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Vanessa Voisin, l'épuration de guerre en URSS

Une répression méconnue : l’épuration de guerre en URSS

Vanessa Voisin

 

 

 

L’épuration des collaborateurs soviétiques après la Seconde Guerre mondiale est un phénomène presque totalement inconnu, occulté par l’ombre du destin du célèbre général Vlassov[1]. Passé à l’ennemi à l’été 1942, ce dernier fut capturé en 1945 et pendu à Moscou en août de l’année suivante dans une discrétion qui tranche avec la notoriété que lui attira sa trahison[2].

En Europe occidentale et centrale, l’épuration des collaborateurs de l’occupant nazi débute avant même la capitulation du IIIe Reich[3]. Phénomène polymorphe, cette répression politique rejoint dans quelques cas extrêmes la logique des poursuites contre les auteurs de crimes de guerre. Bien plus souvent, elle vise à mettre à l’écart de la vie politique ou à rétrograder les personnes que des tribunaux créés ad hoc ou des commissions administratives convaincues de déshonneur civique[4]. Par son ampleur, sa diversité et sa simultanéité dans toute l’Europe libérée, elle constitue un processus tout à fait inédit. En Occident, il a fait l’objet de nombreuses monographies depuis un demi-siècle. En Union soviétique, ce phénomène s’inscrit dans la continuité de répressions politiques qui culminent pendant la Grande Terreur de 1937-1938. Au contraire de cette dernière, il n’a pratiquement pas retenu l’attention des historiens[5]. La thèse interroge la possibilité d’appliquer le concept d’épuration d’après-guerre – dans l’acception progressivement définie dans l’historiographie occidentale – au cas de l’Union soviétique. Peut-on identifier une logique d’ensemble reliant l’épuration extralégale conduite par les partisans en zone occupée, les épurations judiciaire et extrajudiciaire mises en œuvre à la libération des territoires et enfin les purges de l’administration et du Parti ? Possède-t-elle une fonction symbolique aussi importante qu’à l’ouest de l’Europe, ou n’est-elle qu’une répression politique de l’époque stalinienne parmi d’autres, la moins arbitraire, de surcroît, en raison de la réalité des actes de compromission, même si ces derniers sont d’importance très inégale ?

 

L’épuration policière et judiciaire : des traditions répressives contrariées par des enjeux internationaux

 

L’étude se déploie dans deux dimensions, soviétique et régionale, et se fonde sur des sources administratives, policières, judiciaires, audiovisuelles ainsi que sur des entretiens. Le vide historiographique et conceptuel qui caractérise l’épuration soviétique exige d’abord une réflexion d’ensemble, à l’échelle soviétique, sur la chronologie et la dynamique des purges judiciaire, extrajudiciaire et administrative. Comment ces trois grands types d’épuration interagissent-ils ? Quel sens revêt l’épuration dans l’histoire politique et sociale de l’URSS pendant et après la guerre ?

La première partie, intitulée « Épuration et violences de guerre », montre l’articulation d’une violence d’État préexistante avec la brutalité propre à la situation de l’URSS dans la Seconde Guerre mondiale. Après un rappel des logiques répressives de l’entre-deux-guerres et surtout des années 1930, la section présente la situation des populations occupées et les facteurs qui conduisirent à des comportements d’accommodement ou de collaboration. L’hostilité au pouvoir soviétique, la peur suscitée par un occupant particulièrement violent, la faim, l’intérêt aussi sont autant de raisons qui ont amené certains citoyens soviétiques à collaborer  de manière plus ou moins engagée. Dans la première période de l’épuration (1942-début 1943) s’observe une persistance des pratiques répressives antérieures même si le danger militaire impulse ses dynamiques propres. La répression revêt alors toute sa « fonction guerrière »[6], à l’instar des débuts de l’épuration en Europe occidentale, mais obéit aussi à la logique stalinienne de « justice par campagnes »[7]. À l’emballement répressif des débuts succède une phase où les excès sont condamnés. Dans le cas de l’épuration de guerre, toutefois, des enjeux internationaux viennent moduler la répression d’une façon inédite.

La deuxième partie, « Les métamorphoses de l’épuration “légale” » étudie justement l’évolution des enjeux de la répression et leur impact sur sa mise en application. Un chapitre introductif s’interroge sur les convergences et les divergences de l’épuration soviétique avec ses équivalents européens du point de vue des structures mises en place et de la délimitation de la notion de trahison. Il conclut qu’en dépit de la nouveauté des objectifs de cette répression, cette dernière s’inscrit dans la profonde dualité du système pénal de l’URSS. En effet, poursuites judiciaires et mesures punitives décidées par le pouvoir exécutif continuent de coexister. La partie montre ensuite comment le contexte de guerre et la volonté de réaffirmer l’État stalinien en zone libérée font peu à peu évoluer une répression à vocation guerrière et mobilisatrice en un outil de pédagogie nationale et d’affirmation internationale. Des procès plus ou moins médiatisés remettent à l’honneur la notion de châtiment exemplaire, en rupture avec l’objectif de rééducation jusqu’alors associé au processus pénal. Enfin, les spécificités de la sortie de guerre soviétique contribuent à morceler un peu plus la répression en autant de processus différents qui influent directement sur les choix entre répression judiciaire et extrajudiciaire. Le Kremlin décide par exemple en août 1945 d’encourager le retour des citoyens récalcitrants qui se trouvent encore en Europe, à la suite de leur fuite avec l’armée ennemie, en leur promettant une punition moins lourde : six ans de relégation plutôt qu’un procès et une condamnation.

 

Aspects sociaux et symboliques de l’épuration

 

L’approche régionale met à l’épreuve le concept d’épuration comme phénomène global. Au-delà de ses dimensions politiques nationales, cette répression relève aussi de la réappropriation de l’espace local et de la redéfinition des hiérarchies sociales[8]. Le rétablissement du pouvoir soviétique au niveau le plus élémentaire, les pratiques des tchékistes et des tribunaux, enfin la purge administrative et partisane font ainsi l’objet d’une analyse micro-régionale, à l’instar des récents travaux de l’historiographie française de l’épuration[9]. La région choisie, celle de Kalinine, se situe au cœur de la Russie européenne entre Moscou, Smolensk et Saint-Pétersbourg. Cette position explique que sa libération se soit étalée de décembre 1941 à juillet 1944, offrant à l’historien une occasion unique de suivre l’évolution du processus épuratoire de sa phase guerrière et sécuritaire à sa phase plus modérée. Par ailleurs, les archives d’histoire contemporaine de la région contiennent de riches collections de documents administratifs (autorités locales du Parti, brigades partisanes) et un fonds de dossiers judiciaires d’une rare accessibilité[10].

La dernière partie de la thèse aborde ainsi le rôle et l’impact de l’épuration sur la société soviétique. Le phénomène le plus visible est le renouvellement des structures administratives et des organisations du Parti[11]. Mais une étude attentive du reste de la société dégage les dimensions sociales et symboliques du processus alors même que le conflit fait rage et que les sacrifices consentis suscitent parmi les groupes loyaux une exigence de justice sociale au détriment des traîtres et de leurs familles. S’il n’y a pas de tontes de femmes attestées en URSS, les véritables cérémonies expiatoires que constituent les procès et pendaisons de traîtres remplissent une fonction assez proche[12]. La section se penche finalement sur l’ombre portée de l’épuration dans la société de sortie de guerre et d’après-guerre ; pour les détenus, les colons spéciaux et même certains simples rapatriés, la guerre ne prit vraiment fin que des décennies après la victoire de 1945.

 

Une épuration très stalinienne dans ses buts et ses modalités

 

L’Union soviétique a connu une « épuration de guerre », c’est-à-dire une répression pénale des « traîtres », assortie d’une purge des administrations et du Parti et d’une mise à l’écart de la communauté des personnes considérées comme déshonorées par une compromission avec l’ennemi. Mais la répression a pour l’essentiel adopté des formes et suivi des logiques héritées du passé. Prolongeant la tendance observée à la fin des années 1930, le système répressif a utilisé deux formes de punition, en les entrecroisant de manière de plus en plus confuse[13]. D’une part, le système judiciaire a confronté des individus à leurs actes de trahison et de compromission avec l’ennemi en se référant au Code pénal et en se conformant à des procédures légales, quoique simplifiées et accélérées, au détriment des prévenus. D’autre part, des décrets secrets de l’exécutif – gouvernement ou Comité d’État à la défense – ont puni l’appartenance à des groupes considérés comme dangereux pour l’ordre social et politique du pays. Ces mesures ont considérablement élargi la notion de trahison. Comme pendant la Grande Terreur, l’épuration administrative et celle du Parti sont allées de pair avec la répression pénale en cours. Les individus poursuivis en justice furent systématiquement destitués de leurs fonctions et exclus du Parti. De plus, une vérification policière vint compléter le mécanisme interne de purge du Parti ainsi que les systèmes bureaucratiques de destitution et de remplacement de l’encadrement administratif et économique. Quant aux critères de sanction, on retrouve la tendance observée dans la purge générale de 1935-1936, croissante au fil du temps, à savoir l’amalgame entre un premier bloc d’accusations politiques et un éventail de reproches. Ces derniers vont de l’incompétence au clientélisme pour les cadres, de la dissimulation au manque d’investissement pour les militants du Parti[14].

Enfin, dans le territoire étudié, l’épuration contribue à restaurer les anciennes formes de relations entre le pouvoir et les « masses ». À de rares exceptions près, la police et des juridictions militaires établissent immédiatement un monopole sur le châtiment des complices de l’ennemi et des « tortionnaires ». Pour leur part, les citoyens sont invités à canaliser leur ressentiment de plusieurs manières. Ils peuvent adresser des « signaux » aux autorités, selon une pratique déjà bien établie[15]. Ils sont également encouragés à participer au travail d’identification des traîtres mené par les services de police et de sécurité. Enfin, comme le montrent avec éloquence les rushes et films d’époque[16], le pouvoir attend des citoyens libérés qu’ils apportent leur approbation aux châtiments publics organisés par l’État. Mais ces derniers concernent bien plus souvent les criminels de guerre convaincus de meurtres et de violences que les collaborateurs ordinaires sanctionnés dans le secret de procès à huis clos.

 

 

Finalement, ce sont les enjeux propres à la rencontre de la guerre extérieure et des répressions staliniennes qui singularisent cette épuration parmi les autres répressions staliniennes. Ces mêmes enjeux provoquent aussi des convergences avec les autres épurations européennes. Certes, les contextes et les projets poursuivis sont fort différents : à l’ouest et au centre de l’Europe, l’épuration légale proprement dite débute à la fin de l’année 1944, alors que la défaite de l’Allemagne ne fait plus guère de doute. De plus, la fuite ou le départ en exil des gouvernements ayant refusé de collaborer implique, à la Libération, la reconstruction d’un nouveau pouvoir sur des bases démocratiques renouvelées. Dans cette entreprise de refondation d’une légitimité politique, la population reçoit en général une place de choix dans les instances d’épuration, judiciaires comme administratives. Le cas de l’URSS présente un tableau presque inversé : l’épuration débute en pleine guerre, à l’hiver 1941/1942. C’est l’Armée Rouge, dirigée par Staline et assistée des partisans, qui libère entièrement le territoire. À l’exception des confins occidentaux, où le retour du pouvoir soviétique signifie la reprise du processus de « soviétisation », l’épuration participe du rétablissement du pouvoir antérieur dont la libéralisation est tout éphémère.

Néanmoins, le contexte de guerre et les enjeux internationaux liés à l’après-guerre influencent le déroulement et l’évolution de la répression. Comme à l’Ouest, les premiers « traîtres » attrapés sont les plus sévèrement punis, quelle que soit la gravité réelle de leur crime, dans le cadre d’une épuration guerrière qui évolue ensuite vers davantage de pondération. À la frénésie sécuritaire et vengeresse qui se déploie lors du châtiment des « traîtres » par les partisans et dans les débuts de l’épuration légale succède, en quelques mois – et toujours pendant la guerre – une approche plus nuancée et très surveillée. Ce processus se met en place à la faveur du rétablissement solide de l’État en zone libérée et des succès militaires de 1943 qui amorcent un renversement de situation sur le champ de bataille. La réflexion sur les crimes de guerre nazis, guidée par la volonté de singulariser les « atrocités » (zverstva) ennemies et par des considérations internationales à plus long terme, conduit à une première inflexion de la répression, alors que celle-ci n’en est qu’à ses débuts. Si la dimension combattante de l’épuration ne disparaît pas encore totalement, elle recule peu à peu face aux fonctions normatives et politiques de la purge. Il s’agit alors d’exprimer, par une démonstration de force médiatisée, le retour d’un pouvoir légitime intransigeant, et jaloux de ses prérogatives. Les procès publics des traîtres et des criminels de guerre expriment en actes la fin de l’arbitraire de l’occupation et de la confusion des pouvoirs et le retour à une vie scandée par les ordres du Parti et de l’État.



[1]    Le présent article est le compte rendu d’une thèse de doctorat intitulée « L’épuration de guerre en URSS, à partir de l’exemple de la région de Kalinine, 1941-1953 », préparée sous la direction de Marie-Pierre Rey et soutenue en 2011 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. La publication du texte revu est prévue dans les prochains mois.

[2]    La Pravda ne consacre qu’un entrefilet à l’annonce de l’exécution de Vlassov et d’autres généraux passés à l’ennemi.

[3]    Le seul aperçu européen publié à ce jour est l’ouvrage d’Istvan Deak, Jan T. Gross, Tony Judt (dir.), The Politics of Retribution in Europe: World War II and its Aftermath, Princeton, Princeton University Press, 2000.

[4]    Cf. notamment Marc-Olivier Baruch (dir.), Une poignée de misérables. L’épuration de la société française après la Seconde Guerre mondiale, Paris, Fayard, 2003 ; François Rouquet, L’épuration dans l’administration française. Agents de l’État et collaboration ordinaire, Paris, CNRS Éditions, Histoire – 20e siècle, 1993.

[5]    Seul Aleksandr E. Epifanov a publié des travaux sur le sujet. Juriste de formation, il n’en étudie toutefois que l’aspect policier et judiciaire. Cf. notamment Otvetstvennost’ gitlerovskikh voennykh prestupnikov i ikh posobnikov v SSSR (istoriko-pravovoi aspekt) [La responsabilité des criminels de guerre hitlériens et de leurs complices en URSS (aspect historico-juridique)], Volgograd, 1997 et Otvetstvennost’ za voennye prestupleniia, sovershennye na territorii SSSR v gody Velikoi Otechestvennoi voiny [La responsabilité encourue pour les crimes de guerre commis sur le territoire soviétique pendant la Grande Guerre patriotique], Volgograd, Izd-vo VA IVD RF, 2005. Pour sa part, Amir Weiner conduit une étude approfondie du rétablissement du pouvoir soviétique dans la région de Vinnitsia, où il analyse, entre autres, la purge du Parti. Amir Weiner, Making Sense of War: The Second World War and the Fate of the Bolshevik Revolution, Princeton, Princeton University Press, 2001. De jeunes historiens commencent tout juste à s’intéresser à cette répression. Cf. notamment Juliette Denis, « De la condamnation à l’expulsion : la construction de l’image de collaboration de masse durant la Grande Guerre patriotique », in Aurélie Campana, Grégory Dufaud, Sophie Tournon (dir.), Les Déportations en héritage. Les peuples réprimés du Caucase et de Crimée, hier et aujourd’hui, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, p. 29-51 ; Eadem, « Identifier les “éléments ennemis’’ en Lettonie : une priorité dans le processus de resoviétisation (1942-1945) », Cahiers du Monde Russe, vol. 49, n° 2-3, avril-septembre 2008, p. 263-296 ; Masha Cerovic, « “Au chien, une mort de chien’’ : les partisans face aux “traîtres à la Patrie’’ », Cahiers du Monde Russe, vol. 49, n° 2-3, avril-septembre 2008, p. 239-262.

 

 

 

[6]    Fabrice Virgili, La France « virile ». Des femmes tondues à la libération, Paris, Payot, Bibliothèque historique, 2000.

[7]    Peter H. Solomon, Sovetskaia iusticiia pri Staline, Moscou, ROSSPEN, 1998.

[8]    La réflexion se place dans le sillage de l’article pionnier de Nathalie Moine, « Expérience de guerre, hiérarchie des victimes et justice sociale à la soviétique », Cahiers du Monde Russe, vol. 49, n° 2-3, avril-septembre 2008, p. 383-418.

[9]    Marc Bergère, Une société en épuration. Épuration vécue et perçue en Maine-et-Loire. De la Libération au début des années 50, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004 ; Luc Capdevila, Les Bretons au lendemain de l’Occupation : imaginaire et comportement d’une sortie de guerre, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1999.

[10]    Il s’agit du TTsDNI (Tverskoi tsentr dokumetatsii noveishei istorii). Malheureusement, le fonds des dossiers de réprimés politiques est aujourd’hui largement refermé. Précisons qu’il ne contient pas les dossiers des personnes non réhabilitées, dont les crimes de guerre ou de trahison ont été jugés prouvés lors de la révision de ce type de dossiers dans les années 1990.

[11]   Deux thèses récentes évoquent ce processus, sans cependant le rattacher à l’épuration en cours dans le pays, et donc sans explorer son rapport à la répression judiciaire. Cf. Edward D. Cohn, “Disciplining the Party: The Expulsion and Censure of Communists in the Post-War Soviet Union, 1945-1961”, Ph.D. dissertation, University of Chicago, 2007 ; Jeffrey W. Jones, “‘In my Opinion this is All a Fraud!’: Concrete, Culture and Class in the ‘Reconstruction’ of Rostov-on-the-Don, 1943-1948”, Ph.D. dissertation, University of North Carolina, 2000.

[12]   Cf. les travaux déjà cités de Marc Bergère, Luc Capdevila, Fabrice Virgili, auxquels il faut ajouter Patricia Boyer, « L’épuration et ses représentations en Languedoc-Roussillon (1944-1945) », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 68, octobre-décembre 2000 ; Jean-Pierre Koscielniak, Collaboration et épuration en Lot-et-Garonne, 1940-1945, Narrosse, Éditions d'Albret, 2003. Sur la Belgique, cf. Martin Conway, “Justice in Postwar Belgium : Popular Passions and Political Passions”, Cahiers d’Histoire du Temps Présent, n° 2, 1997, p. 7-34 ; Xavier Rousseaux, Laurence Van Ypersele (dir.), La Patrie crie vengeance ! Le châtiment des inciviques belges au sortir de la Grande Guerre, Bruxelles, Le Cri, 2008.

[13]   Sur l’oscillation entre les formes policières et judiciaires de répression dans les années 1930, cf. Gabor T. Rittersporn, “Extra-Judicial Repression and the Courts: Their Relationship in the 1930s”, in Peter H. Solomon (dir.), Reforming Justice in Russia, 1864-1996. Power, Culture and the Limits of Legal Order, Londres, M. E. Sharpe, 1997, p. 207-227.

[14]   Dietrich Beyrau, « Bol’ševistskij proekt kak plan i kak social’naâ praktika », Ab Imperio, n° 3, 2002, p. 353-383 ; Oleg Kharkhordin, The Collective and the Individual in Russia: A Study of Practices, Berkeley, University of California Press, 1999, p. 164-182 ; Gabor T. Rittersporn, Simplifications staliniennes et complications soviétiques : tensions sociales et conflits politiques en URSS, 1933-1953, Paris, Éditions des Archives Contemporaines, 1991, p. 91-92.

[15]   Sheila Fitzpatrick, “Signals from Below: Soviet Letters of Denunciation of the 1930's”, The Journal of Modern History, vol. 68, n° 4, 1996, p. 831-866. François-Xavier Nérard, 5 pour cent de vérité. La délation en Union soviétique, Paris, Tallandier, 2004.

[16]   J’ai pu identifier une quarantaine de rushes et de films qui abordent ce sujet dans les archives d’État de la photographie et du cinéma (RGAKFD, Krasnogorsk).