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Tristan Chaussende • Les francophones de Woonsocket, Rhode Island, 1892-1930

Bulletin IPR n°41 - Meilleurs mémoires

Les francophones de Woonsocket,

Rhode Island, 1892-1930

Tristan Chaussende

 

 

Mots-clés : Aram Pothier – Woonsocket-Relations internationales – FilaturesFrancophones Immigrants.

 

French Speaking Immigrants in Woonsocket, Rhode-Island, 1892-1930

Keywords : Aram Pothier – Woonsocket-International Relations – Spinning Mills – French Speaking  – immigrants.

 

L'étude des immigrés francophones aux États-Unis est divisée en plusieurs champs de recherche inégalement explorés par les historiens[1]. Beaucoup de travaux ont été consacrés aux Canadiens français qui ont profondément marqué l'histoire de la Nouvelle-Angleterre par leur immigration de masse et qui constituent de loin le groupe de francophones le plus nombreux de Woonsocket[2]. Inversement, les deux groupes de migrants constitués par les Belges et les Français n'ont fait l'objet que de peu d'études[3]. Ce relatif manque d'intérêt trouve sans doute son origine dans la part infime que ceux-ci constituaient aussi bien au sein de la population de leur pays natal que dans celle de leur pays d'accueil.

Pour autant, on aurait tort de renoncer à s'intéresser aux immigrés belges et français au motif que leur présence aux États-Unis relèverait de l'anecdote. L'importance historique des mouvements migratoires ne saurait être jugée uniquement à l'aune du nombre des migrants impliqués dans ces phénomènes[4]. Les Belges et les Français ont parfois joué un rôle de premier plan à l’échelle locale, comme ce fut le cas à Woonsocket, ville qui fut l'un des grands centres textiles de la Nouvelle-Angleterre au début du xxe siècle. Malgré ce déficit historiographique, les immigrés francophones européens aux États-Unis ne constituent pas une terra incognita pour la recherche historique ; ils ont déjà fait l'objet de quelques travaux de recherche. En ce qui concerne Woonsocket, une partie de l'ouvrage de Gary Gerstle, Working-Class Americanism : The Politics of Labor in a Textile City, 1914-1960, est consacrée aux Français, Belges et Canadiens français[5]. L'historien américain s’intéresse principalement à leur rôle dans l'histoire syndicale des États-Unis, dans le cadre d'un travail qui redéfinit la notion d'Americanism[6]. Mon étude propose une approche différente : elle s’inscrit avant tout dans l'histoire de l'immigration et étudie les francophones de cette ville en tant qu'immigrés et non comme des acteurs de l'histoire du syndicalisme.

Le présent article s'interroge sur la pertinence du critère national pour délimiter les groupes francophones de Woonsocket à travers l'étude des origines géographiques de ces migrants, de leur groupe social et de leurs affinités culturelles, ainsi que des liens qu'ils entretiennent entre eux. La période d'étude commence en 1892, date de fondation de la première filature par un francophone européen à Woonsocket. Elle s'achève au début des années 1930, qui marque la fin de l’immigration canadienne-française et l'amorce d'un long processus d'acculturation qui fait disparaître les communautés francophones de Nouvelle-Angleterre.

Cette étude se fonde principalement sur les feuilles des recensements de 1910 et 1930 car elles contiennent de nombreuses données socio-économiques sur les ménages. Ces informations ont été complétées par d’autres types de sources, notamment des listes de passagers des navires transatlantiques et d’autres documents renseignant l’origine des migrants. J’ai procédé à un double traitement de la plupart de ces sources. En premier lieu, un travail statistique a été effectué. Une base de données sur les immigrés francophones a été élaborée à partir d’échantillons tirés des feuilles de recensement. Ce traitement informatique m’a permis de produire des statistiques à partir desquelles j’ai pu déterminer les profils socio-économiques des groupes de francophones. Ces sources ont également été traitées de manière individuelle, lorsqu’elles constituaient des exemples pertinents dans le cadre de la démonstration.

Woonsocket, centre de l'industrie textile en Nouvelle-Angleterre

Au début du xixe siècle, les États-Unis entrent progressivement dans l’ère industrielle et la Nouvelle-Angleterre accueille l’essentiel de son industrie. Le site de la future ville de Woonsocket est retenu pour édifier des mills à partir de 1810[7]. Autour de ces manufactures, se créent des villages où résident les ouvriers. C'est de l'agrégation de ces bourgs que Woonsocket est née. L'existence administrative de la ville remonte à 1867. Woonsocket n'est pas un cas isolé ; en Nouvelle-Angleterre, plusieurs villes se développent également grâce à l'industrie textile : Worcester, Lawrence, Lowell, etc.

À partir du début des années 1870, avec quelques années de retard sur le nord de la Nouvelle-Angleterre, Woonsocket voit affluer de nombreux Canadiens français, qui contribuent largement par leur travail au développement économique de cette ville dont la population quadruple en l'espace d'une cinquantaine d'années[8]. Les Canadiens français jouent un rôle de premier plan dans cet essor démographique. En 1920, ils sont plus de 10 000 à Woonsocket et représentent avec leurs enfants environ 54 % de la population totale de la ville. Bien que l'essentiel des Canadiens français migrent vers la ville durant les trois dernières décennies du xixe siècle, les mouvements migratoires en provenance du Canada perdurent jusqu'à la fin des années 1920. Le phénomène aura duré près de soixante ans.

Les flux migratoires des Français et des Belges sont, au contraire, ponctuels. Concomitants, ils se concentrent au cours de la première décennie du xxe siècle. Les francophones européens sont beaucoup moins nombreux que ceux venus du Canada : ils ne se comptent pas en milliers mais seulement en centaines. Leurs populations atteignent leur maximum vraisemblablement vers 1920. À cette date, les groupes nationaux formés par les Belges et les Français sont respectivement constitués de quelque 400 et 800 individus.

Les industries françaises ou belges de Woonsocket

La présence de migrants belges ou français dans la ville est, dans une certaine mesure, due à celle des Canadiens français. Lors de l'exposition universelle de Paris en 1889, Aram Pothier[9], un banquier canadien-français de Woonsocket, rencontre le Belge Joseph Guérin et les Français Auguste et Louis Lepoutre, un contremaître et deux industriels de l'industrie textile. Alors que les États-Unis préparent le MacKinley Bill – une loi protectionniste qui augmente considérablement les droits de douane sur les marchandises européennes entrant aux États-Unis –, il leur propose de s'implanter à Woonsocket, une ville qui dispose d'une abondante main-d’œuvre francophone expérimentée. Guérin est le premier à accepter l'offre et vient s'installer dans cette ville où il fonde la Guerin Spinning Co. en 1892, grâce au soutien actif de Pothier. Les frères Lepoutre franchissent le pas quelques années plus tard, en 1899, avec leur propre filature, la Lafayette Worsted Co. Plusieurs autres industriels français apparentés aux Lepoutre installent leurs propres usines au cours des trois premières décennies du xxe siècle.

 

Ces industriels envoient, de France, des cadres administratifs et des contremaîtres en qui ils ont confiance pour superviser le travail dans leurs nouvelles manufactures outre-Atlantique. Ainsi, de manières directe – Aram Pothier – et indirecte – la forte communauté canadienne-française de la ville –, les Canadiens français ont joué un rôle dans la migration d'une partie des Belges et des Français vers Woonsocket. Cependant, tous les individus français ou belges ne s’inscrivent pas dans le cadre de cette migration d'entreprise. Certains viennent dans la ville de leur propre initiative car le savoir-faire qu'ils possèdent est recherché en Nouvelle-Angleterre où les filatures souffrent d'une pénurie chronique d'ouvriers qualifiés.

Les institutions communautaires canadiennes-françaises

Quant aux Canadiens français, ils marquent la ville par la création de nombreuses institutions communautaires. Entre 1874 et 1909, cinq paroisses canadiennes-françaises sont créées à Woonsocket. Elles constituent, pour des Canadiens français très dévots, le cœur de leur réseau communautaire. Près des églises se construisent les écoles paroissiales qui sont des institutions essentielles pour la pérennité de la communauté canadienne-française et la résistance à l'assimilation voulue par les partisans de la Survivance. Les Canadiens français fondent plusieurs titres de presse qui sont le plus souvent éphémères. Cependant, La Tribune de Woonsocket survit tout au long de notre période.

Métiers et rangs sociaux des immigrés francophones

Pratiquement tous les Français et les Belges de Woonsocket travaillaient dans l'industrie textile avant leur émigration aux États-Unis, ce qui n'est pas le cas des Canadiens français dont l'origine est le plus souvent rurale. Quoi qu’il en soit, la grande majorité des francophones de Woonsocket s'y sont installés pour les emplois que l'industrie textile leur offrait. Environ deux-tiers des Canadiens français et des Belges travaillent dans l'industrie en 1910 comme en 1930. Ce pourcentage est encore plus élevé chez les Français (plus de 90%).

 

Cependant, les emplois qu'ils occupent au sein de l'industrie textile ne sont souvent pas les mêmes. On trouve fréquemment des Français ou des Belges à la tête des filatures. Français et Belges occupent des fonctions de cadres et d’ouvriers qualifiés dans ces entreprises, ce qui est rarement le cas des Canadiens français, au regard de nos échantillons. La plupart d'entre eux sont des ouvriers moyennement ou pas qualifiés, et cette situation n'évolue guère au cours de la période. À l'inverse, la part des ouvriers qualifiés est plus importante chez les Français et les Belges. Elle augmente considérablement entre 1910 et 1930, sans doute grâce aux affinités qui pouvaient exister entre les ouvriers français ou belges et leurs compatriotes qui occupaient des postes plus haut placés dans la hiérarchie des manufactures.

 

Les répartitions des individus français ou belges au sein des secteurs d'activité et des catégories socioprofessionnelles sont presque identiques. Ce sont notamment ces points communs qui ont poussé Gary Gerstle à les considérer comme un seul et même groupe ethnique qu'il désigne sous le terme de Franco-Belgians (Franco-Belges). Cependant, comme il le fait lui-même remarquer, ces groupes sont fortement divisés sur le plan social et politique entre, d'une part, des ouvriers qualifiés qui sont souvent des syndicalistes d'inspiration socialiste et, d'autre part, des contremaîtres et des cadres dirigeants qui appartiennent à une bourgeoisie très hostile à cette idéologie. L'étude des origines géographiques des migrants vient à la fois confirmer et relativiser le classement des Belges et des Français comme membres d'un même groupe.

Des émigrations régionales :

les origines des immigrés francophones de Woonsocket

La classification des francophones établie selon le critère du pays d'origine, faite à partir des feuilles de recensement, est d'une pertinence toute relative. Si l'on exploite d'autres sources[10] qui donnent des renseignements plus précis sur l'origine géographique des migrants, on se rend compte que la nationalité ne permet pas d'établir la meilleure typologie. Un dénombrement des migrants français ou belges par villes de départ, réalisé grâce aux listes de passagers des navires transatlantiques, révèle que la plupart de ces individus provenaient d'un seul et même foyer d'émigration. Il s'agit de l'agglomération formée par les villes de Roubaix et de Tourcoing, en France, et de Mouscron, en Belgique. Puisque la plupart des Belges et des Français proviennent du même espace géographique, il est sans doute plus pertinent de considérer que l'on a affaire à une émigration régionale – voire locale – plutôt qu'à des mouvements migratoires nationaux. Cependant, il existe pour les Belges de Woonsocket une autre région de départ : Verviers et ses environs. Cette ville, située à une dizaine de kilomètres de Liège, se trouve loin de la frontière franco-belge et de l'agglomération de Roubaix, Tourcoing et Mouscron. L'existence de ce foyer d'émigration tient probablement au fait que Joseph Guérin y travaillait avant son émigration vers les États-Unis. Cet ancien ouvrier qualifié a dû constituer le premier maillon d'une chaîne de migration.

Le foyer d'émigration des Canadiens français est plus extensif : l'étude des villes de naissance des immigrés canadiens-français de Woonsocket n'a pas révélé une concentration des départs à partir d'une ou de plusieurs villes, comme c'est le cas pour les francophones européens. Cependant, la grande majorité des francophones du Canada présents à Woonsocket viennent de la vallée du Saint-Laurent, plus précisément d'un périmètre qui suit le cours du fleuve, de Montréal à Trois-Rivières.

Ainsi, les migrations des francophones de Woonsocket sont des phénomènes régionaux. Les Français et les Belges forment un groupe commun dont la cohérence est relative. Certes, une majorité de ces individus sont originaires de la même région et travaillent dans le même secteur d'activité ; cependant, ils n'ont pas tous émigré à partir de la même localité et des différences de rang social et de culture politique peuvent les séparer. L'étude des relations qui se sont nouées entre les Canadiens français, les Belges et les Français montre que d'autres facteurs que l'ethnicité peuvent dessiner les contours des groupes francophones de la ville.

Les références culturelles communes aux francophones

Les francophones de Woonsocket disposent de multiples références culturelles qui ont sans doute facilité la constitution de liens entre individus de nationalités différentes. La plus importante est leur langue maternelle commune. Grâce au grand nombre de Canadiens français à Woonsocket, on pouvait vivre et travailler en français dans cette ville. Le français était également largement utilisé dans les commerces et les services publics de la ville.

L'histoire constitue un marqueur identitaire puissant durant notre période où les idéologies nationalistes se développent en Europe comme en Amérique du Nord. Les Français et les Canadiens français peuvent se référer à un récit national commun que constitue l'histoire de la Nouvelle-France. La Belgique est un jeune pays au début du xxe siècle. Cependant, les Français et les ancêtres des Belges francophones partagent de nombreux événements historiques au fil des siècles, l'un des plus importants et des plus récents étant sans doute l'intégration de la Wallonie et de la Flandre à la France des 130 départements, entre 1811 et 1814.

Hormis l'histoire, certains francophones des deux rives de l'Atlantique ont acquis des références culturelles communes lors de leur instruction. Les institutions scolaires canadiennes-françaises de Nouvelle-Angleterre importent des livres publiés en France qui sont lus par les enfants. Les familles membres de l'élite canadienne-française qui ont les moyens d'offrir des études supérieures à leurs enfants les envoient parfois en France parfaire leur éducation.

 

Enfin, la plupart des francophones de Woonsocket sont des catholiques qui vivent dans une société américaine majoritairement protestante. Cette religion commune donne l'occasion de se fréquenter au sein des paroisses canadiennes-françaises. Toutefois, les Canadiens français avaient souvent des relations tendues avec leurs coreligionnaires d’une origine différente de la leur, comme les Irlandais. Le catholicisme est un facteur ambivalent, il peut aussi bien rapprocher que diviser les francophones. De plus, les Français et les Belges sont moins nombreux à être de confession catholique. Il y avait, par exemple, à Woonsocket un temple baptiste français, la French Baptist Church.

 

 

Quelques lieux de sociabilité communs aux francophones

Grâce à ces références culturelles communes, certains Belges et certains Français ont pu intégrer des institutions communautaires canadiennes-françaises. La plupart de ces personnes sont des religieux appartenant à des ordres religieux implantés au Québec qui ont accompagné l'émigration de masse des Canadiens français. On trouve des religieux, des Frères et des Sœurs français ou belges, parmi les enseignants des écoles paroissiales. D'autres sont des laïcs, tels les enseignants français du collège commercial du Mont-Saint-Charles – qui accueille principalement des élèves d'origine canadienne-française, mais également des enfants dont les parents sont des francophones européens – ou quelques journalistes belges travaillant à La Tribune, le principal journal canadien-français de Woonsocket.

 

Outre ces institutions communautaires, certains lieux de sociabilité sont communs à au moins deux des trois groupes de francophones. Les lieux de travail ont une importance grandissante au cours de notre période : avec le déclin de l'industrie cotonnière, de nombreux Canadiens français viennent travailler dans la filière de la laine où sont employés la plupart des Français et des Belges. La proximité particulière qui existe entre Français et Belges se reflète dans l'existence d'une Alliance franco-belge, à Woonsocket, qui regroupait des ouvriers qualifiés et des cadres dirigeants de filature.

Les mariages exogames entre francophones

Cette relation privilégiée entre francophones européens est également illustrée par l'étude des mariages exogames. Lorsqu'ils n'épousent pas un conjoint de même nationalité, les Français et les Belges ont tendance à se marier entre eux. La notion d'exogamie peut même être discutée pour certaines de ces unions dont les conjoints sont des immigrés belges de première ou de deuxième génération. Des mariages entre francophones européens et Canadiens français sont également célébrés. Leur nombre laisse supposer qu'il existe une affinité linguistique qui favorise ces unions, même si toute interprétation de ce chiffre est périlleuse puisque les Canadiens français sont très nombreux à Woonsocket.

Cependant, il apparaît qu'une approche sociologique de ces unions peut éclairer la répartition des mariages entre francophones. D'après les données fournies par les échantillons de francophones, les unions entre immigrés français et belges se font surtout dans le milieu ouvrier. En revanche, les mariages entre Canadiens français et francophones européens impliquent des personnes de rang social plus élevé : des dirigeants ou propriétaires de filatures. Ainsi, il est fort probable qu'est née, de l'union des bourgeoisies canadienne-française et franco-belge, une nouvelle élite francophone à Woonsocket, au début du xxe siècle.

 

En somme, les trois populations francophones de Woonsocket ont eu un impact considérable sur l'histoire de cette ville, que ce soit par leur nombre ou par le rôle économique capital qu'ils ont joué dans cette ville. Par leur origine géographique commune et leur origine sociale le plus souvent identique, les Belges et les Français de Woonsocket entretenaient des liens privilégiés dans cette ville du Rhode-Island. Du point de vue des Canadiens français, les contacts ont été plus limités, principalement parce que les francophones européens sont beaucoup moins nombreux qu'eux. Cependant des relations, encouragées par des affinités culturelles, ont vu le jour entre francophones européens et canadiens.

 


[1]    Cet article rend compte d’un mémoire de recherche en histoire de l’Amérique du Nord, intitulé « Les trois populations francophones de Woonsocket, Rhode-Island (1892-1930) », réalisé sous la direction d’Annick Foucrier, CRHNA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

[2]    Notamment l’ouvrage de François Weil, Les Franco-Américains, Paris, Éditions Belin, 1989.

[3]    Pour les Belges, voir Serge Gaumain, dir., Les immigrants préférés : les Belges, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1999. Pour les Français, voir Annick Foucrier, Le rêve californien : migrants français sur la côte Pacifique, xviiie-xxe siècle, Paris, Éditions Belin, 1999 ; « French and French Americans, 1870-1950s », in Elliott R. Barkan, dir., Immigrants in American History: Arrival, Adaptation, and Integration, ABC-CLIO, 2013, vol. I, p. 367-374 ; « Français et Canadiens Français en Californie (1860-1920) », in Yves Frenette, Étienne Rivard, Marc Saint-Hilaire, dir., La francophonie nord-américaine, Québec, Presses de l’Université de Laval, 2013, coll. « Atlas historique du Québec », p.192-198.

[4]    Claude Fohlen, « Perspectives historiques sur l’immigration française aux États-Unis », Revue européenne des migrations internationales, vol. 6 n°1, L’immigration aux États-Unis, p. 29-43.

[5]    Gary Gerstle, Working-class Americanism : The Politics of Labor in a Textile City, 1914-1960, Princeton, Princeton University Press, 2002.

[6]    Terme que l'on pourrait traduire par le néologisme « américanité ».

[7]    Mill : moulin ; par extension, les manufactures dont les machines étaient mues par des roues à aube entraînées par le courant d'une rivière.

[8]    Woonsocket comptait 11 527 habitants en 1870 et 43 496 en 1920.

[9]    Aram Pothier est l'un des Canadiens français les plus influents du Rhode-Island au début du xxe siècle. Outre sa réussite dans les affaires, il a été élu à plusieurs reprises maire de Woonsocket et a occupé le poste de lieutenant-gouverneur puis de gouverneur de cet État.

 

[10]   Pour déterminer l'origine des migrants, des listes passagers et des demandes de passeport ont été notamment utilisées.