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DANIEL BARIC - « De la tranchée où l’on fouille à celle où l’on se bat ». Français et Autrichiens sur le front de la science entre Balkans et Dardanelles

Bulletin n°46 L'archéologie à l'aune des relations internationales

Automne 2017

« De la tranchée où l’on fouille à celle où l’on se bat »

Français et Autrichiens sur le front de la science

entre Balkans et Dardanelles

Daniel Baric

 

Résumé

La Première Guerre mondiale n’a pas diminué mais au contraire favorisé les travaux archéologiques sur le terrain. Un double front s’est développé, soutenu par les forces armées respectives. Les savants autrichiens furent envoyés dans les territoires balkaniques occupés, les Français sont passés des Dardanelles à la Macédoine. Dans les deux cas, l’archéologie apparaissait comme le moyen permettant d’asseoir une prédominance fondée sur une connaissance renouvelée du passé. Du côté français, les archéologues furent davantage intégrés dans les opérations militaires, préfigurant une présence diplomatique renforcée dans l’entre-deux-guerres.

Mots-clés : Archéologie – Première Guerre mondiale – Balkans – Dardanelles – Fouilles.

 

Abstract

« From the Trench Where They Dig to the Trench Where They Fight »

French and Austrians on the Field of Science Between the Balkans and the Dardanelles

World War One fostered, rather than diminished, archaeological fieldwork. A twofold scientific battlefield developed, extending in space with the support of armed forces. The Austrian scientists concentrated on occupied territories in the Balkans, while the French moved from the Dardanelles to Macedonia. In both cases, archaeology appeared as a means used to establish a predominance based on first-hand knowledge of the past. A more operational role of archaeologists within the army on the French side paved the way to a growing diplomatic presence in the interwar period.

Keywords: Archeology – Word War I – Balkans – Dardanelles – Excavations.

 

 

  Durant la phase initiale de la Première Guerre mondiale[1], les Balkans et l’Asie mineure n'apparurent pas comme un champ de bataille crucial. Loin des fronts occidental et russe, les hostilités y avaient laissé place à des périodes de cessez-le-feu relativement longues. Mais à l'instar d’autres fronts comme la Belgique sous occupation allemande[2], une forme de guerre totale prit également place dans des régions qui furent soit occupées (par les Autrichiens et les Bulgares en Serbie), soit rapidement traversées par des forces armées (les Serbes en Albanie), si bien que les objectifs strictement militaires ne furent pas toujours les seuls poursuivis. 

 



[1]    Daniel Baric est maître de conférences au sein du département d’études germaniques de l’université François-Rabelais de Tours. Le présent article reprend le fil d’une réflexion présentée dans la contribution intitulée « Archaeology at War: French and Austrians on the Field of Science » lors du colloque The Great War: Regional Approaches and Global Contexts. International Conference on the Occasion of the First Centennial of the Beginning of World War One, organisé à Sarajevo du 18 au 21 juin 2014.

 

[2]    Christina Kott, Préserver l'art de l'ennemi ? Le patrimoine artistique en Belgique et en France occupées, 1914-1918, Bruxelles, Peter Lang, 2006.