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Christelle Canto, Le coup d’État du Mouvement des Forces Armées du 25 avril 1974 au Portugal à partir des archives de la radio

Le coup d’État du Mouvement des Forces Armées du 25 avril 1974 au Portugal à partir des archives de la radio

 

 

Bulletin n° 26, automne 2007

 

 

Christelle Canto[1]

 

 

Le soulèvement militaire, mené par le Mouvement des Forces Armées le 25 avril 1974, est un événement majeur de l’histoire contemporaine portugaise qui marque la fin des quarante-huit années de dictature salazariste. En effet, le régime dictatorial de l’Estado Novo s’effondre en l’espace d’une journée lorsque l’un de ses piliers, en l’occurrence l’armée ou du moins une partie de l’armée, décide de ne plus le soutenir. Le Mouvement des Forces Armées (MFA) est alors principalement composé de jeunes officiers subalternes – majors et capitaines – mus par une même ambition : renverser le pouvoir établi, poser les bases d’un régime démocratique et mettre un terme à la guerre de guérilla menée en Afrique depuis treize années. Les officiers du MFA, qui constituent un ensemble hétérogène et complexe, parviennent à passer d’une logique de revendications corporatistes à une prise de position politique radicale. Le travail de recherche a essentiellement porté sur l’analyse des motivations profondes de ces officiers qui, formés par la dictature, combattant au nom de ce régime et appartenant à un appareil d’État strictement hiérarchisé, s’organisent en mouvement de libération.

C’est au fil des recherches et à la lecture des sources – archives du MFA[2], presse portugaise et française, mémoires et entretiens de quelques officiers du MFA – qu’une réflexion sur le rôle de la radio, dans le déroulement même de la révolution, se précisa et s’imposa progressivement. Il convient ainsi de souligner que les archives radiophoniques (de Rádio Renascença) peuvent être consultées sans la moindre difficulté ainsi que les archives audiovisuelles de Rádio Televisão Portuguesa (RTP) à la Bibliothèque nationale de Lisbonne. De plus en ce qui concerne les images de RTP, ces dernières sont régulièrement diffusées lors des dates anniversaires du soulèvement militaire.

 

La radio au cœur du déclenchement du coup d’État

 

Les officiers du MFA organisent, minutieusement et rapidement, le coup d’État grâce à leur solide expérience militaire. Le plan d’opération, qui est intitulé « Viragem histórica » et totalise trente pages, est d’ailleurs entièrement rédigé par le Major Otelo Saraiva de Carvalho. Celui-ci souhaitait que les unités du MFA, réparties dans le pays, se soulèvent simultanément pour mener une action d’envergure en évitant toute dispersion des forces. Mais pour que cette stratégie réussisse, il fallait que toutes les unités reçoivent au même instant l’ordre qui confirme le début des opérations. Or, seule la radio pouvait effectivement répondre à cette attente et diffuser sur l’ensemble du territoire le signal annonçant le début du coup d’État.

Dès lors, la radio occupe une place primordiale dans le déclenchement des opérations : « A rádio era imprescindível para dar início ao movimento de homens e de material bélico »[3].

En effet, deux stations de radio sont choisies par le MFA : Emissores Associados de Lisboa et surtout Rádio Renascença. En choisissant d’utiliser ce moyen de communication, le MFA s’expose à deux difficultés. Tout d’abord, les officiers du MFA ne devaient pas éveiller l’attention de la censure qui exerçait un contrôle rigoureux sur l’ensemble des médias. Cette censure imposait des limites aux journalistes quant au traitement de l’information, car ils ne pouvaient critiquer ouvertement la politique gouvernementale. Ainsi, la censure pouvait se manifester par la suppression d’émission de radio ou d’article de presse. En ce qui concerne Rádio Renascença, les journalistes étaient exposés à deux types de censure : la censure interne et la censure officielle exercée par un colonel chargé de surveiller, tout particulièrement, les émissions en direct dont l’ensemble de la programmation devait lui être présenté au préalable. De plus, si jusqu’à présent seuls des militaires étaient concernés par la planification du coup d’État, des civils allaient intervenir dans le déroulement de la révolution. Le MFA devait donc prendre de nouvelles précautions, notamment dans le choix des personnes contactées au sein des deux stations de radio. Ce n’est que quelques jours avant le 25 avril 1974 que le MFA établit les liens. Le capitaine José Inácio Costa Martins fut alors chargé de contacter João Paulo Dinis, journaliste qui travaillait aux Emissores Associados de Lisboa et à Rádio Clube Português. João Paulo Dinis avait été choisi car il était connu de certains officiers du MFA dont le major Otelo Saraiva de Carvalho rencontré en Guinée. De plus, pour Rádio Renascença, plusieurs civils étaient intervenus afin de permettre la diffusion du signal dont le journaliste Álvaro Guerra[4] qui assumait un rôle prépondérant. En effet, au cours de la journée du 24 avril 1974, c’est lui qui avait demandé à Carlos Albino, journaliste au quotidien República et responsable du programme « Limite » de Rádio Renascença, de préparer la diffusion du signal. Pour se faire, ce dernier rencontra Manuel Tomas, journaliste à Rádio Renascença, pour régler tous les détails techniques. En outre, Álvaro Guerra, alors rédacteur en chef de República, avait fait insérer dans le numéro du 24 avril 1974 à la rubrique spectacle, cette annonce aux paroles très suggestives :

« O programa Limite transmitido pela Rádio Renascença diariamente entre a meia-noite e as duas horas melhorou nas últimas semanas. A qualidade das notícias e o rigor da selecção musical fazem de Limite um momento radiofónico de escuta obrigatória »[5].

C’est en effet au cours du programme « Limite », que le signal confirmant le soulèvement des unités du MFA devait être émis. Ces civils sont donc intervenus dans le déclenchement du soulèvement en accord avec le MFA qui a su s’adresser à des personnalités de confiance connues pour leur opposition au régime.

Par ailleurs, le MFA devait s’assurer de la bonne réception de l’information par les unités. C’est pourquoi, dans le document « Confirmação do início das operações »[6], il fut ordonné à l’ensemble des unités de se doter de radio pour recevoir l’ordre d’agir mais aussi pour se tenir à l’écoute et suivre l’évolution du coup d’État tout au long de la journée.

 

Une « révolution musicale »

 

Pour éviter d’éveiller les soupçons de la censure, les officiers du MFA décidèrent également d’utiliser deux chansons pour annoncer et confirmer l’opération visant au coup d’État. Les officiers devaient donc choisir des chansons qui n’attireraient en rien l’attention des censeurs chargés de valider la programmation des émissions. Ces chansons étaient exclusivement destinées aux militaires du MFA, elles avaient donc un usage interne. Ainsi, la première d’entre elles, E Depois do adeus, avait été présentée lors d’un concours musical quelques temps auparavant et avait remporté un grand succès. Il s’agissait donc d’une chanson populaire sans aucune portée politique ou polémique. Toutefois, au sujet du choix de la seconde chanson, les officiers du MFA avaient rencontré quelques difficultés pour échapper à la censure. Dans un premier temps, les militaires avaient opté pour la chanson Venham mais Cinco interprétée par José Afonso[7]. Or, cette dernière était interdite de diffusion par la censure interne de Rádio Renascença (bien que tolérée par la censure gouvernementale). C’est le journaliste Carlos Albino qui avait prévenu alors le MFA le 23 avril 1974. Ce même jour, il leur proposa, par l’intermédiaire d’Álvaro Guerra, une liste de chansons dont Grândola, Vila Morena qui défendait des valeurs telles que l’égalité et la fraternité. Cette chanson fut finalement choisie par le MFA pour être le second signal marquant le début des opérations militaires. Les deux chansons ainsi définitivement fixées, les militaires mobilisés et engagés dans le soulèvement attendaient la diffusion de ces signes de reconnaissance convenus pour passer à l’action.

Le premier signal fut diffusé par Emissores Associados de Lisboa le 24 avril 1974 à 22 h 55 : « Faltam cinco minutos para as 23 horas. O Paulo de Carvalho com o Eurofestival 74: E Depois do adeus »[8].

Cette phrase-clé, prononcée par le journaliste João Paulo Dinis, est suivie de la chanson E Depois do adeus marquant ainsi le début des opérations. Toutefois, ce signal ne concernait qu’une partie des unités du MFA car les Emissores Associados de Lisboa disposait d’un réseau de diffusion qui se limitait à la capitale portugaise. Dès lors, seuls les militaires du MFA présents à Lisbonne ont pu recevoir le dit signal et ainsi se préparer à agir. À 0 h 20 le 25 avril 1974, le second signal est retransmis au cours du programme « Limite » de Rádio Renascença. Dans un premier temps, l’animateur de l’émission, Leite de Vasconcelos, lit la première strophe de la chanson Grândola, Vila Morena[9] :

« Grândola Vila Morena

Terra da fraternidade,

O povo é quem mais ordena

Dentro de ti, ó cidade !  »[10]

Puis, la chanson fut diffusée dans son intégralité. Grândola, Vila Morena confirma le début des opérations militaires du MFA, il fut alors impossible de reculer, la révolution était en marche. En effet, Rádio Renascença qui disposait d’un réseau national permettait une mobilisation générale de tous les militaires du MFA répartis sur l’ensemble du territoire. Les unités sortirent des casernes et s’acheminèrent vers la capitale. Celles qui étaient présentes à Lisbonne commencèrent à occuper les différents points stratégiques de la ville : l’aéroport, le ministère de l’Armée, l’État-major de l’Armée, la Banque nationale et surtout la Rádio-Televisão Portuguesa (RTP) ainsi que deux stations de radio (Emissora Nacional et Rádio Clube Português). C’est donc cette dernière chanson qui apparut comme le détonateur du soulèvement et souligna l’importance de la radio dans la mise en pratique du plan. La radio, souvent occultée, n’est pas qu’un simple moyen de communication mais est un acteur à part entière de cette révolution. Elle en est même une des caractéristiques au même titre que les célèbres œillets.

 

Contrôler les quatre grandes stations de radio portugaises

 

Ce sont donc deux stations de radio qui annoncèrent et confirmèrent le soulèvement du MFA : Emissores Associados de Lisboa et Rádio Renascença. Toutefois, deux autres stations étaient concernées par ce coup d’État, non parce qu’elles participaient à son déclenchement, mais parce qu’elles étaient des objectifs prioritaires pour les militaires. En effet, Rádio Clube Português et Emissora Nacional étaient considérées comme des points névralgiques qu’il fallait occuper et contrôler. Peu après 2 heures, une colonne sortit du champ de tir de la Serra da Carregueira (au nord de Lisbonne) pour occuper les locaux de Emissora Nacional. Puis, à 3 h 12, un groupe mené par le Major José Manuel Costa Neves et composé de sept officiers[11], pénètre dans les locaux de Rádio Clube Português. De plus, la RTP, qui constituait un autre objectif fondamental, fut rapidement occupée par un groupe d’une centaine de militaires[12] de l’Ecole Pratique de l’Administration Militaire (située à Lisbonne). Ainsi, le 25 avril 1974 entre 3 h 15 et 3 h 25, trois messages parviennent au poste de commandement du MFA[13] confirmant l’occupation de trois lieux stratégiques : « Mónaco », « México » et « Tóquio » étaient entre les mains du MFA. Il s’agissait des noms de code désignant respectivement la RTP (Rádio-Televisão Portuguesa), Rádio Clube Português et Emissora Nacional.

Ce qui se joua dès les premiers instants de la révolution c’est aussi la lutte pour la maîtrise des moyens de communication et d’information. Du fait de leur implication dans le déclenchement du coup d’État, Emissores Associados de Lisboa et Rádio Renascença avaient déjà basculé dans l’insoumission. Mais le MFA voulait contrôler les deux autres grandes stations de radio du pays : Emissora Nacional et Rádio Clube Português, ainsi que la RTP pour maîtriser l’information audiovisuelle. L’occupation de Rádio Clube Português était fondamentale pour la poursuite du coup d’État car elle devait devenir l’émetteur du poste de commandement du MFA. En effet, Rádio Clube Português était la seule à posséder un générateur autonome ce qui constituait un atout déterminant pour le poste de commandement du MFA car cela lui assurait une parfaite autonomie en électricité. De fait le premier communiqué du MFA, lu par le journaliste Joaquim Furtado, fut diffusé par Rádio Clube Português le 25 avril 1974 à 4 h 26 :

« Aqui posto de comando do Movimento das Forças Armadas. As Forças Armadas portuguesas apelam para todos os habitantes da cidade de Lisboa no sentido de recolherem a suas casas, nas quais se devem conservar com a máxima calma.

Esperando sinceramente que a gravidade da hora que vivemos não seja tristemente assinalada por qualquer acidente pessoal, para o que apelamos ao bom senso do comando das forças militares no sentido de serem evitados quaisquer confrontos com as Forças Armadas.

Tal confronto, além de desnecessário, só poderá conduzir a sérios prejuízos individuais, que enlutariam e criariam divisões entre portugueses, o que há que evitar a todo o custo.

Não obstante a expressa preocupação de não fazer correr a mínima gota de sangue de qualquer português, apelamos para o espírito cívico e profissional da classe médica, esperando a sua ocorrência aos hospitais, a fim de prestar a sua eventual colaboração, o que se deseja sinceramente desnecessária »[14].

Le MFA avait besoin de maîtriser les stations de radio, du moins les plus importantes, pour pouvoir contrôler l’information. Dès lors, le MFA dépossèda le régime de tout moyen de communication (radio et télévision) et diffusèrent sur Rádio Clube Português des communiqués pour informer la population. La radio n’était plus un simple moyen de communication, sa maîtrise devint un enjeu primordial et décisif pour le MFA.

En occupant les locaux des stations de radio ou en s’assurant la coopération des journalistes ralliés à leur cause, le MFA contrôlait les quatre plus grandes offres radiophoniques du pays : Rádio Clube Português, Emissora Nacional, Emissores Associados de Lisboa et Rádio Renascença. Chacune de ces radios possédait ses propres caractéristiques. Mais la disparité des régimes de propriété de ces radios était grande. En effet, Emissora Nacional appartenait à l’État portugais, et en l’occupant, le MFA privait donc le régime d’un moyen de communication rapide. Rádio Renascença appartenait, quant à elle, à l’Église catholique portugaise et malgré sa vocation conservatrice cela ne l’empêchait pas de porter des attaques contre le régime, surtout au cours des dernières années de la dictature. Ainsi, l’émission « Limite », créée en 1973, proposait un regard nouveau sur la réalité du pays en soulevant des problèmes économiques, politiques et sociaux. L’autre particularité de cette émission résidait dans le fait qu’elle était diffusée en direct. Il n’était donc pas étonnant que les autorités la surveillent de près. En ce qui concerne Rádio Clube Português, il s’agissait d’une radio privée qui ne désapprouvait pas le régime et qui voulait surtout préserver ses intérêts financiers. Quant aux Emissores Associados de Lisboa, cette dernière diffusait principalement une programmation musicale populaire évitant tout commentaire sur la politique gouvernementale ainsi que sur le régime lui-même.

En contrôlant ces quatre stations de radio, le MFA se plaça en position de force, maîtrisant ainsi un large paysage radiophonique contrairement au gouvernement incapable de s’adresser à la population. La radio disposait donc d’une place de choix dans cette révolution car elle permit, d’une part, le déclenchement du soulèvement en mobilisant simultanément les unités ralliées au MFA, et d’autre part, elle assura au MFA un lien direct, constant avec les militaires ainsi qu’avec les civils portugais. 

Le régime renversé, la victoire assurée, les officiers du MFA mirent fin progressivement à l’occupation des stations de radio et des locaux de la RTP. En effet, le MFA ne souhaitait pas s’approprier les moyens de communication et d’information, ces occupations s’inscrivant uniquement dans la logique immédiate de renversement de la dictature. Le 27 avril 1974, le Programa de Acção Política do MFA[15] fut présenté à la population. Il prévoyait l’abolition de la censure ainsi que la création d’une commission ad hoc pour contrôler la presse, la radio, la télévision, le théâtre et le cinéma. Les médias firent alors lentement l’expérience de la liberté d’expression au cours de la transition démocratique.




[1]    Cet article est issu du mémoire de master 1 « Le coup d’État du 25 avril 1974 au Portugal : la révolution des officiers du Mouvement des Forces Armées » soutenu à l’Université de Paris I, sous la direction d’Annick Lempérière, le 22 juin 2006.

 

[2]    Les archives du MFA sont numérisées sur le site internet du Centre de documentation du 25 avril de l’Université de Coimbra.

[3]    « La radio était indispensable pour donner le départ au mouvement d’hommes et de matériel belliqueux » (traduit par l’auteur). Voir Matos Maia, Aqui emissora da liberdade: Rádio Clube Português, 2a ed, Lisboa, Caminho, 1999, p. 13.

[4]    Álvaro Guerra (1936-2002) a combattu en Guinée de 1961 à 1963. Il est connu pour être un grand opposant au salazarisme et à la guerre coloniale. Entre 1964 et 1969, il s’installe en France où il étudie à l’École des Hautes Études. À son retour au Portugal, il collabore avec le journal d’opposition República.

[5]    « Le programme "Limite" retransmis par Radio Renaissance quotidiennement entre minuit et deux heures s’améliore depuis ces dernières semaines. La qualité des informations et la rigueur de la sélection musicale font de "Limite" un moment radiophonique d’écoute obligatoire ».

[6]    Document polycopié et distribué aux unités par des « Capitaines messagers » dès le 23 avril 1974.

[7]    José Afonso (Aveiro, 1929 – Setúbal, 1987) est un chanteur et compositeur portugais qui critiqua à travers ses œuvres musicales la dictature de l’Estado Novo. Surveillé par la police politique PIDE/DGS, il fut arrêté en avril 1973 et emprisonné jusqu’au mois de mai. C’est en prison qu’il écrivit la chanson Venham mais cinco minutos.

[8]    « Il manque 5 minutes pour les 23 heures ». Paulo Carvalho avec la chanson de l’Eurofestival 74 : E depois do adeus (traduction de l’auteur).

[9]    Arquivos da Rádio Renascença: programa Limite (0 h 00-1 h 00) do 25 de abril de 1974.

[10]   « Grândola, ville brune

     Terre de fraternité

     C’est le peuple qui commande

     Dans ton enceinte, oh ville ! » (traduction de l’auteur).

[11]   Le lieutenant-colonel Sacramento Gomes, le Major Delfim Moura, les capitaines Santos Ferreira, Correia Pombinho, Santos Silva, Mendonça de Carvalho et Santos Coelho.

[12]   Il s’agit de capitaines et de leurs subalternes qui se sont tous portés volontaires pour cette mission.

[13]   Le poste de commandement du MFA, à partir duquel le Major Otelo Saraiva de Carvalho dirigeait les opérations, était installé à Pontinha dans la région de Lisbonne.

[14]   « Ici le poste de commandement du Mouvement des Forces Armées. Les Forces Armées portugaises appellent tous les habitants de la ville de Lisbonne à retourner dans leurs maisons, y demeurer avec le plus grand calme. En espérant sincèrement que la gravité de l’heure que nous vivons ne soit tristement marquée par un quelconque accident personnel, c’est pourquoi nous faisons appel au bon sens du commandement des forces militaires pour que soit évité tout affrontement avec les Forces Armées. Un tel affrontement, non seulement inutile, ne pourra conduire qu’à de graves préjudices individuels qui endeuilleront et créeront des divisions entre les portugais, ce qu’il faut éviter à tout prix. Malgré la vive préoccupation de ne pas faire couler la moindre goutte de sang de quelque portugais que se soit, nous faisons appel à l’esprit civique et professionnel des médecins, en espérant leur venue dans les hôpitaux, pour apporter leur aide, souhaitant que cela ne soit sincèrement pas nécessaire ».  

[15]   « Programme d’Action Politique du MFA » (traduction de l’auteur).