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Irvin Louaas • La coopération franco-caodaïste au commencement de la guerre d’Indochine (1945-1948) : un « pacte avec le Diable » ?

 

Bulletin IPR n°41 - Meilleurs mémoires

La collaboration franco-caodaïste au début de la guerre d’Indochine (1945-1948) :
un « pacte avec le Diable » ?

Irvin Louaas

 

Mots-clés : Caodaïsme – Secte Politico-Religieuse – Trần Quang Vinh – Phạm Công Tắc – Sous-Impérialisme.

 

The Franco-Caodaist Collaboration In The Beginning Of The Indochina War (1948-1948) : A « Deal With the Devil » ?

Keywords : Caodaism Political-Religious SectTrần Quang VinhPhạm Công Tắc Sub-Imperialism.

 

Si la guerre d’Indochine (1946-1954) fut un conflit entre colonisateurs et colonisés, la violence s’exerça également entre les indigènes eux-mêmes, ce qui s’explique autant par les clivages ethniques, religieux et politiques traversant la population locale que par la volonté des Français de se servir de ceux-ci pour combattre le Việt Minh[1]. Dès la fin 1945, la France met en place une politique de « jaunissement » (terme utilisé à l’époque) du conflit visant à recruter des partisans parmi les populations d’Indochine hostiles à Hồ Chí Minh.

Religion syncrétique et millénariste fondée en Cochinchine (sud du Vietnam actuel) en 1925, le caodaïsme prône la croyance en un dieu nommé Cao Đài (« haut palais »). La nouvelle confession compte déjà 500 000 adeptes en 1930[2]. Ses fondateurs, élites indigènes proches de l’administration coloniale, se distinguent de la masse des adeptes, composée de paysans démunis qui se convertissent afin de bénéficier du soutien socio-économique d’une structure solidaire. La doctrine caodaïste est issue du bouddhisme, du confucianisme et du taoïsme. Elle s’inspire aussi de systèmes de croyances occidentaux, tels que le christianisme et la franc-maçonnerie. Le caodaïsme subit plusieurs schismes à partir d’avril 1926. La branche de Tây Ninh, dont le Saint-Siège est installé dans la province éponyme [Figure 1], réussit toutefois à imposer son hégémonie sur ses rivales[3]. En 1946, elle réunit 87 % des caodaïstes de toute la Cochinchine[4].

 


Figure 1 : Cochinchine française, Jean-Louis de Lanessan et les frères Erhard, Paris, F. Alcan, 1888 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8439724h - consulté le 12/01/2015 (cf. fin d'article).

 

 

Les dignitaires caodaïstes ont d’abord développé des relations tendues avec l’administration coloniale, avant de s’allier à la France pour combattre le Việt Minh. Ainsi, en janvier 1947, la France arme 1 970 soldats caodaïstes[5]. Cette décision suscite la colère des milieux coloniaux, hostiles à la nouvelle religion. Dans un ouvrage publié en 1986, l’ex-journaliste Jean Lartéguy décrit la collaboration avec les caodaïstes comme « un pacte avec le Diable », affirmation que nous nous efforcerons de critiquer dans le présent article[6].

La bibliographie sur le caodaïsme est principalement alimentée par les historiens et les ethnologues[7]. Le présent article s’appuie cependant en premier lieu sur les sources disponibles dans les centres d’archives de l’administration française (Service historique de la Défense à Vincennes, Archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence et Archives du ministère des Affaires étrangères à La Courneuve). L’étude de ces archives dévoile les contradictions de la politique française à l’égard du caodaïsme, rompant ainsi avec une méthode partiale – mais jamais remise en cause en France – consistant à rejeter la nouvelle religion au rang de « secte » et à énumérer les exactions commises par ses adeptes.

La formation d’une « secte politico-religieuse » en conflit avec l’administration coloniale (1925-1946)

Le caodaïsme a souvent été qualifié de « secte politico-religieuse ». Dès le xix siècle, le terme de secte avait deux connotations, celle d’aujourd’hui, péjorative, et celle des orientalistes européens, qui classifiaient les branches bouddhistes en « sectes ». Dans sa première acception, le mouvement « sectaire » est celui qui menace l’ordre établi et ses représentants : l’État et la « vraie » religion[8]. Or, l’émergence du caodaïsme a clairement suscité l’inquiétude de l’Église catholique et de l’administration coloniale.

Dès sa fondation, le caodaïsme est accusé par l’administration coloniale de chercher à constituer un « État dans l’État ». De fait, les dignitaires de la branche caodaïste de Tây Ninh établissent une organisation prenant en charge les adeptes dans de nombreux aspects de la vie : constitution d’une sécurité sociale, construction d’écoles, etc.[9]. Surtout, l’administration coloniale accuse le caodaïsme d’être lié aux mouvements anticolonialistes. Notons que la religion naît dans un contexte caractérisé, d’une part, par l’échec du réformisme colonial impulsé par le gouverneur général Alexandre Varenne (1925-1927) et, d’autre part, par la radicalisation des mouvements nationalistes vietnamiens. Le caodaïsme est d’ailleurs affilié aux associations taoïstes Minh, instigatrices des révoltes de 1913-1916 ayant visé à rétablir le prince Phan Xích Long (1893-1916) sur le trône du Vietnam.

 

À la suite de la chute de la IIIRépublique (10 juillet 1940), le régime de Vichy nomme l’amiral Decoux (1884-1963) à la tête de l’Indochine, avec pour mission de traquer les « ennemis de l’intérieur ». Un an plus tard, la France signe le traité Darlan-Kato (29 juillet 1941), à travers lequel elle laisse les soldats japonais occuper l’Indochine en échange du maintien de sa souveraineté. Dans ce contexte, les accointances du caodaïsme avec les autorités japonaises ne passent pas inaperçues[10]. Le 20 août 1941, l’administration coloniale envoie Phạm Công Tắc (1890-1959), maître spirituel du caodaïsme de Tây Ninh, en exil à Madagascar. Trần Quang Vinh (1897-1975), nouveau chef de file du mouvement, s’allie alors ouvertement à Tokyo et forme une armée caodaïste pro-japonaise, celle-ci participant finalement au coup d’État anti-français du 9 mars 1945. L’implication des caodaïstes dans cet évènement, véritable traumatisme pour les Français d’Indochine, renforce la haine des seconds envers les premiers.

La défaite du Japon en août 1945 incite finalement Trần Quang Vinh à collaborer avec la nouvelle puissance montante en Indochine : le parti communiste et anticolonialiste Việt Minh, dirigé par Hồ Chí Minh. Les troupes françaises, envoyées en septembre pour reconquérir l’Indochine, se trouvent ainsi opposées à une alliance de mouvements armés prêts à en découdre.

Le ralliement des caodaïstes de Tây Ninh à la France : opportunisme ou simple survie ?

Intervenant alors que la France et le caodaïsme sont en guerre depuis plus d’un an, le ralliement de Trần Quang Vinh (9 juin 1946) est un tournant dans le conflit indochinois. Les raisons de ce retournement d’alliance sont mal connues et méritent notre attention.

Les sources françaises décrivent le ralliement de Trần Quang Vinh comme une décision réfléchie de sa part, résultant d’une personnalité opportuniste et malhonnête[11]. Cette explication, insuffisante, ne doit pas faire oublier les tensions entre caodaïstes et communistes au moment de leur alliance contre la France, chaque camp accusant l’autre d’être dirigé par des « traîtres à la nation » (Việt gian). Trần Quang Vinh est d’ailleurs emprisonné par la police Việt Minh d’octobre 1945 à janvier 1946 après avoir refusé de fusionner ses troupes avec celles de Hồ Chí Minh[12]. Mais le dignitaire caodaïste était-il vraiment en position de négocier son ralliement avec la France ? D’après l’historienne Trần Mỹ Vân, Trần Quang Vinh aurait été arrêté par la Sûreté coloniale dans le cadre d’un gigantesque coup de filet à la suite duquel il aurait été emprisonné et torturé[13]. Cette version, absente de l’historiographie française, est néanmoins rendue plausible par certains témoignages décrivant le geôlier de Trần Quang Vinh comme un amateur de la « magnéto d’interrogatoire[14] ».

En réalité, le rôle des caodaïstes a souvent été surestimé dans cette affaire. Le Saint-Siège avait certes beaucoup à gagner d’une alliance avec la France, celle-ci lui permettant de mettre fin à une période de déclin politique, militaire et démographique. Mais cela ne lui conférait pas pour autant un pouvoir de négociation analogue à celui d’une puissance coloniale. Le ralliement de Trần Quang Vinh est donc avant tout le reflet d’une politique française de « vietnamisation » précoce du conflit, visant à se servir des indigènes – notamment des minorités comme moyen d’action contre le Việt Minh.

 

Dès lors, quels facteurs ont poussé les Français à mener une telle politique ? Le projet de ralliement a été dicté dans un premier temps par des impératifs politiques. Au printemps 1946, le haut-commissaire Thierry d’Argenlieu, sourd aux protestations du Việt Minh, proclame l’autonomie de la République de Cochinchine, tout en promettant de soumettre ultérieurement la question au référendum. Les caodaïstes représentant 10 % des potentiels électeurs, il devient alors urgent de les rallier. Ainsi, en l’espace de deux jours (7 et 8 mai), Phạm Công Tắc est réembarqué à destination de l’Indochine et Trần Quang Vinh est arrêté[15]. Le 9 juin, ce dernier signe une convention dans laquelle il s’engage à déposer les armes et reconnaît officiellement le nouvel État cochinchinois. Phạm Công Tắc, à son retour d’exil, n’a d’autre choix que d’entériner cet accord (23 août 1946)[16].

 

Figure 2 : Cao Đài Army, 22 février 1953. L’archévêque Trần Quang Vinh s’apprêtant à donner le drapeau de l’armée caodaïste au Hộ Pháp Phạm Công Tắc, qui le passera lui-même au nouveau commandant de l’armée caodaïste, le général Nguyễn Văn Thành. Site consulté le 5 janvier 2015 :  (http://album.caodai.net/displayimage.php?album=44&pid=3510"\l"top_display_media -) cf. fin d'article.

 

La collaboration franco-caodaïste : une coopération politique et militaire

En septembre 1946, les dignitaires caodaïstes ne semblent pas définitivement acquis à la cause française. Constatant qu’ils sont sur le point d’être trahis, les chefs Việt Minh lancent une terrible répression contre les adeptes caodaïstes, ce qui pousse finalement le Saint-Siège à collaborer plus ouvertement avec la France. Lê Văn Hoạch (1896-1878), conseiller de Phạm Công Tắc, est nommé président de la République de Cochinchine le 26 novembre 1946. Cela n’empêche cependant pas Trần Quang Vinh d’émettre de sérieuses réserves quant à la légitimité du nouveau régime[17]. En revanche, le Saint-Siège fait bloc derrière la France lorsque celle-ci engage des pourparlers avec l’ex-empereur Bảo Đại en vue de la reconstitution d’un Vietnam unifié. Phạm Công Tắc joue même le rôle de médiateur entre les deux parties[18]. En Cochinchine, les dignitaires caodaïstes participent à la création de nouvelles organisations anti-Việt Minh et jouent un rôle clé dans le ralliement des bouddhistes Hòa Hảo (mai 1947) et des bandits Bình Xuyên (été 1948) à la France[19]. Phạm Công Tắc s’impose comme la personnalité la plus à même d’incarner une « troisième voie » en Cochinchine. Guidé par le prosélytisme, il tente en vain de mettre sous tutelle les Hòa Hảo (janvier 1948), ce qui ruine les espoirs de mise en place d’un front cochinchinois anti-Việt Minh[20].

Le traité Phạm Công Tắc-Fray (8 janvier 1947) donne un contenu militaire à la collaboration franco-caodaïste. L’État français commence alors à armer et entretenir des troupes caodaïstes. Composées de 1 970 soldats répartis en douze brigades volantes et en seize postes, les FACD (Forces armées caodaïstes) boutent le Việt Minh hors de la province de Tây Ninh et arrachent 340 armes des mains de l’ennemi en seulement deux ans[21]. Bénéficiant de son succès, l’armée caodaïste atteint 10 000 soldats en 1948[22].

 


Figure 3 : Une brigade de soldats caodaïstes attendant l’ordre de traverser le « Vaïco [fleuve] Oriental », secteur de Tây Ninh, novembre 1948. Marguerite G. Gobron, Le caodaïsme en images, Paris, Dervy, 1949, Photo n° 168 (tous droits réservés). Cf. fin d'article.

 

 

Toutefois, dans le camp français, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le comportement insidieux des officiers caodaïstes, et plus particulièrement du colonel Trình Minh Thế. « L’enfant terrible » – surnom que lui donnent les Français – s’impose comme une figure populaire parmi les soldats caodaïstes. Violemment anti-français, il fonde la confrérie des Hắc Y (« chemises noires »), composée de 300 fidèles auxquels sont confiées des « missions de chocs » visant aussi bien le Việt Minh que le corps expéditionnaire. Trình Minh Thế s’entoure d’ex-officiers japonais qui l’aident à construire des arsenaux clandestins, des postes émetteurs et même à fonder sa propre école politico-militaire[23]. Ces activités attisent les soupçons des Français vis-à-vis de Phạm Công Tắc, auquel il est reproché de jouer double jeu.

L’existence d’un double jeu de la part des Français ?

Dans les archives françaises, la collaboration avec le caodaïsme est souvent abordée sous l’angle du « double jeu » auquel s’adonnerait le Saint-Siège. A contrario, il n’est jamais fait mention d’un « double jeu » français. Pourtant, la France ne parle pas d’une seule et même voix à son allié caodaïste.

Les hauts responsables militaires et administratifs sont les principaux partisans d’une collaboration avec les caodaïstes, le général Boyer de Latour mettant notamment en place ce qui sera qualifié de « politique des sectes » (recours accru aux troupes caodaïstes, Hòa Hảo et Bình Xuyên). Conscients des velléités émancipatrices du Saint-Siège, ils veillent toutefois à ne pas trop gonfler les effectifs des FACD. Les officiers de terrain, en revanche, réclament une systématisation du recours aux soldats caodaïstes afin de combler leurs manques d’effectifs. À plusieurs reprises, ils en recrutent sans en référer à leurs supérieurs, ces derniers s’empressant d’annuler les mesures prises sans leur consentement[24].

De l’autre côté du spectre, si une partie des « anciens d’Indochine », témoins de l’engagement pro-japonais des caodaïstes pendant la Seconde Guerre mondiale, est opposée à toute alliance avec le Saint-Siège, on distingue à l’intérieur même de cette catégorie diverses sensibilités. Les milieux coloniaux ultraconservateurs refusent initialement tout compromis, puis assouplissent leur position. Le colonel Leroy, fondateur des UMDC (Unités Mobiles de Défense des Chrétientés), voue une haine féroce aux caodaïstes[25]. La Sûreté coloniale, de son côté, est divisée en plusieurs tendances : d’une part ceux favorables à une collaboration politique mais défavorables à toute coopération militaire ; d’autre part ceux refusant tout compromis.

De cette diversité de sensibilités résulte un manque de coordination. En fait, les principales frictions ont lieu entre l’armée et la Sûreté coloniale, cette dernière transgressant fréquemment les accords passés entre les militaires français, les caodaïstes et les nationalistes vietnamiens[26]. Bien qu’on ne puisse pas parler de « double jeu » concerté, il est donc clair que le camp français n’a lui-même pas appliqué une seule et même politique à l’égard des caodaïstes.

L’alliance franco-caodaïste, un cas de sous-impérialisme indigène

À l’issue de cet article, il apparaît que qualifier l’alliance franco-caodaïste de « pacte avec le diable » relève d’une analyse partiale. La collaboration franco-caodaïste a souvent été examinée sous le seul angle des trahisons commises par les dignitaires du Saint-Siège, surestimant ainsi leur pouvoir réel et occultant le fait que la France était en réalité à l’initiative d’une telle politique. En revanche, cette coopération correspond à ce que le géopoliticien François Thual qualifie de « sous-impérialisme », c’est-à-dire « un impérialisme qui fonctionne au service d’un autre impérialisme, qui le contrôle et le domine de différentes façons »[27].

Si l’on s’en tient à cette définition, il semblerait que ledit sous-impérialisme prenne fin au début du mois de juin 1951. À cette date, le colonel caodaïste Trình Minh Thế prend définitivement le maquis avec 2 000 soldats qu’il dirige à la fois contre les Français et les communistes. Ainsi, une partie non négligeable des FACD n’agit clairement plus au profit de l’impérialisme colonial français. La collaboration franco-caodaïste survit malgré tout à ces tensions jusqu’à la prise de Điện Biên Phủ (13 mai 1954)[28]. L’avènement du catholique pro-américain Ngô Đình Diệm comme Premier ministre de l’État associé du Vietnam (juin 1954), puis comme président de la République du Vietnam (octobre 1955) y met cependant définitivement fin. Le nouvel homme fort du Sud-Vietnam réprime en effet les mouvements religieux jugés déviants (dont le caodaïsme), forçant ainsi Phạm Công Tắc à s’exiler au Cambodge. Les soldats caodaïstes, pris entre deux feux, se dispersent entre ceux qui intègrent l’armée de Ngô Đình Diệm et ceux qui – devant la politique anti-caodaïste menée par son gouvernement – rejoignent la guérilla communiste. La guerre d’Indochine s’achève, celle du Vietnam débute.



[1]    Le présent article est tiré d’un mémoire de M2 intitulé « La collaboration franco-caodaïste au début de la guerre d’Indochine : la mise en place d’une alliance ambiguë (1945-1948) », réalisé sous la direction d’Hugues Tertrais et de Pierre Singaravélou. Ce mémoire a été soutenu à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne en avril 2014.

[2]    Jayne Werner, Peasant Politics and Religious Sectarianism : Peasant and Priest in the Cao Dai in Viet Nam, New Haven, Yale University, 1981, p. 25.

[3]    Le terme « Saint-Siège », utilisé à l’époque, renvoie non seulement à un périmètre sacré autour du principal temple de la branche de Tây Ninh, mais également aux centres de pouvoir de celle-ci.

[4]    Service historique de la Défense (SHD), 10H 4139, dossier n° 1, TFIS (Troupes françaises en Indochine du Sud), n° 200/2.S, « Le caodaïsme », Saigon, le 6 janvier 1947.

[5]    Lieutenant Darches, « L’armée caodaïste », in Major Savani, Notes sur le caodaïsme, Vincennes, SHD, 1952, p. 274.

[6]    Jean Lartéguy, Soldats perdus et fous de Dieu : Indochine 1945-1955, Paris, Presses de la Cité, 1986, p. 146.

[7]    Notons la parution récente d’un ouvrage sur le caodaïsme : Jérémy Jammes, Les oracles de Cao Đài. Études d’un mouvement religieux vietnamien et de ses réseaux, Paris, Les Indes savantes, 2014.

[8]    Nathalie Luca, Les sectes, Paris, Presses Universitaires de France, 2004.

[9]    Major Savani, Notes sur le caodaïsme…, op. cit., p. 117-137.

[10]   Sébastien Verney, L’Indochine sous Vichy : entre Révolution nationale, collaboration et identités nationales, 1940-1955, Paris, Riveneuve, 2012, p. 276-279.

[11]   Major Savani, Notes sur le caodaïsme…, op. cit., p. 156.

[12]   René Thomas, « Les sectes en Indochine du sud de 1945 à 1955 », Mondes et cultures, n° 47, octobre 1987, p. 712.

[13]   Trần Mỹ Vân, « Japan and Vietnam’s caodaists : a wartime relationship (1939-1945) », Journal of Southeast Asian studies, n° 27, p. 221.

[14]   La magnéto est une méthode de torture consistant à électrocuter la personne interrogée par l’intermédiaire de deux électrodes placées sur les parties sensibles du corps. Archives du ministère des Affaires étrangères, 174/QO20, Série États-associés, 1945-1957, Section II, Révolutionnaires annamites, juillet 1944-décembre 1947, Lettre de Le Van Bay au haut-commissaire, Saigon, 25 mars 1947 ; Jean Lartéguy, Soldats perdus…, op. cit., p. 95.

[15]   ANOM, 6 HCI 360, Lettre au haut-commissaire de France, signé J. H. Cédile, n° 1205-DSAP, Saigon, le 7 mai 1946.

[16]   ANOM, 6 HCI 360, Service de la sûreté, Bulletin de renseignement n° 9678, Secte caodaïque de Tây Ninh, Saigon, le 23 août 1946.

[17]   SHD, 10H 4144, dossier n°3 « ralliement les accords », Lettre de Trần Quang Vinh au chef d’état-major commandant les TFIS, Saigon, le 3 janvier 1947, p. 1.

[18]   ANOM, 6 HCI 360, Note au haut-commissaire, a/s du voyage à Hong-Kong de S.E. Phạm Công Tắc, Saigon, le 13 avril 1948.

[19]   Le bouddhisme Hòa Hảo, fondé en 1939 dans l’ouest de la Cochinchine, prône un bouddhisme simplifié, moins coûteux en temps et en argent pour l’adepte. Le mouvement Bình Xuyên, fondé dans les années 1920 dans la banlieue de Saigon, est une puissante mafia menant divers trafics : armes, drogue, etc.

[20]   ANOM, 6 HCI 360, Note n° 1979/S ?1, Cao Đài et Hòa Hảo, le 7 février 1948.

[21]   Lieutenant Darches, « L’armée caodaïste », in Major Savani, Notes sur le caodaïsme…, op. cit., p. 233.

[22]   Jayne Werner, Peasants Politics…, op. cit., p. 44.

[23]   ANOM, 6 HCI 360, Note au conseiller politique, signé Perrier, directeur de la police et de la sûreté fédérales, N° 18873, Saigon, le 1er décembre 1948, p. 8-11.

[24]   SHD, 10H 4140, dossier « groupes paramilitaires », Lettre du général Nyo au commandant militaire du Cambodge, Saigon, le 27 mai 1947.

[25]   Les UMDC sont créés en 1948 afin de chasser le Việt Minh de la province cochinchinoise de Bến Tre. Jean Leroy, Fils de la rizière, Paris, Robert Laffont, 1977, p. 141.

[26]   SHD, 10H 603, dossier « relations franco-vietnamiennes », SESAG [Service de renseignements de l’armée française], Note sur le Bulletin de renseignement n° 12 376, le 11 février 1947.

[27]   François Thual, Contrôler et contrer. Stratégies géopolitiques, Paris, Ellipses, 2000, p. 33.

[28]   À laquelle les FACD ne participent pas, la France refusant d’envoyer ses partisans cochinchinois au nord du Vietnam de peur qu’ils ne succombent à l’intense propagande communiste diffusée par les partisans de Hồ Chí Minh dans cette région.

Figure 1 : Cochinchine française, Jean-Louis de Lanessan et les frères Erhard, Paris, F. Alcan, 1888 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8439724h - consulté le 12/01/2015).
Figure 2 : Cao ?ài Army, 22 février 1953. L’archévêque Tr?n Quang Vinh s’apprêtant à donner le drapeau de l’armée caodaïste au H? Pháp Ph?m Công T?c, qui le passera lui-même au nouveau commandant de l’armée caodaïste, le général Nguy?n V?n Thành. Site consulté le 5 janvier 2015 : (http://album.caodai.net/displayimage.php?album=44&pid=3510"\l"top_display_media -)
Figure 3 : Une brigade de soldats caodaïstes attendant l’ordre de traverser le « Vaïco [fleuve] Oriental », secteur de Tây Ninh, novembre 1948. Marguerite G. Gobron, Le caodaïsme en images, Paris, Dervy, 1949, Photo n° 168 (tous droits réservés).