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Annick Foucrier, Hommage - Claude Fohlen, 11 mai 1922-13 juin 2008

Hommage - Claude Fohlen, 11 mai 1922-13 juin 2008

 

 

 

Bulletin n° 28, automne 2008

 

 

Annick Foucrier*

 

 

Né à Mulhouse dans une famille alsacienne, Claude Fohlen est d’abord un étudiant brillant, reçu premier à l’agrégation d’histoire en 1946.

Assistant à l’Université de Lille (1949-1955), il rédige une thèse en histoire économique sous la prestigieuse direction d’Ernest Labrousse, thèse soutenue en 1954 et publiée en 1956 (L’industrie textile en France sous le Second Empire). De 1955 à 1967 il est professeur à l’Université de Besançon, où il impulse des recherches et des publications qui font encore autorité.

Les années 1960 sont le théâtre de changements importants dans le monde. À la Sorbonne, Jean-Baptiste Duroselle, successeur de Pierre Renouvin à la chaire des relations internationales et assesseur du doyen, pousse à la création de postes d’histoire des pays extra-européens, et obtient en 1967 la création de deux enseignements nouveaux, sur la Chine, et sur les États-Unis – attitude courageuse témoignant d’une vision à long terme en un temps d’anti-américanisme virulent à gauche comme à droite.

Claude Fohlen est élu sur le poste d’histoire de l’Amérique du Nord où, de 1967 à sa retraite en 1988, il fait œuvre de pionnier. Alors que les spécialistes des États-Unis sont encore rares, il en a une connaissance à la fois universitaire et personnelle : il a participé à un séminaire d’histoire américaine à Salzburg en 1951, a enseigné l’histoire de France pendant un an à l’Université de Yale en 1957-1958, et a publié en 1965 aux PUF dans la collection « Nouvelle Clio » une mise au point sur les débats historiographiques concernant les États-Unis et le Canada, une approche alors très novatrice (L’Amérique anglo-saxonne de 1815 à nos jours).

L’enseignement de l’histoire américaine à la Sorbonne ne commence cependant réellement qu’à la rentrée de 1968, du fait de divers problèmes administratifs et des mouvements estudiantins du printemps. En 1970, alors que l’institution éclate, Claude Fohlen choisit Paris I et le Centre de recherches d’histoire nord-américaine – complément de la chaire, et dont il est directeur –, s’installe dans l’aile sud, à côté des locaux du Centre Pierre Renouvin. Claude Fohlen y monte une bibliothèque unique en son genre, avec l’aide des services culturels des ambassades américaine et canadienne. Le Centre bénéficie de la présence de deux maîtres-assistants, André Kaspi et Jean Heffer, puis Jacques Portes et Hélène Trocmé, et d’une ingénieure de recherches au CNRS, Nicole Fouché.

Désireux de couvrir tous les domaines de l’histoire de l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada), de l’ère coloniale à l’époque contemporaine, et d’élargir les connaissances de ses étudiants, Claude Fohlen change les thèmes de ses cours tous les ans. Il en tire la substance de nombreuses publications, sur les Indiens, les Noirs, l’Amérique de Washington à Roosevelt pour reprendre quelques titres, et de biographies de Thomas Jefferson et de Benjamin Franklin. Toujours pour varier les perspectives, son séminaire de doctorat accueille d’éminents historiens américains.

Soucieux du rayonnement de l’histoire de l’Amérique du Nord en France et à l’étranger, Claude Fohlen entretient des relations d’amitié avec de nombreux chercheurs et noue des relations avec les associations de spécialistes, comme l’Association française d’études américaines dont il a été l’un des fondateurs, et l’Association française d’études canadiennes dont il fut président. Il est aussi membre, depuis 1969, de la commission Fulbright dont le président est alors Jean-Baptiste Duroselle.

Chercheur confirmé et pédagogue talentueux, Claude Fohlen a dirigé de très nombreuses maîtrises et une vingtaine de thèses, dont celles de spécialistes reconnus des États-Unis et du Canada, et, parmi eux, Elise Marienstras, Jean Heffer, Olivier Zunz, Jacques Portes. Il a ainsi joué un rôle majeur dans la diffusion de connaissances donnant beaucoup d’informations sur la première puissance mondiale.



*   Directrice du Centre de recherches d’histoire nord-américaine, Université Paris I Panthéon-Sorbonne.