X
Bientôt fans, merci !
Pourquoi pas vous ?
Facebook J'aime Paris 1
Accueil » Institut Pierre Renouvin » Les revues » Le bulletin de l'Institut Pierre Renouvin » Tous les bulletins » Bulletin n°46 L'archéologie à l'aune des relations internationales » CÉLIA ROCASPANA - André Parrot, un archéologue au service des intérêts culturels de la France au Levant dans l’Entre-deux-guerres

CÉLIA ROCASPANA - André Parrot, un archéologue au service des intérêts culturels de la France au Levant dans l’Entre-deux-guerres

 

 

Bulletin n°46 L'archéologie à l'aune des relations internationales

Automne 2017

André Parrot,

un archéologue au service des intérêts culturels 

de la France au Levant dans l’Entre-deux-guerres

CÉlia Rocaspana

 

 

Résumé

En 1920, la SDN accorde à la France l’administration des Antiquités dans les mandats et instaure l’égalité de tous les ressortissants des États membres en matière archéologique. Face à la rude compétition désormais arbitrée par la SDN, l’État mandataire réinvestit les relais culturels dont elle dispose sur le plan national et international. André Parrot, archéologue français en poste à Mari (Syrie) en 1933, est témoin des bouleversements de la période et nous livre un tableau des différents enjeux liés à l’exercice de sa profession.

Mots-clés : Parrot – Archéologie – Mandat – Orientalisme – Société des Nations.

 

Abstract

André Parrot, An Archaeologist at the Service of the Cultural Interests of France in the Levant in the Inter-War Period

In 1920, the League of Nations granted France the administration of antiquities in the mandates and established equality among the nationals of all the member states in archaeological matters. Facing the tough competition, henceforth arbitrated by the League of Nations, the mandatory state reinvested the cultural spaces at its national and international levels. André Parrot, French archaeologist based in Mari (Syria) in 1933, observed disruptions during this pediod. He offers a glimpse of the different challenges related to the exercise of his profession.

Keywords: Parrot – Archeology – Mandate – Orientalism – League of Nations.

 

 

  À partir de la fin des années 1920, la recherche archéologique s’affirme pour la France comme une véritable quête nationale au service de son rayonnement culturel et politique face aux nations européennes[1]. Le Levant constitue un laboratoire particulièrement fécond de cette politique. En effet, par l’article 22 du pacte de la SDN ratifié le 28 juin 1919, la France et le Royaume-Uni se sont d’abord vu octroyer une « mission sacrée de civilisation »[2] des peuples issus de la dislocation de l’Empire ottoman et de l’Allemagne. Or, par sa nouveauté, le système des mandats, en vertu de la logique d’auto-détermination des peuples, oblige les Français et les Britanniques à redéfinir leur discours idéologique et leur système colonial classique pour administrer ces territoires. Par ailleurs, en vertu de l’article 14 de la Déclaration de mandat pour la Syrie et le Liban du 24 juillet 1922, la SDN attribue à la France une charge spéciale pour l’administration de la législation des Antiquités : 



[1]      Le présent article est issu du travail de recherche de Célia Rocaspana réalisé dans le cadre d’un Master 2 d’histoire des relations internationales, sous la direction du professeur Laurence Badel : « Construire la diplomatie archéologique de la France au Levant dans (1920-1939) : le parcours d’André Parrot, inventeur du site de Mari (Syrie) », soutenu en septembre 2017 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

 

[2]      Extrait de l’article 22 du Pacte de la Société des Nations ratifié le 28 juin 1919.