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Maria Elvira Alvarez, Mouvement féministe et droit de vote en Bolivie, 1920-1952

Mouvement féministe et droit de vote en Bolivie, 1920-1952

 

 

 

Bulletin n° 35, printemps 2012

 

 

Maria Elvira Alvarez

 

 

Analyser les organisations féministes en Bolivie au cours de la période 1920-1952, depuis leur émergence jusqu’à l’obtention du droit de vote[1], tel a été l’objectif de mon mémoire de Master. Il s’est agi de comprendre comment leurs modes d’organisation, leurs stratégies d’action, et la priorité donnée à certains objectifs se sont modifiés en fonction du contexte social et politique dans lequel elles se sont développées.

Les Boliviennes ont obtenu le droit de vote en 1952 dans le cadre d’une révolution qui mit fin à un régime de gouvernement oligarchique, en place depuis la fin du XIXe siècle. La Révolution nationale, dirigée par le Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR), éclata le 9 avril 1952 et constitua l’un des moments les plus importants de l’histoire de ce pays. Cette révolution trouve ses racines dans la guerre du Chaco (1932-1935) qui fut un bouleversement majeur en Bolivie, tant du point de vue politique que social et culturel puisqu’elle eut pour principale conséquence l’écroulement du régime oligarchique, finalement détruit en 1952[2]. Peu de temps après son arrivée à la tête de l’État, le MNR mit en place des réformes d’une importance considérable pour la Bolivie : la réforme agraire, la nationalisation des mines, et le suffrage universel. Ainsi, c’est à travers cette dernière réforme, par un décret-loi en date du 21 juillet 1952, que les femmes boliviennes acquirent le droit de vote, en même temps d’ailleurs que la plus grande partie de la population. En effet, depuis 1839, le type de suffrage existant en Bolivie avait été direct, masculin, censitaire et restreint aux hommes alphabétisés[3].

Étudier le mouvement féministe en Bolivie – depuis son émergence jusqu’à l’obtention du droit de vote – ne répond pas à une logique de cause à effet (action féministe, donc suffrage féminin) ; tout au contraire, le mouvement féministe, appuyé sur des organisations souvent éphémères, fragiles et peu stables, est un mouvement qui agit par poussées et par vagues selon le contexte social dans lequel il surgit et auquel il s’affronte. L’histoire du mouvement féministe bolivien est ainsi strictement liée au contexte politique et social dans lequel il s’est développé : ses succès, ses défaites et même la priorité donnée à certaines de ses revendications, sont liés à ce qui se passe dans les sphères politique et sociale du pays.

En ce sens, trois périodes distinctes, dotées chacune d’une certaine unité, ont été identifiées pour analyser les différents moments durant lesquels a pris place le mouvement féministe en Bolivie : les années 1920, marquées par l’émergence et le développement des organisations féministes ; les années 1930, celles de la guerre du Chaco, qui ont entraîné des bouleversements sociaux, politiques et culturels porteurs de conséquences importantes concernant la condition des femmes et le mouvement féministe<s> </s>; enfin, les années 1940 à 1952, celles de la première participation des femmes à la vie politique grâce à l’octroi, en 1945, du droit de vote à celles sachant lire et écrire, leur permettant ainsi de participer aux élections municipales.

 

L’émergence du mouvement féministe en Bolivie,

années 1920

 

La période libérale du début du XXsiècle en Bolivie (1899-1920) fut caractérisée par des transformations importantes touchant le développement et la modernisation du pays. Pour la première fois, l’État prit en main l’éducation des femmes. Désormais, il était devenu obligatoire, pour les filles des classes moyennes et élevées, d’apprendre à lire et à écrire. Cette évolution fut illustrée par la création, en 1909, de l’École normale supérieure formant les femmes professeurs des nouveaux lycées pour filles, ou des lycées dans les principaux centres urbains du pays, tels que le Colegio Primario de niñas fondé à La Paz en 1906 par le gouvernement d’Ismael Montes, ou le Colegio Fiscal de Señoritas de Oruro fondé en 1914, qui incluait le cycle secondaire.

Avec le développement de l’éducation des femmes en ce début de siècle, toute une génération de filles issues des classes moyennes et élevées de la société fut éduquée, formant la première génération intellectuelle féminine en Bolivie. Ainsi, une première vague importante de femmes bénéficiaires du développement de l’éducation fit son apparition dans la vie publique au début des années 1920, avec la création de ce qu’elles avaient nommé le plus souvent les Centros Artísticos e Intelectuales de Señoritas. Il s’agissait, à l’origine, d’organisations destinées à la présentation des travaux artistiques littéraires et intellectuels de jeunes femmes cultivées, issues des classes moyennes et élevées de la société. Petit à petit, ces femmes commencèrent à discuter sur la nécessité d’obtenir des droits civils[4] et politiques, puisque comme femmes éduquées et cultivées, elles remplissaient une des conditions essentielles pour devenir citoyen : savoir lire et écrire. Ces centres publièrent des revues féminines-féministes où elles prirent la plume sur différents sujets, notamment sur les questions concernant la condition des femmes, leurs préoccupations et revendications. À côté de poèmes et d’essais historiques, parurent des articles sur l’éducation des femmes, des réflexions sur leur place dans la société, et leur nécessité d’obtenir les droits civils et politiques. La première de ces organisations fut le Centro Artístico e Intelectual de Señoritas de Oruro, fondé en 1920 par Laura Graciela de La Rosa Torres, Bethsabé Salmón Fariñas et Nelly López Rosse. À partir de 1921, ce centre fit paraître la revue Feminiflor, première publication féministe dans le pays. Suivant le modèle de celui d’Oruro, d’autres centres du même type surgirent dans d’autres villes du pays, tels qu’Iris à Cochabamba avec la revue Iris, le Centro Ideal Femenino à La Paz avec les revues Ideal Femenino (1922) et Aspiración (1923), et enfin l’Ateneo Femenino avec Eco Femenino (1923) et Indice (1929)[5].

 

Parmi toutes ces organisations, la plus active et dynamique, et celle dont la durée de vie fut la plus longue (60 ans environ), fut l’Ateneo Femenino de La Paz. Créée en 1923 par María Luisa Sánchez Bustamante, cette organisation fut la plus importante de toutes au niveau national. Sous son impulsion, furent créés d’autres Ateneos dans des villes comme Oruro, Sucre et Cochabamba. Ce centre maintenait des liens étroits avec les féministes de la plupart des centres urbains du pays, ainsi qu’avec les féministes d’autres pays de l’Amérique latine, de l’Europe et des États-Unis. L’intérêt pour le mouvement féministe international et les relations que les membres de l’organisation essayaient de tisser avec les féministes du monde entier, se manifesta également dans la participation de certains de ses membres à des congrès de femmes internationaux, comme la Seconde conférence panaméricaine de Lima en 1925, et la Liga Internacional de Mujeres Ibéricas e Hispanoamericanas qui eut lieu au Mexique la même année[6]. 

 

L’Ateneo devint l’organisation de référence pour la défense des droits civils et politiques des femmes dans les années 1920. En 1925, les membres de l’Ateneo firent appel à Benjamin H. Gallardo, jurisconsulte, civiliste[7] et Recteur de l’Université Mayor de San Andrés de La Paz pour qu’il réalise un projet de réforme du Code Civil bolivien, afin d’accorder les droits civils aux femmes. Le projet présenté par Gallardo accordait des droits civils à la femme mariée qu’elle n’avait pas avec le Code Civil en vigueur. Ainsi, par exemple, elle ne perdait plus sa nationalité lorsqu’elle se mariait avec un étranger, et ne devait plus « obéissance » à son mari. Cependant, dans le projet plusieurs limitations restaient toujours en vigueur, dont celle, par exemple, confirmant que le mari était le chef de la société conjugale, avec par conséquent plusieurs privilèges, comme celui de l’administration des biens, la fixation du domicile, et le pouvoir de permettre ou non à sa femme de réaliser des actes divers. La nouveauté introduite dans le projet concernait la licence uxoriale, c’est-à-dire l’autorisation accordée par la femme au mari. Cette licence suivait le principe selon lequel il existait des droits et des devoirs corrélatifs au mari et à la femme. Si l’épouse était copropriétaire des acquêts, elle exerçait un droit d’avis sur l’administration de ceux-ci. Il s’agissait pourtant d’un projet aux réformes modérées qui ne remettait pas radicalement en question la place de la femme au sein du couple marié. Le projet fut envoyé au pouvoir législatif en août 1925 pour qu’il soit étudié et appliqué par les législateurs. Néanmoins, le pouvoir législatif y resta complètement indifférent.

En 1929, l’Ateneo Femenino organisa la Première convention de femmes en Bolivie avec la participation de plusieurs syndicats féminins comme la Federación Obrera del Trabajo, la Federación Obrera Femenina et le Sindicato Femenino de Oficios Varios. Cette initiative fut un échec en raison des différences de classe et de culture existant entre les membres de l’Ateneo d’un côté et, de l’autre, les femmes des syndicats, en grande majorité aymaras, et appartenant toutes aux classes populaires de la société. Tandis que les membres de l’Ateneo se centraient sur la nécessité d’obtenir les droits civils et le suffrage féminin pour les femmes qui savaient lire et écrire, les femmes des syndicats revendiquaient des droits sociaux liés à leurs conditions de femmes travailleuses. Ces dernières finirent par se retirer de la Convention en signe de protestation. Les différences de classe et de culture entre les femmes présentes à cet événement étaient irréconciliables. Le premier effort réalisé vers une union interclassiste de femmes n’eut donc aucun résultat.

 

Les organisations féministes des années 1920 eurent une durée de vie relativement courte (tout comme les revues qu’elles publiaient), et elles furent dissoutes quelques années après leur création. Malgré cela, la plupart des femmes qui les fondèrent et en firent partie ne disparurent pas de la lutte pour la cause féminine, dans les années suivantes. Une majorité d’entre elles joua un rôle important dans la guerre du Chaco et fonda ou s’intégra aux nouvelles organisations qui surgirent dans les années 1930, dans des contextes de guerre et de post-guerre, totalement différents de celui des années 1920.

 

 

Les femmes et le mouvement féministe pendant

et après la guerre du Chaco, années 1930

 

La guerre du Chaco contre le Paraguay eut lieu entre 1932 et 1935. Elle fut dévastatrice pour le pays, tant au niveau des pertes humaines que des pertes économiques. Elle occasionna un bouleversement majeur pour le pays, culturellement, socialement et politiquement. Elle fut l’élément déclencheur de l’écroulement progressif du régime de gouvernement oligarchique, qui fut finalement détruit avec la Révolution nationale de 1952. Elle provoqua également une effervescence politique sans précédents avec la création de nouveaux partis qui voulaient en finir avec les partis traditionnels et le régime de gouvernement oligarchique en place depuis la fin du XIXsiècle.

Les femmes boliviennes s’organisèrent immédiatement après la déclaration de la guerre. Les associations existantes essayèrent de coordonner leurs actions et de collaborer, en formant les premiers corps d’infirmières, en donnant des uniformes, en collectant des fonds, entre autres actions. En outre, les femmes accédèrent massivement au marché du travail, et malgré le renvoi de plusieurs d’entre elles à la fin de la guerre, la majorité conserva son travail. Le rôle joué par les femmes ne passa pas alors inaperçu, et leur perception d’elles-mêmes et par la société s’en trouva radicalement transformée[8].

Pour un groupe de femmes conscientes du rôle qu’elles étaient en train de jouer dans l’arrière-garde, le déclenchement de la guerre fut de nouveau l’occasion de réclamer leurs droits civils et politiques, au nom de leur participation à l’effort de guerre et du manque d’électeurs, principaux arguments pour justifier la nécessité d’octroyer ces droits. Le débat autour de cette question fut ravivé au début de la guerre et s’intensifia avec la campagne réalisée par le Comité de Acción Feminista, à travers les journaux et la radio, qui poussa trois députés à présenter un projet de loi favorisant les droits civils et politiques des femmes. Cependant, il ne fut pas débattu au sein de l’Assemblée, et la campagne réalisée ne fut pas soutenue par toutes les organisations féminines qui considéraient qu’il était inopportun de demander ces droits en raison de la situation tragique de la Bolivie. Dans ce contexte, la question des droits civils et politiques était secondaire, et ne méritait pas d’être discutée. Si cette campagne féministe ne remporta aucun succès pendant la guerre, elle contribua cependant à raviver le débat dans l’opinion publique.

Dans la période de post-guerre, les principales dirigeantes du Comité de Acción Feminista formèrent deux organisations beaucoup plus institutionnalisées, avec d’autres objectifs et d’autres stratégies que celles développées pendant la guerre : la Legión Femenina de Educación Popular América (LFEPA) dirigée par Etelvina Villanueva et l’Unión de Mujeres Americanas (UMA) dirigée par Zoila Viganó. Les stratégies et objectifs de ces nouvelles organisations féministes s’inscrivaient dans le contexte d’après-guerre où il fallait s’associer à des organisations internationales pour promouvoir le pacifisme, répondre aux problèmes sociaux (aggravés avec la crise économique et avec la guerre) et où de nouvelles doctrines, tel le socialisme, apparaissaient comme des réponses possibles et utiles dans le cadre de la reconstruction du pays.

Les mutations engendrées par la guerre et la nouvelle place des femmes dans la société, provoquèrent de véritables discussions sur la possibilité ou non de leur accorder les droits civils et politiques. Ni la société ni le gouvernement ne restèrent indifférents aux demandes des féministes. Ainsi, le gouvernement de Toro proclama un décret-loi visant à leur octroyer les droits civils en 1936. Cependant, le décret ne fut jamais appliqué, et si la question du suffrage féminin fut débattue pendant 4 jours au sein de la Convention nationale de 1938, cela se solda par un refus. 

Les années 1940, marquées par la chute du régime de gouvernement oligarchique, apportèrent certains succès comme la première participation politique des femmes au sein des élections municipales, et leur intégration dans les partis politiques, tels que le MNR.

 

Les premières expériences des femmes en politique,

années 1940

 

Une Assemblée constituante se réunit en 1945 sous le gouvernement de Gualberto Villarroel. Plusieurs réformes furent approuvées dans la législation de la famille, qui amélioraient la condition des femmes : l’égalité des enfants devant la loi, l’autorisation de recherches en paternité, et l’égalité juridique des conjoints. Mais le changement le plus important de tous fut l’octroi du droit de vote aux femmes qui savaient lire et écrire, pour participer aux élections municipales[9]. Ainsi, pour la première fois ces femmes exercèrent le droit de vote dans les élections municipales de 1947 et de 1949, dans un contexte où les forces traditionnelles de l’oligarchie essayèrent en vain de reprendre le pouvoir, une dernière fois, avant leur écroulement final en 1952[10]. 

Les années 1940 connurent un certain déclin des organisations féministes. Cela s’illustra par le peu de manifestations réalisées lors de la discussion du suffrage féminin dans la Convention de 1945, malgré l’intégration des femmes dans la vie politique grâce au droit de vote (limité aux élections municipales). Toutes les organisations féminines et féministes s’allièrent à des partis politiques au sein desquels des sections féminines furent créées. Avec l’intégration des femmes à la vie politique, la fin des années 1940 marqua un changement dans la façon dont les femmes accédaient à l’espace public pour faire valoir leurs demandes. Les partis politiques devinrent les principales plateformes où les femmes pouvaient revendiquer leurs droits. Dans ce nouveau contexte, les organisations féministes commencèrent donc à perdre leur raison d’être. Cependant, les femmes qui intégrèrent les partis, et notamment celles qui se rattachèrent au MNR, durent mettre de côté leurs exigences féministes, puisque leur participation se cantonnait toujours à un rôle auxiliaire. À part quelques cas exceptionnels de femmes qui eurent des charges élevées au sein du parti, la plupart exercèrent des tâches secondaires et toujours subordonnées à celles des hommes. 

Une fois la révolution accomplie, les femmes qui avaient intégré le MNR (dont plusieurs féministes), ne réussirent pas à faire valoir leurs demandes en tant que femmes au sein du gouvernement de type corporatiste créé par le MNR. Après l’octroi du suffrage universel en 1952, puis l’intégration des femmes au sein du MNR et d’autres partis politiques, les organisations féministes perdirent complètement leur justification. L’Ateneo Femenino, unique organisation en vie depuis les années 1920, continua à fonctionner jusqu’au début des années 1980, non plus en tant qu’organisation féministe, mais culturelle, réunissant toujours des femmes issues des classes moyennes et élevées de la société. Le mouvement féministe qui avait commencé dans les années 1920 s’était dissous : les femmes avaient intégré les partis politiques où elles n’avaient pas fait valoir leurs revendications de genre. Elles étaient restées subordonnées aux priorités des partis, beaucoup plus générales et relevant d’une logique de classe et non de genre, qui touchaient d’autres populations comme les nouveaux acteurs politiques d’importance à l’époque : les ouvriers, les mineurs et les paysans.

 

En 1952, la question de l’intégration des femmes dans la vie politique du pays fut dissoute dans celle de l’intégration des majorités nationales au sein de la nation. La proclamation du suffrage universel octroya le droit de vote aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Les hommes considérés comme des subordonnés – les ouvriers, les mineurs, et les paysans –, devinrent des acteurs essentiels dans un État révolutionnaire corporatiste. Dans cette structure, la place des femmes, qui ne constituaient pas une classe en soi, concernait toutes les classes sociales où leur rang subordonné était considéré comme un point mineur. Le mouvement féministe, dont l’un des objectifs principaux depuis les années 1920 avait été d’obtenir le droit de vote, n’avait plus de sens. Les données concernant l’accès des femmes en politique et aux plus hautes sphères du pouvoir venaient de changer.




[1]    Cet article est le compte rendu du mémoire réalisé dans le cadre d’un Master 2, sous la direction d’Annick Lempérière « Mouvement féministe et droit de vote en Bolivie (1920-1952) », soutenu en juin 2011 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

[2]    Herbert S. Klein, Orígenes de la revolución nacional boliviana. La crisis de la generación del Chaco, La Paz, Librería Editorial GUM, n. d.

[3]    Sur cette question, voir Marta Irurozqui Victoriano, ‘A bala, piedra y palo’. La construcción de la ciudadanía política en Bolivia, 1826-1952, Séville, Diputación de Sevilla, Serie Nuestra América n° 8, 2000.

[4]    Les femmes mineures étaient sous la tutelle de leurs pères et, une fois majeures et mariées, elles passaient sous la tutelle de leurs maris. Les femmes mariées avaient donc un statut de mineures à vie (au contraire des femmes majeures et non mariées, ou veuves). En ce sens, elles ne disposaient pas de droits civils sans l’autorisation de leurs maris, c’est-à-dire du droit à disposer de leurs biens et de leurs revenus, de fixer leur domicile, d’ouvrir un compte en banque, de se porter témoins dans un procès, etc.

[5]    D’autres revues féminines-féministes furent publiées par des féministes en dehors d’organisations féministes, comme Venas de Plata (1924) à Potosí et Anhelos (1929) à Cochabamba.

[6]    Ximena Medinacelli, Alterando la rutina. Mujeres en las ciudades de Bolivia 1920-1930, La Paz, CIDEM, 1989 ; Gloria Ardaya, Política sin rostro: mujeres en Bolivia, Venezuela, Editorial Nueva Sociedad, 1992 ; Luis Oporto, Las mujeres en la Historia de Bolivia. Imágenes y realidades del siglo XX (1900-1950), Antología, La Paz, Anthropos, 2001.

[7]    Personne spécialisée dans le droit civil.

[8]    Florencia Durán Jordán et Ana María Seoane, El complejo mundo de la mujer durante la Guerra del Chaco, La Paz, Ministerio de Desarrollo Humano, Secretaría de Asunto Étnicos, de Género y Generacionales, Subsecretaría de Asuntos de Género,1997.

[9]    Marcela Revollo Quiroga, Mujeres bajo prueba. La participación electoral de las mujeres antes del voto universal (1939-1949), La Paz, Eureka Ediciones, 2001.

[10]   Cette période de retour de l’oligarchie fut nommée plus tard Sexenio.