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Géraldine Vaughan, Une « minorité nationale » ? Le cas des Irlandais en Écosse avant la création de la République d’Irlande indépendante, 1801-1921

Une « minorité nationale » ? Le cas des Irlandais en Écosse avant la création de la République d’Irlande indépendante, 1801-1921

 

Bulletin n° 28, automne 2008

 

 

GÉraldine Vaughan*

 

 

Avant son entrée dans les débats de droit international qui agitent le XXe siècle, la notion de « minorité nationale » est inséparable de l’émergence de l’État-nation et des revendications identitaires nationales qui ont fait leur apparition au cours des siècles précédents. Le Royaume « Uni », qui constitue un assemblage complexe d’États-royaumes et de territoires, offre au XIXe siècle un exemple de l’émergence de la notion de « minorité nationale » – et ceci tout particulièrement dans le cas des Irlandais. En effet, leur identité nationale est quelque peu située aux marges d’un ensemble britannique dont l’unité est avant tout fondée autour de la notion d’empire et de protestantisme[1]. Dans le cas irlandais, que faut-il entendre par « minorité nationale » ? L’expression de « minorité » recouvre deux réalités – elle renvoie à un seuil démographique (infériorité numérique) de même qu’elle signifie en termes juridiques (minoritas en latin médiéval) le fait de ne pas avoir atteint la majorité – ce qui se traduit, à propos d’un peuple, par le fait que celui-ci n’est pas encore parvenu au degré de maturité qui lui permettrait de se diriger lui-même. Or, la situation des immigrés irlandais au XIXe siècle en Écosse semble refléter ces deux critères.

Tout d’abord, cette présence irlandaise sur le territoire écossais (l’Irlande faisant partie intégrante du Royaume-Uni depuis l’Acte d’Union de 1800) résulte en partie d’une vague de migrations agraires qui s’intensifie à partir du début du XIXe siècle. Mais surtout elle vient de l’émigration massive qui se produit en Irlande pendant les années de Grande Famine (1845-1849). L’Ulster est alors un réservoir de main-d’œuvre ouvrière peu chère pour tout l’ouest écossais en plein boom industriel – dès 1851, les recensements indiquent que les personnes nées en Irlande forment jusqu’à un tiers de la population de grandes villes comme Glasgow et ses voisines minières et portuaires[2]. Les Irlandais constituent des « immigrés » d’un genre particulier – ainsi, juridiquement parlant, ils ne sont pas des étrangers (aliens)[3]. Or, la catégorisation des Irlandais en Écosse n’est pas toujours très claire chez les contemporains : de même que le rapport officiel du recensement de 1871 les désigne comme « les étrangers [aliens] les plus nombreux », les autorités locales chargées de s’occuper des indigents irlandais les nomment parfois les « étrangers pauvres »[4]. Or, pareille confusion n’existe pas pour les autres migrants britanniques, qu’ils soient anglais ou gallois.

Ensuite, pour revenir à la définition de « minorité » comme infériorité d’ordre juridique, le statut quasi-colonial de l’Irlande au sein du Royaume-Uni au XIXe siècle est précisément le cheval de bataille du mouvement nationaliste irlandais qui ne cesse de prendre de l’ampleur à l’époque victorienne. En effet, il s’agit pour les nationalistes de défendre l’accession de l’Irlande à une forme de « majorité » politique, celle du Home Rule ou autonomie politique. Dans ce cadre, les immigrés irlandais sur le sol britannique participent pleinement au développement des associations nationalistes qui tentent de peser sur les élections locales et nationales.

Après ce bref passage en revue de ce qui peut être considéré comme une « minorité nationale » irlandaise au sein du territoire écossais, dans le siècle qui précède l’émergence d’une partie de l’Irlande en nation séparée du reste de l’ensemble britannique, demeure le problème des limites de la définition des immigrés irlandais comme « minorité nationale », au cœur d’un même ensemble géopolitique. Il nous faudra d’abord examiner en quoi les Irlandais forment un groupe national à part sur le sol de la Grande-Bretagne, avant de considérer de quelles manières cette « minorité » a tenté de peser sur les décisions nationales ainsi que les relations inter-nationales (au sein du même État), par le biais des élections parlementaires. Enfin, il s’agira de montrer la dimension religieuse du phénomène minoritaire – les Irlandais catholiques constituant dans l’Écosse presbytérienne une vraie minorité qui cherche à s’imposer en utilisant toutes les possibilités du droit local.

 

Les Irlandais en Écosse, une nationalité à part ?

 

La notion de « nation » recouvre des réalités complexes : en fait, la vision des Irlandais comme « minorité nationale » est avant tout une question de perspectives et de jeux de miroirs. Du côté des nationalistes irlandais, la survie du mouvement politique est indissociable de l’idée que le peuple irlandais (ou Irish race) est distinct d’un point de vue ethnique et culturel de ses voisins britanniques – il s’agit avant tout pour eux de défendre cette spécificité irlandaise. Cependant, il faut se garder de la construction intellectuelle des nationalistes irlandais de l’époque, suivant lesquels la « race » irlandaise descendrait directement des peuples celtiques (Gaëls) installés sur l’île verte entre le VIe et le Ier siècles avant J.‑C. (comme l’Irlande a été épargnée par la conquête romaine, la population demeure relativement homogène jusqu’à la conquête anglo-normande). Néanmoins, la vision écossaise et britannique de l’identité irlandaise met aussi en valeur les particularismes des habitants de l’île verte, en attribuant notamment une série de caractéristiques physico-psychologiques au « Paddy » irlandais. Lewis P. Curtis, historien américain, démontre que les classes dominantes de l’ère victorienne développent l’image d’un Paddy semblable à un enfant, et donc incapable de s’administrer et surtout d’administrer son pays (d’où la nécessité d’une domination britannique de l’Irlande)[5]. L’auteur analyse le préjugé anti-Irlandais comme un racisme anglo-saxon dirigé contre les Celtes. En effet, dans une logique darwinienne, cette distinction des races est parfois opérée par des contemporains – prenons pour exemple une lettre adressée par un « Irlandais protestant » à l’éditeur du Airdrie and Coatbridge Advertiser, en octobre 1867 : « Il y a deux races distinctes d’Irlandais : les Celtes et les Saxons, les catholiques et les protestants, et ces deux races ont toujours été et sont à présent opposées entre elles à tout point de vue »[6]. Ainsi, au point de vue national vient s’ajouter la perspective religieuse – une composante clef de l’identité irlandaise. À l’ère victorienne, l’irlandité et la catholicité finissent par se confondre (même si plus d’un quart de la diaspora irlandaise au Royaume-Uni est protestante) : ce phénomène est particulièrement frappant à partir des années 1870, époque où les termes « Irlandais » et « catholiques » deviennent de plus en plus interchangeables, dans ce que Donald Akenson nomme le plus grand hold up de l’histoire du XIXe siècle en Irlande[7]. Ainsi, les immigrés irlandais catholiques forment une « minorité religieuse » à proprement parler, sur la terre calviniste écossaise – et avec l’association systématique des termes « Irlandais » et « catholique », on assiste à la naissance d’une minorité à la fois nationale et religieuse, sur le territoire écossais protestant.

 

La « minorité nationaliste » irlandaise

 

Au niveau politique, à l’époque victorienne la « minorité irlandaise » agit en Écosse de deux manières : sur le plan de l’action directe (celui de la « minorité agissante »), un vent de panique fenian souffle en Calédonie dans les années 1860 et sur le plan politique légal, les associations nationalistes irlandaises n’ont de cesse d’organiser le vote et de faire valoir le poids politique de leurs électeurs.

Les années 1860 sont celles de la naissance du terrorisme irlandais, où une minorité agissante sème la terreur par le biais des associations des Fenians, sociétés secrètes et militaires qui œuvrent à l’indépendance irlandaise. En effet l’aventure des Fenians en Grande-Bretagne trouve quelques répercussions dans l’ouest écossais[8]. En termes démographiques, le nombre de loges secrètes et de leurs adhérents reste très limité : ainsi, l’historienne Elaine McFarland estime à 2 500 le nombre de Fenians en activité à Glasgow (ville qui compte alors 400 000 habitants) dans les années 1860. Après les attentats de 1867 en Angleterre, les mesures de police sont renforcées en Écosse et tout meeting irlandais devient suspect. Mais il semble que ni les autorités ni l’opinion publique ne cèdent réellement à la panique : même si quelques communiqués dans la presse exagèrent parfois la présence supposée de Fenians, comme en 1865 à Greenock (port situé à l’ouest de Glasgow), où des témoins rapportent avoir vu 900 hommes âgés de vingt à quarante ans faire un entraînement militaire la nuit aux alentours de la ville[9]. Pendant les années 1866 et 1868, des reportages réguliers sur de supposées activités souterraines irlandaises ponctuent la presse écossaise – bien souvent ces révélations ne sont fondées que sur des rumeurs (illustration parfaite de la théorie du complot, où l’absence de preuve nourrit la théorie !). Car, en réalité, la répercussion sur les esprits la plus mesurable de ces quelques mois de « terreur » est l’impact psychologique : lorsque le mouvement disparaît définitivement, en 1868, il laisse une appellation jugée commode pour désigner tout Irlandais nationaliste, de quelque tendance qu’il soit. En effet, en 1867, au plus fort de la panique feniane, un éditorial du journal des Monklands[10] affirme que :

« Irlandais et Fenian sont des termes équivalents […]. Nous les avons accueillis parmi nous en leur offrant l’hospitalité […], on leur a trouvé des emplois et on leur a donné du pain […]. Une vague d’hostilité est en train de soulever le pays » [11].

Comme l’écrit Elaine McFarland : « La limite qui séparait Fenians et Irlandais devi[e]nt de plus en plus floue, et la population irlandaise locale [est] perçue comme une menace »[12].

Sur un plan légal, le poids électoral de la minorité irlandaise dans le cadre des élections parlementaires nationales n’est pas à négliger – c’est du moins ce qu’affirment les Irlandais eux-mêmes, et ce, dès le début des années 1850. Ainsi, à Airdrie (une ville minière située à l’est de Glasgow) en 1852, un journal catholique souligne que

« dans une circonscription où les deux partis [le parti libéral et le parti conservateur] ont un nombre égal de suffrages, et où un candidat est élu généralement avec une majorité de onze à trente voix, le vote de quelque douze ou quinze [Irlandais] catholiques est loin d’être négligeable » [13].

Quelques décennies plus tard, après les lois de réforme électorale (1868 et 1884-1885) qui élargissent le droit de suffrage aux classes populaires et lorsque les associations nationalistes (Irish National Leagues) tentent de maîtriser le vote irlandais, le poids politique de ces derniers prend en importance. Au gré des alliances électorales (qui se soldent dans la majorité des cas par une union avec le parti libéral), la minorité électorale irlandaise fait valoir son rôle de balancier dans les élections. Ainsi, dans les villes industrielles avoisinant Glasgow, les ligues irlandaises se vantent de représenter jusqu’à 20% des inscrits sur les listes électorales à la fin du XIXe siècle[14]. Les candidats à soutenir sont choisis en fonction de leur position vis-à-vis de l’autonomie irlandaise, et leurs votes sur la question à la Chambre des Communes sont soigneusement examinés et rapportés. Ce soutien aux libéraux fait l’objet de sérieuses négociations à l’occasion de chaque élection : par exemple, en 1886 dans la circonscription du North-West Lanarkshire, le candidat libéral, Robert Cunninghame Graham, fait l’unanimité chez les nationalistes de la Ligue et au sein du clergé également[15]. Mais certains Irlandais, conscients de leur valeur électorale, se servent de cette force pour obtenir quelques avantages : en janvier 1887, la presse publie une lettre du député Cunninghame Graham, qui se plaint d’un chantage exercé par une association caritative catholique. Ainsi, le député prétend avoir été menacé par le secrétaire, Richard Macready, dans les termes suivants : « notre peuple a droit à votre générosité, car à lui seul, il vous a fait perdre les élections en 1885 et vous les a fait gagner en 1886 »[16]. Ainsi, une « minorité politique » bien structurée par les ligues nationalistes irlandaises n’est certes pas à négliger pour tout candidat aux élections parlementaires dans l’ouest écossais.

 

Les Irlandais catholiques, une « minorité religieuse »

 

Le terme de « minorité » (minority) s’inscrit dans le vocabulaire des contemporains victoriens dans un contexte précis, celui de la vie politique locale. Les conseils d’école, institutions séculaires élues, sont créés par la loi sur l’éducation de 1872 (Education [Scotland] Act) qui rend l’école obligatoire pour tous les enfants âgés de cinq à treize ans. Ainsi, les écoles existantes peuvent choisir d’intégrer ou non le système public institué par la loi. Mais les Irlandais catholiques[17] refusent d’y incorporer leurs écoles parce que le système leur paraît, sous couvert d’être non religieux, un système protestant presbytérien déguisé. Néanmoins, en tant que contribuables s’acquittant de l’impôt scolaire obligatoire, ils tiennent à être élus au sein des conseils d’écoles pour contrôler les dépenses publiques (il leur faut également financer seuls une éducation catholique, séparée et privée). De ce fait, les catholiques participent, en tant que conseillers, à la gestion des écoles publiques écossaises dans lesquelles ils n’envoient pas leurs propres enfants. Or, le mode électoral qui régit les élections scolaires est celui du vote cumulatif (cumulative vote) qui favorise les « minorités » : ainsi, chaque électeur dispose d’autant de voix qu’il y a de candidats (ce qui correspond, en somme, à une forme de représentation proportionnelle), permettant aux catholiques, notamment, d’obtenir de bons résultats électoraux[18]. Mais la « majorité » écossaise protestante des villes écossaises s’indigne souvent de ce qu’elle considère comme l’« invasion » catholique d’une institution protestante : « Il est intolérable que le conseil d’école de Greenock, ville qui compte 80% de protestants, soit pris d’assaut par les catholiques », peut-on lire en mars 1885 dans le journal local[19]. Ainsi, une rhétorique se développe chez les ultra-protestants autour de l’idée de la « tyrannie des minorités irlandaises catholiques » exercée à l’encontre de la « majorité protestante ». Dans cet esprit, en mai 1893 à Greenock, le conseiller Mitchell propose d’envoyer une pétition au Parlement pour soutenir le projet de loi sur l’école, visant à abolir le vote cumulatif (School Board Election [Scotland] Bill) – ce contre quoi protestent les deux membres catholiques du conseil alors présents, John Brown et le père Murphy[20]. Par ailleurs, lors de l’élection de 1900 pour le conseil de Old Monkland, il y a quatre candidats catholiques. Aussi un correspondant du journal local écrit :

« Les minorités devraient accéder aux conseils d’école par des moyens ordinaires, de la même manière qu’ils se font élire à d’autres conseils […]. Avec le système du vote simple j’aurais voté pour un ou deux d’entre eux [catholiques], ainsi avec un pareil système nous n’aurions pas eu quatre membres catholiques élus »[21].

Dans la ville voisine d’Airdrie, le révérend Winter, un pasteur orangiste (un des dirigeants d’une loge ultra-protestante) accompagné de vingt-cinq autres révérends, présente au conseil une pétition signée par 1 150 électeurs, réclamant la nomination de James Wotherspoon, un protestant battu lors de l’élection précédente. Un des pétitionnaires, le pasteur Weir déclare : « [Nous n’avions] pas conscience que la loi permettait à la minorité [catholique] de gouverner la majorité »[22].

 

 

D’un point de vue religieux et politique, le concept de « minorité nationale » paraît pertinent pour analyser le cas des Irlandais immigrés en Écosse, avant la création de la République d’Irlande indépendante. Dans les enjeux de politique locale, les « minorités » irlandaises catholiques savent très bien faire valoir leurs droits et jouer des conflits entre pouvoirs londonien et écossais en plaidant leur cause auprès des instances « nationales » britanniques installées à Edimbourg.

Par ailleurs, pour faire accéder une partie de l’Irlande à une forme de « majorité politique » – celle qui aboutit à l’indépendance – les réseaux nationalistes comme celui du Sinn Fein peuvent compter sur les minorités nationalistes agissant sur le sol britannique, comme c’est le cas en Écosse. Ainsi, au vu de la contribution des clubs Sinn Fein créés en Écosse à la fin des années 1910, un des leaders nationalistes de la jeune République, Éamon de Valera, souligne en 1922 que « le soutien financier apporté par les communautés irlandaises en Écosse aux Irlandais en lutte a dépassé celui de tous les Irlandais des autres pays (y compris l’Irlande) »[23].

 


*   Maître de conférences à l’Université de Rouen, l’auteur a soutenu en novembre 2007 une thèse dirigée par Robert Frank à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne sur le thème de « L’immigration irlandaise en Écosse au XIXe et au XXe siècles ».

[1]    Le Trésor de la Langue Française fait remonter à 1908 la première occurrence du terme « minorité nationale ». Sur la question de l’identité britannique, voir Linda Colley, « Britishness and Otherness : An Argument », The Journal of British Studies, octobre 1992, vol. 31, n° 4, p. 309-329. Du même auteur : Britons : Forging the Nation, 1707-1937, New Haven, Yale University Press, 1992.

[2]    Voir l’ouvrage pionnier sur la question des Irlandais en Écosse : James E. Handley, The Irish in Scotland 1798-1845, Cork, Cork University Press, 1943.

[3]    Ainsi, ils ne sont pas soumis à la loi de 1836 (Registration of Aliens Act) qui impose l’enregistrement de tout ressortissant non britannique à son arrivée dans les différents ports du Royaume-Uni.

[4]    Eight Decennial Census of the Population of Scotland taken April 3d 1871 with Report, p. XXXIV.

[5]    Lewis P. Jr Curtis, Anglo-Saxons and Celts. A Study of anti-Irish Prejudice in Victorian England, New York, New York University Press, 1968.

[6]    The Airdrie and Coatbridge Advertiser, 26/10/1867.

[7]    Donald H. Akenson, Small Differences : Irish Catholics and Irish Protestants, 1815-1922 : an International Perspective, Kingston, McGill-Queen's University Press, 1988.

[8]    L’Irish Republican Brotherhood (société secrète et militaire) fut fondée à New York en 1858 et éclot la décennie suivante en Irlande et au Royaume-Uni. En mars 1867, les Fenians tentent de s’emparer de l’arsenal du château de Chester en Angleterre, mais l’entreprise échoue et quelques Fenians sont faits prisonniers. En septembre 1867, les Fenians lancent une attaque contre un fourgon de police à Manchester qui transporte deux importants prisonniers, Thomas J. Kelly, chef de l’IRB et Timothy Deasy. Or, pendant l’attaque, un policier est tué. Après avoir fait échapper les deux prisonniers, vingt-sept hommes du commando sont arrêtés et trois sont exécutés (Larkin, Allen et O’Brien) – les trois futurs « martyres de Manchester ». La dernière action retentissante a lieu en décembre 1867, lorsque les nationalistes font sauter à l’explosif une partie de la prison de Clerkenwell dans l’espoir de libérer d’autres prisonniers. Voir Patrick Quinlivan et Paul Rose, The Fenians in England, 1865-1872 : A Sense of Insecurity, Londres, John Calder, 1982.

[9]    The Glasgow Free Press, 23/9/1865.

[10]   Les Monklands (où se situent les villes industrielles d’Airdrie et de Coatbridge) sont une région située à une dizaine de kilomètres à l’est de Glasgow.

[11]   The Airdrie and Coatbridge Advertiser, 19/10/1867.

[12]   Elaine Mcfarland, « A Reality and Yet Impalpable : the Fenian Panic in Mid-Victorian Scotland », The Scottish Historical Review, octobre 1998, vol. LXXVIII, 2, n° 204, p. 214.

[13]   The Glasgow Free Press, 1/5/1852.

[14]   The Glasgow Examiner, 25/2/1899.

[15]   The Airdrie and Coatbridge Advertiser, 3/7/1886.

[16]   The Coatbridge Express, 22/1/1887.

[17]   Les épiscopaliens – représentant l’Église anglicane en Écosse – refusent également de faire partie du système.

[18]   Ian G. T. Machin, The Rise of Democracy in Britain 1830-1918, Londres, MacMillan Press, 2001, p. 48 et p. 75.

[19]   Greenock Telegraph, 25/3/1885.

[20]   Greenock Telegraph, 5/5/1893.

[21]   The Airdrie and Coatbridge Advertiser, 14/4/1900.

[22]   The Coatbridge Express, 26/9/1900.

[23]   Tom Gallacher, Glasgow : The Uneasy Peace : Religious Tension in Modern Scotland, Manchester, Manchester University Press, 1987, p. 94.