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THÉRÈSE KREMPP - Le service archéologique de l’armée d’Orient, une archéologie en guerre

Bulletin n°46 L'archéologie à l'aune des relations internationales

Automne 2017

Le service archéologique de l’armée d’Orient,

une archéologie en guerre

ThÉrÈse Krempp

 

Résumé

Pendant la campagne des Dardanelles (avril-décembre 1915), le corps expéditionnaire d’Orient est confronté à des vestiges archéologiques. Il en est de même pour l’armée d’Orient qui s’installe en Grèce, à proximité de Salonique, à partir du mois d’octobre 1915. Le service archéologique de l’armée d’Orient (SAAO) est institué pour superviser ces découvertes qui sont d’abord considérées comme des contraintes. Les fouilles réalisées jusqu’en 1919 sont utilisées ensuite à des fins de propagande, diplomatiques et géopolitiques.

Mots-clés : Armée d’Orient – Archéologie – Front d’Orient – Salonique – Première Guerre mondiale.

 

Abstract

The Archaeological Service of the armée d’Orient, an Archaeology in Wartime

During its campaign in Greece (October 1915), the armée d’Orient was confronted with archaeological traces, like the expeditionary force during its Gallipoli Campaign (April-December 1915). The archaeological service of the armée d’Orient (SAAO) was established to oversee the discoveries that were first considered as constraints. The excavations realized until 1919 were then used for diplomatic and geopolitical purposes, as well as for propaganda.

Keywords: Armée d’OrientArchaeology – Macedonian Front – Salonika – First World War.

 

 

 

  Au mois de février 1915, les Alliés envoient un corps expéditionnaire au détroit des Dardanelles pour soulager la Russie alors aux prises avec l’armée turque dans le Caucase[1]. Enlisées dans une guerre de position, les troupes franco-britanniques sont incapables de rompre le front et se retirent définitivement à la fin de l’année. L’entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés des Puissances Centrales (septembre 1915) incite les Alliés à maintenir une présence dans le Sud-Est européen et à venir soutenir les Serbes pris en étau entre les Austro-Hongrois et les Bulgares. C’est ainsi que l’armée d’Orient débarque à Salonique au début du mois d’octobre 1915. Cette entrée sur le territoire grec amplifie une crise interne qui commence à secouer le pays. La Grèce est en effet partagée entre les partisans du roi Constantin, beau-frère de Guillaume II, qui défend l’idée d’une neutralité bienveillante à l’égard de l’Allemagne, et ceux du Premier ministre Éleuthère Vénizélos, qui souhaite s’engager du côté de l’Entente. 

 



[1]    Thérèse Krempp rédige une thèse intitulée « L’armée d’Orient et la Grèce, nature, finalités et conséquences d’une présence », sous la direction de Paolo Odorico (EHESS). Le présent article est en partie issu de son mémoire de DEA « La politique culturelle de l’armée française en Grèce pendant la Première Guerre mondiale », soutenu en 2004 avec le même directeur.