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Pierre Journoud, Les relations franco-américaines à l’épreuve du Vietnam entre 1954 et 1975. De la défiance dans la guerre à la coopération pour la paix

Les relations franco-américaines à l’épreuve du Vietnam entre 1954 et 1975. De la défiance dans la guerre à la coopération pour la paix

 

 

Bulletin n° 28, automne 2008

 

 

Pierre Journoud*

 

 

L’enjeu historiographique

 

à l’origine de cette thèse[1] se trouve le désir de participer, à travers le prisme de la guerre du Vietnam, aux efforts historiographiques visant à dépasser une vision manichéenne de la décolonisation et de la Guerre froide. En liant plus étroitement la lente maturation du processus de paix à l’implacable logique de guerre, il s’est avéré possible de reconstituer, en partie, les solidarités franco-américano-vietnamiennes que la France a contribué à tisser après 1954. Ceci au prix d’une authentique mutation intellectuelle qui l’a conduite à défendre la paix au Vietnam après y avoir alimenté la guerre. Longtemps réduit exclusivement à un rôle négatif dans les relations franco-américaines, producteur d’indéniables tensions et de crises récurrentes, le Vietnam a également nourri quantité de contacts, d’échanges et de coopérations, entre diplomates, experts, intellectuels ou militants des deux rives de l’Atlantique, voire entre personnalités politiques. Inspiré du découpage de la thèse en trois grandes parties chrono-thématiques censées faire le lien entre intérêts, politiques officielles et diplomatie secrète, le résumé qui suit reflète constamment cette dualité.

 

Le délicat passage de relais au Vietnam (1954-1958)

 

Rien ne traduit mieux la phase de transition entre la tutelle française et la tutelle américaine au Sud-Vietnam, après 1954, que l’expression forgée autrefois par Philippe Devillers de « passage de relais », qui implique à parts égales, dans une action simultanée, celui qui donne le relais (la France) et celui qui le prend (les États-Unis).

 

Le repli de la France au bénéfice des États-Unis

 

Sérieusement mises à mal pendant les deux premières années qui suivent l’électrochoc de Dien Bien Phu, de la négociation de Genève et de la division du Vietnam, les relations franco-américaines finissent par se stabiliser vers 1957-1958. Soulagés d’avoir retiré leur administration et leurs troupes de l’imbroglio indochinois, sans renoncer à y défendre leurs intérêts économiques et culturels, les Français ont pris leur parti du leadership américain en Asie du Sud-Est et les tensions s’apaisent. On aurait tort de penser, toutefois, que la IVe République s’est alignée totalement sur les États-Unis au Vietnam pour se faire pardonner, ici comme ailleurs, ses affronts et ses échecs. Certes, elle donne clairement la priorité, en dépit d’incidents nombreux et de négociations souvent tendues, à ses relations avec le Sud-Vietnam, au détriment de sa présence au Nord. Elle accepte aussi de faire partie des membres fondateurs de l’OTASE et s’efface devant la détermination et le dynamisme des Américains, dont le soutien croissant au gouvernement sud-vietnamien ne se dément pas, malgré l’effritement progressif du consensus autour de Ngo Dinh Diem. Sourde aux avertissements prophétiques de certains analystes, elle va même jusqu’à cautionner implicitement, comme les États-Unis, le refus de Diem de procéder aux élections générales prévues par les accords de Genève pour réunifier le Vietnam – et ce sera l’une des origines de la guerre dite du Vietnam. Dans leur inexorable repli, les Français maintiennent pourtant un certain nombre de positions qui vont se révéler par la suite très utiles : la délégation générale de France à Hanoi, par exemple, et surtout, leurs nombreux intérêts matériels au Sud-Vietnam.

 

La survie d’une présence française au Sud-Vietnam, avec l’appui américain

 

L’importance de la présence économique et culturelle que les Français parviennent à sauvegarder au Sud-Vietnam démontre, en effet, que ni Diem – qui devait en partie son accession au pouvoir à l’action discrète de réseaux français – , ni les Américains, n’ont cherché à provoquer le retrait total de la France du Vietnam. Bien sûr, la volonté d’indépendance du gouvernement Diem et le caractère massif de l’aide américaine (la contradiction entre les deux sera d’ailleurs fatale au régime sud-vietnamien) ne peuvent que bousculer les conservatismes hérités de la période coloniale et renforcer les ressentiments d’une partie des Français d’Indochine à l’égard du nouveau tuteur. Encouragés par les prises de position initiales d’Eisenhower et de Dulles autant que par les sentiments francophobes d’une partie des élites vietnamiennes, certains représentants de services tels que la CIA ou l’USOM jouent délibérément sur place la carte anti-française. À plusieurs reprises, cependant, les diplomates américains s’efforcent de tempérer les velléités de sanctions, voire de rupture avec la France, manifestées périodiquement par le gouvernement Diem à ses débuts ou par tel des généraux qui lui succédera après 1963. Comme en d’autres domaines, leur pouvoir d’influence n’est pas illimité sur leur protégé qui entend bien suivre son propre calendrier pour ne pas abandonner aux communistes le monopole du nationalisme et de la lutte pour l’indépendance. Ainsi font-ils savoir qu’ils ne sont pas satisfaits de la hâte avec laquelle Diem prie le gouvernement français, en 1956, de rapatrier son corps expéditionnaire et ses missions militaires du Sud-Vietnam, même si ce sont surtout ses besoins croissants en Afrique du Nord qui imposent à la France des cadences de retrait plus élevées que prévu. Mais surtout, bien des responsables américains ont progressivement réalisé l’intérêt d’une présence culturelle et économique de la France comme gage de stabilité au Sud-Vietnam et contribution commune au combat du « Monde libre » contre « le communisme ». L’historiographie se devait donc de réévaluer le rôle des États-Unis dans le maintien de la présence française au Sud-Vietnam, comme dans la mise en place de coopérations ponctuelles avec la France pour consolider le développement de ce pays. C’est, en revanche, l’affirmation d’une diplomatie indépendante de la France sur la scène indochinoise qui va précipiter la crise entre Paris et Washington.

 

La « mésintelligence pacifique » dans la guerre (1958-1973)

 

Après une phase de relative incertitude sur la politique à suivre à l’égard des deux Vietnam, entre 1958 et 1962, le général de Gaulle s’attache, en effet, à démarquer par étapes la politique française de celle des États-Unis, dont il a jugé l’échec inéluctable dès 1959.

 

L’affrontement (1963-1967)

 

Première d’une longue série, la déclaration élyséenne du 29 août 1963 signe la fin du « syndrome de Dien Bien Phu », – marqué par une certaine inhibition de la diplomatie française en Asie –, et le début de la grande querelle publique sur le Vietnam entre Paris et Washington, sur fond de déliquescence de l’autorité politique sud-vietnamienne. Désormais, les grands principes de la solution politique que la France préconise sont connus, puisque le rétablissement de la paix est pour la première fois conditionné à l’unité du Vietnam et au respect de son intégrité territoriale et de son indépendance. Quant aux modalités, de Gaulle se contente de prôner le retour aux accords de Genève, la neutralisation du Sud-Vietnam et la réunion d’une nouvelle conférence internationale incluant la Chine, avec laquelle il établit des relations diplomatiques en janvier 1964. Il espère, sinon obliger les États-Unis à faire un plus sage usage de leur énorme puissance, du moins offrir une alternative à leur politique, tout en œuvrant au retour de l’influence de la France dans une région à laquelle la rattachent bien des liens historiques.

Ce sera l’échec. Obsédée par l’analogie avec Munich, prisonnière de la rhétorique du prestige et de la crédibilité, la nouvelle administration Johnson fait tout pour contrecarrer la force d’attraction réelle de la position française, qu’elle pense non seulement motivée par le ressentiment et la jalousie, mais vendue à une formule de « paix à tout prix » et, de ce fait, délibérément opposée à ses propres intérêts. Spectateur amer et impuissant d’une escalade dont il craint sincèrement les risques de généralisation, de Gaulle est plus que jamais convaincu que les États-Unis se condamnent à une guerre longue et sans issue et que c’est à eux, en raison de leur niveau de puissance et de développement, qu’il incombe de faire le premier pas vers la désescalade. Mais il anticipe parfaitement qu’il leur faudra plusieurs années pour réaliser eux-mêmes la vanité de leur engagement. Refusant de se faire le complice de l’« hégémonisme » américain, il promeut une ambitieuse politique étrangère en faveur du dépassement des blocs et de la détente. Le ton de plus en plus péremptoire de ses déclarations vis-à-vis des États-Unis au fil de l’intensification de la guerre a fait oublier qu’il avait aussi préparé son pays à jouer un rôle pour la paix, en attendant le moment où Washington ferait marche arrière. Tandis que sa stratégie de détente avec l’URSS, la Chine et les pays communistes de l’Europe de l’Est, a déjà fait l’objet d’importants travaux, il restait à faire l’histoire du rapprochement qu’il opère, à partir de 1965, avec la République démocratique du Vietnam (RDV), suscitant au passage l’irritation du lobby atlantiste du Quai d’Orsay et la rupture des relations diplomatiques avec Saigon. Sans doute de Gaulle n’éprouve-t-il pas plus de sympathie pour le régime mis en place par Ho Chi Minh que pour tout autre régime communiste. Mais il incline à penser que, sous le paravent idéologique, le Vietnam le plus consistant et le plus dynamique est le Vietnam révolutionnaire, tandis que le régime du Sud lui apparaît comme trop inféodé aux États-Unis et coupé de sa base populaire. Au fond, et cette conclusion met en évidence le contraste avec les positions anticommunistes constamment défendues par lui au cours de la première guerre d’Indochine, de Gaulle accepte désormais l’existence d’un Vietnam réunifié sous la houlette des communistes du Nord. Une véritable trahison pour l’administration Johnson qui, résignée, s’efforce néanmoins de maintenir la querelle dans des limites raisonnables, même lorsque culminent les tensions en 1966-1967.

 

L’apaisement (1968-1973)

 

Il faut attendre l’offensive du Têt pour voir s’amorcer, à l’initiative du général de Gaulle, un tournant significatif dans les relations franco-américaines, que l’historiographie attribuait jusqu’à présent aux conséquences de mai 1968 et de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les forces du Pacte de Varsovie au mois d’août. Avant même que Johnson n’annonce les premières mesures de désescalade unilatérales dans son discours du 31 mars 1968, de Gaulle a compris que plus rien ne serait comme avant après l’offensive du Têt, que les États-Unis – du fait notamment du basculement progressif de l’opinion américaine, seraient contraints de réduire leur effort de guerre, et que les belligérants seraient acculés à la négociation. Preuve de l’importance décisive qu’il en est venu à attribuer au conflit vietnamien dans son raisonnement géopolitique, il décide d’impulser un rapprochement avec les États-Unis dès les premiers frémissements de la désescalade au Vietnam. C’est dire à quel point, entre l’affaire du Vietnam et les relations franco-américaines dans cette deuxième moitié des années 1960, les interactions ont été profondes.

Elles le seront beaucoup moins après 1968. Même s’il comprend mieux les aspirations et la politique gaulliennes, même s’il prétend mettre un terme à la guerre et finit par se rapprocher simultanément de la Chine et de l’URSS – comme de Gaulle le lui avait autrefois recommandé –, le président Richard Nixon provoque bien des désillusions à Paris : son refus d’annoncer une date pour le retrait de ses troupes, son choix d’accentuer la vietnamisation, qui fortifie la guerre civile au détriment de la paix, sa décision de faire bombarder secrètement le Cambodge en mars 1969, paraissent de mauvais augure. D’une certaine manière, Georges Pompidou reste fidèle à l’héritage de son prédécesseur en continuant de critiquer tout ce qui paraît aller à l’encontre de la solution politique préconisée par la France. Il s’en écarte, cependant, en reconnaissant l’existence de deux États vietnamiens – dont un « Sud-Vietnam indépendant et neutre » –, reniant ainsi la conviction gaullienne que le chemin de la paix passait par la réunification du Vietnam. Son style moins déclaratoire et plus discret ne l’a pourtant pas empêché de faire preuve d’une franchise critique dans sa correspondance privée avec Nixon. Mais, en réalité, ce « gaullisme déshonorisé » a été inauguré par le Général lui-même, convaincu que son statut d’hôte des pourparlers de paix imposait à la France une certaine réserve et que les négociations, une fois amorcées, seraient irréversibles à défaut d’être rapides.

 

 

Les solidarités transnationales au service de la paix (1965-1975)

 

Quel rôle, précisément, a pu jouer certaines personnalités françaises, au sein ou en marge des chancelleries diplomatiques, dans cette dynamique de dialogue et de paix au Vietnam ?

 

La contribution significative des intellectuels et des intermédiaires français

 

Sur les campus universitaires américains plongés dans l’effervescence de la contestation, dans les enceintes des colloques et des conférences, plus rarement dans les coulisses des lieux du pouvoir exécutif et législatif, plusieurs intellectuels français spécialistes du Vietnam à divers degrés – dont Paul Mus, Bernard Fall, Jean Chesneaux, Philippe Devillers ou même Jean Lacouture – ont sensibilisé leurs auditoires lassés par la propagande officielle, à l’histoire du nationalisme et du communisme vietnamiens, à l’urgente nécessité de « ré-humaniser » l’adversaire. Les témoignages recueillis auprès de certains anciens étudiants, diplomates ou journalistes américains, montrent que l’influence des « vietnamologues » français s’est parfois révélée décisive dans leur prise de conscience des responsabilités particulières de la France et des États-Unis dans la guerre, et dans leur décision de s’engager dans le mouvement anti-guerre. Tout un réseau franco-américain a pris corps, non seulement aux États-Unis mais aussi en France où ce mouvement bénéficiait d’un consensus beaucoup plus large dans l’opinion, même si le militantisme y est resté circonscrit à une poignée d’intellectuels et de militants issus pour la plupart de l’extrême gauche, du christianisme social ou de la haute bourgeoisie américaine exilée en France (essentiellement, pour cette dernière, au sein d’un comité méconnu : le PACS ou Paris American to Stop War).

 

Certains Français ont même contribué plus directement à l’ouverture et à la poursuite du dialogue entre les belligérants. On peut en distinguer deux catégories. D’abord, les diplomates de profession, et plus particulièrement les directeurs d’Asie au Quai, étienne Manac’h puis Henri Froment-Meurice, dont les Américains eux-mêmes ont reconnu la compétence et le dévouement. Le premier, Manac’h a établi des filières de contact privilégiées avec les représentants de la délégation générale de la RDV à Paris et du FNL du Sud-Vietnam, et certains conseillers de l’ambassadeur des États-Unis. À plusieurs reprises dans le cadre des négociations privées ou secrètes, ses conseils sont entendus… et parfois suivis. Cependant, les dirigeants éprouvent aussi le besoin de s’extraire des pesanteurs bureaucratiques en sollicitant la contribution discrète de non-diplomates qui, par leurs réseaux personnels ou leurs activités professionnelles, bénéficient de facilités d’accès aux plus hauts dirigeants vietnamiens. Connue sous son nom de code Pennsylvania, une filière de contact secrète, indirecte mais de haut niveau, s’est ainsi ouverte, en juin 1967, grâce au concours de Raymond Aubrac et Herbert Marcovich. Sans déboucher sur l’ouverture de pourparlers directs, elle sera néanmoins reconnue comme l’une des tentatives qui s’en est le plus approchée. En février 1968, le professeur André Roussel est secrètement mandaté par l’élysée pour sonder Pham Van Dong, Premier ministre de la RDV, sur l’idée d’une Conférence de la Paix à Paris : il en revient avec une exhortation à prendre l’initiative qui confortera le général de Gaulle dans sa volonté de faire de Paris la capitale de la paix. Enfin, c’est à Jean Sainteny, l’ancien délégué général à Hanoi, que Nixon fait appel, en juillet 1969, pour organiser la première rencontre secrète et directe entre Henry Kissinger et les négociateurs nord-vietnamiens, puis transmettre des messages à Hanoi. Parallèlement à l’incessante activité de la direction d’Asie, ces intermédiaires ont joué un rôle discret mais réel en faveur de l’ouverture de véritables négociations.

 

 

Les limites de l’influence française sur le processus de paix

 

Bien sûr, l’influence de ces tiers sur un processus de paix aussi laborieux et complexe a été d’autant plus limitée que la France était dépourvue de tout moyen de pression efficace sur les Américains – profondément irrités par les sempiternelles critiques de leur impertinent allié –, comme sur les Vietnamiens, toujours méfiants à l’égard des initiatives de l’ancienne puissance coloniale. Et pourtant, la quête de transitivité du général de Gaulle, et plus particulièrement sa décision d’œuvrer au rapprochement avec la RDV, ont sans aucun doute facilité le choix et le rôle des intermédiaires français, au moins jusqu’en 1968, sinon jusqu’en 1975. Dans le contenu des accords auxquels les négociations ont abouti, la marque française est évidemment moins prégnante, mais elle n’est pas nulle : certaines clauses de l’accord de Paris signé le 27 janvier 1973 renvoient à des principes défendus de longue date par le gouvernement français ; d’autres reprennent des formules de compromis suggérées par la direction d’Asie dans le cadre de nombreux entretiens avec les représentants américains et vietnamiens. En revanche, une fois entériné le départ de toutes les troupes américaines, les Français ne peuvent que déplorer leur impuissance à convaincre les frères ennemis vietnamiens de concrétiser les clauses politiques et militaires de l’accord. Car, à Hanoi comme à Saigon, voire à Washington, la diplomatie n’est encore conçue qu’en complément de l’action militaire et la logique de guerre prévaut jusqu’au printemps 1975. Malgré ses efforts, la diplomatie française de la première moitié des années 1970 s’est sans doute identifiée à l’excès au résultat escompté. L’espoir illusoire du maintien à titre transitoire d’un Sud-Vietnam ouvert à la pluralité des forces politiques, et notamment à la « Troisième force » incarnée tardivement par le général Minh, s’est évanoui définitivement avec la victoire militaire des révolutionnaires vietnamiens à Saigon, le 30 avril 1975.



*    Pierre Journoud est chargé de recherches au Centre d’études d’histoire de la Défense, et chercheur associé à l’UMR IRICE.

[1]    Cette thèse a été soutenue le 16 novembre 2007 à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Le jury était composé de Laurent Cesari, professeur à l’Université d’Artois (rapporteur et président) ; Philippe Devillers, ancien directeur de recherches au CNRS ; Robert Frank, professeur à l’Université Paris I (directeur de thèse), Pierre Melandri, professeur à l’IEP de Paris (rapporteur) ; David Schalk, professeur émérite au Vassar College ; et Hugues Tertrais, maître de conférences à l’Université Paris I (expert).