son attachement à Paris 1 Panthéon-Sorbonne qui l'avait conduite à se tourner vers nous.

Que retenez-vous des premières années de ce partenariat et de son évolution ?  

Quand nous avons commencé, nous n'avions que neuf étudiants en L1. Tous enthousiastes, motivés, curieux, animés d'une profonde joie d'apprendre et heureux de trouver dans ce double diplôme ce qu'ils étaient venus y chercher : du savoir, de l'exigence, une double culture, etc. Cet enthousiasme et ce bonheur d'étudier je les ai retrouvés chez beaucoup d'entre eux par la suite, et ils étaient de plus en plus nombreux au fur et à mesure que les effectifs augmentaient.  

J'ai vu aussi les promotions se diversifier d'année en année : si les premières promotions étaient exclusivement marocaines, elles sont devenues par la suite plus mélangées, en intégrant des étudiants issus d'Afrique subsaharienne. De sorte qu'en étudiant dans notre licence, ce n'est pas simplement dans un environnement franco-marocain que l'on évolue, mais entre l'Europe et l'Afrique, et chacun enrichit l'autre de sa culture. Aujourd'hui, j'attends avec impatience l'ouverture de notre prochain master en double diplomation qui permettra à ses étudiants de poursuivre leur parcours dans nos deux universités.

Que signifiera pour les enseignants-chercheurs, tels que vous, et les étudiants sur place l’ouverture de ce nouveau campus ?  

Ce campus partagé, c'est avant tout un moyen de renforcer la présence de Paris 1 Panthéon-Sorbonne sur place, en la matérialisant auprès des étudiants. S'ils savent qu'ils sont aussi des étudiants de Paris 1, ils n'avaient jusqu'à présent pas vraiment conscience qu'en étant à l'Euromed, ils étaient aussi à la Sorbonne. Ils pourront ainsi se sentir plus qu'avant membres de notre communauté universitaire et s'y impliquer plus.

Pour nous, enseignants qui venons régulièrement, c'est aussi un confort important que de pouvoir disposer de bureaux où travailler. Mais je pense que pour les enseignants chercheurs de Paris 1 Panthéon-Sorbonne ce sont les perspectives liées à la recherche qui seront les plus intéressantes : même si vous n'enseignez pas dans nos formations, vous pourrez trouver dans ce campus partagé un point d'attache pour mener des recherches au Maroc sur le terrain, rester en résidence sur le campus, y avoir un bureau, un accès à la bibliothèque, rejoindre ou monter des projets conjoints et transdisciplinaires avec nos collègues de l'UEMF. Et je pense que cela peut intéresser toutes nos composantes et pas seulement celles qui sont impliquées directement dans nos formations. 

« Ce campus partagé, c'est avant tout un moyen de renforcer la présence de Paris 1 Panthéon-Sorbonne sur place, en la matérialisant auprès des étudiants. » (B. Simon)