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Pauline Bilot, L'expérience migratoire au féminin : les Allemandes au Chili, dans la seconde moitié du XIXe siècle

L'expérience migratoire au féminin : les Allemandes au Chili, dans la seconde moitié du XIXe siècle

 

Bulletin n° 29, printemps 2009

 

 

Pauline Bilot*

 

« Les émigrantes sont devenues, à leur tour et à l’instar des hommes, les héroïnes de la route et des vagues, traversant des frontières dangereuses, avec, en plus, des enfants dans leurs jupes, et des samovars ou des matelas comme bagage ».

Nancy L. Green[1]

 

 

Dans la seconde moitié du xixe siècle et de manière plus diffuse jusqu’à l’après Seconde guerre mondiale, le Chili a accueilli une émigration allemande, principalement dans les régions du Sud[2].

Quantitativement peu importante, puisqu’elle concerne quelque 11 000 individus[3], l’immigration allemande a pourtant marqué l’histoire de cette région et du pays dans son ensemble. À Valdivia et autour du lac Llanquihue, l’influence allemande se manifeste, encore de nos jours, de façon multiple et permanente, dans le paysage agricole, à travers les orientations économiques et industrielles de la région[4], son architecture ou encore la langue et les usages locaux[5]. L’immigration allemande au Chili est à l’origine d’une littérature relativement abondante mais de qualité inégale. L’ensemble de ce corpus propose une histoire presque exclusivement andro-centrée, conjuguant au masculin : l’émigré, l’immigré, le migrant, et ici, l’Allemand et le Germano-Chilien semblent être les uniques acteurs de cette aventure humaine. L’expérience migratoire des femmes est à peine mentionnée, si ce n’est au moment d’évoquer la vie familiale et privée, comme si la sphère domestique était la seule où la femme avait un rôle digne d’intérêt… Comme si la femme n’était qu’un « supplément » à l’histoire générale, ironisait Virginia Woolf[6]. Or, les femmes semblent avoir eu une présence active, tant dans la mobilité, l’intégration, la sociabilité que dans le positionnement culturel et identitaire de la communauté germano-chilienne. Il était donc nécessaire d’écrire sur les Allemandes du Chili parce qu’en « oubliant » l’expérience féminine, l’historiographie se privait d’éléments fondamentaux dans la compréhension du processus migratoire.

 

 

Femmes en migration

 

Si elles sont absentes des livres d’histoire, les femmes migrantes ont pourtant bien existé. En témoigne un corpus important d’écrits intimes, en partie conservés aux archives Emilio Held Winkler de la Liga Chileno-Alemana[7]. Certaines de ces sources ont été publiées au cours du xxe siècle, notamment par la famille germano-chilienne Schwarzenberg[8]. Tous les textes proviennent de la communauté allemande du sud du Chili, de Valdivia à Puerto-Montt[9]. Un premier ensemble a été produit par les pionnières de l’émigration, dans les années 1850. Il s’agit essentiellement de correspondances avec les parents restés en Allemagne. Un second ensemble date des années 1890-1900 et est constitué principalement de mémoires et de souvenirs de femmes d’âge mûr.

 

 

 

 

Contours du groupe

 

Il est difficile de fournir une évaluation précise du nombre d’Allemandes émigrées au Chili au xixe siècle[10]. Une étude statistique menée à partir des listes de passagers et des recensements chiliens montre qu’elles auraient représenté entre 4 000 et 5 000 individus[11]. Elle met au jour surtout une réalité jusqu’alors peu soulignée et pourtant digne d’intérêt : la présence d’un contingent important – environ 20% – de « femmes seules » : « femmes sans mari, veuves ou célibataires, avec ou sans enfant » comme les décrit Cécile Dauphin[12].

Parmi ces femmes seules, quatre situations se dégagent. Un premier groupe effectue le voyage avec un ou des membres de la famille, souvent des frères et sœurs. C’est le cas des trois cousines Aichele-Mautz, originaires du Wurtemberg, âgées d’une vingtaine d’années qui embarquent en 1852 sur l’« Australia » avec leurs frères et cousins[13]. Un second groupe correspond aux jeunes filles accompagnant une famille où elles sont domestiques ou professeurs, à l’image des trois bonnes de la baronne immigrée et épistolière Sophie von Bischhoffshausen[14]. Un troisième groupe concerne les célibataires qui émigrent seules dans la perspective de retrouver des proches déjà installés au Chili, tandis qu’un quatrième et dernier groupe rassemble les jeunes-filles célibataires et solitaires. Il est difficile d’en donner un chiffre exact mais des sources attestent leur présence. Ainsi, une certaine Louise Blüffert, passagère du « Hermann » en 1850, originaire de Berlin, âgée de 31 ans et mère d’un enfant de 8 ans, Karl, a émigré seule. Selon divers récits, notamment une lettre de Pauline Metzdorf qui émigra au même moment, la jeune mère célibataire aurait épousé sur le bateau, cinq jours avant l’arrivée au Chili, le docteur Franz Kaskel, d’une vingtaine d’années son aîné[15].

La grande majorité émigre pour avoir été recrutée ou dans l’espoir d’être recrutées comme bonnes, professeurs ou gouvernantes, en particulier dans les demeures bourgeoises des familles allemandes de Valdivia ou de Valparaiso. Un fait semble commun à toutes ces femmes seules : une fois arrivées au Chili, elles se marient rapidement. Car au sein de la communauté allemande où règne l’endogamie, elles sont très recherchées[16]. La réglementation de la colonisation du Sud chilien stipule en effet que seules les familles ont accès aux terres bon marché[17]. Ainsi, « avant de se rendre sur une chacra, la première chose à faire est de prendre femme », résume le colon Karl Seidler[18]. Pour ces femmes, l’émigration est donc la garantie de mettre fin ou d’éviter une situation de célibat assurée. « Qui veut trouver mari n’a qu’à venir par ici. Les filles sont des produits affreusement demandées ici » constate ainsi la baronne Sophie à son arrivée au Chili[19]. L’émigration, par les possibilités d’alliance matrimoniale qu’elle offre, permet donc aux célibataires de s’assurer la perspective d’une émancipation d’ordre économique : « le déplacement à la fois géographique, social et culturel, constitue un phénomène essentiel pour l’histoire des femmes et leur conquête de l’autonomie économique. Hors du mariage, point de salut ! » rappelle en effet Cécile Dauphin[20].

Les femmes seules comme les femmes mariées étaient poussées à l’émigration pour des raisons similaires. Toutes fuyaient la crise économique et les troubles politiques qui touchaient l’Allemagne au milieu du xixe siècle, pour trouver au Chili des perspectives d’avenir meilleur. À une époque où les limites de la région sont encore souvent les seuls horizons explorés, songer à l’émigration transatlantique témoigne, sans nul doute, d’une conscience de soi clairement achevée et d’une détermination sans faille. Or, les femmes mariées émigrantes sont souvent représentées comme des « suiveuses passives » inconsolables, arrachées à leur patrie et leur famille. Le cas des Allemandes émigrées au Chili contribue à mettre sérieusement en doute cette image. Les femmes participent pleinement de la décision de migration et certaines l’ont même provoquée[21]. Julius Held, émigré jeune avec sa famille en 1852, relate ainsi :

« Feu mon père n’avait pas grande envie d’émigrer, alors que ma mère y pensait depuis toujours, même avant ma naissance. Si mon père s’était laissé faire, ce n’est pas au Chili que nous serions maintenant, mais en Amérique du Nord, pays qui attirait ma mère. Mon père tenta, quelques années encore, d’améliorer sa situation, mais il finit par perdre patience, céda à ma mère et émigra. Et par combien de mauvais jours, et même d’années, avons-nous dû passer avant de retrouver une situation à peu près correcte ! Bien que ma mère fût l’instigatrice de tout ceci, je n’ai jamais entendu le moindre reproche de la bouche de mon père… » [22].

 

Vie de femmes immigrées

 

Une fois la décision prise, il fallait donc partir « pour refaire sa vie »[23]. La traversée était une première épreuve redoutable, comme l’attestent les journaux de bord[24]. On partait de Hambourg pour rejoindre Valdivia par le Cap Horn au terme d’un voyage de trois voire quatre mois. Un mois après l’arrivée, Sophie von Bischhoffshausen se remémore avec horreur : « Je ne conseillerais à personne le voyage, parce qu’il cause des peines infinies […] si l’on avait su, on ne l’aurait pas fait »[25]. Susanne Sinke rappelle que le transport transatlantique, surtout à ses débuts lorsqu’il est encore mal organisé et non réglementé, présente une « accessibilité genrée » dans la mesure où il ne présente pas le même risque pour un homme et une femme[26].

À leur arrivée au Chili, les femmes devaient s’adapter à des conditions de vie particulièrement difficiles, dans une région dépeuplée et dépourvue de structures d’accueil. Helene Biel Linke raconte ainsi que « les émigrés durent camper un long moment sous les tentes de l’armée sur les plages de Valdivia, souvent sous une pluie torrentielle »[27]. Avant d’investir la terre promise, les colons devaient d’abord y accéder en se frayant un chemin dans l’épaisse forêt du Chili austral. Si le projet de colonisation était décidé depuis 1846, la parcellisation et les chemins d’accès étaient encore inexistants dans les années 1850. La veuve Siebald, émigrée en 1856, se souvient que dans une forêt qui laissait à peine passer les rayons du soleil, sa famille tenta pendant deux jours de se frayer un chemin pour atteindre les rives du lac et prendre possession de sa chacra à Punta Larga. Sa mère était alors enceinte de six mois[28].

Pendant ces années de grandes difficultés, l’obstination des femmes à recréer un « foyer à l’allemande » témoigne de la volonté de reconstruire les repères de l’identité nationale et culturelle. L’étude de leur quotidien démontre en effet que ce sont elles qui assurent le maintien des traditions allemandes dans la famille[29]. Le devenir des mariages mixtes éclaire significativement ce point. Les enfants de père allemand et de mère chilienne parlent espagnol et sont baptisés catholiques, tandis que les enfants de père chilien et de mère allemande parlent allemand et sont baptisés protestants[30]. L’homme semble donc incapable de maintenir l’identité d’origine et de l’imposer dans son foyer. Curieusement, le rôle de maintien de la tradition de la femme est souvent perçu négativement dans les recherches sur les migrations[31]. Cette étude démontre pourtant que tradition et intégration ne sont pas incompatibles. La participation au marché du travail local, souvent imposée par le contexte de migration, et l’organisation de diverses structures de sociabilité et de solidarité, semblent dignes d’intérêt pour les possibilités d’émancipation qu’elles génèrent. En tant que mère de famille et maîtresse de maison, la femme participe activement à l’économie familiale et à son intégration dans le marché économique local, notamment par la vente des produits[32]. La laiterie, par exemple, est une activité spécifiquement allemande et féminine avant son industrialisation. Certaines immigrées se sont même installées à leur compte, ce qui, hors du contexte migratoire, n’aurait peut-être pas été possible. Elles sont agricultrices, aubergistes, commerçantes, sages-femmes, professeures, religieuses, cuisinières, couturières, brasseuses, blanchisseuses ou encore tailleuses[33]. En outre, le rôle des femmes dans l’éducation primaire des enfants et la transmission de la foi, dans une région dépourvue d’école et de pasteurs, atteste clairement d’un réaménagement des rôles masculins et féminins au sein du couple, de la famille et de la communauté immigrée. Les Allemandes émigrées au Chili, alphabétisées à cent pour cent, lisent et commentent les Écritures. Ce sont elles qui dispensent les cours à la maison, démontrant le souci d’une éducation complète, pour leurs filles comme leurs garçons[34].

Migration, genre et nation

 

Outre l’entretien de la maison, le travail, le soin et l’éducation des enfants, l’une des activités principales des immigrées est la correspondance. Elle occupe une partie importante de leur emploi du temps et représente une pratique régulière, rythmée par les arrivées et départs des bateaux. Les immigrées y décrivent le quotidien, parlent des enfants, évoquent leurs projets, confessent leurs moments de nostalgie et peignent un tableau du Chili de la seconde moitié du xixe siècle, tant de ses paysages que de ses habitants.

L’émigration entre dans un ensemble d’« expériences de la distance », selon le mot de Carlos Sanhueza, qui favorisent le recul, la réflexion et par conséquent, l’élaboration d’une identité nationale et culturelle, à la fois individuelle et collective[35]. C’est à travers l’émigration et l’abandon de la patrie que celle-ci peut se (re)définir spatialement et culturellement[36]. Dans ce contexte, la lettre d’une émigrée, sorte de pont entre la mère patrie et le pays d’accueil, rend par conséquent visible les modes de construction, les points de référence et les discours qui sous-tendent l’élaboration d’une identité propre, toujours genrée et toujours construite en référence aux « autres ». Les Allemandes émigrées au Chili mentionnent toutes dans leur correspondance l’« Allemagne » (Deutschland) comme leur « patrie », avant même la réalisation de l’unité et certaines évoquent même l’Europe comme leur terre natale[37]. L’ensemble des observations et des commentaires surgis de l’expérience migratoire contribuent en effet à la construction de la « germanité » (Deutschtum). La langue, la maison, le jardin, l’homme, la femme, le travail surtout ont toute une manière « allemande » de se concevoir. Michelle Guillon note ainsi que « les événements migratoires […] participent à la construction de l’ethnicité à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des groupes »[38].

En outre, face au « nous », il y a les « Autres », qui fonctionnent comme des repoussoirs efficaces dans l’élaboration de l’identité propre : les Chiliens, les Indiens, tous mal éduqués, rustres et sales. À travers la description dichotomique entre Monde ancien civilisé, développé, travailleur et propre et Monde nouveau barbare, paresseux et sale, c’est bien le concept de civilisation, voire de « races », qui émerge. La description n’est pourtant pas homogène et, au milieu du discours stéréotypé sur l’habitant du Nouveau Monde, peuvent surgir des brèches ponctuelles. Le positionnement des épistolières s’inscrit en réalité entre les « Indiens », les « mauvais » et les « bons » Chiliens et Chiliennes, les « mauvais » et les « bons » Allemands et Allemandes.

Nul doute, par conséquent, qu’à travers leur activité de correspondance les femmes immigrées contribuent puissamment à l’élaboration de l’identité nationale et culturelle du groupe émigré. Une analyse plus poussée des écrits d’hommes, dans une lecture nouvelle croisant les perspectives du genre et de la migration, permettrait de reconstituer une histoire plus complète et complexe de l’émigration allemande au Chili.

 

Les Allemandes émigrées au Chili dans la seconde moitié du xixe siècle furent peu nombreuses, et pourtant, leur faible quantité numérique contraste avec la vigueur de leur influence dans ce pays. Aucun groupe ethnique, remarque le sociologue Kurt Schobert, ne s’y est mieux maintenu que les émigrés d’origine allemande[39]. Les traditions y sont tellement bien conservées que pour tout voyageur allemand, leur description devient un passage obligé : « croquer la vie des Allemands au Chili est devenu tout un procédé qui permettait de souligner des aspects propres – le côté familial, le foyer – qui, souvent, prennent une valeur positive », explique Carlos Sanhueza[40]. Cette valorisation ressort, en premier lieu, des correspondances des émigrées elles-mêmes. La description du quotidien familial, ces « petites choses de la vie » couchées sur papier, permet concrètement de maintenir le lien affectif à la famille, à la patrie, à la nation. Elle donne également des indications sur le positionnement culturel de ces femmes migrantes. L’expérience migratoire, conçue et vécue comme une rupture, met clairement en évidence le fonctionnement des relations de genre en même temps qu’elle contribue à leur réaménagement au quotidien. L’étude du marché du travail sud-chilien démontre, par exemple, que s’offrent aux femmes émigrées des possibilités professionnelles élargies, favorisant alors leur autonomisation, voire leur émancipation.

 

Cette étude espère ainsi contribuer à enrichir l’image de la femme migrante tout en montrant sa complexité.



*    Mémoire de Master soutenu en octobre 2008 sous la direction d’Annick Lempérière.

[1]    Nancy L. Green, Repenser les migrations, Paris, PUF, 2002, p. 112.

[2]    Cf. Jean-Pierre Blancpain, Les Allemands au Chili (1816-1945), Köln, Bölhau Verlag, 1974, XXXII-1162 p.

[3]    Georg Young, The Germans in Chile: Immigration and Colonization, 1849-1914, New-York, Staten Island, Center for Migration Studies of New York, 1974, p. 15.

[4]    Cf. entre autres, Fabián Almonacid, Valdivia, 1870-1935 Imágenes e Historias, Valdivia, U. Austral de Chile, 1995 ; Patricio Bernedo, Bürgertum und Moderniesierungansätze in Chile im 19. Jahrhundert. Der Beitrag der Deutschen Einwanderer in Valdivia und La Frontera, Thèse de doctorat, Katolische Unversität Eichstätt, 1995, et “Los industriales alemanes de Valdivia, 1850-1914”, Historia 29, Santiago, Pontificia U. Católica de Chile, 1999 ; “Impactos económicos y sociales de la inmigración alemana en Valdivia en el siglo XIX” [en ligne], entretien avec Patricio Bernedo réalisé par Lisette Winkler à Santiago du Chili (1:08:16), accessible à l’URL [consulté le 14 août 2008] : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/1509/introduction.asp?id=1509  

[5]    Cf. Gabriel Guarda, Nueva Historia de Valdivia, Santiago, Ed. Universidad Católica de Chile, 2001 ; La Sociedad en Chile austral antes de la colonización alemana 1645-1850, Santiago, Ed. Andrés Bello, 1979.

[6]    Virginia Woolf, Une chambre à soi, Paris, Denoël, 1995.

[7]    Pour une présentation de la Biblioteca e Archivo Emilio Held Winkler de la Liga Chileno-Alemana ou Deutsch-chilenischer Bund (DCB), cf. Historia y documentos sobre la colonización alemana en Chile [en ligne], entretien de Lisette Winkler avec Christine Gleisner et Eduardo Carrasco (1:17:57), réalisé le 20 décembre 2007 à Santiago du Chili, Accessible à l’URL [consulté le 14 août 2008] : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/1516/introduction.asp?id=1516

[8]    Cf. Georg Schwarzenberg (dir.), Geschichtliche Monatsblätter. Quellensammlung und Beiträge zur Geschichte der Deutschen Einwanderung nach Chile, Osorno, 1916-1918, 16 volumes et Ingeborg Schwarzenberg (dir.), Dokumente zur Geschichte der deutschen Einwanderung/ Documentos para la historia de la inmigración Alemana, Santiago, 1970-1973, 3 volumes.

<h1 style="margin-top:1.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:0cm;margin-left: 14.2pt;margin-bottom:.0001pt;text-align:justify;text-justify:inter-ideograph; text-indent:-14.2pt">[9]    Il existe également une émigration féminine allemande à Valparaiso, port principal du pays. Cf. Pauline Bilot, « L’expérience migratoire au féminin : les Allemandes au chili dans la seconde moitié du xixe siècle », mémoire de Master, sous la direction d’Annick Lempérière, Paris I Panthéon-Sorbonne, 2008, p. 16, p. 66 et suivantes.</h1>

[10]   Le nombre des Allemands émigrés au Chili a fait l’objet de nombreux calculs, oscillant globalement entre 10 000 et 37 000. Cf. Kurt Schobert, Soziale und kulturelle Intergration am Beispiel der deustchen Einwanderung und Deutschchilenen in Südchile, München, Kurt Schobert Verlag, 1983, p. 194 et suivantes.

[11]   Censo general de la República de Chile 1854, Santiago de Chile, Imp. Del Ferrocarril, 1858 [et recensements suivants de 1875, 1885, 1895], Emilio Held Winkler, Documentos sobre la colonización del Sur de Chile, Santiago de Chile, Talleres Grafico Claus Von Plate, 1970 ; id., Schiffslisten, 1850-1854, Fondo Held, Santiago de Chile, Biblioteca e Archivo Emilio Held Winkler ; Armin Clasen, Deutsche Auswanderung nach Chile, 1850-1875, Zeitschrift für Niedersächsiche Familienkunde, 1957-2, p. 47-57, 1958-4, p. 86-101, 1959-1, p. 1-17.

[12]   Cécile Dauphin, « Femmes seules », in Georges Duby, Michèle Perrot (dir.), Histoire des Femmes en Occident. 4. Le xixe siècle, Paris, Perrin, 2002, p. 514.

[13]   Le groupe part en « éclaireur » et la famille Aichele-Mautz migre définitivement au Chili en 1855-1856. Cf. Emilio Held Winkler, Documentos…, op. cit., p. 43. Cf. Pauline Bilot, « L’expérience migratoire», op. cit., p. 42 et p. 58.

[14]   Cf. Emilio Held Winkler, Documentos..., op. cit., p. 70-71. Cf. Pauline Bilot, « L’expérience migratoire», op. cit., p. 59.

[15]   Emilio Held Winkler, Documentos..., op. cit., p. 27 ; notice liga  27265 Blüfert dans Archivo genealógico, op. cit., et lettre de Pauline Metzdorf du 12.11.1850 in G. Böhm (dir.), Dokumente zur Geschichte der deutschen Einwanderung, V, Santiago, Talls. Gráfs. Claus von Plate, 1974, p. 25.

[16]   Sur l’endogamie de la communauté germano-chilienne, voir Jean-Pierre Blancpain, Les Allemands au Chili, op. cit., p. 303.

[17]   Cf. lettre du 2.03.1853 dans AHN, MINT, vol. 308, Colonización de Llanquihue (1852-1854) : “Un hombre sin familia es en aquellas soledades inútil”.

[18]   Cité dans Jean-Pierre Blancpain, Les Allemands au Chili…, op. cit., p. 304. La chacra est une parcelle.

[19]   Lettre du 10.12.1854 dans Ingeborg Schwarzenberg (dir.), Dokumente..., op. cit., VI, p. 14.

[20]   Cécile Dauphin, « Femmes seules », op. cit., p. 515.

[21]   Philippe Rygiel rappelle à ce sujet que l’émigration est le résultat d’une stratégie familiale, qui se dessine à travers la négociation « entre des agents dont les positions sont pour partie structurées par le genre et l’âge » dans Philippe Rygiel, « Des mondes genrés et mobiles. Introduction au colloque Histoire/Genre/Migration » [en ligne], Paris, mars 2006, accessible à l’URL [consulté le 27 mars 2008] : http://barthes.ens.fr/clio/dos/genre/com/intro.pdf

[22]   Lettre de juin 1888 à son ami Julius Aurich dans Berichte, Erinnerungen und Briefe der Anfangszeit der Kolonisation im Süden Chiles, Tome V (PER 953 EH), Santiago de Chile, Biblioteca e Archivo Emilio Held Winkler, p. 55-56.

[23]   Lettre du 14.6.1854 dans Ingeborg Schwarzenberg (dir.), Dokumente…, op. cit., VI., p. 5.

[24]   Cf. Journal de Fanny Fonck, née Zöhrer, manuscrit, Biblioteca e Archivo Emilio Held Winkler, Santiago de Chile. Publié dans G. Schwarzenberg (dir.), Geschichtliche Monatsblätter…, op. cit., IX, Valdivia, 1917, p.  56-170.

[25]   Lettre du 9.11.1854 dans Ingeborg Schwarzenberg (dir.), Dokumente..., op. cit., VI, p. 11.

[26]   Cf. Susanne Sinke, “Gender and Migration : Historical Perspective”, International Migration Review, 40, 2006-1, p. 82-103.

[27]   Histoire familiale et mémoires d’Hélène Scheel née Biel Linke, document original, archives privées Scheel.

[28]   Irene Siebald, “Colonización y asentamiento alemán en el lago Llanquihue” [en ligne]. Entretien avec Lisette Winkler (42 :43), réalisé le 12 décembre 2007 à Frutillar. Accessible à l’URL [consulté le 14 août 2008] :

http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=1528&ress=4611&video=105799&format=68

[29]   Le maintien des traditions allemandes passe en particulier par l’art culinaire. Sur ce point cf. Christine Gleisner, “La conservación de la germanidad en el Sur de Chile (1871-1914), Tesis para optar al grado de Licenciado en Historia, Pontificia Universidad Católica de Chile, Instituto de Historia, 2004, p. 135-160 ; et id., El kuchen: dulce tradición alemana en Chile, Santiago, RR Donelley, 2005.

[30]   Johannes Unold, Das Deutschtum in Chile, München, J.F. Lehmann, 1900, p. 58-59.

[31]   Nancy L. Green, Repenser les migrations , op. cit., p. 117.

[32]   Lettre du 14.03.1857 dans Ingeborg Schwarzenberg (dir.), Dokumente, op. cit., VI, p. 74, Lettres du 18.02.1853 et 23.02.1853 dans Georg Schwarzenberg (dir.), Geschichtliche Monatsblätter, op. cit., XII, p. 41 et 45.

[33]   Censo general, 1865, op. cit., p. 372. Censo general, 1875, op. cit., p. 626.

[34]   Lettre du 6.02.1855 et du 7.10.1859 dans Ingeborg Schwarzenberg (dir.), Dokumente…, op. cit., VI, p. 32 et p. 99.

[35]   Cf. Carlos Sanhueza, Chilenos en Alemania y alemanes en Chile: viajes y nación en el siglo XIX, Santiago de Chile, Dirección de Bibliotecas, Archivos y Museos, Centro de Investigaciones Diego Barros Arana, LOM Ediciones, 2006, p. 21.

[36]   Alexandra Lübke, „Welch ein Unterschied aber zwischen Europa und hier...“, Diskurstheoretische Überlegungen zu Nation, Auswanderung und kultureller Geschlechteridentität anhand von Briefen deutscher Chileauswanderinnen des 19. Jahrhunderts, Frankfurt am Main, London, IKO-Verlag, 2003, p. 43.

[37]   Lettre de Adelheid Kindermann du 23.02.1853 dans Georg Schwarzenberg (dir.), Geschichtliche Monatsblätter, op. cit., XII, p. 48.

[38]   Michelle Guillon, «  Editorial » [en ligne], numéro « Emploi, genre et migration », Revue Européenne des Migrations Internationales, n° 15-2, 1999, p. 7-8. Accessible à l'URL [consulté le 23 mars 2008] : http://remi.revues.org/document2260.html

[39]   Kurt Schobert, Soziale und kulturelle Intergration..., op. cit., p. 180-181.

[40]   Carlos Sanhueza, Chilenos en Alemania y alemanes en Chile…, op. cit., p. 207