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Irina Tsitovitch-Kozlova • Les visées coloniales des Russes sur les îles du Pacifique Sud à l’époque d’Alexandre Ier, 1801-1825

Bulletin IPR n°41 - Meilleurs mémoires

Les visées coloniales des Russes

sur les îles du Pacifique Sud

à l’époque d’Alexandre Ier, 1801-1825


Irina Tsitovitch-Kozlova



Mots-clés : Histoire colonialeVoyages russes de circumnavigationEmpire russePacifique SudCartographie russe de la Polynésie.

 

Russian colonial issues in the South Pacific at the time of Alexander I (1801-1825)

Keywords : History of Colonialism – Russian Circumnavigations – Russian Empire – South Pacific – Russian Mapping of Polynesia.

 

Dans un contexte de rivalités politiques et d’ambitions coloniales réaffirmées, l’Angleterre et la France se lancèrent dans l’exploration systématique du Pacifique Sud dès le début des années 1760[1]. La Russie s’y est mêlée quarante ans plus tard, en 1801, avec la préparation de l’expédition autour du monde, sur les navires la Nadežda et la Néva. Effectuée en 1803-1806, elle fut l’une de ses étapes importantes et se déroula dans la zone méridionale du Pacifique. Ce voyage entama une série d’expéditions russes dans la région polynésienne sous le règne d’Alexandre Ier.

De 1803 à 1825, vingt-quatre bateaux russes appareillèrent de Cronstadt, le port de la capitale de l’Empire russe, Saint-Pétersbourg, pour effectuer des voyages de circumnavigation. Sur 21 voyages réussis, 20 comptaient des étapes dans le Pacifique Sud. Ces étapes furent considérées par les historiens a priori comme secondaires. Toutefois, les bateaux russes passèrent plusieurs mois dans le Pacifique Sud. Les instructions aux capitaines envisageaient des enjeux multiples et divers, mais il y avait une tâche commune à tous les voyages, qu’ils soient effectués par la marine de guerre, par la compagnie commerciale Rossijsko-Amerikanskaja kompanija (la Compagnie russo d’Amérique) ou par un particulier : la découverte des îles inconnues et la description détaillée de leurs richesses naturelles. Les îles lointaines et peu accessibles, peuplées par des tribus mal connues par les Européens, devinrent des objets d’intérêt particulier des Russes.

Le capitaine de la marine russe Adam von Krusenstern – qui reçut dès le début de son service sur la flotte russe le nom et le patronyme russisés Ivan Fedorovič –, écrivait au ministre de la Marine russe Traversay : « Il faut que les découvertes appartiennent plutôt à la Russie qu’aux autres peuples qui auront le droit de réclamer des renseignements sur ces pays exceptionnellement à la Russie »[2]. Les instructions données aux capitaines anglais et français par leurs États respectifs exprimaient aussi des idées géopolitiques. L’exemple le plus significatif est sans doute celui des instructions secrètes à James Cook rédigées par l’Amirauté de la Grande-Bretagne en 1768-1776[3]. En plus de ses recherches du continent austral, il lui fallait faire des descriptions détaillées des terres découvertes, de leurs richesses naturelles, de leur flore, de leur faune et de leurs habitants, et rattacher les terres découvertes dans le Pacifique Sud à l’Empire britannique. Ces idées furent-elles empruntées par les Russes ? Deux bateaux russes, le Vostok et le Mirnyj, s’occupèrent de rechercher le continent austral en 1819-1821. Les Russes entreprirent-ils des démarches coloniales dans la région et si oui, lesquelles ? C’est cela qu’il nous convient d’examiner.

La collecte d’informations

Depuis l’époque de la Grande Catherine, une des préoccupations des institutions bureaucratiques russes de la marine était de collecter des informations sur les pays étrangers, leurs flottes, leurs ports, la construction de leurs bateaux. Les questionnaires pour ces collectes furent élaborés dans les années 1770 et restèrent en vigueur sous le règne d’Alexandre Ier. Les questions  portaient sur le nombre d’îles dans la région explorée, le nombre d’habitants, leurs croyances, coutumes, traits de caractère, nourriture, vêtements, commerce, armes, voisins, ennemis, hiérarchie sociale, bateaux étrangers qui y auraient accosté, particularités de la construction et navigation de ces derniers. Le questionnaire s’intéressait aussi à qui les autochtones payaient une contribution et s’ils avaient envie d’avoir des relations amicales et commerciales avec le peuple russe. Les mêmes instructions imposaient aux capitaines de déposer les journaux de voyages et les cartes élaborées lors des voyages au Collège de l’Amirauté[4].

Le capitaine russe Fabian Gottlieb Thaddeus (Faddej Faddeevič) Bellingshausen cita ainsi dans son ouvrage consacré au voyage du Vostok et du Mirnyj dans les mers du Sud l’instruction qu’il avait reçue de la part du Collège de l’Amirauté : « Vous devez vous renseigner sur les mœurs des peuples, sur leurs coutumes, leur religion, leurs armes, le type de marine, la nourriture, de plus sur la nation des gens qui leur rendent visite »[5]. Toute information recueillie par les marins devait être tenue secrète et confiée exceptionnellement à un groupe restreint d’hommes politiques. Il fallait donner les journaux de voyages au commandant de l’expédition une fois le périple terminé. Le commandant à son tour était obligé de transférer les journaux au département de l’Amirauté, et les albums de dessins devaient être envoyés sans aucune exception au tsar. Les auteurs ne pouvaient les récupérer qu’au gré de l’empereur[6]. La collection riche, complète et intacte de documents sur les voyages de circumnavigation conservée aux archives de la Marine de guerre à Saint-Pétersbourg (RGA VMF) montre que les marins appliquèrent avec zèle l’ordre de l’Amirauté.

Or, il existait des instructions qui allaient au-delà d’une simple collecte d’informations. L’instruction du département de l’Amirauté à Bellingshausen double partiellement l’instruction du Collège, mais va encore plus loin :

« Comparer les cartes russes à celles de l’Amirauté anglaise, copier les modèles de bateaux étrangers et de barques aborigènes, faire les descriptions des baies pour d’éventuels chantiers navals. […] Dans le cas de la découverte d’une terre ou d’une île qui ne sont pas encore cartographiées, il vous faut […] cartographier ces terres en dessinant les côtes et en mesurant toutes les baies susceptibles pour y accoster. […] Ce travail peut contribuer considérablement à la navigation régulière dans cette région ou à la construction de chantiers navals (essayez de vous renseigner sur la quantité et la qualité de la futaie). […] Rendre le journal d’observation au département de l’Amirauté » [7].

La dernière directive sur la construction des chantiers navals révèle de réelles intentions coloniales russes dans le Pacifique Sud.

Les tentatives russes d’influence et de possession
et l’absence des missions orthodoxes

Certains historiens russes, dont Semen Okun', étaient persuadés que la participation de bateaux de la marine de guerre et d’équipages armés aux voyages de la  qui était pourtant une compagnie commerciale, révèle l’intention de l’Empire russe d’effectuer des opérations militaires dans le Pacifique. N’oublions pas que la Compagnie, organisée à l’instar des compagnies coloniales hollandaises, françaises et anglaises, avait le droit de rattacher les terres découvertes à l’Empire russe. Okun' élabora une hypothèse hardie : « Si l’on n’étudie pas sa politique [de l’Empire russe] dans le Pacifique, on ne peut pas comprendre la politique extérieure de la Russie tsariste. En se cachant sous le nom de la Compagnie russe d’Amérique, le gouvernement russe combattait pour les rives du Pacifique ». Et encore : « L’Alaska aurait dû devenir un point d’appui pour l’expansion vers les terres plus lointaines »[8]. Par ces terres lointaines, il entendait probablement les îles de la Polynésie étant donné la fréquence des expéditions russes dans cette région. Malheureusement nous ne pouvons pas vérifier l’idée d’Okun’ en raison de la disparition mystérieuse des archives du Comité politique de la Compagnie russe d’Amérique dans les années 1860. Okun’ trouva des preuves indirectes de son hypothèse dans des documents appartenant aux fonds du ministère des Affaires étrangères qui étaient conservés aux Archives GAFKE (Gosudarstvennyj arhiv feodal’no-krepostničeskoj epohi), actuellement RGADA, Rossijskij Gosudarstvennyj arhiv drevnih aktov. Il note que Krusenstern, en tant que membre du Conseil de la Compagnie était favorable à l’élargissement des possessions de la Russie dans le Pacifique alors que le capitaine Vasilij Golovnin y était opposé[9].

En analysant les intentions de la Compagnie dans le Pacifique, il faut mentionner l’affaire du docteur Sheffer, tout aussi incroyable qu’elle puisse paraître. Le docteur Sheffer (1779-1836 ?) était un employé de la Compagnie russe d’Amérique en Alaska. Chargé d’une mission de pourparlers avec les rois des îles Sandwich (actuellement Hawaï), il y arriva en 1816. Après avoir observé les activités des Américains qui leur permettaient de contrôler le pouvoir de chefs locaux, Sheffer eut l’idée d’annexer les îles. Il prit le risque d’écrire à Alexandre Ier : « Pour établir l’équilibre politique en Asie, la Russie a besoin des îles Sandwich après l’annexion desquelles elle pourra octroyer non seulement l’amitié à la Chine, au Japon, aux colonies américaines libres du joug espagnol, mais aussi le protectorat aux îles Philippines et autres »[10].

Sans attendre la réponse, le docteur négocia avec l’un des chefs des îles Sandwich, Kaumualii (les Russes l’appelaient Tomari). L’annexion fut réussie. Selon le journal du docteur Sheffer, en mai 1816, Tomari fut naturalisé russe. La procédure fut accompagnée de sacrifices humains[11]. Kaumualii octroya à la Russie le monopole de l’exportation de bois de santal et lui céda la moitié de l’île Vagu (Oahu). Après cette démarche, la  fit passer une lettre intitulée « Les opinions du Conseil d’administration » qui diffusa l’idée de l’annexion des îles Sandwich auprès des actionnaires les plus importants de la Compagnie. La période d’annexion fut néanmoins courte et ne dura qu’un an. Les Russes quittèrent définitivement les îles après une collision avec les autochtones et les Américains armés. En dépit de cet échec, la Compagnie voulait-elle étendre son expérience politique coloniale encore vers le Sud ?

En réalité, cette démarche ne trouva pas le soutien du monarque russe. Il considérait que l’acquisition des îles Sandwich était source d’inconvénients pour la Russie. Enthousiasmé par les idées pacificatrices après le congrès de Vienne, il ordonna à son ministre des Affaires étrangères Nesselrode de mener une politique prudente, une « politique de bonnes relations »[12].

Les Français, les Anglais et les Américains pratiquèrent eux aussi la politique de bonnes relations avec les autochtones, mais à l’aide de leurs missionnaires. Or, à l’époque des grands voyages russes, seule Tahiti accueillait, depuis 1797, des missionnaires protestants et avait donc une forte tradition chrétienne. Les missionnaires de la London Missionary Society s’installèrent à Tuamotu en 1821 et à Rarotonga en 1823 ; la mission américaine American Board of Commissioners for Foreign Missions s’implanta à Hawaï en 1820. Les habitants des îles « découvertes »[13] par les Russes, surtout dans l’archipel de Tuamotu en 1819-1820, ne connaissaient pas de missionnaires au moment du premier débarquement des Russes. Néanmoins, les Russes ne laissèrent jamais leurs missionnaires en Polynésie, même si un prêtre fut inclus dans les équipages de toutes les expéditions. Mihail Lazarev, lors de son voyage sur le Ladoga en 1822-1824, avait l’intention d’offrir des icônes aux habitants autochtones de Tahiti. Selon son journal de voyage, il y renonça pour ne pas irriter les dix missionnaires protestants qui y prêchaient. Les Russes avaient même le projet d’y ériger une église orthodoxe. Ils y renoncèrent également à cause de la conviction profonde des insulaires, élevés dans la tradition protestante, de la possibilité de prier Dieu partout, même sous un arbre. Le prêtre russe ne se disputait pas avec les pasteurs. Il célébrait des offices orthodoxes à bord, les Tahitiens les regardaient avec intérêt, mais il n’osait pas prêcher devant eux[14].

Les marins russes, intéressés par l’aventure des voyages autour du monde, donc curieux et ouverts aux autres cultures, établissaient facilement des contacts avec les insulaires. Les cas de commensalité, de danses et chants communs furent nombreux. Les bonnes relations n’exclurent néanmoins pas de nombreuses démarches coloniales. Par exemple, les Russes exportaient sur toutes les îles des plantes européennes en proposant aux autochtones de mettre en place ces nouvelles cultures. La pratique d’exportation des plantes dans le but d’enrichir la flore de telle ou telle île s’appuyait sur une idée de recréer des environnements insulaires dans la logique de l’économie métropolitaine[15].

L’autre idée révélatrice des visées coloniales russes sur les îles du Pacifique Sud fut la remise de médailles de l’Empire russe aux insulaires. Le commandant Bellingshausen reçut les instructions suivantes de la part du Collège de l’Amirauté : « Vous devez laisser les médailles d’or et d’argent sur toutes les îles, particulièrement sur les îles découvertes »[16]. Les médailles portées par les autochtones auraient dû faire preuve de la présence des Russes dans la région, de leurs rapports avec les habitants des îles et de la soumission de ces derniers à l’empereur russe. En portant ces médailles, ils se seraient considérés soit comme sujets russes, soit comme étant au moins au service russe. Les insulaires ne comprenaient probablement pas le sens des médailles européennes. Les Russes supposaient qu’elles n’avaient aucune importance pour eux. Pour valoriser les médailles aux yeux des Polynésiens, les Russes recouraient à des mises en scène théâtrales. Le lieutenant Pavel Novosilskij, participant à l’expédition du Mirnyj, décrivit ces scènes. Après la cérémonie de la décoration d’un chef local, les marins russes crièrent trois fois « hourra ! ». Puis chacun d’eux s’approcha de l’insulaire pour observer de près sa médaille, lui exprimer sa valeur et le féliciter[17].

Décorés par les médailles russes, les Polynésiens ne savaient pas que, sur les cartes russes, leurs îles portaient désormais des noms russes. Pour les Russes (comme pour tous les Européens à l’époque), les noms autochtones n’avaient souvent aucun droit à l’existence[18]. La lettre du ministre du Commerce russe Nikolaj Roumiantsev à Krusenstern est révélatrice de cette attitude extrêmement péjorative. Il écrivit à son correspondant que « les terres inconnues attendent d’un visiteur heureux leurs noms et leur existence politique »[19].

 

 

Les îles des Russes

Le Pacifique donna une grande liberté aux marins anglais, français, espagnols, hollandais de nommer des îles. Les Russes suivirent largement ces prédécesseurs. Sur les cartes de la Mer Méridionale, dessinées par Krusenstern et ses assistants Löwenstern et Bellingshausen, apparurent de nombreux noms russes dans la région polynésienne : les îles Koutouzov, Tchitchagov, Arakcheev, Traversay, Krusenstern aux îles Marshall ; l’île Souvorov parmi les îles Cook ; l’atoll Bellingshausen (Iles de la Société) ; les îles Roumiantsev, Spiridov, Rurik, Krusenstern, l’atoll Koutouzov, l’atoll Barclay de Tolly, l’atoll Lazarev, l’île Predprijatije (Tuamotu). Finalement, Bellingshausen donna au groupe d’îles qui constituent actuellement l’archipel Tuamotu le nom « les îles des Russes ». Cette démarche est d’une importance considérable. Selon Gayatri Spivak, « l’entreprise toponymique constitue un moyen de s’approprier symboliquement l’espace colonial en le rebaptisant »[20]. La démarche de nommer ainsi les îles révèle les intentions russes de coloniser les espaces insulaires du Pacifique Sud. La cartographie y joua le rôle d’un excellent instrument de colonisation. Les noms, selon l’idée des officiers de la marine de guerre, donnèrent une existence spatiale aux terres découvertes en les inscrivant dans le monde russe, préparant ainsi la terra nullius – l’espace qui n’appartient à personne – à la colonisation. Il est intéressant de préciser que parmi les îles rebaptisées par les Russes une partie était inhabitable. Que voulurent-ils faire sur ces bribes de terres ? Y fonder des nouvelles colonies ? Y déplacer les habitants d’autres îles ? Faute de sources, nous ne pouvons pas répondre actuellement à cette question.

Grâce aux officiers de la marine russe, les îles des Russes dans la Polynésie apparurent sur les cartes russes de l’époque, îles qui portent actuellement le nom de Tuamotu. Il s’agissait d’un projet de recherche de nouvelles zones d’influence ou d’expansion. En outre, les Russes avaient recours à de nombreuses démarches coloniales dans la région, empruntées aux Occidentaux : remise des médailles de l’Empire aux insulaires, exportation des plantes. Toutefois, les prêtres orthodoxes venus à bord des navires russes ne propageaient pas leur foi parmi les indigènes, craignant un conflit confessionnel avec les quelques missionnaires protestants déjà implantés dans la région. La zone du Pacifique Sud demeurait à l’époque la seule région du monde encore libre d’une forte influence des grandes puissances coloniales. La Russie s’impliqua dans la course européenne avec la volonté d’entrer dans le nouveau monde colonial comme acteur à part entière. Finalement, les voyages des Russes dans le Pacifique Sud n’eurent pas de conséquences géopolitiques visibles. À l’époque de Nicolas Ier, ils prirent fin. Les Russes se retirèrent, n’osant plus rivaliser avec les Français, les Anglais et les Américains. Il serait intéressant d’étudier le déploiement de ce retrait des Russes de la région.  Une étude comparative des cartes russes et européennes des îles polynésiennes de l’époque permettrait de comprendre des greffes et des influences pluridimensionnelles, l’ampleur de la concurrence des acteurs et la disparition, progressive ou brutale, des Russes dans la région dont la présence se traduisait par le nombre d’appellations russes dans le Pacifique Sud.

 


[1]    Cet article s’appuie sur un chapitre de mon mémoire de Master 2 « Visées coloniales russes sur les îles du Pacifique Sud à l’époque du tsar Alexandre Ier », réalisé sous la direction de Marie-Pierre Rey, à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, juin 2014.

[2]    RGA VMF (Rossijskij Gosudarstvennyj Arhiv Voenno-Morskogo Flota), fonds 25, d. 114, l. 7-21, « Pis'mo Kruzenšterna Traverse » (« Lettre de Krusenstern à Traversay »), 31 mars (12 avril) 1819.

[3]    Voir sur ce thème l’article de Jean-Stéphane Massiani, « Cook, les Instructions officielles de l’Amirauté et les recommandations de la Royal Society », E-rea, Revue électronique d’études sur le monde anglophone, http://erea.revues.org/3785 (consulté le 3 mars 2015).

[4]    Nikolaj Ogloblin, « Putevyje zapiski morehoda I.M. Solovjeva » (« Journal de voyage du mari I.M. Solovjev ») dans Russkaja Starina (Les vieux temps russes), 1892, t. 75, p. 750-751.

[5]    Faddej Bellinsgauzen, Dvukratnyje izyskanija v Južnom ledovitom okeane i plavanije vokrug sveta v prodolženii 1819,20 i 22 godov (Recherches à double reprise dans l’Océan glacial méridional et circumnavigation dans les années 1819, 1820 et 1822), publié dans Tri krugosvetnyh putešestvija Mihaila Lazareva (Trois voyages de circumnavigation de Mihail Lazarev), recueil de documents, Moskva, Eksmo, 2013, p. 125, traduction de l’auteur.

[6]    Ibid.

[7]    RGAVMF, fonds 215,d. 780,l. 26-31, « Instrukcija Belinsgauzenu ot Admiraltejskogo departamenta », (« Instruction à Bellingshausen de la part du département de l’Amirauté »), juin 1819, traduction de l’auteur.

[8]    Semen Okun’, Rossijsko-Amerikanskaja kompanija (Compagnie russe d’Amérique), Moskva-Leningrad, 1939, p. 12-13.

[9]    Ibid., p. 125.

[10]   ANH, Arhiv narodnogo hozâjstva (Archives de l’économie nationale), fonds du département des manufactures et du commerce intérieur, 2 otd., 2 st., an 1819, doc. N 406, février 1815, l. 1-6. Actuellement ces archives portent le titre RGAE, Rossijskij gosudarstvennyj arhiv ekonomiki (Archives d’État de l’économie). Document cité par S. Okun’, op. cit., p. 145 (traduction de l’auteur).

[11]   Semen Okun’, op. cit., p. 148. Okun’ fait référence au journal du docteur  Sheffer qui se trouvait à ANH, Arhiv narodnogo hozâjstva (Archives de l’économie nationale), fonds du département des manufactures et du commerce intérieur, 2 otd., 2 st., an 1817, doc. N 350, l. 42.

[12]   ANH, fonds du département des manufactures et du commerce intérieur, 2 otd., 2 st., an 1819, doc. N 350, l. 52-55 , cité par  Semen Okun’, op. cit., p. 15.

[13]   Suivant l’exemple de Claire Laux, j’utilise ce terme au sens étymologique, ayant conscience que ces découvertes étaient aussi des rencontres. Voir Claire Laux, Le Pacifique aux xviiie et xixe siècles, une confrontation franco-britannique, Paris, Éditions Karthala, 2011, p. 5.

[14]   Mihail Lazarev, « Navigation autour du monde sur le sloop Ladoga en 1822, 1823 et 1824 », Tri krugosvetnyh putešestvija Mihaila Lazareva (Trois voyages de circumnavigation de Mihail Lazarev), recueil de documents, Moskva, Eksmo, 2013, p. 389.

[15]   Voir Richard Grove, Green Imperialism. Colonial Expansion, Tropical Islands Edens and the Origin of Environmentalism, 1600-1800, Cambridge, Cambridge University Press, 1995.

[16]   Faddej Bellinsgauzen, Dvukratnyje izyskanija ..., op. cit., p. 125 (traduction de l’auteur).

[17]   Pavel Novosilskij, Južnyj polûs. Iz zapisok byvšego morskogo oficera (Pôle Sud. Mémoires d'un ancien officier de la marine),  Sankt-Peterburg, 1853.

[18]   Pour une vision détaillée de cette question, voir, par exemple,  l’ouvrage d'Hélène Blais, Voyages au grand océan, Géographies du Pacifique et colonisation 1815-1845, Paris, Éditions du CTHS, 2005, p. 211-216.

[19]   Cité dans Putešestvie vokrug sveta v 1803,4,5 i 1806 godah. Po poveleniju ego Imperatorskogo Veličestva Aleksandra I na korablâh Nadežda i Neva pod načal’stvom Flota kapitana-lejtenanta, nyne kapitana II ranga Kruzenšterna, člena Gosudarsvennogo Admiraltejskogo departamenta i Imperatorsoj Akademii Nauk (Voyage autour du monde en 1803,1804,1805 et 1806. Sur l’ordre de Sa Majesté Alexandre Ier, sur les bateaux Nadežda et Néva sous le commandement du capitaine-lieutenant de la Marine, à présent capitaine du II rang Krousenstern, membre du département de l’Amirauté et de l’Académie Impériale des Siences), partie 3 (traduction de l’auteur). Cf : www.vostlit.info/Texts/Dokumenty/Reisen/XIX/18001820/Kruzenstern/text31.Phtml ?id=6740 (consulté le 12 décembre 2014).

[20]   Gayatri C. Spivak, « Three women’s texts and a critique of imperialism », Critical Inquiry, vol. 12, nº 1, automne 1985, p. 243.