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Thelma Appenteng-Darrac, Les relations diplomatiques franco-ghanéennes, 1953-1963

Les relations diplomatiques franco-ghanéennes, 1953-1963

 

 

Bulletin n° 35, printemps 2012

 

 

Thelma Appenteng-Darrac

 

 

L’histoire de l’Afrique anglophone et plus particulièrement l’histoire du Ghana sont relativement peu étudiées en France. L’histoire politique de ce petit État d’Afrique subsaharienne, première colonie britannique à accéder à son indépendance le 6 mars 1957, a rarement fait l’objet de travaux universitaires français[1]. Cette étude vise donc à combler une lacune et à analyser les relations diplomatiques qu’entretenaient, entre 1953 et 1963, une ex-colonie africaine d’expression anglaise et la première puissance impériale en Afrique.

Dans les années qui précédèrent son indépendance, le Ghana était l’un des territoires les plus développés d’Afrique noire. Les premiers colons portugais qui le découvrirent au XVe siècle décidèrent de lui attribuer le nom de Côte de l’Or ou Côte de la Mine (Costa Mina)  en raison de sa principale ressource minière, l’or, véritablement à la base de la prospérité économique de la colonie à cette époque. Colonisé à la fin du XIXe siècle par les Britanniques, la prospérité économique de ce petit territoire situé en bordure du golfe de Guinée n’a cessé de s’accroître notamment grâce à la très grande diversité de ses ressources minières (or, diamant, bauxite) mais aussi grâce à la puissante industrie agricole du cacao qui fit de la colonie la première productrice et exportatrice mondiale de ce produit phare de l’économie du pays au milieu du XXe siècle.

Dans les années 1950, la Gold Coast apparut comme l’une des possessions anglaises les plus riches et bénéficia très vite d’une autonomie au niveau politique. En effet, les « autochtones » ont très vite été associés à la vie politique de leur pays à travers le système colonial spécifique anglais, l’Indirect Rule, se traduisant littéralement par « gouvernement indirect ». La région du Nord appelée Northern Territories et la puissante région agricole du centre Ashanti furent les zones de la colonie profitant de ce système particulier où l’autorité des chefs traditionnels se substituait à l’autorité britannique en place. Ces territoires bénéficièrent ainsi d’une autonomie interne : les chefs traditionnels apparurent comme les relais du pouvoir britannique et préservèrent dans la mesure du possible les institutions politiques locales existantes[2]. Ce système entrait dans l’approche que les Britanniques avaient de la décolonisation combinant évolution libérale intérieure et transfert progressif des pouvoirs. Cette particularité du fonctionnement colonial anglais se révélait être l’exact contraire du système colonial français, où l’administration centralisée définissait la ligne politique adoptée dans la gestion des colonies de l’Empire. En conséquence, très peu de pouvoirs étaient délégués aux Africains dits « autochtones », situation que critiquèrent notamment à cette époque les quelques députés africains élus à l’Assemblé nationale française.

Le sud de la colonie, appelé Gold Coast Colony, était directement administré par les autorités britanniques représentées sur place par un gouverneur. Cette région était la plus développée de la possession anglaise, notamment en matière d’éducation, grâce à un taux de scolarisation assez élevé qui contribuait à en faire l’un des rares territoires d’Afrique précocement dotés d’infrastructures scolaires réputées. Grâce à cette scolarisation a émergé une élite diplômée, qui allait la plupart du temps parfaire sa formation supérieure dans les pays occidentaux et développa une véritable sensibilité aux idées politiques et nationalistes. Cette élite dénonçait entre autres le fort pouvoir politique accordé aux chefs traditionnels et revendiquait son association aux affaires publiques dans l’intérêt de la nation. D’où une évolution incontestablement rapide de la colonie vers une émancipation politique à caractère nationaliste. Kwame Nkrumah, futur dirigeant politique du territoire sous contrôle britannique puis après l’indépendance, était issu de cette élite : il participa à l’émergence d’un fort nationalisme africain qui se structurait principalement autour d’un mouvement né aux États-Unis et dans les Caraïbes, le panafricanisme. En 1947, le Colonial Office, organe qui avait la gestion des affaires coloniales britanniques, estima que la Gold Coast était le « territoire où les Africains sont le plus politiquement évolués »[3]. Ce fut notamment à partir de cette année que le premier parti politique nationaliste, l’United Gold Coast Convention (UGCC) fit son apparition dans l’objectif de réclamer l’autonomie politique de la colonie. En 1949, le Convention People’s Party (CPP) créé par Kwame Nkrumah, entama une véritable révolution nationaliste dans le pays afin de conquérir l’indépendance totale de la Gold Coast.

L’émancipation politique de la Gold Coast fut assez exceptionnelle dans l’Afrique de cette époque. Plateforme du nationalisme africain émergent, son développement politique et économique ne fut pas sans impact sur l’évolution des autres territoires africains, particulièrement ses voisins. La Gold Coast partageait, en effet, « 2 000 kilomètres de frontières communes »[4] avec des colonies francophones. Durant cette période, il convient de rappeler que seulement quatre territoires en Afrique de l’Ouest appartenaient à l’Empire britannique : le Nigéria, la Gold Coast, la Sierra Léone et la Gambie. Les neuf autres : le Sénégal, la Guinée, le Dahomey (Bénin actuel), la Côte d’Ivoire, le Soudan français (Mali actuel), la Mauritanie, le Niger, le Togo et la Haute-Volta (actuel Burkina Faso) étaient des possessions françaises. L’Afrique occidentale était ainsi dominée par des territoires constitutifs de l’Empire français et fédérés au sein de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Beaucoup de ressortissants français, 400 000 recensés en 1957[5], s’installèrent donc de manière temporaire ou définitive en Gold Coast afin de profiter de la croissance économique du pays. Cependant ces ressortissants ne restaient pas indifférents aux événements politico-sociaux qui se déroulaient dans la colonie et y prenaient parfois part, influencés par les revendications du parti populaire de Nkrumah. Le gouvernement français allait donc tenter de garder le contrôle de ses territoires grâce à l'instauration de relations avec le gouvernement de la colonie britannique, conscient non seulement du potentiel économique et culturel de la Gold Coast, mais aussi de la dangereuse influence politique nationaliste qu’elle pouvait exercer sur les possessions africaines de la France. Comprendre la nature de ces relations est intéressant. Car elles ne sont pas faciles à définir et, de plus, comment les redéfinir par rapport à des appréciations ambivalentes liées, notamment, aux évènements politiques africains de l’époque ? C’est principalement autour de cette problématique que ces relations ont été analysées. Pour en saisir le sens, Il convenait alors d’examiner leurs enjeux et leurs intérêts, et de déterminer pourquoi l’indépendance de la Gold Coast fut un tournant dans ses relations avec la France, pour enfin considérer l’inéluctable dégradation de ces relations entre les deux pays au début des années 1960.

 

La constitution des relations : enjeux et intérêts

 

Les relations entre la France et la Gold Coast se voulurent, dès l’origine, cordiales et amicales, au vu des intérêts en jeu pour les deux pays. À la lecture des archives diplomatiques du ministère des Affaires étrangères, ce fut véritablement à partir de 1953 que se développèrent leurs liens politico-diplomatiques. La Gold Coast était alors politiquement autonome depuis deux années. Grâce à l’actif combat du chef de file du CPP, Kwame Nkrumah, figure charismatique du nationalisme africain et du panafricanisme, la colonie britannique avait accédé en 1951, après une crise socio-économique retentissante, à l’autonomie politique. Désigné pour diriger les affaires gouvernementales alors qu’il était emprisonné pour avoir mené le pays à se rebeller contre les autorités britanniques, Kwame Nkrumah devint ainsi le premier africain à occuper un tel poste à responsabilité. L’année suivante, il avait été honoré du prestigieux titre de Premier ministre, ce qui contribua à faire de ce nationaliste et anticolonialiste convaincu une personnalité exemplaire pour le continent africain. Kwame Nkrumah révolutionna la politique de son pays et fit de son parti, le CPP, le premier parti politique dont la revendication d’indépendance n’allait pas tarder à être satisfaite par les autorités britanniques.

Consciente du potentiel économique et politique du futur État indépendant ainsi que de son influence non négligeable sur ses propres possessions, la France chercha par tous les moyens à promouvoir et défendre ses intérêts. En 1953, une note au ministre des Affaires étrangères français écrite par Léopold Sédar Senghor, secrétaire d'État à la présidence du Conseil, révélait le désir de la France de s'imposer dans tous les domaines : politique, économique mais aussi culturel à travers la mise en place d'un début de francophonie[6]. Très en retard par rapport aux Britanniques en matière de délégation des pouvoirs et de décolonisation, le gouvernement français « traînait » une réputation de pays conservateur qui ne souhaitait pas renoncer à son empire, malgré la mobilisation des troupes coloniales au service des puissances alliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Africains restaient les sujets de l’Empire : la gestion des affaires coloniales était totalement centralisée et l’autonomie des colonies restait encore non envisageable, et ce malgré un début d’ouverture politique symbolisé par la conférence de Brazzaville[7] de 1944. Nouer des relations avec la Gold Coast, dirigée par un gouvernement où le Premier ministre était un Africain de souche et promise prochainement à l’indépendance, constituait une aubaine pour la France qui espérait ainsi redorer son image écornée. Ce qui est important à souligner est le fait que la France, détentrice d’un immense empire colonial en Afrique, reconnaissait à cette petite possession britannique de l'ouest, enclave entourée de territoires français (Togo à l’est, Côte d'Ivoire à l’ouest, Haute Volta au nord) une influence politique et économique en Afrique de l'Ouest.

Diffuser une certaine image de la France dans la colonie, pérenniser son prestige au-delà de ses frontières coloniales et surtout garder le contrôle de son empire dans un continent en pleine mutation faisait partie des intérêts et enjeux de la première puissance impériale en Afrique. Mais l’influence grandissante de la Gold Coast au sein du continent africain, son indépendance prochaine ainsi que la diffusion des idées nationalistes et anticoloniales de son leader mirent en lumière les désirs dissimulés des deux pays de dominer l’Afrique. Effectivement Nkrumah ne cachait pas son envie de voir la Gold Coast s’affranchir du joug colonialiste, mais aussi toute l’Afrique, pour ainsi espérer la réalisation de l’unité africaine indispensable pour faire de l’Afrique une nouvelle force politique et économique à l’échelle mondiale. Son combat mené d’abord dans son propre pays devait s’étendre au reste de l’Afrique. Au fur et à mesure que les relations s’affirmaient entre les deux pays, la France craignait de plus en plus Nkrumah, personnage devenu important pour le monde africain, ainsi que ses idées nationalistes et panafricaines tant adulées mais qui menaçaient la stabilité de l’Empire français. Les premiers différends qui assombrirent la cordialité initiale des relations entre les deux pays se manifestèrent notamment au travers du problème togolais[8]. Cet épineux problème, qui avait pour origine l’irrédentisme Ewé[9], signait la première véritable ingérence de Nkrumah dans les affaires politiques françaises, ce qui ne participa pas aux bonnes relations entre les deux pays.

 

1957 et le tournant de l’indépendance

 

L’année 1957 constitue véritablement un tournant dans les relations entre les deux États. En effet, le 6 mars, la Gold Coast accédait en grande pompe à l’indépendance. Elevé au rang d’État, premier dominion « noir » indépendant du Commonwealth, cet événement qui symbolisait l’espoir revêtit une importance exemplaire aux yeux de nombreux peuples africains. La Gold Coast n’était plus, le Ghana était né. Nkrumah, dont le prestige ne cessait de s’accroître à l’échelle du monde entier, savait qu’il venait de gagner son premier combat et les liens que son pays avait noués avec la France allaient être durablement entachés par son désir de supprimer totalement l’impérialisme occidental en l’Afrique. 

À partir de 1957, les relations se dégradèrent significativement et ce en raison du désir des autorités françaises et du gouvernement de Nkrumah de se disputer le leadership en Afrique. D’un côté le gouvernement français qui s’efforçait de conserver sa toute puissance coloniale et poursuivre sa politique impérialiste ; de l’autre, un leader ghanéen influent qui s’était donné pour mission de libérer son pays puis le continent de la « domination blanche »[10] en vue de constituer une union solidaire, politique et économique, entre les États libres d’Afrique. Nkrumah avait démontré avant l’indépendance de son pays, que sa politique, qui trouvait ses fondements dans l’idéologie du panafricanisme[11], était de servir l’Afrique tout entière. La France ne pouvait être considérée que comme un ennemi de l’Afrique. Malgré sa tentative d’assouplir sa politique coloniale, avec notamment l’élaboration et l’entrée en vigueur, à l’été 1956, de la Loi-cadre accordant plus d’autonomie politique aux colonies d’outre-mer, la France n’était pas prête à renoncer à son empire et l’indépendance du Ghana ne contribua pas à faire sortir la France de son immobilisme. Plus déterminé que jamais, Nkrumah décida de faire connaître publiquement ses jugements négatifs sur la politique française africaine. Mais pour la puissance française, les agissements de Nkrumah n’étaient que le reflet de son désir de s’emparer du leadership en Afrique en prônant la libération du continent. En effet, en 1956, le Togo britannique à l’Ouest, séparé du Togo français à l’Est depuis la dislocation de l’ancien Togoland allemand par le traité de Versailles de 1919, fusionnait avec la Gold Coast afin de devenir une région à part entière du futur Ghana indépendant. Le gouvernement français soupçonna alors Nkrumah de vouloir absorber totalement la partie française du Togo en s’immisçant continuellement dans les affaires togolaises.

Les relations se détériorèrent progressivement et les jugements ambivalents des deux pays, et en particulier du Ghana, liés aux événements politiques africains de l’époque n’étaient pas étrangers à la situation : le problème du Togo, mais aussi le début de la guerre en Algérie, l’enlisement de la France dans le conflit et son souhait de ne pas répondre favorablement aux désirs des indépendantistes algériens furent les premiers événements africains que Nkrumah reprit à son compte pour alimenter sa politique anticoloniale. Cette dispute pour le leadership en Afrique eut pour conséquence une multiplication des ingérences du leader ghanéen dans les affaires africaines, ce qui provoqua du côté français un très vif agacement. Fort de son statut de personnalité politique d’avant-garde pour l’Afrique, Nkrumah décida au moment de l’indépendance du Ghana de rallier à ses idées les dirigeants des quelques États africains libres. Au nom du panafricanisme et dans l’objectif de libérer le continent de l’hégémonie de l’Occident afin de pouvoir constituer une union de l’Afrique, il fut décidé qu’en avril 1958 se tiendrait à Accra, capitale du Ghana, la première conférence des États africains indépendants. Cette première conférence démontra l’intérêt commun des États présents pour la lutte contre le colonialisme et pour l’unité de l’Afrique. La principale puissance coloniale critiquée fut la France en raison du conflit en Algérie.

À partir de 1958, les relations politiques entre la France et le Ghana devinrent de plus en plus conflictuelles. De Gaulle revint au pouvoir afin de trouver une solution au conflit algérien et en profita pour réformer en profondeur les institutions françaises. L’Union française de la IVe République, se transforma en Communauté française où l’autonomie politique des territoires d’outre-mer fut enfin totalement reconnue, mais l’indépendance restait toutefois inenvisageable. Conscient que cette nouvelle assise impérialiste française risquait de compromettre les indépendances et ses propres ambitions pour l’Afrique, Nkrumah décida alors de durcir le ton et livra contre la France une campagne politique hostile qui se transforma en une véritable propagande haineuse destinée à déstabiliser son adversaire.

Le gel des relations diplomatiques,

les indépendances et l’unité africaine

 

À la fin des années 1950, les relations diplomatiques entre la France et le Ghana prirent une tournure conflictuelle. La défense de Nkrumah à l’égard des insurgés algériens et la reconnaissance par le Ghana du Gouvernement provisoire algérien provoqua la colère des autorités françaises qui prirent alors une décision radicale en choisissant de rompre totalement les relations diplomatiques avec le pays. En retour, Nkrumah accusa violemment la France d’être à l’origine de tous les maux de l’Afrique notamment à cause des premières expériences nucléaires qui allaient être prochainement effectuées au Sahara. Ces différents événements entrainèrent l’effondrement des relations politiques entre les deux pays en ébranlant leurs diplomaties respectives.

Au début des années 1960, la France ne pouvait plus ignorer les désirs d’émancipation de ses colonies. La généralisation des indépendances en Afrique, et notamment celle de l’Algérie en 1962, eut pour effet un certain retour à l’ordre dans les relations diplomatiques entre la France et le Ghana de Nkrumah. Ce dernier, qui s’était autoproclamé libérateur et protecteur du continent, pouvait enfin mettre à exécution son dessein pour l’Afrique, à savoir l’unité de tous les États libres pour faire naître une personnalité africaine sur le devant de la scène internationale. Cette prétention de Nkrumah et sa volonté de se constituer en chef naturel de l’Afrique provoquèrent le détournement progressif des autres dirigeants africains qui avaient été pour certains des alliés indéfectibles. De plus Nkrumah, devenu président de la première république du Ghana en 1960, diffusait des idées révolutionnaires inspirées du socialisme soviétique et défendait énergiquement le modèle d’un gouvernement continental pour l’Afrique, les États-Unis d’Afrique, le Ghana devant être le noyau de cette union. Mais ces idées ne faisaient plus l’unanimité et la majorité des dirigeants africains se détournèrent de celui qu’ils considéraient dorénavant comme une réelle menace pour l’Afrique. Les anciennes colonies françaises, malgré leur indépendance politique, firent le choix de consolider leurs liens économiques avec l’ancienne puissance souveraine pourtant accusée de néocolonialisme par le dirigeant ghanéen. Les relations avec la France restèrent délicates et tendues car Nkrumah continuait de voir la France, non pas comme un partenaire avec lequel l’Afrique était désireuse de coopérer, mais comme une menace qui usait de sa puissance économique et de son influence pour maintenir les États africains dans sa sphère néocolonialiste. Les indépendances africaines firent donc disparaître la sérénité de façade des relations franco-ghanéennes et laissèrent la place aux anciens antagonismes.

Mais Nkrumah, qui voulait faire de la France l’ennemi de l’Afrique, s’était attiré l’antipathie de la majeure partie des responsables africains et contribua à l’isolement de son pays au sein du continent. Si les indépendances permirent de réaliser son projet d’unité africaine, qui prit la forme d’une Organisation de l’Union Africaine (OUA) créée en 1963, il n’en avait nullement été l’artisan.

Les relations entre la France et le Ghana furent donc extrêmement complexes et changeantes surtout de la part du gouvernement ghanéen. Relations teintées de sentiments ambivalents de part et d’autre, il est difficile de déterminer la véritable nature des liens entre les deux pays, qui demeurèrent toujours compliqués durant cette période et finalement plus ombrageux que réellement amicaux.



[1]    Cet article est le compte rendu du mémoire réalisé dans le cadre d’un Master 2, sous la direction de Robert Frank, « Les relations diplomatiques franco-ghanéennes, 1953-1963 », soutenu en 2011 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

[2]    Pacôme Yawovi Adjourouvi, « L’état et les peuples en Afrique subsaharienne : les Ewés du Ghana, du Togo et du Bénin », thèse de Doctorat dirigée par Edmond Jouve, Université Paris Descartes, 2000.

[3]    Frederick Cooper, L’Afrique depuis 1940, Paris, Payot, 2008, p. 79.

[4]    Archives du ministère des Affaires étrangères et européennes, centre de la Courneuve, série Afrique-Levant, sous-série Ghana, ex Gold Coast, 1953-1959, dossier 14.

[5]    Archives du ministère des Affaires étrangères et européennes, centre de la Courneuve, série Afrique-Levant, sous-série Ghana, ex Gold Coast, 1953-1959, dossier 8.

 

[6]    Ibid.

[7]    C’est à l'issue de cette conférence que l'abolition du code de l'indigénat est décidée. Au cours de la conférence fut notamment retenue la proposition, faite par Félix Éboué, d'une politique d'assimilation en faveur des colonies. Cependant toute idée d’émancipation des colonies est écartée. Cf. article sur Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Brazzaville [site consulté le 16 janvier 2012].

[8]    En 1919, le Togoland, ancien protectorat allemand, est l’objet d’un partage décidé par la SDN entre la France et l’Angleterre suite à la défaite de l’Allemagne. Ce partage aura pour conséquence de diviser une des ethnies majoritaires du territoire, les Ewés, dans la partie britannique à l’ouest et la partie française à l’est. L’unification du peuple mais aussi la possible réunification du territoire constitueront les principales revendications des Éwés.

[9]    Jean-Jacques Pauvert, « L’évolution politique des Éwé », Cahier d’études africaines, 1960, vol. 1, n° 2, p. 161-192, [article en ligne – 16 janvier 2012, portail Persée http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/cea_0008-0055_1960_num_1_2_3672]. 

[10]   Kwame Nkrumah, L’Afrique doit s’unir, traduit de l’anglais par Laurent Jospin, Paris, Présence Africaine, 1994.

[11]   Philipe Decraene, Le panafricanisme, Paris, PUF, 1964.