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Pauline Cherbonnier - Le renforcement des forces armées togolaises (FAT). Conséquence de la déflation du dispositif militaire français en Afrique (1964-1965)

Bulletin de l'Institut Pierre Renouvin n°51 - Meilleurs mémoires

 

 

Le renforcement des forces armées togolaises (FAT)

Conséquence de la déflation du dispositif militaire
français en Afrique (1964-1965)

Pauline Cherbonnier

 

 

Résumé

Afin de moderniser son armée, le Gouvernement français décide de remanier son dispositif militaire outre-mer. Cette décision remet en question la capacité française de respecter l’accord de défense conclu avec le Togo mais engendre également de profondes transformations de la vie politique togolaise. On assiste au Togo dans les années 1964-1965 à un fort rapprochement du pouvoir politique avec le pouvoir militaire.

Mots-clés : Coopération militaire – Défense – Indépendances africaines – Forces armées africaines – Politique étrangère.

 

Abstract

Strengthening FAT. Consequence of the deflation of the French military apparatus in Africa (1964-1965)

In order to modernize its army, the French government has decided to overhaul its military apparatus overseas. This decision calls into question the French ability to respect the defense agreement with Togo but also with the profound transformations of Togolese political life. In 1964-1965 Togo witnessed a strong rapprochement of political power with the military power.

Keywords: Military cooperation – Defense – African Independence – African Armed Forces – Foreign Policy.

 

 

 

En mai 1964, le Gouvernement français décide de remanier totalement son dispositif militaire outre-mer[1]. Une décision résultant d’une volonté de modernisation de l’armée française s’inscrivant dans « une conception de la défense qui vise à accroître sensiblement la puissance et la mobilité des unités tout en réduisant les effectifs en personnel[2] ». Cela implique la libération de tous les effectifs africains et le regroupement des unités en « points d’appui[3] » stratégiques, en raison de la suppression des zones d’outre-mer. L’opposition à ce projet se voit tant du côté des dirigeants africains, qui arguent d’une décision unilatérale de la France mettant en danger la défense de leurs États, que du côté des responsables français pour qui la déflation complique l’influence et la puissance françaises. Alors que du côté du ministère des Armées les militaires prennent acte de la décision et proposent plusieurs plans d’action, le secrétariat général pour les affaires africaines et malgache (ci-après SGAM) trouve regrettable la remise en cause sans préavis d’un « dispositif militaire qui était le pilier de notre action politique dans ces pays[4] ». De leurs côtés, les diplomates français craignent des conséquences politiques dévastatrices sur les États en question[5].

 

Initiates file downloadLa suite sur le PDF en ligne.



[1]     Le présent article est issu du mémoire réalisé dans le cadre d’un Master 2, sous la direction de Laurence Badel, « La France et la construction du pouvoir militaire togolais, 1956-1967 », soutenu en septembre 2019 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

[2]     Archives du ministère des Affaires étrangères (ci-après AMAE), 1089INVA/319, DAM, Télégramme au départ, Circulaire par courrier, 18 janvier 1965.

[3]     Dakar, Abidjan (Port-Bouët), Fort-Lamy (N’Djamena), et Libreville, Camille Evrard, « Retour sur la construction des relations militaires franco-africaines », Relations internationales, n° 165, 2016, p. 11.

[4]     AN, AG/5(F)2673, Note, déflation des effectifs stationnés outre-mer, 4 juillet 1962.

[5]     AN, AG/5(F)2654, Note à l’attention du président de la République, Disposition militaire française en Afrique pour l’année 1966, Paris, 22 juin 1965.