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Gabrielle Abbe, Donner à voir les arts Khmers. La Direction des arts cambodgiens, organisme de propagande des arts khmers, 1920-1945

Donner à voir les arts Khmers. La Direction des arts cambodgiens, organisme de propagande des arts khmers, 1920-1945

 

 

Bulletin n° 34,  automne 2011

 

 

Gabrielle Abbe

 

 

 

En 1907, la rétrocession[1] par le Siam de la province de Siem Reap[2] confère au Cambodge un nouveau statut et une importance accrue au sein de l’Union indochinoise[3]. En effet, c’est dans cette province que se trouve Angkor, capitale de l’ancien Empire khmer, et certains des plus beaux vestiges archéologiques de cette civilisation.

Grâce à cette rétrocession et aux efforts de la nouvelle École française d’Extrême-Orient (ÉFEO)[4] pour l’étude de ce patrimoine unique dans la région, le Cambodge, jusqu’alors considéré comme une sorte d’État-tampon entre la Cochinchine et le Siam sous influence britannique, devient l’un des fleurons culturels de l’Union indochinoise. Lintérêt des scientifiques et des administrateurs est tel qu’un demi-siècle plus tard, en 1931, c’est l’image d’Angkor Vat qui symbolise l’Indochine tout entière dans l’imaginaire du public français de l’Exposition coloniale de Vincennes[5].

Entre l’établissement du protectorat au milieu du XIXe siècle et l’Exposition de 1931, un long chemin a été parcouru pour la reconnaissance et l’affirmation d’une identité culturelle propre au Cambodge.

 

Les travaux scientifiques menés par les chercheurs de l’ÉFEO, épigraphistes, architectes et archéologues (sous l’impulsion et avec le soutien du gouvernement français) sont pour beaucoup dans l’évolution de la perception des arts khmers, notamment en métropole. Au Cambodge même, une institution joue un rôle crucial dans la prise de conscience, le développement et la mise en valeur du « patrimoine artistique khmer », c’est le Service des arts cambodgiens, créé par George Groslier en 1919[6]. Vaste organisation comprenant l’École des arts, le Musée et la Direction des arts, il a notamment pour mission de faire connaître et de diffuser les arts khmers.

 

Nous allons revenir dans cet article sur le rôle du Musée, mais aussi de la Direction des arts cambodgiens, organisme chargé de la propagande des arts khmers, au Cambodge et à l’étranger.

 

Un lieu pour donner à voir les arts khmers :

la création d’un musée au Cambodge

 

« Donner à voir » les arts khmers est une façon de faire reconnaître, en Indochine et en métropole, auprès d’un public local mais aussi international, l’existence et la singularité d’une identité culturelle propre au Cambodge.

Dans ses différents rapports et articles[7], George Groslier évoque la nécessité de sauvegarder le patrimoine artistique ancien et contemporain du Cambodge. Selon lui, le Cambodge libéré de l’emprise politique de ses deux grands voisins, le Siam et le Vietnam, semble désormais menacé de disparition culturelle. « Redonner » au pays une « identité culturelle » devient alors l’une des missions centrales de l’administration du protectorat, qui profite également du rayonnement culturel du Cambodge et concurrence ainsi les puissances européennes coloniales de la région.

Dans la mise en valeur des arts khmers, une première étape consiste en la création d’un lieu d’exposition, un musée[8] entièrement dévolu à l’art khmer. En effet, dans le « Musée de l’Indo-Chine » créé par l’ÉFEO à Saigon en 1901, étaient présentées des œuvres de tous les territoires de l’Union indochinoise, sans distinction de provenance géographique[9]. Ce musée unique, instrument symbolique de l’unification culturelle des territoires indochinois, reflète l’idéologie qui prédomine alors, et est révélateur d’une certaine image de l’Union indochinoise, conçue comme un tout, à la fois politique et culturel.

Non seulement les pièces d’art khmer ne sont pas mises en valeur comme certains le voudraient, mais elles ne restent présentées au public que quelques mois. En effet, dès 1902, le musée est transféré à Hanoi, où seule une partie des collections est exposée dans le bâtiment du Grand Palais de l’Exposition. Les collections khmère et cham restent, quant à elles, entreposées à Saigon, dans un local de la gendarmerie. On ignore aujourd’hui s’il était prévu que ces collections rejoignent le musée installé au Tonkin, car au mois de juin 1903, un typhon ravage une partie du bâtiment, mettant fin au projet de grand musée unique indochinois.

Dès lors, prévaut l’idée de créer des musées « locaux », installés sur les différents territoires de l’Union indochinoise. Le résident supérieur, Jules Morel, ainsi que tous ceux qui souhaitent depuis longtemps la création, au Cambodge, d’un musée entièrement dédié à l’art khmer[10], profitent de l’occasion pour réclamer le retour au Cambodge des pièces encore entreposées à Saigon. Dans une lettre adressée au Gouverneur général de l’Indochine, Jules Morel précise ainsi que la dispersion des pièces d’art khmer dans les pays voisins, « en un point quelconque d’Hanoï ou dans un hangar fermé de Saigon », mécontente ceux, « Français ou indigènes », qui s’intéressent à l’histoire du Cambodge et ajoute que ceux-là,

« exposent, non sans raison, que les pièces de collection disséminées entre Hanoi et Saigon, en pays annamite, où elles n’intéressent personne et sont généralement ignorées du public, seraient beaucoup mieux placées à Phnom Penh […] où leur groupement en un musée, qui pourrait être installé au pied de la pagode du Phnom, serait beaucoup plus rationnel qu’en tout autre lieu, et particulièrement que dans des localités habitées par un peuple de mœurs et de mentalité absolument différentes »[11].

Le « Musée khmer », considéré comme la « section des antiquités khmères du Musée de l’Indo-Chine », est fondé en 1905, à Phnom Penh[12]. Conçu avant tout comme un dépôt et ouvert seulement quelques heures par semaine au public, il constitue néanmoins une étape dans la mise en valeur, au Cambodge, du patrimoine culturel khmer. Cette entreprise est d’autant plus facilitée qu’après 1907 est créée par l’ÉFEO la Conservation d’Angkor, qui permet au conservateur[13] du musée d’avoir un accès direct à des pièces provenant des grands sites archéologiques, et ainsi d’enrichir rapidement ses collections.

Mais ce « Musée khmer » ne répond pas encore aux volontés de faire connaître les arts khmers au plus grand nombre. Élaboré comme un instrument scientifique, il s’adresse surtout au milieu très restreint des chercheurs, excluant les locaux ou les touristes[14].

Même destinées pour l’instant à un public limité, les recherches consacrées à l’art khmer occupent néanmoins une place de plus en plus importante au sein des activités de l’ÉFEO. Les chercheurs délaissent même quelque peu, après 1907, les autres terrains d’études. On observe alors une surreprésentation des travaux liés au Cambodge, et en particulier à la région d’Angkor.

 

Ces études s’attachent toujours principalement à l’architecture, et il faut attendre 1916 pour voir une véritable volonté du gouvernement de favoriser l’étude des arts et traditions artistiques et artisanales contemporaines[15].

En 1916, le Gouverneur général Albert Sarraut, désireux de créer à Phnom Penh une nouvelle école d’art, confie à George Groslier une mission d’étude de six mois sur la « situation des arts cambodgiens et l’organisation d’un service susceptible de les conserver intacts, et de faire revivre ceux qui [tendent] à disparaître »[16]. À cette date, George Groslier a déjà consacré une grande partie de ses travaux à l’étude de l’art et de l’architecture khmers.

La série de conférences qu’il donne en 1912 et 1913, au retour d’un voyage de plus d’un an en Annam et au Cambodge[17], témoigne de son désir de diffuser et faire connaître les arts khmers, non au public restreint de scientifiques, mais à un auditoire élargi. Dans une approche différente de celle des scientifiques, il ne s’intéresse pas seulement au patrimoine architectural du Cambodge, mais étend la définition des « arts khmers » aux arts et traditions populaires, contemporains.

Fidèle à cette vision, il propose au Gouvernement général un programme de « rénovation des arts cambodgiens », en 1917. Ce projet est accepté par le Gouverneur général et le résident supérieur dès la fin de l’année. Il inclut la création d’un nouveau musée, d’une école d’art et d’un organe de diffusion et de propagande des arts khmers.

Le nouveau musée proposé par George Groslier, pour remplacer le Musée Khmer de 1905, fait preuve d’une idéologie neuve. Créé en lien direct avec la nouvelle école d’art de Phnom Penh, il est censé présenter aux jeunes artistes « des modèles de l’art khmer classique » et « préparer ainsi l’art contemporain, à la lumière de l’art classique »[18].

Contrairement au Musée khmer, qui était surtout un dépôt et un lieu d’étude, le musée fondé en 1919[19] est conçu comme une institution entièrement dévouée à la conservation et la présentation au public des témoignages artistiques du Cambodge ancien. Dès les premiers temps, son conservateur, George Groslier[20], souhaite rendre accessible les arts khmers au plus grand nombre. Entre 1920 et 1935, le nombre de visiteurs européens passe de 436 à 2 344, et celui des visiteurs asiatiques de 904 à 25 658[21].

Ce musée est également envisagé comme un relais pour la diffusion des arts khmers à l’étranger. Ainsi, dit-il en 1918 au résident supérieur,

« au musée, il appartient encore d’établir une communication artistique et ethnographique entre le Cambodge et l’étranger. Les moyens sont multiples. Il peut procéder, par exemple, à l’envoi aux musées d’outre-mer de pièces intéressantes recueillies à plusieurs exemplaires […]. Le Musée du Trocadéro, n’a rien reçu depuis quarante ans d’un pays qu’il est chargé de représenter dans la capitale de la France et, l’on peut dire, du monde intellectuel »[22].

 

La Direction des arts cambodgiens

 

Outre le musée, l’instrument essentiel de diffusion de l’art khmer mis en place en 1919 est la Direction des arts. George Groslier va rester à la tête de cette institution, placée au cœur du « Service des arts », de 1920 à 1942.

La Direction des arts est chargée d’exercer son « contrôle à titre consultatif sur les organismes administratifs ayant trait à la conservation et au développement des arts cambodgiens ». Elle exerce un contrôle scientifique sur l’École et le Musée, « dans un but d’unité, d’harmonie et de sécurité artistique »[23]. Elle doit assurer « la mise en œuvre et la propagande des arts et industries du pays »[24].

Cette publicité est encouragée par le gouvernement colonial, qui y voit non seulement un moyen de justifier la conquête, de concurrencer les autres puissances européennes de la région sur le plan culturel, mais aussi de familiariser les populations de la métropole avec les territoires lointains de l’Union indochinoise. Les danses du Ballet royal, les temples d’Angkor ou l’artisanat cambodgien, présentés lors d’expositions en métropole ou dans des ouvrages, deviennent de bons ambassadeurs de l’action culturelle menée par la France dans les territoires lointains de l’Indochine, et vont favoriser sans doute l’adhésion des populations aux sacrifices consentis pour la conquête. De plus, sur le plan international, la France va bénéficier de la renommée culturelle du Cambodge, dont les arts contemporains s’inscrivent dans la lignée du glorieux passé historique khmer.

Dans ce contexte, la Direction des arts se voit confier plusieurs fonctions. Elle est tenue de mettre en place un mouvement économique favorable à la reprise de l’artisanat au Cambodge, en renouvelant la clientèle et en assurant la liaison entre cette clientèle et les artisans[25]. L’action de la Direction des arts prend alors la forme de campagnes de publicité, destinées à un public européen de passage ou résidant en Asie. L’artisanat du Cambodge, la richesse du Musée de Phnom Penh sont ainsi évoqués dans la presse – sous forme d’encarts –, ou sur des affiches.

Mais la Direction des arts est surtout chargée de produire et de diffuser une documentation relative aux arts khmers anciens et modernes, d’assurer la propagande de ces arts au Cambodge et à l’étranger. Dans cette entreprise de propagande, la distinction entre arts khmers anciens et modernes est ténue, le moderne tirant profit de l’image de l’ancien et inversement. George Groslier souligne, en effet, la grandeur de l’héritage culturel khmer, et place les arts contemporains dans leur filiation directe. Selon lui, dans cette perspective, donner à voir l’art khmer classique au sein du musée sensibilise le visiteur aux pratiques contemporaines, de même que visiter l’École des arts rappelle au visiteur la grandeur du passé artistique khmer.

La Direction des arts développe donc des outils de diffusion et, au début des années 1920, le Musée est doté d’un dispositif perfectionné et unique dans la région : un atelier de moulage et un laboratoire de photographie. Les photographies, cartes postales et moulages édités, sont vendus au sein même du Musée, dans l’« Office des ventes ». Outre son intérêt économique certain[26], cette initiative a aussi pour but de diffuser le plus largement possible des images de l’art khmer à l’étranger. Ces productions s’adressent non seulement aux visiteurs, aux touristes étrangers qui rapporteront dans leur pays ces témoignages de la production artistique du Cambodge, mais aussi aux musées étrangers. En 1922, quinze moulages sont adressés « pour propagande » au Musée Guimet à Paris, et des commandes sont passées par les musées de Leyde et de Philadelphie[27].

Enfin, la Direction des arts est chargée de promouvoir l’artisanat en organisant la participation des artisans à de nombreuses expositions, aussi bien internationales[28] que régionales[29].

La Direction des arts participe également activement à la rédaction et la publication d’un autre outil de diffusion de la culture khmère, ancienne et moderne, mis en place par George Groslier : la revue Arts et archéologie khmers[30]. Cette publication ne paraît qu’à deux reprises, entre 1921 et 1923.

 

Une certaine vision des arts khmers

 

À travers la création du Musée de Phnom Penh et l’action de la Direction des arts cambodgiens, George Groslier a voulu « donner à voir » les arts khmers, donner à voir le caractère unique du patrimoine artistique du Cambodge. Nul doute qu’il a œuvré ainsi au rayonnement du Cambodge en dehors de ses frontières, dans le premier tiers du XXe siècle.

Son action, menée conjointement avec le Gouvernement général de l’Indochine et l’ÉFEO[31], a permis de tenter de « redonner » au pays une identité culturelle propre.

Par ses écrits, ses conférences et ses articles scientifiques, George Groslier a donné des arts khmers une vision différente et complémentaire de celle, plus académique, des grands scientifiques de l’époque – l’ÉFEO notamment. Cette vue particulière, déformée par le prisme occidental, s’est néanmoins imposée pendant longtemps comme le reflet d’une réalité.



[1]    L'auteur a soutenu en 2007 un mémoire de Master 2 sous la direction de Robert Frank et d’Hugues Tertrais : « La "rénovation des arts cambodgiens" : George Groslier et le Service des arts (1917-1945) ». Elle poursuit actuellement une thèse de doctorat sous la direction d’Hugues Tertrais : « La France et les arts khmers, du protectorat à l'Indépendance du Cambodge ».

[2]    Le traité franco-siamois du 23 mars 1907 rétrocède au protectorat du Cambodge les provinces de Battambang, Sisophon et Siem Reap, occupées par le Siam depuis 1794.

[3]    L’Union indochinoise, créée en 1887, réunit les protectorats du Cambodge, du Tonkin et de l’Annam, ainsi que la colonie de Cochinchine. Le Laos y est annexé en 1893.

[4]    L’École française d’Extrême-Orient, héritière de la Mission archéologique permanente de l’Indochine, est créée en 1900. Cf. l’arrêté du 20 janvier 1900 et le décret du président de la République, 24 février 1900.

[5]    Bruno Dagens, « Angkor, instrument politique : avant, avec et après le protectorat », in Hugues Tertrais (dir.), Angkor, VIIIe-XXIe siècle, Paris, Éditions Autrement, coll. Mémoires/Villes, n° 137, 2008.

[6]    Gabrielle Abbe, « La "rénovation des arts cambodgiens" : George Groslier et le Service des arts (1917-1945) », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 27, avril 2008.

[7]    Voir notamment ses articles dans la Revue indochinoise, t. XXIX, n° 5, mai 1918, p. 459-469 ; n° 6, juin 1918, p. 547-560 ; t. XXX, n° 9, septembre 1918, p. 251-264 ; n° 10, octobre 1918, p. 267-281. Pour une bibliographie complète de George Groslier voir Gabrielle Abbe, « La "rénovation des arts cambodgiens"... », op. cit.

[8]    Au sujet du rôle du musée dans la construction d’une « identité nationale », voir notamment Benedict Anderson, L’imaginaire national. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, Paris, La Découverte, 1996 (traduit de l’anglais).

[9]    Cf. Simon Delobel, « Éléments pour l’histoire des musées du Cambodge, du Laos et du Vietnam », mémoire de DRA (Diplôme de recherches appliquées), Paris, École du Louvre, 2005.

[10]   Certains amateurs ou fonctionnaires coloniaux avaient, en effet, déjà fait part au Gouvernement général ou à l’ÉFEO de leur volonté d’avoir un musée dévolu à l’art khmer, installé sur le sol cambodgien. C’est le cas notamment d’un certain M. Groslier, dans une lettre au directeur de l’ÉFEO, datée du 16 février 1901. Il s’agit sans doute d’Antoine Groslier, le père de George, résident de France à Kompong Thom, en 1901. Cf. Archives ÉFEO, Carton XII, musée Louis Finot.

[11]   Jules Morel, résident supérieur au Cambodge. Lettre au gouverneur général de l’Indochine, 14 février 1905. Archives ÉFEO, carton XI dossier 12.

[12]   Arrêté du 17 août 1905.

[13]   Le premier conservateur du Musée khmer est Henri Parmentier, chef du Service archéologique de l’ÉFEO.

[14]   Henri Parmentier, « Catalogue du musée khmer de Phnom Pen », Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient, 1912, vol. 12, n° 1, p. 1-60.

[15]   Dès 1905 et la création du Musée khmer, certains, dont Jules Morel, s’étaient prononcés en faveur de l’étude et de la présentation d’objets d’ethnographie. Ce projet ne vit jamais le jour au sein du Musée khmer.

[16]   « Rapport du résident supérieur au Cambodge à Monsieur le gouverneur général », le 13 avril 1922, Archives nationales du Cambodge (ANC), dossier n° 11886.

[17]   Au cours de ce voyage effectué entre 1910 et 1911, George Groslier séjourne six mois à Angkor, où il étudie l’art khmer ancien. Il réunit une documentation dont il se servira pour son cycle de conférences sur le Cambodge, qu’il fera en France et en Belgique (Paris, Lille, Le Havre, Angers, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, Marseille, Bruxelles), à l’invitation de diverses sociétés savantes.

[18]   George Groslier, Rapport au gouverneur général, 13 avril 1922. Archives nationales du Cambodge (ANC), dossier n° 11886.

[19]   Le « musée du Cambodge » est créé par arrêté du gouverneur général en août 1919. Il est rebaptisé « musée Albert Sarraut » en avril 1920 : Ordonnance royale du 10 avril 1920.

[20]   George Groslier restera conservateur du musée Albert Sarraut jusqu’en 1942.

[21]   Statistiques publiées dans Les arts indigènes au Cambodge (1918-1936), Hanoi, Imprimerie d’Extrême-Orient, 1937. Fascicule édité à l’occasion de l’Exposition internationale des arts et techniques à Paris en 1937.

[22]   George Groslier, Rapport au résident supérieur, 7 octobre 1918, ANC, dossier n° 17663.

[23]   George Groslier, Rapport au gouverneur général, 13 avril 1922, ANC, dossier n° 11886.

[24]   Ordonnance royale du 31 décembre 1919, indiquant la création de la Direction des arts cambodgiens, article 2.

[25]   Dès 1920, l’artisanat est organisé au sein des « Corporations cambodgiennes », qui regroupent les artisans dits « libres », puis les artisans issus de l’École des arts.

[26]   L’Office des ventes a vendu dans les quinze premières années de son activité 154 554 cartes postales, 2 368 livres et 7 156 photographies au sein du musée. À partir de 1926, deux succursales sont créées, à Angkor et Saigon. Cf. Les arts indigènes au Cambodge (1918-1936), op. cit.

[27]   George Groslier, « Rapport du Directeur des arts au résident supérieur pour l’année 1922 », Arts et archéologie khmers, 1922, t. 1, p. 442.

[28]   Expositions de Marseille en 1922, Paris en 1925 et 1931.

[29]   Exposition-foires annuelles de Hanoi ou Saigon. 

[30]   La plupart des articles sont signés par George Groslier, parfois sous son pseudonyme S.-G. Nécoli, ou par le directeur de l’École des arts Auguste Silice.

[31]   George Groslier a été membre correspondant de l’ÉFEO de 1920 à 1944. Le musée était placé sous le contrôle scientifique de l’ÉFEO, et l’École des arts a souvent collaboré avec elle, mettant notamment à son service le savoir-faire de ses estampeurs et mouleurs.