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Quentin Révillot - « La Bolivar-mania ». Pénétration culturelle et appropriation française d’une figure de l’émancipation hispano-américaine dans la société de Louis XVIII

Bulletin de l'Institut Pierre Renouvin n°51 - Meilleurs mémoires

 

 

« La Bolivar-mania »

Pénétration culturelle et appropriation française
d’une figure de l’émancipation hispano-américaine
dans la société de Louis XVIII

Quentin Revillot

 

 

Résumé

Alors que la France est depuis 1815 une monarchie bourbonienne, l’opposition libérale se saisit de la guerre d’indépendance hispano-américaine. Guerre de libération, elle est appropriée par les libéraux et la société bourgeoise parisienne qui y voient un lien avec la situation française. Simon Bolivar, devenu président du Venezuela en 1819, fit l’objet d’une attention toute particulière : une « Bolivar-mania » qui laissa son empreinte dans les mémoires.

Mots-clés : Bolivar – France – Libéralisme – Culture – Mode.

 

Abstract

The « Bolivar-mania ».

Cultural Penetration and French Appropriation of a Hispanic-American Figure of Emancipation in the Society of Louis XVIII

In the French bourbon monarchy reinstalled in 1815, liberal opposition used the hispanic-american war of independance for its political agenda. Simon Bolivar, leader of the independantists, became the symbol of emancipation and liberalism both in South America and France. Restoration France was the scene of a cultural and political phenomenon: the « Bolivar-mania » which occured in 1819.

Keywords: Bolivar – France – Liberalism – Culture – Fashion.

 

 

 

Le 17 décembre 1830 s’éteignit Simon José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacio, plus connu dans l’histoire sous le nom de Simon Bolivar, Libertador de la Colombie. C’est le 21 février 1831 que la nouvelle se répandit à Paris[1] : on trouve dans la plupart des journaux une brève à ce sujet. « La liberté meurt en Amérique pour renaître en Europe[2] » lit-on dans le Figaro. Le Journal du Commerce écrivit en deuxième page : « Un grand homme, un homme que ses ennemis même étaient forcés d’estimer, Bolivar vient de mourir[3] ». Plus disert, La Quotidienne imprima ces mots : « Bolivar meurt dans la force de l’âge, à 47 ans, dépopularisé, pauvre, après avoir sacrifié à la révolution un patrimoine considérable. Dans d’autres circonstances, la mort de Bolivar eût fait événement dans toute l’Europe. Aujourd’hui, parmi tant de préoccupations graves, elle passera presque inaperçue[4]. » Le journal royaliste français fut sévère mais vit juste. Bolivar n’occupait plus, au moment de sa mort, qu’une place de héros déchu, failli, et malade. Cette déchéance détonne car, peut-être plus qu’aucun autre leader libéral du début du xixe siècle, le nom de Simon Bolivar a été un symbole dans la France de Louis XVIII.

 

Initiates file downloadLa suite sur le PDF en ligne.



[1]     Cet article est issu du mémoire de Master 2 « Bolivar et les Français, les Français et Bolivar », réalisé sous la direction d’Annick Lempérière et soutenu en 2019 à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne.

[2]     Le Figaro, 7 février 1821, p. 3-4.

[3]     Le Journal du commerce, 21 février 1831, p. 2-4.

[4]     La Quotidienne, 21 février 1831, p. 1-4.