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Nicolas Vaicbourdt, L’invention de l’Asie par les États-Unis

L’invention de l’Asie par les États-Unis

 

Bulletin n° 34,  automne 2011

 

 

Nicolas Vaicbourdt

 

 

Créés en opposition à l’Europe autant qu’à l’Angleterre, les États-Unis ont cependant hésité entre un modèle de développement atlantique, désiré par Alexander Hamilton, et une expansion résolument orientée vers l’ouest et l’idéal d’un monde nouveau. Le mythe des richesses de l’Asie, hérité des récits européens, a finalement pesé dans la décision de Jefferson de conquérir les rives du Pacifique. La convergence d’intérêts économiques et du messianisme de ses groupes religieux, autant que celui, plus pragmatique, de l’idéologie nationale de la « Destinée manifeste », a engagé les États-Unis dans une quête d’expansion à travers le Pacifique vers l’Asie, comme un prolongement naturel de sa frontière. Mais cette découverte de l’Asie a aussi révélé la banalisation d’un pays qui, tout en se pensant exceptionnel dans sa démarche, en est venu à reproduire les modèles coloniaux européens. L’année 1898 marque l’aboutissement d’un processus de domestication de la frontière Pacifique des États-Unis, et, paradoxalement, un tournant dans la représentation que le pays se faisait de lui-même et qui renonce à établir un empire pour renouer avec son sentiment d’exceptionnalisme que son projet asiatique a failli corrompre.

 

L’Asie dans le projet d’expansion continentale

de la jeune République

 

Traditionnellement, l’historiographie situe l’intérêt des États-Unis pour le Pacifique et l’Asie au moment de la découverte de la ruée vers l’or de la Californie, dans les années 1840. Cependant, l’idée de la conquête du continent et d’une extension vers le Pacifique apparaît dès les premiers jours de la jeune République, et l’attrait des bénéfices à retirer des échanges avec l’Asie y a joué un rôle important.

Certes, les premiers contacts des Américains avec l’Asie s’inscrivent dans la continuité de la logique européenne de découverte du monde. Alors que les récits de Marco Polo ou de jésuites revenant de Chine et du Japon sont régulièrement lus en Amérique, c’est un ancien compagnon de James Cook, John Leydard, qui va influencer le pouvoir politique à Washington et sceller la coopération entre le monde des affaires et le pouvoir exécutif américain dans la découverte de l’Asie[1]. En 1783, Leydard publie l’histoire de la troisième expédition de Cook, dans laquelle il souligne l’importance, pour les États-Unis, d’accéder à la côte occidentale du continent afin de mettre en place un fructueux commerce dans la zone Pacifique et vers l’Asie. Il rencontre Thomas Jefferson à Paris et le convainc de la nécessité d’établir des comptoirs sur la côte Pacifique du continent, pour développer le commerce de la fourrure avec la Chine. Dès 1784, grâce à l’appui de Jefferson, Leydard persuade un groupe de commerçants de financer une première expédition en Chine. Dans les années qui suivent, les expéditions des baleiniers, de commerçants en quête de bois de santal, ou de débouchés pour leurs fourrures, se multiplient depuis les ports du nord-est des États-Unis. Leur activité va rapidement prendre de l’ampleur, au point qu’en 1830, Honolulu est le premier port baleinier américain dans le Pacifique. De la sorte, les grandes sociétés baleinières et commerciales prennent conscience de l’importance du bassin Pacifique pour leur développement où elles s’estiment en mesure de pouvoir concurrencer les Britanniques. Elles vont jouer de leurs réseaux d’influence auprès du personnel politique, notamment le clan des Virginiens (les présidents Madison, Quincy Adams, Monroe…) pour obtenir un soutien de l’État américain.

Celui-ci s’est amorcé, en fait, avec l’élection de Jefferson qui, en dépit de ses réticences à l’égard de l’accroissement du pouvoir fédéral, va s’efforcer d’étendre la République vers l’Ouest. Après avoir acquis la Louisiane, pour empêcher les Européens d’ériger un limes le long du Mississipi, il obtient du Congrès le financement de la mission de Lewis et Clark (1804-1806), chargés d’explorer les territoires occidentaux, en affirmant que la côte Pacifique doit être intégrée au territoire national. Au terme de ses mandats, il encouragera même un des magnats du commerce de la fourrure de New York, John Astor, à créer un comptoir dans les territoires du nord-ouest (futur État de Washington) pour développer le commerce de la fourrure avec Canton. L’intérêt de l’État fédéral et de l’opinion publique pour la côte Pacifique et ses débouchés asiatiques, ne va cesser de croître jusqu’à la découverte de gisements d’or en Californie. Un souci d’ordre géopolitique s’y est ajouté. En 1821, la Russie, qui a aussi des ambitions en Asie et a pris position en Alaska, a décrété la fermeture du détroit de Behring aux navires commerçants étrangers et menace l’expansion des entreprises du nord-est des États-Unis. La promulgation de la doctrine Monroe, en 1823, entend aussi mettre un terme aux ambitions russes sur la côte Pacifique. Mais le président Quincy Adams décide de réaffirmer les ambitions asiatiques des États-Unis. En 1825, il obtient du Congrès le financement d’une mission scientifique chargée de cartographier le Pacifique et les côtes asiatiques, évaluer la richesse du Japon et de la Chine, et identifier les avant-postes nécessaires au développement du commerce dans la région[2]. Sur les bases de ce rapport, le Congrès va décider l’ouverture de consulats américains à Maurice, Java, Hawaï ou Tahiti dont la mission sera de soutenir expressément les entreprises américaines. Dès 1830, les États-Unis négocient des garanties commerciales avec le Siam et Zanzibar. En 1844, après la victoire britannique dans la guerre de l’opium, ils ratifient le traité de Wangxia avec la Chine, qui leur octroie les mêmes avantages que la Grande-Bretagne[3].

 

L’influence des missions protestantes

 

Cependant, les ambitions commerciales ne constituent pas le seul moteur de l’intérêt américain. Dès le début du XIXe siècle, les États-Unis connaissent un second réveil religieux. En 1806, une réunion des églises protestantes au Williams College, connue sous le nom de Haystack Prayer, décide de former des missionnaires pour évangéliser le monde non chrétien, et en particulier l’Asie. Dès 1812, les premiers missionnaires sont envoyés en Inde puis progressivement dans l’ensemble de la région. Dans le contexte de la parution du célèbre article sur la « Destinée manifeste », les vocations ne vont cesser de se multiplier et le mouvement de prendre de l’ampleur. Les missionnaires, encouragés à se déplacer avec leurs familles pour inspirer confiance et se démarquer des ordres catholiques, ont pour tâche de s’implanter au plus profond des territoires[4]. Ils doivent bien entendu christianiser les populations mais aussi les initier à la modernité. La plupart des missionnaires sélectionnés sont des ingénieurs, des agronomes ou des médecins. Leurs épouses sont spécialement chargées des contacts avec les femmes locales, auxquelles elles doivent apprendre à lire et à écrire, voire enseigner les principes de la comptabilité familiale – comme de nombreuses missions protestantes l’ont fait pour les femmes américaines. Il s’agit, non seulement de participer à l’éveil de ces populations, mais aussi de participer à la réorganisation sociale et politique des sociétés. Ainsi, en 1819, les rapports d’une communauté en Birmanie expliquent que les femmes sont bien plus intéressées par les cours de couture que par l’éducation religieuse, mais les missionnaires se targuent d’être parvenus à gagner leur confiance. À Hawaï, les missionnaires remettent en cause le système féodal local, en conseillant et en aidant les populations christianisées à acquérir des terres et en organiser l’exploitation de manière rationnelle, en gérant en commun l’irrigation et le matériel agricole. En 1892, les chrétiens possèdent plus des deux tiers des terres au grand dam du consul américain déplorant les bouleversements apportés par les missionnaires à ces « enfants de la nature »[5]. En Chine, la priorité donnée à l’éducation permet l’intégration, en 1873, d’un étudiant chrétien à la prestigieuse université de Yale. Cependant, leur seconde mission officielle est d’exploiter leur implantation locale et leurs réseaux, au profit des intérêts commerciaux et politiques américains pour lesquels ils sont appelés à servir de traducteurs et d’intermédiaires. L’influence de leurs églises auprès du Congrès, tout comme le rôle en faveur des intérêts nationaux, justifie l’action des postes diplomatiques en Chine, au Japon ou au Siam pour leur obtenir en priorité des statuts d’extraterritorialité juridique, incluant le droit de résider, d’acquérir des propriétés et faire du prosélytisme sans être inquiétés.

 

L’affirmation d’une politique de puissance

 

Ce soutien est d’autant plus aisément accordé que le pouvoir fédéral en est progressivement venu à considérer le Pacifique et l’Asie comme des extensions naturelles de la zone d’influence américaine. Dès 1825, John Quincy Adams, secrétaire d’État de Monroe et son futur successeur, considère que la doctrine Monroe doit s’étendre au Pacifique, et notamment à l’île d’Hawaï où la présence américaine commence à s’affirmer. C’est dans cette même logique d’extension de la doctrine Monroe que les États-Unis annexent, en 1867, l’atoll découvert par un phoquier américain sur la route d’Hawaï et le rebaptisent d’un nom explicite Midway, – l’atoll inhabité devenant une escale technique vers Hawaï. L’annexion de Midway est aussi symbolique d’une évolution de la politique américaine dans la zone Asie Pacifique. Jusqu’alors, l’enjeu a davantage été de suivre le chemin tracé par les Européens. Les revendications américaines envers la Chine, lors des négociations du traité de Wangsia, sont fondées sur l’égalité des droits obtenus par la Grande-Bretagne. L’expédition de l’amiral Perry au Japon, en 1853-1854, s’inscrit dans la même logique de garanties de droits. Perry a été chargé de négocier la protection des marins susceptibles de s’échouer sur les côtes japonaises, d’obtenir le droit d’escale et de réapprovisionnement des navires de la Nouvelle-Angleterre en route vers la Chine et des baleiniers et, enfin, de signer un traité commercial entre les deux pays[6].

Cependant, après la guerre de Sécession, la politique américaine s’engage effectivement dans la logique de la « Destinée manifeste » d’expansion territoriale. Sous l’impulsion de William Henry Seward, le souci des intérêts commerciaux et de la concurrence européenne cède la place à une revendication d’ordre impérialiste. Secrétaire d’État de Lincoln, puis d’Andrew Johnson, de 1861 à 1869, Seward s’efforce d’étendre le territoire américain toujours plus à l’ouest en décidant l’acquisition de l’Alaska, puis l’annexion de Midway. Son objectif, adopté par ses successeurs, n’est plus simplement de pouvoir concurrencer les puissances européennes en Asie, mais bien d’être en mesure de s’y opposer[7]. La confrontation entre les États-Unis et l’Allemagne, au sujet de l’archipel des Samoa, en constitue un bon exemple. Le port de Pago Pago dispose d’une rade d’envergure – peu nombreuses –, dans la région qui couvre la route maritime vers l’Australie et le sud-est de l’Asie. En 1872, l’administration Grant décide de s’y implanter et négocie avec les autorités locales un droit exclusif sur la rade et la protection des États-Unis contre les Européens, Allemands et Britanniques, déjà présents et qui ont aussi l’ambition de contrôler ce port stratégique. Cependant, l’opposition du Congrès va empêcher la ratification de l’accord. Mais en 1876, à l’initiative du secrétaire d’État adjoint, Frederick W. Seward, fils du secrétaire d’État de Johnson, le Congrès accepte de ratifier un traité échangeant l’autorisation d’établir une base navale et un port de charbon à Pago Pago, contre l’engagement des Américains d’offrir leurs bons offices en cas de conflit entre les chefs coutumiers et les puissances européennes – l’accord visant en fait l’Allemagne qui a renforcé sa présence économique dans l’île. Après une phase de cogestion de l’atoll avec les Allemands et les Britanniques, les Américains vont exploiter les tensions entre les Allemands et les autorités locales pour les évincer. En 1889, en réponse à l’envoi d’une escadre allemande destinée à faire pression sur les Samoans, la marine américaine expédie à son tour une escadre aux Samoa. Seule la destruction de la totalité des navires par un typhon permet de faire retomber la vive tension et laisse la place à une négociation, à Berlin, qui officialise le statu quo. Mais au début de 1899, une querelle dynastique donne l’opportunité aux Américains – soutenus par les Britanniques qui vont pourtant se retirer de l’archipel dès la fin de la crise –, d’intervenir militairement pour s’opposer au candidat défendu par les Allemands, et d’imposer une partition de l’île (où la monarchie est abolie) qui leur confère l’exclusivité de l’exploitation du port de Pago Pago.

 

Une aire d’expansion coloniale ?

 

Cet ultime épisode vient confirmer l’affirmation des ambitions coloniales des États-Unis qui ont profité de la guerre contre l’Espagne (au sujet de Cuba) pour s’emparer des Philippines et annexer une fois pour toutes l’île d’Hawaï – où avait été établi un protectorat, après l’éviction de la reine, par un contingent de marines, et la proclamation d’une République en 1893[8]. Cette évolution coloniale dans le Pacifique traduit l’influence grandissante de l’amiral Mahan et de son célèbre essai, The Influence of Sea Power upon History (paru en 1890), et l’affirmation de la puissance américaine[9]. Mais elle est aussi le résultat de la vision raciale des Américains à l’encontre de l’Asie, qui justifie leur « devoir » de civilisation. Depuis la ruée vers l’or, l’hostilité de la population américaine n’a cessé de croître envers les Chinois venus en masse participer à la conquête de l’Ouest. La vision des « bons sauvages » véhiculée par les marins, cède alors la place à une violente xénophobie à l’encontre d’un peuple décrit comme inférieur, paganiste, incestueux … Sous la pression populaire, les lois anti-immigrations finissent par fermer définitivement le pays aux Chinois, en 1892. Le mépris envers les Chinois s’est élargi à l’ensemble des populations asiatiques. Seuls les Japonais ont progressivement échappé à cette perception. Certes, dans un premier temps, les Japonais sont perçus négativement. Le représentant américain au Japon, en 1862, les décrit comme sournois et les compare aux Indiens qui ne comprennent que le langage de la force. S’ensuit une succession de crises qui aboutit à l’envoi d’une nouvelle escadre, en 1866, pour forcer le Japon à rouvrir le commerce et autoriser les missions chrétiennes[10]. Mais en raison de la volonté d’adaptation du Japon, c’est une image différente qui s’impose progressivement : celle d’un peuple volontaire et éduqué, que les États-Unis doivent aider à se moderniser et s’adapter aux valeurs occidentales, comme le prescrivait la « Destinée manifeste »[11].

C’est sur la concomitance de ces vecteurs que vont s’appuyer les milieux d’affaires qui avaient tiré profit de la présence grandissante des États-Unis en Asie, pour soutenir une politique coloniale plus affirmée. À partir de 1897, l’expansion européenne en Chine et le partage de l’Empire en sphères d’influence commencent à générer un vent de panique à New York où la Chambre de commerce fonde, au début 1898, un Comité pour les intérêts américains en Chine (Committee on American Interests in China). Son objectif est de faire pression sur le State Department pour qu’il empêche un dépècement de la Chine au détriment des intérêts commerciaux américains. Rapidement, ce comité se rebaptise Association américano-asiatique (American Asiatic Association) et effectue un travail de lobbying plus étroit encore auprès de John Hay, secrétaire d’État successivement de McKinley, puis de Theodore Roosevelt. Le statut de l’Association fixe comme objectif de « développer et protéger les intérêts des échanges et du commerce des citoyens américains dans les empires de Chine, du Japon et de Corée, aux Philippines et autres territoires d’Asie et d’Océanie ». Pour élargir son influence, l’Association créé sa propre revue, The Journal of the American Asiatic Association. Son but est de faire prendre conscience que le développement national est étroitement lié à l’océan Pacifique, de combler le retard américain dans l’étude des cultures, de l’histoire et des produits de l’Asie du Sud-Est, afin de faire prendre conscience de la nécessité politique, économique et morale d‘une expansion dans le Pacifique et en Asie[12].

Mais en 1898, l’Asie va servir brutalement de miroir aux États-Unis. L’occupation des Philippines et l’éventualité de son annexion déchaînent les passions. La Ligue anti-impérialiste, menée notamment par Mark Twain, dénonce les velléités coloniales de la première nation décolonisée de l’histoire, soutenue par des mouvements nativistes et xénophobes, jugeant inassimilables les Philippins et autres populations asiatiques. Sous l’impulsion des progressistes, en dépit des velléités de Théodore Roosevelt, les États-Unis renoncent définitivement à tout projet colonial, se contentant d’une politique de statu quo et d’influence par le biais des revendications de la Porte ouverte en Chine, et de missions privées pour soutenir le développement local. Progressivement, les États-Unis vont négliger l’Asie pour autant que le statu quo soit préservé. En dépit de tous les espoirs, en 1914, la Chine ne représentera qu’à peine 1% du volume des échanges commerciaux américains. Pearl Harbor ne modifie guère le sens des nouvelles priorités américaines, confirmé par l’engagement en Europe, à partir de 1947. La victoire d’Eisenhower contre le clan asiatique, incarné par Taft et Mac Arthur aux primaires républicaines de 1952, ne fait qu’entériner la réorientation des États-Unis, en dépit de la succession des interventions et crises en Corée, en Indochine, au Vietnam et en Chine. En 1972, c’est dans sa nouvelle charte atlantique que Kissinger va inscrire le Japon. Et ce n’est qu’avec la fin de la Guerre froide que les États-Unis vont redécouvrir l’Asie, mais plus avec inquiétude qu’optimisme.



[1]    Voir M. Consuelo Leon W., « Foundations of the American Image of the Pacific », Boundary 2, vol. 21, n° 1, Spring 1994, p. 17-29.

[2]    Voir Richard Immerman, Empire for Liberty. A History of American Imperialism from B. Franklin to P. Wolfowitz, Princeton, Princeton University Press, 2010, p. 59-97.

[3]    Warren I. Cohen, America’s Response to China. A History of Sino-American Relations, New York, Columbia University Press, 2010 (5e éd.), p. 12-14.

[4]    Un des exemples les plus connus est la romancière Pearl Buck (prix Nobel de littérature en 1938), dont les parents vont s’installer dans la région de Shanghai alors qu’elle a quelques mois. Elle apprend le mandarin avant de parler sa langue natale, et son œuvre dédiée à la Chine est considérée comme ayant joué un rôle majeur dans l’intérêt de ses compatriotes envers la Chine, durant l’entre-deux-guerres.

[5]    Sur le rôle des missions protestantes, voir, notamment, Jean Heffer, Les États-Unis et le Pacifique. Histoire d’une frontière, Paris, Albin Michel, 1995, p. 115-127.

[6]    Cf. Joseph Henning, Outposts of Civilization: Race, Religion, and the Formative Years of American-Japanese Relations, New York, New York University Press, 2000. Le traité de Kanagawa obtenu par la démonstration de force de Perry ne remplira que les deux premiers objectifs. Mais en 1858, le premier consul américain au Japon put faire ratifier un traité d’amitié et de commerce entre les deux pays.

[7]    Voir Walter G. Sharrow, « William Henry Seward and the Basis for American Empire, 1850-1860 », The Pacific Historical Review, vol. 36, n° 3, August 1967, p. 325-342.

[8]    Il est n’est guère possible ici de développer cette question essentielle. Se reporter notamment à Walter LaFeber, The Cambridge History of American Foreign Relations: The American Search for Opportunity, 1865-1913, Cambridge, Cambridge University Press, 1993.

[9]    Fareed Zakaria, From Wealth to Power. The Unusual Origins of America’s World Role, Princeton, Princeton University Press, 1998, p. 128-190.

[10]   Joseph Henning, Outposts of Civilization…, op. cit. ; Jeffrey Keith, « Civilization, Race, and the Japan Expedition’s Cultural Diplomacy, 1853-1854 », Diplomatic History, avril 2011, p. 179-202.

[11]   Cette perception des « yankees de l’Asie » perdurera jusqu’en 1905 où le danger nippon deviendra une nouvelle doxa.

[12]   John Eperjesi, « The American Asiatic Association and the Imperialist Imaginary of the American Pacific », Boundary 2, vol. 28, n° 1, 2001, p. 195-219.