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Claude Mussou, Les sources de la radio et de la télévision pour l’historien du temps présent

Les sources de la radio et de la télévision pour l’historien du temps présent

 

 

Bulletin n° 26, automne 2007

 

 

Claude Mussou

 

 

L’intérêt de l’historien pour l’actualité, le temps présent, l’immédiateté de l’événement et sa transformation en fait historique est depuis Thucydide et son Histoire de la guerre du Péloponnèse constitutif des pratiques du métier. Historien chroniqueur, historien magistrat, historien acteur et témoin de son temps, historien expert … la posture a évolué au fil des siècles et de leurs mutations, toujours au service d’une intelligibilité de l’histoire, qui, un temps science du passé s’est progressivement attachée à comprendre la période très contemporaine.

 

<h1 style="margin-top:12.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt;margin-left: 0cm;text-align:justify;text-indent:0cm;line-height:120%;mso-list:l0 level1 lfo1; tab-stops:0cm">Des sources audiovisuelles pour l’historien</h1>

 

La naissance et l’essor des médias de masse ont contribué à donner à l’actualité, notion par définition volatile et éphémère, une existence propre. Ils participent de fait à la construction d’un présent historique, à la fois dilaté et insaisissable, dont on a parfois le sentiment que le traitement narratif des médias peut le figer pour mieux restituer « la chaleur », voire accentuer la brûlure de l’événement et concentrer « l’air du temps ».

Depuis plus d’un demi-siècle, les médias audiovisuels, radio et télévision, rendent compte d’une actualité politique, culturelle et sociale tant sur le plan national qu’international. L’intérêt scientifique pour ces sources, notamment dans l’analyse des relations internationales, est aujourd’hui avéré, même si la discipline historique a mis du temps à dépasser les réticences face aux médias eux-mêmes, puis à adapter ses pratiques et définir des outils et une méthodologie spécifiques pour leur prise en compte dans des corpus d’étude et de recherche.

La démarche s’inscrit pour une part dans la tradition de l’étude des représentations, fondamentale pour la compréhension des relations entre les nations. Que montrent les programmes d’information télévisée de ces relations ? Comment cette représentation a-t-elle évoluée dans les différents formats de l’actualité – presse filmée, journaux télévisés, magazines de reportage ?

Il est certes difficile de mesurer l’impact des médias dans les relations internationales, de déterminer le poids du traitement médiatique dans les relations économiques, culturelles, diplomatiques entre les nations. Toutefois, il est certain que la propagation des images, la mise en scène des relations diplomatiques (poignées de main, visites officielles ou conférences au sommet), les images de guerre et de conflits, participent de la construction et de l’élaboration de ces représentations collectives. En ce sens, la tendance a atteint un sommet avec la diffusion en boucle, sur toutes les chaînes de télévision, des images des attentats du 11 septembre 2001. Sans doute ces attaques terroristes doivent-elles en grande partie leur statut d’événement, dans l’élaboration comme dans les effets, à leur traitement médiatique.

Dès la fin des années soixante-dix, les historiens du politique ont été pionniers dans la prise en compte des sources de la radio et de la télévision. La démarche était innovante et les travaux portaient essentiellement sur l’information télévisée – journaux télévisés, magazines de reportages, débats télévisés et campagnes électorales. Elle fut menée à l’initiative de Jean-Noël Jeanneney pour les étudiants d’un séminaire de l’IEP avec la collaboration exceptionnelle du département de la recherche de l’Institut national de l’audiovisuel[1].

 

<h1 style="margin-top:12.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:6.0pt;margin-left: 0cm;text-align:justify;text-indent:0cm;line-height:120%;mso-list:l0 level1 lfo1; tab-stops:0cm">L’Institut national de l’audiovisuel : conservatoire de la radio et de la télévision</h1>

 

L’INA, fruit du démantèlement de l’ORTF en sept sociétés publiques autonomes, est en charge depuis sa création en 1975 de la conservation et de l’exploitation des programmes de la radio et de la télévision. Cette dimension d’archivage essentielle, au même titre que les autres missions fondatrices de l’institut (formation, production et recherche), a témoigné d’une volonté politique attendue de créer les conditions de conservation d’un patrimoine nouveau, elle constitue un gage de reconnaissance par les pouvoirs publics de la nécessité de préserver les programmes diffusés à la télévision.

D’emblée, la portée du dispositif est toutefois essentiellement utilitaire et vise surtout à permettre dans un contexte de monopole public de radio et télédiffusion, la réutilisation, par les professionnels, de tout ou partie des programmes archivés. Leur accès à des fins d’étude et de recherche n’est pas pour lors pas envisagé et il faut attendre le vote de la loi du 20 juin 1992, qui étend le dépôt légal aux programmes de la radio et de la télévision, pour que la valeur patrimoniale de ces sources soit réellement reconnue. 

La réforme de la loi sur le dépôt légal naît en effet dans un contexte de disparition récente du monopole public et de concurrence nouvelle et exacerbée entre secteur privé et secteur public de l’audiovisuel.

La conservation des programmes diffusés par les jeunes chaînes privées échappe alors à l’INA. C’est ainsi qu’émerge la nécessité de mettre en œuvre, au même titre que pour les documents écrits, un dispositif légal de collecte, de conservation et de mise à disposition des programmes de la radio et de la télévision, de façon à permettre la constitution de collections patrimoniales mais aussi à fournir des sources pour l’analyse et la compréhension de l’histoire immédiate.

C’est logiquement à l’INA, riche d’une expérience inégalée en matière de conservation de documents audiovisuels, qu’échoit selon les termes de la loi, cette obligation de conservation patrimoniale et communication des œuvres et documents de la radio et de la télévision françaises à des fins de recherche [2].

<h1 style="margin-top:4.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:0cm;margin-left: 0cm;margin-bottom:.0001pt;text-align:justify;text-indent:0cm;line-height:120%; mso-list:l0 level1 lfo1;tab-stops:0cm"> </h1> <h1 style="margin-top:4.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:0cm;margin-left: 0cm;margin-bottom:.0001pt;text-align:justify;text-indent:0cm;line-height:120%; mso-list:l0 level1 lfo1;tab-stops:0cm">Mise en œuvre du dépôt légal de la radio et de la télévision par l’Inathèque</h1>

 

L’Inathèque est le nouveau département de l’institut créé pour mener à bien cette mission. Le décret d’application du 31 décembre 1993 précise le périmètre de la loi, les diffuseurs et les documents concernés et les modalités de versement.

À compter de la prise d’effet de la loi, le 1er janvier 1995, sont déposés les premiers documents concernés par le dépôt légal. Selon le décret d’application, le dispositif concerne au départ 7 chaînes hertziennes et les 5 stations de Radio France. Des phases successives d’extension permettent d’offrir aujourd’hui à l’analyse des chercheurs 52 chaînes de télévision et 17 stations de radio. Depuis septembre 2006, pour mieux répondre aux besoins des usagers qui mènent des travaux comparatistes, l’INA a pris l’initiative de « capter », en dehors du périmètre du dépôt légal, trois chaînes internationales d’information continue CNN, BBC World et Al Jaezeera.

Dans le deuxième contrat d’objectifs et de moyens conclu entre l’État et l’INA, à l’horizon 2009, 100 chaînes de télévision et 20 stations de radio seront concernées par le dépôt légal.

La révolution numérique a eu raison du versement de supports enregistrés par les diffuseurs, et dès 2001 l’évolution des techniques a permis de mettre en place un dispositif de captation numérique des programmes diffusés 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Ainsi, l’intégralité des flux diffusés est accessible au chercheur qui n’est plus contraint par les termes du décret de restreindre son champ d’étude aux seuls programmes de production ou co-production française soumis aux critères du dépôt légal.

En terme de volume, l’accroissement annuel est de 350 000 heures pour la télévision, 180 000 heures pour la radio.

Ces flux temporels qui ne vivent que le temps de leur diffusion constituent aujourd’hui, grâce à la volonté politique, à la conviction scientifique, à l’évolution des techniques d’enregistrement et de conservation, la mémoire de ce que les médias ont transmis de l’actualité. Celle-ci s’enrichit au fur et à mesure de la diffusion des programmes et est accessible pour les historiens du temps présent au centre de consultation de l’Inathèque.

Depuis 1998, ce centre de consultation est installé en bibliothèque de recherche sur le site de la Bibliothèque François-Mitterrand à Paris. Il accueille sur accréditation les usagers qui justifient d’un objet de recherche.

Ces usagers ont à leur disposition des stations de lecture audiovisuelles (SLAV), postes multimédias qui permettent à la fois la recherche dans les bases de données documentaires de l’INA, la gestion de corpus de recherche par des outils informatiques, le visionnage ou l’écoute des programmes, ainsi que leur segmentation et annotation. Une assistance documentaire et technique complète ce dispositif.

C’est le travail documentaire qui constitue la valeur ajoutée de ces sources et permet des recherches fines dans des volumes si importants. Chaque programme est décrit dans une notice découpée en champs documentaires dont les requêtes renseignent tant sur le contenu du programme que sur son générique, ses dates ou chaîne de diffusion, le genre ou la collection à laquelle ils sont rattachés… La documentation dite « d’accompagnement » (bulletins de presse, rapport de chef de chaîne…), et les outils de contextualisation nécessaires (conducteurs d’actualité, journaux de programme, grilles de programmes…) sont également disponibles pour une meilleure exploitation des sources.

 

<h1 style="margin-top:4.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:0cm;margin-left: 0cm;margin-bottom:.0001pt;text-align:justify;text-indent:0cm;line-height:120%; mso-list:l0 level1 lfo1;tab-stops:0cm">Les sources antérieures au dépôt légal</h1>

 

Pour définir les bornes temporelles de son sujet de recherche, le chercheur ne peut toutefois se satisfaire, pour l’accès aux sources, de la date de début de la collecte, au titre du dépôt légal, fixée au 1er janvier 1995. L’actualité de la période antérieure regorge d’événements dont le traitement médiatique est riche d’intérêt (construction européenne, guerre d’Indochine, d’Algérie, Guerre froide, dissolution de l’URSS, chute du mur de Berlin…). C’est pourquoi, grâce aux efforts déployés par l’INA, dans le cadre d’un plan de sauvegarde et de numérisation de ses collections, l’accès aux fonds antérieurs au dépôt légal est désormais rendu possible.

Ce plan, démarré en 1999, vise à préserver et sauvegarder les contenus conservés sur des supports menacés de dégradation physique ou chimique, en assurant leur migration sous forme de fichiers numériques. À l’horizon 2015, l’intégralité des fonds menacés, à savoir 830 000 heures, devrait être numérisée, près de la moitié de la tâche est d’ores et déjà achevée.

Cette démarche de dématérialisation des supports facilite aujourd’hui pour les usagers de l’Inathèque l’accès aux programmes de la radio et de la télévision publiques précédant la mise en place du dépôt légal. Les documents sont accessibles par les bases de données qui recensent les fonds conservés par les archives de l’INA depuis sa création. Ils proviennent soit des fonds de la presse filmée (Les Actualités françaises) diffusés dans les salles de cinéma entre 1940 et 1969, soit des archives professionnelles dépositaires des programmes produits ou co-produits par la RTF (1949-1964), l’ORTF (1964-1974) puis les chaînes publiques nées après l’éclatement de l’office en 1975.

 

<h1 style="margin-top:4.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:0cm;margin-left: 0cm;margin-bottom:.0001pt;text-align:justify;text-indent:0cm;line-height:120%; mso-list:l0 level1 lfo1;tab-stops:0cm">Genèse des formats de l’Actualité </h1>

 

Le fonds de la presse filmée, dit des Actualités françaises, est constitué des reportages d’actualités diffusés dans les salles de cinéma par une société cinématographique alors concurrente de Pathé et Gaumont et dont l’activité, commencée en 1940 prit fin en 1969, au moment où les sociétés de la presse filmée perdaient, au profit de la télévision, la faveur des spectateurs français pour ce qui concerne l’information en images.

Les Actualités mondiales créées en juillet 1940 prennent le nom de France Actualités en août 1942, puis de France Libre Actualités en 1944 avant de se désigner sous le nom d’Actualités françaises de 1945 à 1969. Ce fonds, riche notamment des images des années de guerre et d’occupation, fut acquis par l’ORTF en 1969, l’INA en hérita à sa création. Selon l’époque, les moyens techniques disponibles ou encore le contexte international, il est intéressant d’analyser ce qui a été montré aux spectateurs français en matière d’informations internationales : La première réunion de l’Onu en 1946, le discours fondateur de Winston Churchill au Congrès de l’Europe en 1948, la guerre en Palestine en 1948, la mort de Staline en 1950… L’INA conserve aussi des documentaires et reportages produits par l’Office français d’informations cinématographiques (OFIC). Le fonds compte 160 reportages issus du magazine d’actualité Ici la France consacré aux forces françaises libres et des tournages réalisés par les Alliés à Londres, en Afrique, au Moyen-Orient, en Corse et en Afrique du Nord, entre 1940 et 1944. Les films documentaires recensent notamment 34 films sur l’Algérie, 10 sur le Maroc et 15 sur la Tunisie, parmi ceux-ci une quinzaine sont en couleur.

Les débuts de la télévision sont marqués par l’apparition du journal en 1949, à une époque où l’information télévisée est, de fait, monopolisée par les actualités cinématographiques qui fournissent l’essentiel des sujets au nouveau média. Le schéma narratif du journal suit alors le modèle existant dans lequel les sujets sont organisés selon un ensemble cohérent découpé en rubriques (politique, mondanités, catastrophes et sport).

Le présentateur n’a pas encore fait son apparition sur le petit écran et les sujets s’articulent et se succèdent selon un schéma pré-établi, soumis à la forme et aux lois du genre. Les sujets internationaux proviennent d’échanges, passés avec des sociétés de production étrangères, qui circulent d’un pays à l’autre. C’est cette nécessité de satisfaire un public universel, défini en dehors de son appartenance nationale qui explique leur formatage et leur uniformité (Le président Harry Truman se repose 21 janvier 1950, Chapeaux de printemps aux USA 4 mars 1950, La terre glisse près d’Oslo  – 14 octobre 1953 …).

La conscience aiguë des potentialités du média, l’évolution de l’équipement des ménages, l’apparition de matériels plus légers et le perfectionnement des techniques de diffusion transformeront peu à peu les modes de traitement de l’information. Ainsi, très vite, les nouveaux formats de caméra généralisent l’emploi du film 16 mm, rapidement développé et les reportages en direct créent les conditions du spectacle et de l’ouverture sur le monde.

En 1959, c’est l’apparition de Cinq colonnes à la Une, premier magazine de grand reportage qui donnera à l’information télévisée ses lettres de noblesse et contribuera à modifier la formule du journal télévisé sous la pression de cette nouvelle concurrence. À l’époque où apparaît le magazine, la guerre d’Algérie ébranle le pouvoir français. C’est un sujet d’information complexe et polémique. Le sujet est pourtant largement abordé dans Cinq Colonnes, et fonde en partie sa réputation.

Marc Ferro l’a souligné, « ce sont évidemment les magazines d’actualités qui ont incarné la fonction novatrice de la télévision en ouvrant une fenêtre sur le monde à une époque où, durant les années soixante, l’histoire s’accomplissait au Congo, à Cuba, au Vietnam – loin de l’hexagone »[3].

 

<h1 style="margin-top:4.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:0cm;margin-left: 0cm;margin-bottom:.0001pt;text-align:justify;text-indent:0cm;line-height:120%; mso-list:l0 level1 lfo1;tab-stops:0cm">Quelques éléments de l’histoire des supports d’archivage</h1>

 

L’histoire de l’archivage et de la conservation des documents audiovisuels est étroitement liée à l’évolution des techniques d’enregistrement. La variété des supports et leur conservation – du film aux fichiers numériques en passant par les différents formats de bande magnétiques et le Kinescope – conditionne la consultation des sources. 

Les documents de la presse filmée conservés à l’INA réunissent un ensemble de plus de 40 000 reportages et représentent 4 millions de mètres de pellicules. Jusqu’en 1953 les tournages étaient effectués en 35 mm sur pellicule nitrate fragile et facilement inflammable. Ces pellicules ont très tôt été transférées sur support de secours acétate afin d’éviter l’irréparable. L’ensemble du fonds a fait l’objet d’une restauration systématique et d’une migration successive sur support vidéo puis fichier numérique.

Le journal télévisé est l’émission emblématique du « Direct ». C’est pourquoi l’archivage d’un JT dans sa continuité, avec alternance de plateaux, de lancements, de commentaires en direct, de duplex et de reportages, dépend de l’existence préalable de moyens d’enregistrement et de la conservation des supports de ces enregistrements.

Avant l’apparition du Kinescope en 1956, procédé technique qui permet de filmer un écran de télévision afin d’enregistrer en simultané la réalité de la diffusion, il n’existe pas de procédé d’enregistrement. Les reportages diffusés dans le journal sont conservés sur des supports films, la partie qui se déroule en studio, les commentaires ou les entretiens réalisés en direct, sont définitivement perdus. C’est pourquoi les sources écrites qui permettent de rétablir la chronologie et la hiérarchie du programme sont précieux. Le conducteur, en l’absence de « parallèle antenne » permet en effet de reconstruire le sommaire et le générique du journal.

Les kinescopes sont enregistrés sur des supports films entre 1956 et 1974. Tous n’ont pas été conservés et tous ne sont pas intacts, beaucoup ont subi les coups de ciseaux ravageurs de professionnels en quête d’images réutilisables. Des premières années, il reste 3 kinescopes intacts en 1956 au moment de l’affaire de la nationalisation du canal de Suez, et 3 en mai 1958, à l’époque des premiers événements d’Algérie.

C’est vers 1960 que débutent véritablement les enregistrements magnétiques. Les bandes 2 pouces ne servent alors qu’à l’enregistrement des reportages issus des échanges internationaux, régionaux et des retransmissions d’événements politiques ou sportifs. Les supports, très onéreux, sont presque systématiquement recyclés, effacés pour réutilisation. Près de 10 000 supports sont archivés et ont été sauvegardés. Ils ne constituent pas un support d’archivage du JT mais des retransmissions en direct, d’événements, de débats …

Les enregistrements magnétiques de l’intégralité des journaux télévisés, appelés « parallèles antenne », n’apparaissent dans les rédactions qu’en 1976. Après cette date, les diffuseurs déposent systématiquement à l’INA les enregistrements magnétiques de toutes les éditions du journal.

Ce que montrent les journaux télévisés, ou les magazines d’information, de l’actualité internationale est, à compter de cette période, plus facilement accessible au chercheur.

 

 

Désormais, dans un contexte de surabondance d’images et de sons, l’actualité, parfois créée pour et par le média à l’échelle planétaire, continue de se diffuser essentiellement au travers des programmes d’information de la radio et de la télévision. L’INA offre aujourd’hui à des publics variés un accès possible à ces sources qui peu à peu se sédimentent – de l’actualité la plus brûlante à une actualité plus ancienne et dépassionnée – et au chercheur la possibilité d’une distance lucide et critique face à l’événement et à son traitement médiatique.  



[1]    Les résultats de ces travaux ont fait l’objet d’une publication : Jean-Noël Jeanneney et Monique Sauvage (dir.), Télévision, nouvelle mémoire Les magazines de grand reportage, Seuil-INA, Paris, 1982.

[2]    Loi n° 92-546 du 20 juin 1992 relative au dépôt légal.

[3]    Marc Ferro, « L’empire de l’image » in Marc Ferro et Jean Planchais (dir.), Les Médias et l’histoire. Le poids du passé dans le chaos de l’actualité, Paris, CFPJ éditions, 1997.