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Isabelle Davion, Stanislas Jeannesson, Penser le système international, XIXe -XXIe siècle. Compte rendu du Colloque en l’honneur de Georges Henri Soutou, 30 septembre-1er octobre 2011, Paris

Penser le système international, XIXe -XXIe siècle. Compte rendu du Colloque en l’honneur de Georges Henri Soutou, 30 septembre-1er octobre 2011, Paris

 

 

Bulletin n° 35, printemps 2012

 

Isabelle Davion – Stanislas Jeannesson

 

 

Georges-Henri Soutou au Colloque (30 septembre-1er octobre 2011, Paris), organisé en son honneur (photo : Charlotte Laurent-Davion).

 

 

Les 30 septembre et 1er octobre 2011[1], s’est tenu à la Maison de la Recherche de l’Université Paris-Sorbonne, un colloque en l’honneur de Georges-Henri Soutou, professeur émérite de l’Université de Paris IV et membre de l’Académie des Sciences morales et politiques. Pour les organisateurs (Éric Bussière, Stanislas Jeannesson et Isabelle Davion), la gageure était de taille : il s’agissait de rendre compte de toutes les facettes du parcours scientifique de l’un des plus éminents historiens des relations internationales contemporaines. Des collègues et spécialistes venus de différentes parties de l’Europe, plusieurs générations d’élèves mais aussi de nombreux amis ont nourri des débats à la fois – fait rare – chaleureux et d’un très haut niveau scientifique.

Le déroulement des interventions était calqué sur les champs de recherches de Georges-Henri Soutou, avec pour repères ses principales publications, depuis L’Or et le Sang. Les buts de guerre économiques de la Première Guerre mondiale (Fayard, 1989), jusqu’à L’Europe de 1815 à nos jours (PUF, 2007) : la multiplicité des thèmes abordés autour de la guerre, la sécurité, les relations bilatérales ou multilatérales, ont dessiné les contours d’une réflexion dont Robert Frank a rappelé dans l’allocution d’ouverture combien elle était continue, féconde, originale. La rencontre a tout naturellement porté sur la notion de système international que Georges-Henri Soutou a largement contribué à introduire dans l’historiographie française, à définir et à explorer. Les échanges se sont ordonnés autour de trois thèmes : deux moments clés de la construction ou reconstruction de ce système : la Première Guerre mondiale et ses conséquences immédiates, puis la Guerre froide et les problèmes stratégiques, enfin une mise en perspective globale concernant l’évolution du système européen, du Concert du XIXe siècle à l’Union actuelle.

Au cours de la première partie du colloque, la Grande Guerre a été abordée dans une double dimension internationale et d’histoire des idées (Tomasz Schramm, Martin Motte) ; quant aux interrogations sur la politique de la France ou de Staline au lendemain du conflit (Françoise Thom, Frédéric Dessberg, Anne-Sophie Nardelli), elles annonçaient déjà certaines problématiques de la partie suivante, consacrée à la Guerre froide dans ses aspects autant idéologiques que stratégiques (Laurent Cesari, Tristan Lecoq). Ce deuxième moment s’est organisé autour d’une réflexion consacrée d’abord à ses développements en Europe (Antoine Marès, Émilia Robin-Hivert), là où l’affrontement Est-Ouest s’est cristallisé et où il trouve, sur la question allemande, ses origines et sa résolution, avant d’explorer les théâtres d’Asie et du Pacifique (François David, Sarah Mohamed-Gaillard). Enfin, une troisième demi-journée est revenue sur le système européen et ses évolutions sur le long terme : la dynamique du Concert européen, dont les analyses de Georges-Henri Soutou ont permis de préciser les caractères propres, en montrant notamment qu’il ne se contentait pas de la mécanique inhérente à tout ordre fondé sur l’équilibre, mais qu’il reposait sur un ensemble de valeurs partagées, a été explorée sur un large pan du XIXe siècle (Séverine-Antigone Marin, Christophe Verneuil, Yves Bruley) ; le thème de l’intégration européenne après 1945 a été étudié quant à lui à l’aune des relations franco-allemandes (Rainer Hudemann, Horst Möller, Veronika Heyde), comme un écho de l’œuvre de réflexion et de synthèse sur la France et la Guerre froide qui constituera le prochain ouvrage de Georges-Henri Soutou, aux Éditions Tallandier.

Prenant la parole en clôture des débats, après être intervenu régulièrement au fil des communications, Georges-Henri Soutou est revenu sur des principes qui lui sont chers : l’absolue liberté de la recherche et de l’enseignement, et l’union étroite qu’il convient de préserver entre les activités de chercheur et de pédagogue qui se nourrissent mutuellement. Il s’est ensuite employé à prodiguer un certain nombre de conseils aux aspirants historiens des relations internationales, quant à l’importance d’une ouverture formatrice à toutes les périodes historiques et à une réelle multidisciplinarité. Cette nécessaire convergence des approches des économistes, juristes, géographes et historiens, permet seule une véritable approche pluridimensionnelle du système international, celle-là même qui est pratiquée par l’Association des Internationalistes que G.-H. Soutou préside.

Ainsi, l’ensemble des interventions à la tribune comme dans la salle, ont permis de baliser les différentes facettes de la notion de système international tel qu’il fut pensé, expérimenté, construit ou mis à mal, en reprenant les grands thèmes de recherches chers à Georges-Henri Soutou. Ce colloque s’est dès lors présenté autant comme un hommage que lui ont rendu ses collègues et ses élèves, que comme une réflexion globale sur un sujet désormais au cœur, depuis une vingtaine d’années, d’un champ de recherches renouvelé des relations internationales.

Les actes que publieront les Presses universitaires de Paris-Sorbonne, complétés de nouvelles communications qui viendront tout à la fois enrichir et renforcer la cohérence des thématiques abordées, refléteront les apports de ce colloque : ils constitueront un état des lieux de l’historiographie des relations internationales et offriront des pistes de réflexion pour l’avenir, tant il est vrai que l’enseignement et la formation à la recherche ont toujours constitué une dimension fondamentale de l’activité de Georges-Henri Soutou. En conclusion, cette rencontre a été à l’image de son œuvre : riche et inspirante.

 



[1]    Isabelle Davion et Stanislas Jeannesson sont maîtres de conférences à l’université Paris IV Paris-Sorbonne.