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Victoria Afanasyeva - Cafés sans alcool à Paris : œuvre de tempérance par et pour des étrangers à la fin du xixe siècle

Bulletin IPR  n°50 –  Alimentation et relations internationales

AUTOMNE 2019

 

 

Cafés sans alcool à Paris : œuvre de tempérance par et pour des étrangers à la fin du XIXe siècle

Victoria Afanasyeva





Résumé

En 1889, les visiteurs et les visiteuses de l’Exposition universelle à Paris découvrent, au sein de la section de l’économie sociale, un nouveau concept de débit de boissons : un café populaire de tempérance. Présenté et mis en place par les membres de l’Union chrétienne mondiale des femmes pour la tempérance, l’œuvre s’avère inadaptée au contexte antialcoolique français. Seule Miss de Broen, une bienfaitrice anglaise, décide d’imiter l’exemple de l’Exposition, et ouvre un établissement de tempérance dans un quartier touristique de Paris.

Mots-clés : Alcool – Exposition universelle de 1889 de Paris – Miss de Broen – Restaurants de tempérance – WWCTU.


Abstract

Cafés with No Alcohol in Paris:

A Temperance Initiative by and for Foreigners in the Late 19th Century

In 1889, during the Paris International Exposition, the visitors of the social economy section found out a new drinking place concept, a popular temperance café. Set up by the members of the World’s Woman’s Christian Temperance Union, the café turned out to be inappropriate to the French anti-alcohol context. The only establishment, founded by an English philanthropist Miss de Broen in a tourist area, dared pursue the WWCTU example in Paris.

Keywords: Alcohol – Paris International Exposition 1889 – Miss de Broen – Temperance restaurants – WWCTU.



À la fin du XIXe siècle, il existe en France une association de tempérance, la Société française de tempérance (1). Elle est fondée au lendemain de la guerre franco-prussienne et de la Commune pour combattre le fléau croissant de l’alcoolisme, mais aussi en écho au développement du mouvement transnational de tempérance (2). Les membres de la société française sont des hommes, issus des élites médicales, scientifiques et politiques, et leur but est d’étudier le problème de l’alcoolisme, essentiellement masculin et des classes populaires et ouvrières, et de proposer d’éventuelles solutions. En pratique, les antialcoolistes n’offrent qu’un discours paternaliste répressif et, pour encourager les Français à renoncer à leurs habitudes « néfastes », décernent tous les ans des médailles et des diplômes de tempérance.

 

 

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 1 Victoria Afanasyeva est doctorante en histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Centre d’histoire du xixe siècle – ISOR. Le présent article est issu d’un travail dans le cadre d’une thèse en cours, sous la direction de Myriam Tsikounas, « Histoire des femmes engagées dans la lutte antialcoolique en France (1835-2013) ».

  2 Mark Lawrence Schrad, The Political Power of Bad Ideas: Networks, Institutions, and the Global Prohibition Wave, New York, Oxford University Press, 2010.