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Ninon Derouet - De l’engagement français en Tchécoslovaquie. L’exemple de l’association Jan Hus dans les années 1980

Bulletin de l'Institut Pierre Renouvin n°51 - Meilleurs mémoires

 

 

De l’engagement français en Tchécoslovaquie

L’exemple de l’association Jan Hus dans les années 1980

Ninon Derouet

 

 

Résumé

Dans les années 1980, pour continuer à faire vivre une université libre malgré la censure que les autorités tchécoslovaques imposent, des intellectuels tchèques dispensent des leçons de philosophie privées dans leurs appartements. Alertés par leur situation, quelques Français fondent l’association Jan Hus en 1981 afin de les soutenir. Ainsi, ils se rendent régulièrement en Tchécoslovaquie pour participer aux séminaires, mais aussi pour soutenir matériellement leurs collègues. Cet article vise à éclairer l’engagement de ces Français pour une cause à l’époque méconnue.

Mots-clefs : Tchécoslovaquie – France – Association Jan Hus – Engagement – Intellectuels.

 

Abstract

On the French Commitment in Czechoslovakia: The Case of Jan Hus Association in the 1980s

To keep a free university alive despite the censorship imposed by the Czechoslovak authorities, some Czech intellectuals give private philosophy seminar in their own apartments. Warned by their situation, a few French people create the Jan Hus Association in 1981 in order to support them. Thus they regularly travel to Czechoslovakia to participate in the lectures, but also to provide material support to their colleagues. This article aims to shed light on the commitment of these French people to a cause that was not well-known at the time.

Keywords: Czechoslovakia – France – Jan Hus Association – Commitment – Intellectuals.

 

 

Malgré les tumultes mondiaux de la seconde moitié du xxe siècle, les relations franco-tchécoslovaques sont maintenues tant bien que mal[1]. Alors que les liens sont quasiment gelés pendant les années 1950, la libéralisation progressive entamée lors de la décennie suivante en Tchécoslovaquie permet une ouverture vers l’Ouest, vite refermée après août 1968 du fait de l’invasion des armées du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, qui met violemment un terme au Printemps de Prague. « Normalisé », le pays se replie sur lui-même, happé par la puissance moscovite, ne présentant plus qu’un gouvernement de bureaucrates anonymes et une société apparemment passive[2]. Les tentatives de dialogue entre la France et la Tchécoslovaquie, lorsqu’elles ne sont pas nulles, demeurent vaines. Les initiatives de détente entamées dans les années 1970, avec notamment la signature de l’Acte final d’Helsinki entre pays européens des deux blocs[3], semblent pouvoir apaiser les tensions. Pourtant, les droits et libertés continuent d’être bafoués par les autorités tchécoslovaques, malgré les clauses de la troisième corbeille de l’Acte final relatives au respect des droits de l’Homme. La répression contre les opposants au pouvoir – ceux que l’on appelle dissidents – ne cesse pas, voire se durcit.

 

Initiates file downloadLa suite sur le PDF en ligne.

 


[1]     Le présent article est issu du mémoire réalisé dans le cadre d’un Master 2, sous la direction d’Antoine Marès, « Entre structures officielles et clandestines. Les relations franco-tchécoslovaques de 1977 à 1989 », soutenu en juin 2019 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

[2]     Václav Havel décrit cette situation dans ses Essais politiques, Paris, Calmann-Lévy, 1994. Voir notamment sa « Lettre ouverte à Gustáv Husák » et « Le pouvoir des sans-pouvoirs. »

[3]     À l’exception de l’Albanie, et avec l’Union soviétique, les États-Unis et le Canada.