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LUDOVIC BORIS POUNTOUGNIGNI NJUH - L’arme archéologique dans les discours des africanistes au XXe siècle : la rupture du colloque du Caire de 1974

Bulletin n°46 L'archéologie à l'aune des relations internationales

Automne 2017

L’arme archéologique dans les discours

 des africanistes au XXe siècle :

la rupture du colloque du Caire de 1974

Ludovic Boris Pountougnigni Njuh

 

Résumé

La civilisation de l’Égypte ancienne a été l’objet d’âpres discussions au xxe siècle. Cet article étudie l’évolution des usages faits des découvertes archéologiques par les africanistes européens et les chercheurs africains et qui donnèrent naissance à deux thèses opposées. Le colloque du Caire de 1974 permit à celle des chercheurs africains de supplanter la précédente excluant l’Afrique de l’histoire universelle. Cette rupture alimenta, durant le reste du siècle, discours et actions invitant les Africains à révolutionner leur vision et leur place dans la géostratégie globale.

Mots-clés : Égypte ancienne – Archéologie – Rupture épistémologique – Renaissance – Intégration régionale.

 

Abstract

The Archeological Weapon in the Africanist Discourses in the xxth Century: the Rupture of The Cairo Colloquium of 1974

Ancient Egypt’s civilization has been a topic of intense discussions in the xxth century. This article examines the evolution in the use of archaeological discoveries by European Africanists and African scholars and which raised two opposing ideas. The Cairo colloquium of 1974 enabled African researchers to overthrow the idea excluding Africa from global history. During the rest of the century, that disruption governed speeches and actions inviting Africans to change their vision and their place in the global geostrategy.

Keywords: Ancient Egypt – Archeology - Epistemological Rupture – Renaissance - Regional integration.

 

 

  Dans les années 1950-1960, la production scientifique des chercheurs africains sur les origines du peuplement et la civilisation de l’Égypte ancienne déclenche une polémique dans la communauté scientifique internationale[1]. Interpelée, l’Organisation des nations unies pour la science et la culture (UNESCO) organise au Caire, du 28 janvier au 3 février 1974, un colloque international sur « Le peuplement de l’Égypte ancienne et le déchiffrement de l’écriture méroïtique[2] ». C’était pour faire le point sur l’origine du peuplement de l’Égypte antique et cerner les limites de ses aires culturelles et anthropologiques. En fait, depuis au moins le siècle précédent, la civilisation de l’Égypte ancienne était devenue un enjeu pour le positionnement culturel sur la scène internationale. Vingt spécialistes et cinq observateurs d’Europe, d’Amérique et d’Afrique et deux représentants de l’UNESCO furent conviés aux travaux. Se fondant sur des preuves archéologiques issues des fouilles effectuées en Égypte des chercheurs africains s’opposèrent à l’interprétation desdites données créditant, jusque-là, l’Occident du monopole de l’initiative historique. 

 

 

 



[1]    Ludovic Boris Pountougnigni Njuh est doctorant en histoire des relations internationales à l’université de Dschang au Cameroun. Son mémoire : « La gestion d’un territoire frontalier : le cas du pays Bamoun (Cameroun sous administration française), 1916, 1960 », sous la direction du professeur Jules Kouosseu.

 

[2]    UNESCO, Le peuplement de l'Égypte ancienne et le déchiffrement de l'écriture méroïtique. Actes du colloque tenu au Caire du 28 janvier au 3 février 1974, Paris, UNESCO, 1986.