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AGNÈS BORDE MEYER - L’Afghanistan, un territoire archéologique à conquérir ? Les activités américaines et italiennes entre 1945 et 1984

Bulletin n°46 L'archéologie à l'aune des relations internationales

Automne 2017

L’Afghanistan, un territoire archéologique à conquérir ?

Les activités américaines et italiennes entre 1945 et 1984

AgnÈs Borde Meyer

 

Résumé

En 1952, la Délégation archéologique française en Afghanistan renouvelle la convention signée en 1922, qui fait du territoire un monopole archéologique officiel. Mais le texte autorise l’arrivée de nouveaux acteurs, parmi lesquels les Italiens et les Américains. Un demi-siècle plus tard, à l’aube du XXIe siècle, les premiers demeurent très actifs, contrairement aux seconds. L’article propose donc d’examiner la place que ces deux États donnèrent à l’archéologie, et les relations qu’entretinrent les équipes archéologiques avec les représentants scientifiques et politiques des différents pays.

Mots-clés : Archéologie – Afghanistan – Relations savantes – Italie – États-Unis.

 

Abstract

Afghanistan, an Archaelogicial Territory to Conquer? The American and Italian Activities, 1945-1984

In 1952, the French Archaeological Delegation in Afghanistan renewed an agreement signed in 1922, which confirmed the French archaeological monopoly on the territory. But the act allowed the Afghan government to ask other states, such as the USA and Italy, to contribute to its study. Since 2001, the Italians have contributed greatly, while the Americans have not. The goal of this article is thus to understand how they saw and used archaeology, and which relations the archaeological teams had with scientific and political representatives from other states.

Keywords: Archaeology – Afghanistan – Scientific Relations – Italy – United States of America

 

  En 1952, la Délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA) renouvelle une convention signée initialement en 1922[1]. Récemment établis en Syrie et au Liban, ainsi que sur le pourtour méditerranéen, grâce aux colonies puis aux accords de Sykes-Picot, les Français avaient alors su convaincre le roi d’Afghanistan de leur céder l’exclusivité des fouilles sur le territoire, par le biais d’un monopole établi pour trente ans. En échange, la France s’était engagée à fournir les finances, le matériel et les moyens humains susceptibles de mettre au jour l’histoire de la jeune nation afghane et de la présenter par le biais de la DAFA, placée sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères français. En 1952, la France conserve son monopole, qu’elle considère comme une preuve de son prestige à l’étranger. En contrepartie, et à la demande expresse du gouvernement afghan, la DAFA, auparavant dirigée depuis le musée Guimet, siège désormais à Kaboul. Son directeur, ou l’un des membres de la Délégation, doit s’y trouver en permanence. Dirigée par Daniel Schlumberger (1948-1963), Paul Bernard (1963-1980) et enfin Jean-Claude Gardin (1980-1982), la Délégation met au jour plusieurs sites prestigieux devenus des références pour l’histoire et la préhistoire de l’Asie centrale, tel Lashkari Bazar, AÎ Khanoum, Mundigak ou Surkh Khotal.

 

 




[1]    Agnès Borde Meyer est docteur en archéologie. Elle vient de soutenir à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sous la direction d’Alain Schnapp, une thèse intitulée : « Concurrence, coopération et collaboration en archéologie, l’exemple du Séistan, 1908-1984 ». Elle tente de comprendre et de présenter les relations complexes des chercheurs occidentaux qui fouillèrent un sol étranger au nom d’institutions et d’États différents, à partir d’un lieu spécifique, le Séistan.