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Lauriane Millet, Japon et OCI

 

Esprit japonais et prémices du multiculturalisme

 

Le Japon au sein de l’Organisation de coopération intellectuelle

dans l’entre-deux-guerres

Lauriane Millet

 

 

 

« Le Japon est plus que lui-même. Il est l’Asie et l’Europe en un »[1]

 

Le Japon ferait figure de civilisation à part, comme l’affirme Samuel Huntington[2]. Souvent qualifié de pays mystérieux ou à l’envers des autres[3], le Japon intrigue tout en faisant des émules à travers le monde entier[4]. Mais où se terrent les racines de cette rhétorique d’un Japon dont la civilisation serait à part ? Quel est le rôle de l’État japonais dans cette représentation de la culture nippone ?

Au sortir de la Première Guerre mondiale, être du côté des vainqueurs autorise lEmpire nippon à accéder au rang de grande puissance jusque-là réservé aux nations occidentales. Cela lui permet d’obtenir un siège permanent à la Société des nations (SDN) et d’y faire réellement résonner la voix asiatique, tandis que l’Inde ou la Chine doivent se contenter de sièges de membres non-permanents. Cependant, la désillusion est grande lorsqu’à la Conférence de Paris de 1919, les Occidentaux refusent d’inscrire dans la charte de la SDN le principe de l’égalité des races proposé par la délégation nippone. En 1924 les États-Unis promulguent lAsian Exclusion Act visant à prohiber l’immigration japonaise en Californie. Cette loi, écho du refus de 1919, fait l’effet d’un soufflet au Japon.

Dès lors, à l’instar des études nationales (kokugaku) mises en place à l’époque d’Edo (1600-1868) pour se démarquer de la Chine, les Japonais tentent selon diverses voies de se positionner face à ce qu’ils perçoivent comme un mépris du monde occidental à leur égard. En fonction des échelles d’analyse, nationale, régionale et mondiale, les courants sont dénommés différemment : nipponisme, asiatisme et universalisme, aussi appelé cosmopolitisme.

Au cours des années de l’entre-deux-guerres, selon l’appartenance idéologique, différents termes sont employés pour qualifier le particularisme japonais : « harmonie japonaise », nippon seishin (« esprit japonais »), nipponteki-na seikaku (« caractère japonais ») ou encore « particularité », « spécificité japonaise ». Toutefois, si les termes sont pléthoriques, l’idée sous-jacente consiste toujours à affirmer l’originalité voire la supériorité du peuple nippon qui serait due à une langue et une culture uniques, le rendant moralement supérieur. Par commodité, et parce qu’en anglais les intellectuels japonais utilisent souvent l’expression de japanese spirit, nous retiendrons ici le terme d’esprit japonais (nippon seishin).

Cette démarche n’a de sens qu’à l’aune d’un contexte international obligeant le Japon à justifier de ce qu’il est et de ses politiques. Si les termes de nationalisme et d’internationalisme ne sont pas en soi antagonistes, ce dernier indiquant les différentes relations entre les nations, ils viennent à s’opposer lorsque l’intérêt égoïste de la nation prime sur le bien commun général[5]. Ainsi, lorsque la crise économique atteint son paroxysme dans les années 1930, l’armée du Kwantung – groupe de l’armée impériale japonaise posté dans le Kwantung ou Guangdong, région du nord-est Chine –, pense trouver la solution dans la conquête de cette région – future Mandchourie – transformant le nationalisme bénin des années 1920 en un nationalisme agressif et de fait incompatible avec l’internationalisme. De même, la volonté d’universalisme des années 1920, qui a pour seul but d’obtenir une place sur la scène internationale encore très européano-centrée, devient dans les années 1930 un prétexte pour continuer toujours plus l’expansion en Chine. La répréhension occidentale pousse alors le Japon à se détourner de l’universalisme pour le régionalisme, se revendiquant dès lors comme le meneur d’une Asie à libérer des griffes occidentales.

Cette évolution se dessine très clairement d’après l’attitude japonaise au sein de la SDN et plus particulièrement de sa branche culturelle, l’Organisation de coopération intellectuelle (OCI). L’entité « nation », selon laquelle s’organise l’OCI permet, en effet, à la fois de refléter les bouleversements autour de l’identité japonaise et en même temps de rendre compte de la première expérience du Japon d’un dialogue multiculturel avec plusieurs nations majoritairement occidentales.

L’OCI se compose de la Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI), créée en janvier 1922, à laquelle viennent s’ajouter, dès 1923, des Comités nationaux de coopération intellectuelle qui constituent des relais entre les États membres, la Commission internationale et l’Institut de Paris. Puis, l’OCI se dote en 1925 d’un organe exécutif, l'Institut international de coopération intellectuelle (IICI), inauguré à Paris en 1926, précurseur de l’UNESCO[6]. Enfin, en 1928, l'OCI connaît sa forme finale avec la création de l'Institut international du cinématographe éducatif, dont le siège est en Italie. Notre propos ne s’intéresse pas à ce dernier mais s’articule autour de la CICI, de l’IICI et du Comité national japonais. Il cherche à montrer non seulement l’évolution de la définition de ce que serait la culture japonaise mais aussi en quoi le Japon joue un rôle phare dans le multiculturalisme de l’OCI.

 

Activités du Japon au sein de l’OCI

D’une présence officieuse à la création d’un Comité national japonais

 

Lorsque la CICI se constitue en 1922, aucun Japonais n’y est élu. Et pourtant, dès les premiers temps de l’OCI, le Japon surprend par sa présence inattendue. Celle-ci est due au sous-secrétaire général de la SDN, Inazô Nitobe (prononcé « Nitobé »), professeur à l’université impériale de Tokyo et administrateur colonial[7], célèbre entre autres pour son ouvrage Bushido, l’âme du Japon[8]. En raison de son poste, il est en charge de la coopération intellectuelle au sein de la SDN. Il gère et assure donc la liaison entre la CICI et le futur IICI institué en 1925-1926[9]. Il assiste même aux assemblées de la CICI. Cette posture officieuse semble satisfaire le gouvernement nippon mais point certains penseurs japonais qui prônent une présence culturelle forte et affichée sur la scène internationale. L’insistance de ces derniers finit par avoir raison des réserves du ministère des Affaires étrangères japonaises et le 30 avril 1926, naît le Comité national japonais (CNJ). Malgré tout, ce n’est pas le gouvernement japonais mais les quelques membres de ce comité, résidant en Europe, qui montrent un réel engouement pour l’IICI, alors même que leur faible nombre ne leur permet pas d’être aussi assidus que leurs collègues européens. Réponse à des enquêtes, rédaction d’articles et participation à des congrès (principalement aux Conférences permanentes sur les hautes études internationales), constituent l’essentiel de leur activité. Il faut toutefois noter l’activité du sous-comité des lois du CNJ qui en traduisant le Code du commerce japonais en anglais, en 1931, permet un véritable dialogue interculturel autour du commerce avec les États-Unis.

L’évolution du CNJ est bien révélatrice de la tendance japonaise. Ainsi, si au début le credo « Esprit japonais, techniques occidentales » (Wakon, yôsai) prime avec la valorisation de congrès scientifiques, progressivement, il s’agit de rendre compte de la culture japonaise par le biais des  domaines culturels (arts, lettres).

L’évolution du CNJ est bien révélatrice de la tendance japonaise. Ainsi, si au début le credo « Esprit japonais, techniques occidentales » (Wakon, yôsai) prime avec la valorisation de congrès scientifiques, progressivement, il s’agit de rendre compte de la culture japonaise par le biais des  domaines culturels (arts, lettres).

 

La CICI, favorite du gouvernement japonais

 

Contrairement au CNJ, la CICI, assemblée d’une dizaine de membres, semble avoir les suffrages du gouvernement japonais. Privé de la présence officieuse de Nitobe après sa démission en 1926, les Japonais insistent pour y avoir un représentant. Finalement, Aikitsu Tanakadate (1927-1934) puis Masaharu Anesaki (1934-1938) sont successivement choisis, couvrant presque toute l’existence de la CICI (1922-1940). Non seulement les deux hommes assistent à toutes les assemblées plénières de la CICI, mais chacun apporte sa pierre à l’édifice de la coopération intellectuelle.

Aikitsu Tanakadate mène ainsi son combat pour la romanisation des caractères, voyant dans l’égalisation des écritures un outil pour une meilleure compréhension entre les peuples. Il suscite une vraie réflexion mondiale à l’intérieur de l’OCI. Quant à Masaharu Anesaki, son livre L’Art, la vie et la nature au Japon, édité en tant que deuxième tome de la Collection japonaise, série d’ouvrages publiés en français sous l’égide de l’IICI, contribue à illustrer la « culture japonaise ».

 

Le tournant des années 1930 : l’impérialisme japonais à l’œuvre

La Kokusai bunka shinkôkai ou la propagande culturelle nippone

 

La crise de 1929 frappe avec une extrême brutalité un Japon rural déjà en difficulté depuis le début de la décennie. D’aucuns voient alors dans la Mandchourie un Eldorado de ressources, un marché sûr et une solution pour un problème de surpopulation accru depuis la fermeture de la Californie, principale terre d’émigration, aux Japonais[10]. L’invasion de cette région et la création de l’état fantoche de Mandchourie provoquent l’opprobre de la SDN entraînant le retrait du Japon de cette dernière le 27 mars 1933. Ce faisant, le peuple nippon perd un ancrage précieux dans la scène internationale et surtout parmi le cercle des grandes puissances. Pour justifier sa politique et ne pas s’attirer une totale inimitié, le gouvernement japonais décide alors de mettre en œuvre une véritable politique de propagande culturelle.

Si le CNJ, déjà intégré à la communauté internationale au travers de l’OCI, semble l’outil idéal pour diffuser les idées japonaises, aux yeux du gouvernement japonais celui-ci n’est qu’un « simple rassemblement d’intellectuels »[11]. Afin de « sécuriser et renforcer sa position dans le Cercle des nations »[12], de « gagner le respect, l’affection et la sympathie »[13] tout en concourant au bien-être matériel et moral de l’humanité, un organisme de propagande gouvernementale, la Kokusai bunka shinkôkai (KBS) ou « Société pour le développement des relations intellectuelles internationales » est donc créée le 11 avril 1934. Le revirement le plus notoire qui en résulte est l’inversion des flux intellectuels : traduction d’œuvres japonaises en langue étrangère, création d’instituts et de bibliothèques, don de publication sur la culture du Japon aux bibliothèques et universités d’autres pays, soutien de professeurs et étudiants étrangers pour venir s’instruire au Japon.

 

De l’universalisme au régionalisme

 

Le retrait de la SDN du Japon détourne en grande part les Japonais de l’universalisme pour le régionalisme. Le Japon se revendique alors comme un « grand frère », ou un « père » pour l’Asie, en commençant par considérer les chinois comme des frères de race et de culture qu’il faut secourir de leur propre décadence et de l’impérialisme occidental[14]. Dès 1933, Fumimaro Konoe, président de la KBS, fonde l’Association de la Grande Asie (Dai ajia kyôkai)[15]. En outre, le Japon se montre bienveillant et englobe dans son panasiatisme les pays musulmans qui distinguent dans le Japon une alternative à la gouvernance occidentale[16]. D’ailleurs, le 16 décembre 1934, plus de quatre-vingt jeunes gens représentant la Perse, la Turquie, l’Afghanistan, l’Inde, la Birmanie, le Siam, l’Indochine, les Philippines et l’Asie centrale, la Chine et le Japon se rencontrent afin de « constituer un groupement de jeunes asiatiques, destiné à susciter un esprit de solidarité et de coopération entre les races d’Extrême-Orient »[17].

 

Le CNJ se colore d’ultra-nationalisme

 

Il faut attendre deux ans, 1936, pour que la KBS s’arroge le CNJ qui se teinte alors d’ultra-nationalisme, visible avec l’évolution du profil de ses membres[18].  La proportion d’académiciens et de diplomates baisse en effet fortement pour laisser la place à une élite plus proche des sphères du pouvoir. Cependant, cela n’entraîne pas de changement apparent dans la participation à l’IICI ou à la CICI puisque les participants japonais restent les mêmes et ce, alors même que certains ne font plus partis de ce CNJ réformé. La présence du Japon dans l’OCI apparaît donc comme l’apanage de certains intellectuels ou diplomates japonais postés en Europe et en réalité ne suscite décidément pas grand intérêt gouvernemental.

La plus grande réalisation du CNJ apparaît à partir de 1936 et trahit ce nouvel aspect propagandiste. Elle consiste en l’édition d’une Collection japonaise par l’IICI, seule et unique activité du CNJ (hormis celle de traduction du Code du commerce par le sous-comité des lois) qui reçoit tous ses subsides du gouvernement japonais. Toutefois si, au départ, une dizaine de tomes est prévue, le début de la guerre en Europe laisse la collection à l’état embryonnaire avec seulement trois ouvrages publiés entre 1936 et 1938[19]. Quelques années plus tard, Jean-Jacques Mayoux, directeur de l’IICI (1945-1946), désapprouve cette entreprise, affirmant que l’OCI « n’est pas faite pour servir les propagandes gouvernementales »[20].

 

Influence du Japon sur l’OCI

Le Japon générateur d’apolitisme  

 

Afin de ne pas sombrer dans le sillage de la SDN qui n’a su conserver en son sein ni le Japon ni l’Allemagne, l’OCI se place au-dessus des contingences politiques et refuse ainsi de répondre à diverses sollicitations : celles des intellectuels ukrainiens persécutés en URSS (l’URSS adhère à l’Institut en 1934) dans les années 1930, celles des professeurs italiens forcés d’adhérer à la politique fasciste de l’Italie, etc. De même, alors que ses membres ont contribué par des missions à réorganiser l’enseignement en Chine en 1931, les demandes chinoises de condamnation publique du Japon pour la destruction de l’université de Nankin en 1937[21] ne sont pas entendues.     

Cet apolitisme est sûrement ce qui fait de l’OCI le dernier bastion international d’un dialogue possible avec les Japonais. Ainsi, Le 7 juillet 1937, un accrochage entre soldats chinois et japonais, au sud-ouest de Pékin, sur le pont Marco-Polo, provoque « l’incident de Chine », une guerre non déclarée[22], dont la bataille de Shanghai, qui fait rage d’août à novembre 1937, constitue le principal affrontement. Mais, au moment même de cet incident, se déroule à Genève une réunion sur le « Destin prochain des lettres »[23]. Et tandis que leurs armées se combattent, les représentants japonais et chinois, réciproquement Masaharu Anesaki et Li Yun Ying débattent paisiblement des futures possibilités de la coopération intellectuelle internationale avec des intellectuels de trente-sept autres pays. À cette occasion, une brochure du CNJ, intitulée Coopération intellectuelle et connaissance mutuelle du génie culturel national et comportant trois articles, est publiée. Dans chacun de ces trois articles, les mêmes thèmes clefs reviennent : une architecture qui conserve l’esprit originel de la construction, l’aspect syncrétique de la culture japonaise entre Orient et Occident, le pacifisme, la moralité et l’intégrité du peuple japonais qui en font la représentante des cultures orientales.

 

Un regard déseuropéanisé

 

D’aucuns affirment que la portée de l’IICI se cantonne à l’Europe[24]. Or dès 1931, Alfred Zimmern, directeur adjoint de l’Institut de coopération intellectuelle, précise bien que les relations internationales ne sont désormais plus la prérogative de l’Occident[25]. Et nombreux sont ceux qui s’interrogeant sur la direction prise par la civilisation occidentale, sympathisent avec l’idée d’une autre voie culturelle pour remédier à ce qui serait la « décadence » de l’Occident. Les actions entreprises (missions éducatives en Chine, Collection japonaise, etc.) en sont une illustration, sans oublier les entretiens de l’IICI, sur « l’Orient et l’Occident » en 1935[26], qui semblent annoncer le « Projet Orient-Occident » mené par l’UNESCO de 1957 à 1966[27].

 

Une OCI multiculturelle

 

On oppose souvent l’IICI universaliste qui ferait fi des différences culturelles, à une UNESCO respectueuse de la diversité. En réalité, l’OCI voit déjà cohabiter différentes cultures, sans volonté de les fondre en une seule. Ainsi, en 1938, Gonzague de Reynold insiste sur la non-interchangeabilité des cultures dont les « différences mêmes » doivent pousser à la compréhension et au respect entre les peuples[28]. La place du Japon, avec son siège de membre permanent à la CICI, son Comité national, et la Collection japonaise attestent bien de cette volonté multiculturelle de l’OCI. Cette dernière semble insuffisante face à la conjoncture économique. Sans pouvoir de coercition, l’OCI avoue bien vite son échec comme la SDN avant elle.

 

Le Japon : un aperçu de la montée du nationalisme


Si tout d’abord l’ère Nitobe et les premiers temps du CNJ correspondent à un internationalisme idéaliste, l’impérialisme entraîne les Nippons dans une redéfinition d’eux-mêmes. Pour justifier leur pan-asiatisme, les penseurs japonais mettent alors en avant la spécificité de la culture japonaise dont le nippon seishin serait la clef. Les écrits des membres du CNJ en 1937 qui affirment la suprématie du Japon, sont révélateurs de cette tendance. Après la Seconde Guerre mondiale, la rhétorique de la « spécificité japonaise » persiste[29]. Loin de s’affaiblir au fil des ans, elle refait surface dans les années 1970 avec la doctrine du nihonjinron. À l’instar de la logique du nippon seishin, celle-ci promeut la spécificité japonaise et l’impénétrabilité du langage japonais pour les autres peuples[30].

Surenchère nationaliste du Japon pour les îles Senkaku avec la Chine, pour l’île de Takeshima avec la Corée, crise économique, volonté du président Shinzô Abe d’amender l’article 9 de la constitution japonaise affirmant le renoncement à la guerre, le contexte actuel n’est pas sans nous rappeler celui des années 1920-1930. Si la SDN et l’OCI ne sont pas parvenus à maintenir la paix et l’entente internationale, espérons que l’ONU et l’UNESCO, quant à elles, sauront tirer les leçons du passé.

 


[1]    “Japan is more than herself. She is Asia and Europe in one”, in Inazô Nitobe (ed.), Western Influences in Modern Japan, Chicago, The University of Chicago press, 1931, p. 573. Le présent article est le compte rendu d’un mémoire de Master 2, intitulé « Esprit japonais et prémices du multiculturalisme – le Japon au sein de l’Organisation de coopération intellectuelle dans l’entre-deux-guerres », soutenu, sous la direction d’Hugues Tertrais, en juin 2013 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Lauriane Millet prépare actuellement un doctorat sous la direction d’Hugues Tertrais, intitulé, « Le Japon au sein des Organisations Internationales (1910-1945) : fondation Carnegie pour la paix, organisation de coopération intellectuelle et Kokusaï Bunka Shinkôkai ».

[2]    Samuel Huntington, Le choc des civilisations, Paris, O. Jacob. 1997, p. 43.

[3]    Cf. par exemple, Alan Mac Farlane, Énigmatique Japon : une enquête étonnée et savante, Paris, Autrement, 2009 ; Philippe Pelletier, La fascination du Japon : idées reçues sur l'archipel japonais, Paris, Le cavalier bleu, 2012.

[4]    Cf., par exemple, Rémi Scoccimarro, “Cool Japan”, Documentation photographique, La Documentation française, dossier n° 8076, juillet-août 2010, p. 60-61.

[5]    Pour une définition du nationalisme ou de l’internationalisme, cf. Raymond Williams, “Nationalist”, in Raymond Williams, Keywords – A Vocabulary of Culture and Society, New York, Oxford University Press, 1985, p. 213-214.

[6]    Jean-Jacques Renoliet, L'UNESCO oubliée. La Société des Nations et la Coopération intellectuelle (1919-1946), Paris, Publication de la Sorbonne, 1999.

[7]    Sur Inazô Nitobe, cf. notamment Thomas W. Burkman, “The Geneva Spirit”, in John F. Howes (ed.), Nitobe Inazô: Japan's Bridge Across the Pacific, Boulder, Westview Press, 1995, p. 177-214 ; Thomas W. Burkman, “Nationalists Actors in the Internationalist Theatre”, in Dick Stegewerns, Nationalism and Internationalism in Imperial Japan, Philadephie, Taylor & Francis, 2003, p. 89-112.

[8]    Inazô Nitobe, Le Bushido, l'âme du Japon, Paris, Payot, 1927 [1re éd. 1898, en anglais, trad. française de Charles Jacob, préface d’André Bellessort].

[9]    Une abondante correspondance entre Nitobe et l’IICI est disponible dans les archives de l’UNESCO : UNESCO, IICI, A.I.38 : Correspondance avec le sous-secrétaire général de la SDN. De même pour avoir une idée plus précise de la pensée de Nitobe, cf. Inazô Nitobe, The Works of Inazo Nitobe, Tokyo, University of Tokyo Press, 1972.

[10]   Pour comprendre le point de vue nippon, consulter l’ouvrage de Georges Bonneau, Japon et Mandchourie, Paris, Vanier, 1932.

[11]   Sang Mi Park, “Wartime Japan’s Cultural Diplomacy and the Establishment of Culture Bureaus”, WIAS (Waseda Institute for Advanced Study), Discussion Paper, n° 2008-2009, 2009 [En ligne], http://www.waseda.jp/wias/achievement/dp/pdf/dp2008009.pdf, (consulté le 20 mars 2012), p. 9.

[12]   AMAE, dpac Japon-instruction publique (1930-1940), brochure The Society for International Cultural Relations: Its Prospectus and Scheme, Tokyo, avril 1934, jointe dans une dépêche de la Morandière (directeur de la Maison franco-japonaise) à Pila (ambassadeur de France au Japon) du 9 mai 1934.

[13]   Id.

[14]   Philippe Pelletier, L’Extrême-Orient – L’invention d’une histoire et d’une géographie, Paris, Gallimard, 2011 (rééd.), p. 536-537.

[15]   Thomas W. Burkman, Japan and the League of Nations – Empire and World Order 1914-1938, Honolulu, University of Hawaii Press, 2008, p. 201.

[16]   AMAE, Œuvres Françaises à l’Étranger, 401 (1933-1935), 07/11/1934, télégramme n° 250 de Pila au MAE.

[17]   La Coopération intellectuelle, Bulletin de l’IICI, 1934, p. 499.

[18]   Cf. L’étude prosoprographique de mon mémoire (p. 157-170).

[19]   Par ordre chronologique : Foujita, Haïkaï de Bashô et de ses disciples, Paris, IICI, 1936 (trad. de K. Matsuo et E. Steinilber-Oberlin) ; Masaharu Anesaki, L’art, la vie et la nature au Japon, Paris, IICI, 1938 ; Sôseki Natsume, Kokoro [Le pauvre Coeur des Hommes], Paris, IICI, 1939 (trad. par Daigaku Horiguchi et Georges Bonneau).

[20]    Jean-Jacques Mayoux, (dir.), L'Institut International de Coopération Intellectuelle, 1925-1946, Paris, IICI, 1947, p. 438-439.

[21]   Jean-Jacques Renoliet, L'UNESCO oubliée, op. cit., p. 122.

[22]   « Massacres dans le Pacifique », entretien avec Jean-Louis Margolin,  L’Histoire, n° 333,  juillet-août 2008.

[23]   Le destin prochain des Lettres, Entretiens de Paris, 20-24 juillet 1937, Paris, Institut international de coopération intellectuelle, 1938.

[24]   Par exemple, Chloé Maurel, Histoire de l'UNESCO : les trente premières années, 1945-1974, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 20.

[25]   Alfred Zimmern, Prospects of civilization, Oxford, Clarendon Press, 1939, p. 13, cité par Daniel Laqua, “Transnational intellectual Cooperation, the League of Nations, and the problem of Order”, Journal of Global History, n° 6, 2011, p. 223-247.

[26]   Correspondance 4. Civilisations : Orient-Occident, Génie du nord-latinité, IICI, 1935.

[27]   Chloé Maurel, Histoire de l'UNESCO, op. cit., p. 241.

[28]   « Extrait du rapport de M. de Reynold sur les travaux de la XXe session plénière de la CICI », Bulletin de la coopération intellectuelle – 1938/1939 (n° 85 à 102), p. 439.

[29]   De nombreux livres sur la particularité japonaise sont publiés après la guerre, comme ceux de Iizuka Kôji, The Mental Climate of Japan (1952) et de Minami Hiroshi, The Psychology of the Japanese (1953).

[30] Kosaku Yoshino, Cultural Nationalism in Contemporary Japan: a Sociological Enquiry, New York, Routledge, 1992, p. 12.