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PASCAL RIVIALE - La marine française et l’archéologie au Pérou au XIXe siècle

Bulletin n°46 L'archéologie à l'aune des relations internationales

Automne 2017

La marine française et l’archéologie du Pérou au XIXe siècle

Pascal Riviale

 

 

Résumé 

De nombreux objets du Pérou préhispanique, présents aujourd’hui dans les musées français ont été rapportés par des marins, encouragés en cela tant par leur hiérarchie que par les institutions savantes. Cette importante contribution s’explique notamment par l’omniprésence de la marine française le long des côtes du Pérou durant tout le XIXe siècle, induisant des relations soutenues avec les ressortissants nationaux établis sur place autant qu’avec les autorités et les élites locales.

Mots-clés : Pérou – Collecteurs – Antiquités – Fouilles archéologiques - Marine française.

 

Asbtract

French Navy and Archaeology in Peru during the XIXth Century

Many precolumbian artefacts from Peru can be found in french museums. Part of them were brought back by mariners encouraged in that by their hierarchy and by scientifical institutions. This noteworthy contribution is due to the omnipresence of the french navy along peruvian coasts during the XIXth century, which induced a strong relationship with french residents or local authorities and elites.

Keywords: Peru – Collectors – Antiquities – Archaeological excavations – French navy.

 

 

  Les antiquités péruviennes occupent une place considérable parmi les collections américanistes présentes dans les musées français[1] ; cela s’explique par la renommée du Pérou précolombien et l’intérêt tout particulier porté à ses vestiges depuis l’époque des Lumières. L’étude prosopographique des collecteurs/collectionneurs d’objets du Pérou préhispaniques au XIXe siècle démontre que parmi eux ne se trouvaient pas seulement des explorateurs officiels, mais également des diplomates, des voyageurs indépendants, des négociants ou des artisans établis sur place[2]. Les médecins et officiers de la marine ont eux aussi contribué à ces collectes archéologiques[3], comme en témoignent les archives[4] ou encore la littérature de voyage. Bénéficiant d’une solide formation dans les écoles navales et souvent encouragés dans leurs travaux scientifiques par le biais de recueils d’instructions rédigés par les grandes institutions savantes françaises (Muséum d’Histoire naturelle, Institut, sociétés savantes), les membres du corps de la marine nationale constituaient des auxiliaires scientifiques très appréciés.

 



[1]    Pascal Riviale est docteur en histoire, chargé d’études documentaires aux Archives nationales et chercheur associé au centre EREA du LESC (CNRS-université Paris-Ouest-Nanterre) ainsi qu’à l’Institut français des études andines.

 

[2]    Pascal Riviale, Un siècle d’archéologie française au Pérou (1821-1914), Paris, L’Harmattan, 1996.

 

[3]    Compte tenu de l’imprécision des sources disponibles, il est bien souvent impossible de distinguer ce qui était le résultat d’une véritable fouille archéologique de simples dons : ce n’est pas parce qu’un officier de marine a envoyé à un musée une série de vestiges avec la mention « trouvés dans une tombe à Trujillo » qu’il faut nécessairement considérer celui-ci comme l’inventeur de ces objets, qu’il avait tout aussi bien pu acheter. C’est pourquoi il nous semble plus prudent d’utiliser le terme générique de « collecte ».

 

[4]      Voir par exemple aux Archives nationales les dossiers de missions scientifiques dans la sous-série F/17, ou au Muséum national d’histoire naturelle les archives du département d’anthropologie biologique.