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CHRISTOPHE BURGEON - Les fouilles allemandes à Olympie, 1936-1937. Un prétexte scientifique, une instrumentalisation idéologique


Bulletin n°46 L'archéologie à l'aune des relations internationales

Automne 2017

 

 

 

 

Les fouilles allemandes à Olympie, 1936-1937

Un prétexte scientifique, une instrumentation idéologique

Christophe Burgeon

 

Résumé 

Pour Hitler et les membres actifs du parti nazi, relancer les fouilles entreprises à Olympie dans le contexte des Jeux olympiques de 1936 répond à un programme d’abord idéologique. Les nazis cherchent avant tout à s’approprier historiquement ce site antique renommé et à célébrer la parenté helléno-germanique, les Grecs étant pour eux les descendants des Aryens. De nombreuses publications consacrées à ces excavations furent diffusées en Allemagne dans les années 1936-1945. Sur le plan scientifique, leur impact fut toutefois très limité.

Mots-clés : Hitler – Nazisme – Olympie – Grecs – Archéologie.

 

Abstract

The German Excavations at Olympia, 1936-1937. A Scientific Pretext, An Ideological Instrumentation

For Hitler and the active members of the Nazi Party, the excavations undertaken at Olympia on the eve and in the aftermath of the 1936 Olympic Games were primarily aimed at historically appropriating the renowned ancient site and celebrating the Hellenic-Germanic relationship the Greeks being, for Nazis, descendants of the Aryans. Numerous publications devoted to these excavations were disseminated in Germany in the years 1936-1945. However, their scientific impact was very limited.

Keywords: Hitler – Nazism – Olympia – Greeks – Archaeology.

 

 

 

Le 1er août 1936[1], alors que l’Allemagne nazie s’apprête à accueillir les Jeux olympiques dans sa capitale, Hitler déclare au Comité international olympique (CIO) qu’il souhaite relancer les fouilles sur le site antique d’Olympie[2]. Les relations nouées auparavant avec le Premier ministre grec Ioannis Metaxas facilitent ensuite l’obtention des autorisations[3]. Quelques mois plus tard, en avril 1937, Rust, ministre des Sciences et de l’Éducation du Reich, peut fièrement déclarer au journal propagandiste Völkischer Beobachter : « La Grèce a remis à nouveau entre les mains de l’Allemagne son site le plus sacré[4] ». Il affirme que ces fouilles s’inscrivent dans la continuité des pratiques des archéologues allemands depuis la fin du xixe siècle :

 




[1]    Christophe Burgeon est professeur agrégé et doctorant rattaché à l’université de Louvain (place Pascal Blaise 1). Il prépare actuellement une thèse intitulée « Les exempla moraux dans les Punica de Silius Italicus », sous la direction du professeur Meurant.

[2]    Aldo Battaglia, « Olympie 1936 : les fouilles du Führer », Matériaux pour l’histoire de notre temps, 7-8, 1986, p. 2-4.

[3]    Hannibal Velliadis, Hitler-Metaxas: griechisch-deutsche Beziehungen während der Metaxas-Diktatur 1936-1941, Berlin, Duncker und Humblot, 2006.

[4]    Völkischer Beobachter, le 12 avril 1937.