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Boris Leguy, L’émeute de 1967 à Detroit

L’émeute de 1967 à Detroit

 

Bulletin n° 29, printemps 2009

 

 

Boris Leguy*

 

 

 

Martin Luther King, leader du Mouvement des droits civiques aux États-Unis, écrivait dans le New York Times en date du 1er août 1967 : « Dans le cas présent, les émeutes ne sont pas un phénomène mais un mélange imbriqué de tendances diverses »[1]. Cette définition des émeutes qui touchèrent les États-Unis au cours de plusieurs étés meurtriers, est une des plus exactes que l’on ait pu énoncer. Ces éruptions de violence urbaine ont une histoire commune remontant au xixe siècle mais la série d’émeutes le plus souvent analysées sous l’angle racial[2] qui nous intéresse débuta à Watts, un quartier de Los Angeles, au cours de l’été 1965. Les émeutes des années 1960 présentent presque toutes les mêmes caractéristiques initiales avec un événement impliquant la police, à majorité blanche et la population du centre-ville, à majorité noire. Les désordres non maîtrisés par les forces de l’ordre s’amplifient au rythme de l’afflux de population dans les rues. Les motivations des émeutiers sont alors diverses : opportunisme, certaines personnes profitant de la confusion pour piller les magasins environnants ; inconséquence, avec des incendiaires mettant le feu au hasard de leurs tribulations ; mais aussi politiques, avec une partie de la population regardant le désordre comme une alternative aux moyens légaux traditionnels pour exprimer leur désaccord avec les politiques municipales, étatiques et fédérales, notamment en matière de relations interraciales.

 

Les différents travaux réalisés sur le sujet ont accentué l’une ou l’autre de ces motivations pour expliquer les émeutes. Mon objectif était de porter un regard aussi impartial que possible sur la question pour en éclairer les enjeux et comprendre la façon dont la crise urbaine fut perçue et interprétée par ses différents acteurs. Les sources, diversifiées, ont permis de tendre vers cet objectif. Journaux, magazines et publications officielles constituèrent le point de départ de mes investigations qui furent, par la suite, largement enrichies par différents témoignages d’acteurs et de spectateurs de l’événement, obtenus grâce à Max Herman, professeur de sociologie à l’université de Rutgers (New Jersey).

 

Tout d’abord, l’émeute de Detroit était-elle véritablement de nature raciale, au sens premier du terme, c’est-à-dire un affrontement opposant les habitants noirs aux Blancs de la ville ? J’ai également tenté d’appréhender la perception de l’émeute à travers les différentes populations composant la société américaine, et de comprendre les particularismes de l’événement de l’été 1967. Ensuite, je me suis interrogé sur les moyens mis en place par les autorités pour lutter contre de futures émeutes, tant du point de vue de la prévention que de celui de la répression, pour finalement proposer d’évaluer les conséquences de l’émeute à plus long terme.

 

 

 

L’émeute

 

Déroulement des événements

 

Dans la nuit du 23 juillet 1967, la police de Detroit effectua une intervention dans un Blind Pig[3] situé à l’angle de la 12e rue et Clairmount. Dans le bar se tenait une soirée pour célébrer le retour d’anciens combattants afro-américains du Vietnam. Les policiers décidèrent d’interpeller toutes les personnes présentes à l’intérieur, c’est-à-dire 85 personnes. Les arrestations, qui eurent lieu sur la rue principale, durèrent longtemps. La foule du quartier se rassembla progressivement pour assister à une nouvelle manifestation du « harcèlement des policiers blancs contre les Noirs du quartier ». Finalement, après une heure d’intervention, la police parvint à conduire l’ensemble des personnes arrêtées jusqu’au commissariat du secteur. La population du quartier de la 12e rue s’était cependant déjà rassemblée et commençait à s’en prendre aux magasins de la rue : l’émeute de Detroit avait débuté.

Les pillages s’étendirent rapidement sans que les forces de l’ordre ne parviennent à contrôler leur expansion. Dans les premiers temps de l’événement, les pouvoirs publics optèrent pour une attitude attentiste, qui leur fut ensuite reprochée. En effet, de nombreux observateurs estimèrent qu’il aurait fallu envoyer toutes les forces de l’ordre présentes pour dissuader les émeutiers. La réaction de la municipalité, c’est-à-dire essentiellement celle du maire Jerome Cavanagh et du commissaire de police de Detroit, Ray Girardin, fut de limiter l’envoi de policiers supplémentaires sur les lieux de l’émeute afin de ne pas accroître les désordres. En empêchant l’afflux de nouveaux émeutiers, ils pensaient que l’émeute cesserait d’elle-même. Toutefois, les policiers présents se révélèrent insuffisants pour contrôler l’accès au centre névralgique de l’émeute. La municipalité se résolut donc à faire appel aux forces de l’État, les gardes nationaux.

Cavanagh contacta le gouverneur du Michigan, George Romney, qui ordonna le déploiement des gardes nationaux à Detroit. Troupes de réserve, mal entraînées et n’ayant pour la plupart jamais participé à un conflit, les gardes ne firent qu’empirer la situation. Ils créèrent un climat de terreur dans la ville en tirant à volonté. Au troisième jour de l’événement, les pouvoirs publics n’eurent d’autre solution que de contacter l’armée fédérale pour tenter de rétablir l’ordre. Afin de comprendre les démarches entreprises pour y parvenir, il faut rappeler qu’aux États-Unis le maintien de l’ordre ne relève, en dernier recours, que du pouvoir fédéral (puisqu’il n’existe pas d’équivalent du ministère de l’Intérieur français). Ainsi, après un bras de fer administratif entre Detroit et Washington pour assumer la responsabilité du déploiement des troupes, deux divisions furent envoyées dans la ville. Ces troupes jouèrent un rôle positif dans le dénouement de la crise, qui, au demeurant et à ce stade, commençait à s’apaiser d’elle-même.

À partir du 26 juillet, la ville commença finalement à retrouver son calme. Seuls quelques échanges de coups de feu furent à noter entre forces de l’ordre et tireurs isolés. L’émeute de Detroit fut particulièrement destructrice, tant en pertes humaines que matérielles. 43 personnes perdirent la vie, 1 189 furent blessées et plus de 7 000 arrestations eurent lieu au cours des cinq jours que dura l’émeute. Dès lors, pour comprendre le phénomène, il faut tenter d’en expliquer les causes.

 

Causes du phénomène

 

À l’image des motivations des émeutiers, les causes de l’émeute de Detroit sont multiples et, pour appréhender ce qui s’y est produit à l’été 1967, il est nécessaire d’évoquer l’évolution de la ville. Historiquement, la puissance économique de la ville est adossée presque exclusivement sur l’industrie automobile. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les industries de la ville furent converties en usines d’armement pour alimenter le front. Detroit constitua alors un pôle d’attraction particulièrement important pour les populations défavorisées de tous les États-Unis, mais surtout pour les Africains-Américains du Sud qui voyaient dans la ville du Nord à la fois un moyen d’améliorer leurs conditions de vie et de fuir la ségrégation.

L’afflux d’Africains-Américains dans la ville du Michigan changea la composition raciale des quartiers du centre-ville et augmenta les tensions entre Noirs et Blancs. Cette tension se manifesta une première fois en 1943 sous la forme d’une émeute raciale. Les Blancs pauvres s’opposèrent aux Noirs avec qui ils étaient en concurrence sur le marché du travail, organisé de façon à exclure les Africains-Américains des postes à responsabilités – et par conséquent les mieux rémunérés au sein des usines, mais également pour leur interdire toute forme d’avancement et d’évolution de carrière. Toutefois, un équilibre précaire social et économique dura jusqu’à la crise de l’automobile qui débuta dans les années 1950. L’importance de la demande en main-d’œuvre et le niveau des salaires permettaient aux nouveaux arrivants d’avoir un niveau de vie bien supérieur à celui qu’ils avaient connu dans le Sud.

Ainsi, et malgré une réputation de ville pionnière en matière d’intégration, Detroit se développait sur un modèle de ségrégation urbaine, c’est-à-dire qu’il existait une séparation, de fait, entre Blancs et Noirs dans la ville, même si cette dernière n’était pas institutionnalisée comme dans le Sud. Certes, conformément à la logique économique du marché, les migrants venus du Sud se retrouvaient dans les endroits les plus abordables – augmentant par conséquent la concentration d’Africains-Américains dans certains quartiers. Cependant, il ne faut pas minimiser le rôle certain des entrepreneurs dans le secteur de l’immobilier qui refusaient de remettre en cause l’homogénéité raciale de zones, souvent sous la pression des anciens habitants, qui estimaient, probablement à raison, que l’implantation de Noirs dans leur quartier allait dévaluer leur bien immobilier.

Les nouveaux migrants trouvaient donc bien souvent une réalité fort différente de celle qu’ils avaient imaginée en quittant le Sud. La situation ne fit qu’empirer tandis que l’industrie automobile s’enfonçait dans la crise, les grandes usines délocalisant leur production dans le Sud des États-Unis et automatisant leurs chaînes de production afin de diminuer les coûts. En dépit de cet état de fait, la population africaine-américaine continuait à affluer à Detroit, augmentant ainsi le contingent de chômeurs et de laissés pour compte. La municipalité ne parvint pas à enrayer cette logique et il fallut attendre l’élection de Jerome Cavanagh pour que des mesures politiques, urbaines et sociales soient prises. Bien tardives, dans un contexte de revendications politiques et raciales exacerbées, exprimées par le mouvement des droits civiques, ces mesures ne parvinrent pas à endiguer les colères multiples, difficilement contenues, et prêtes à faire exploser le centre de la ville habité alors à 98% par des Noirs.

Dans ce contexte de crise extrême, complexe et polymorphe, la question était alors de savoir comment la population de Detroit avait perçu l’émeute de 1967 et comment elle l’analysait.

 

Témoignages et perceptions

 

La perception de l’émeute par les Africains-Américains

 

Il est d’abord nécessaire de distinguer différents groupes au sein de la population afro-américaine de Detroit. En effet, malgré la ségrégation de fait, il existait une bourgeoisie noire qui avait réussi à s’implanter dans les banlieues middle class de la ville. Pour cette population minoritaire, la tendance était à la désolidarisation des Noirs du centre-ville. Dans leur quête d’intégration, l’événement fut ressenti comme nuisible à leur image et susceptible de retarder leur insertion et leur développement économique et social.

Au sein des Noirs du ghetto de Detroit, la situation était plus complexe. En effet, une partie importante de la population condamna l’attitude des émeutiers, estimant qu’ils n’étaient constitués que de jeunes voyous profitant de la situation pour s’amuser et s’approprier tout ce qui les intéressait. Une autre partie des Afro-Américains du centre-ville reconnaissait néanmoins une forme de contestation dans la révolte, mais ne comprenait pas pourquoi les émeutiers avaient pillé et incendié leur propre quartier, comme cet homme vivant dans le quartier noir de Detroit qui, interrogé par le magazine Newsweek déclara : « Pourquoi est-ce qu’ils doivent brûler nos maisons ? Ce n’est pas normal. Bordel ! Et aucune maison ne brûle dans Grosse Pointe[4] »[5]. Enfin, les militants radicaux, qu’ils soient membres du CORE[6], de la SNCC[7] ou encore des Blacks Muslims[8], interprétaient l’émeute comme un soulèvement populaire, remettant en cause la ségrégation exercée de facto par les pouvoirs publics, car, comme en rend compte cette citation d’un jeune émeutier : « […] jusqu’à ce que tu fasses quelque chose, ils [les Blancs au pouvoir] ne changeront rien »[9].

 

La perception de l’émeute par les Blancs

 

Dans la population blanche de Detroit les nuances d’interprétation de l’émeute sont plus fondées sur des critères raciaux que sociaux. En effet, l’analyse des différents témoignages amène à la conclusion suivante : les WASPs (White Anglo-Saxons Protestants) condamnaient l’émeute de Detroit et plus généralement les émeutes des années 1960 de façon bien plus ferme que les personnes ayant immigré aux États-Unis, que nous qualifierons de White Ethnics (Irlandais, Allemands, Italiens, Juifs, etc.).

En étudiant plus précisément les témoignages des Blancs, tant à Detroit que sur l’ensemble du territoire américain, on se rend compte qu’une partie d’entre eux comprenait le soulèvement, sans pour autant le justifier. Citons à ce titre l’entretien d’Hélène Cisek, femme d’origine polonaise déplacée durant la guerre, avec l’éditeur du Detroit News :

« Je ne savais rien de la démocratie, jusqu’à ce que j’arrive ici en 1949. […] Croyez-moi, vous tous, émeutiers, les combats sanglants ne sont pas le moyen de gagner quoi que ce soit. […] Je suis aussi discriminée ici parce que je suis une déplacée polonaise. Qu’est ce que je fais, je me bats autant que je peux, légalement »[10].

D’autres interprétations de l’événement insistaient sur ses particularités et notamment la présence de Blancs au sein des émeutiers. Cette émeute fut considérée par un témoin comme « la plus intégratrice des années 1960 ». Selon ce qu’il avait pu observer, les émeutiers étaient aussi bien Blancs que Noirs. Mais revenons alors sur notre interrogation initiale : l’émeute de Detroit était-elle une émeute raciale, au sens traditionnel, c’est-à-dire un affrontement entre Noirs et Blancs ? Aux vues des témoignages, il semble que l’événement n’ait pas été vécu comme tel par la majorité de la population.

Il est donc difficile d’appréhender l’émeute en ne prenant en considération que les impressions des témoins, finalement aussi diverses que contradictoires. Il est tout de même possible d’affirmer que toute interprétation trop partiale de l’événement nous éloigne de la vérité. Une chose est cependant certaine : l’émeute eut des conséquences majeures sur la vie des habitants de Detroit ainsi que sur les institutions de la ville.

 

 

Évolution de Detroit : le temps de la reconstruction

 

Conséquences de l’émeute à court terme

 

Tant dans le paysage que dans les mentalités, l’émeute a laissé une énorme fracture. Il a fallu reconstruire une ville profondément marquée par les stigmates de l’émeute. Toute la politique de la municipalité visant à favoriser l’intégration entre Blancs et Noirs fut remise en cause par l’émeute. La conséquence que craignaient les pouvoirs publics à court terme était un backlash (retour de bâton) de la part des Blancs. Celui-ci n’eut pas lieu car les Blancs préférèrent quitter le centre-ville de Detroit et gagner les banlieues. Ce phénomène, que les géographes qualifient de white flight, s’était amorcé dès les années 1940 mais l’émeute accentua à la fois son rythme et son importance.

Pour tenter de l’enrayer, un programme de reconstruction de la ville – New Detroit – fut engagé dès 1968. Cependant, ses résultats ne furent pas à la hauteur des attentes de la population. Le projet prévoyait notamment de prendre en considération les souhaits de toutes les tendances politiques et tous les représentants afro-américains, mais les dirigeants se rendirent rapidement compte de l’impossibilité de concilier les différentes conceptions concernant la reconstruction des quartiers touchés par l’émeute, en particulier celle des militants radicaux.

L’émeute de Detroit fut également à l’origine de la mise en place de la commission fédérale Kerner. Elle avait pour but de déterminer les causes des soulèvements urbains des années 1960 et de proposer des solutions pour que ce type d’événement ne se reproduise pas. Ses conclusions furent particulièrement controversées car elles désignaient directement les Blancs comme principaux responsables des tensions interraciales, dénonçant notamment une évolution sociale inquiétante : « Notre Nation est en train d’évoluer vers deux sociétés : une blanche, l’autre noire, séparées et inégales »[11]. Cette mise en garde fut, dans une certaine mesure, un des facteurs qui conduisit à la mise en place des politiques d’affirmative action des années 1970.

 

Conséquences à long terme

 

L’émeute eut donc des conséquences à plus long terme, avec notamment l’émergence de mouvements révolutionnaires structurés. Detroit possédait un long passé de luttes politiques et, en 1963, la ville avait accueilli une marche pour les droits civiques avec Martin Luther King, qui avait été un véritable succès. L’émeute avait favorisé la radicalisation des plus jeunes habitants à la fin des années 1960 et renforcé des courants comme les Blacks Muslims ou le Revolutionary Army Movement.

L’émeute accéléra également l’accès des Afro-Américains aux postes municipaux les plus importants. En 1974, Coleman Young fut le premier Noir à être élu maire de Detroit. Certes, cette évolution aurait vraisemblablement eu lieu sans le soulèvement, mais il semble que celui-ci ait accéléré le phénomène. Cependant, les attentes de la population ne furent pas pour autant toutes comblées car, faute de financements publics, Young fut rapidement placé dans l’incapacité de régler les problèmes du centre-ville. Il limita tout de même les excès de la police tolérés par les maires précédents, notamment Louis Miriani.

D’un point de vue de l’urbanisation, la ville tenta une gentrification du downtown pour favoriser le retour des populations aisées des banlieues vers le cœur de la ville. Mais celle-ci s’avéra être un échec dont les répercussions sont encore visibles de nos jours. En effet, les zones de redéveloppement n’ont fait que créer des enclaves de richesse sans entraîner un regain général d’activité de la zone.

En conclusion, ce travail sur l’émeute de Detroit a permis de remettre en cause certains présupposés, notamment l’aspect racial de l’événement. Nous avons pu remarquer le caractère potentiellement prévisible mais difficilement évitable de l’émeute, dans un contexte à la fois d’avancées sociales pour les Africains-Américains et dans le même temps, de lenteur des transformations dans les mentalités et dans les pratiques du quotidien. Les soulèvements urbains des années 1960 sont apparus davantage comme une alternative aux droits civiques plutôt qu’une radicalisation du mouvement. La diversité des perceptions a rendu difficile toute définition précise de l’émeute mais c’est à travers ce kaléidoscope d’interprétations que pouvait émerger la réalité du phénomène historique.

 

Du fait de ses répercussions nationales, l’émeute de Detroit nous a renseigné sur la société américaine de la fin des années 1960, tandis que le Mouvement des droits civiques se voyait concurrencé par une frange radicale de militants africains-américains, et que les Blancs conservateurs tentaient de préserver les équilibres sociaux urbains traditionnels.



*    Auteur d’un mémoire de Master 2, « L’émeute de 1967 à Detroit : violences, perceptions et évolutions », réalisé sous la direction d’Hélène Harter et soutenu le 10 juin 2008 à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

[1]    New York Times, 1er août 1967.

[2]    Cette réalité est très largement à nuancer comme je me suis attaché à le faire tout au long de mon travail.

[3]    Bars illégaux, nés durant la prohibition et devenus au fil du temps, le repère de marginaux (proxénètes, prostituées, trafiquants et drogués).

[4]    Quartier peuplé par les classes supérieures de Detroit et à plus de 95% blanc en 1967.

[5]    Dotson John, I don’t care if I die”, Newsweek, 7 août 1967.

[6]    Congress for Racial Equality.

[7]    Students Non-Violent Coordination Committee.

[8]    Les musulmans noirs.

[9]    Detroit Free Press, 27 juillet 1967.

[10]   Cisek Helen, A DP’s View”, Detroit News, 28 juillet 1967.

[11]   Kerner Otto et al., The Kerner Report : the 1968 Report on the National Advisory Commission on Civil Disorders, New York, Pantheon Books, 1968.