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Annie Guenard, Art et diplomatie. La France en Pologne et en Tchécoslovaquie entre 1945 et 1951

Art et diplomatie. La France en Pologne et en Tchécoslovaquie entre 1945 et 1951

 

 

Bulletin n° 24, automne 2006

 

 

 

Annie Guenard

 

 

 

Entre mai et juillet 1946, avec une exposition,  « Dessins des artistes de l'École de Paris », la France manifeste ostensiblement son retour et son rang dans le champ de l'art auprès des populations de Pologne et de Tchécoslovaquie, dans les deux capitales et en  province[1]. Un peu plus d'un an s'est écoulé depuis les premiers contacts officiels à Varsovie et à Prague, capitales libérées de deux États piliers de la politique étrangère française au centre de l'Europe depuis des décennies. D'emblée, cette exposition d'œuvres récentes est dans la ligne d'un double message que porte en avant la diplomatie dans l'Est européen à la sortie de la guerre, par tous les canaux d'une affirmation culturelle : celui de la pérennité du prestige de Paris, capitale de la modernité artistique, et, à travers celle-ci, la pérennité de la puissance ; celui d'une France de la Résistance, unie autour des forces de gauche, dont il est nécessaire de faire la promotion. Dans des États profondément bouleversés à la sortie de la guerre, et en dépit des difficultés matérielles rencontrées (entre autres, de transport), les décideurs veulent en faire un événement symbolique, établi dans une perspective résolument politico-diplomatique.

 

À travers ce premier épisode de l'affirmation artistique de la France se confirme ce qui était déjà une réalité depuis la création du Service des Œuvres Françaises à l'Étranger en 1919 au sein du ministère des Affaires étrangères, plus encore dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale : le Quai d'Orsay considère la diffusion artistique comme un auxiliaire de premier ordre de la diplomatie et mise sur des manifestations capables d'un fort impact. En 1945, l'instrument de cette diffusion, « L'Association française d'Action Artistique » (AFAA), dont le Quai d'Orsay assure depuis la fin des années 1930 la quasi totalité du financement, connaît un changement de statut en étant rattachée au ministère des Affaires étrangères ; c'est désormais un acteur public. Philippe Erlanger en demeure le directeur (fonction déjà occupée  entre 1938 et 1940), tandis que Louis Joxe, placé en 1946 à la tête de la Direction générale des relations culturelles[2] (DGRC) en est le vice-président[3]. Depuis l'origine (1922), les champs artistiques couverts  par l'AFAA sont les arts plastiques, la musique et la danse, le théâtre. D'autres acteurs vont intervenir dans l'affirmation artistique, levier d'un retour en force diplomatique dans une  Europe centrale et orientale où les rivalités entre les grands vainqueurs de la guerre vont vite s'exacerber. Le ministère de l'Information (ou secrétariat d'État selon les gouvernements), comportant un département tourné vers l'étranger, a en charge la diffusion du cinéma, en liaison avec la Cinémathèque nationale. Des groupements de producteurs et l' « Office des métiers d'art et de création française » sont aussi recensés parmi les intervenants. Avec Auguste Perret et André Lurçat, l'architecture et l'urbanisme entrent dans le champ d'une affirmation artistique, plutôt dans l'immédiat après-guerre, en présentant les innovations et les réalisations liées à la reconstruction des villes sinistrées.

 

 

 

 

 

1946, un événement artistique chargé de sens et d'enjeux

 

 

 

Comment s'inscrit ce tout premier événement artistique du printemps 1946 dans la diplomatie de la France en Pologne et en Tchécoslovaquie,  autrement dit quels en sont les fondements, quels enjeux supporte-t-il? Très tôt en 1945, la France a reconnu les gouvernements qui se sont constitués après la libération des capitales et a procédé aux échanges d'ambassadeurs. Mais une réalité est éclatante au sortir de la guerre : dans un contexte international profondément renouvelé et alors que la France se trouve dans un état d'affaiblissement matériel et moral évident,  la seule véritable indépendance d'action dont elle peut disposer à l'étranger se situe sur le plan culturel. Chez ces deux anciens alliés –abandonnés à leur sort ou non secourus en 1938 et 1939 – et qui ont connu un destin proche, occupés, disloqués et soumis au nazisme,  tout est mis en œuvre dès le retour sur place pour une affirmation culturelle. Il s'agit d'obtenir une reconnaissance des divers courants politiques représentés dans les assemblées et les gouvernements, des opinions publiques, pour tenter de retrouver un rôle de premier plan ; c'est bien d'un enjeu de puissance qu'il s'agit. Mais ceci n'est possible qu'à condition d'y associer avec persévérance une démonstration, celle du « nouveau visage de la France » des années 1945-1946. En raison de l'interruption des contacts, les opinions se sont figées sur la France de 1939, sur une image de puissance tutélaire et d'influence culturelle mais entachée par les choix associés aux accords de Munich. La France de la Résistance, la « France nouvelle » selon le vocabulaire utilisé, non repliée sur elle-même, doit se faire connaître. Des signaux que l'exposition des « Dessins des artistes de l'École de Paris » est capable de fournir. Dans son discours d'inauguration, l'ambassadeur Roger Garreau, à Varsovie, insiste sur le caractère « à la fois international et français… » de cette École de Paris, « vers laquelle depuis vingt ans les regards se tournent... riche en apports russes, polonais, italiens ». Il ajoute que les oeuvres exposées « ont un prix particulier car conçues, exécutées pendant la guerre, dans des conditions leur donnant un témoignage d'indépendance et de foi dans la liberté de l'esprit... ». « Les salons des automnes 1942 et 1943... » furent « une fronde intellectuelle... », « une résistance à l'Occupation »[4].          .

 

Dans cette diplomatie de reconquête d'influence, deux autres niveaux d'enjeux immédiats sont associés à cette exposition. Les ambassadeurs observent le dynamisme des Anglo-Saxons dans le champ culturel, la présence des Soviétiques, et s'inquiètent du risque de disparition à court terme des avantages que leur confère – en dépit des handicaps soulignés plus haut – l'ancienneté et la diversité des interventions françaises avant la guerre, un ancrage en profondeur dans les élites intellectuelles, dans les milieux politiques également, communistes compris, pétris de culture française. Il s'agit d'une véritable course de vitesse qui s'est engagée fin 1945 et en 1946 entre les vainqueurs. L'organisation d'une exposition artistique permet dans un délai relativement rapide d'être présents et très visibles. Le temps nécessaire à la reconstitution des supports d'enseignement ou des réseaux associatifs d'amitié est infiniment plus long et relève d'un investissement sur le long terme, moins ostensible immédiatement. En 1946, la réponse à l'urgence, face à  la concurrence alliée, c'est l'événement médiatique, c'est le caractère symbolique au moins autant qu'esthétique de l'exposition. Il s'agit même de  devancer les concurrents : à Prague, les Anglais et les Italiens préparent une exposition de peinture, à Bratislava, les Soviétiques prévoient un festival de cinéma. Enfin, cette exposition artistique est le prolongement des deux grandes expositions d'art de 1935 et 1937 organisées par l'AFAA, sculpture, peinture impressionniste, expositions phares, d'un impact important. Avec cet événement, présenté sous cet angle précis de la continuité par-delà le second conflit mondial - dès 1938, une nouvelle exposition était prévue, « De Manet à Gischia »[5] – se joue la carte d'une diplomatie tournée vers des États amis et anciens alliés, leur accordant une attention toute particulière.

 

 

 

L'art plutôt que l'alliance

 

 

 

Au printemps 1946, une question fait l'objet d'un débat au sein du Quai d'Orsay : l'éventualité de nouveaux liens d'alliance à l'Est. L'initiative d'une telle proposition émane simultanément, au mois d'avril, de dirigeants polonais et tchécoslovaques, recherchant –officiellement – une sécurité face à l'Allemagne. À ce moment précis, la France voit ses positions s'améliorer dans les deux États, évolution qui se poursuit dans l'année – après une phase incertaine au sortir de la guerre en raison de dispositions diversifiées des hommes et des partis, faite de contrastes étant donné les attentes de nombre de décideurs très francophiles. L'évolution de sa politique intérieure, avec deux résultats électoraux favorables aux forces de gauche, la consolidation au fil des mois de ses positions diplomatiques dans les négociations entre alliés participent certainement au retour d'un prestige et d'une confiance davantage partagés dans ces États. L'activité déployée par les équipes diplomatiques et culturelles en poste intervient aussi, indéniablement, en faveur de cette embellie. Dans chaque cas, du fait du traité d'alliance contracté par le GPRF en 1944 avec l'URSS, la France apparaît comme le meilleur interlocuteur occidental et en fait le seul possible, un partenaire non compromettant permettant une balance équilibrée des influences étrangères. En effet, Pologne comme Tchécoslovaquie sont étroitement liées à l'Union Soviétique et leurs dirigeants savent qu'ils ne peuvent ignorer cette puissance[6]  ; or les équipes gouvernementales sont scindées entre ceux qui souhaitent très vivement garder des attaches à l'Ouest, capables de les aider à maintenir une liberté d'action face à l'Union Soviétique et ceux qui y sont inféodés. La diplomatie française s'oriente vers l'idée qu'elle est apte à constituer un médiateur entre l'Est et l'Ouest au moment où Churchill dénonce l'existence d'un « rideau de fer » sur l'Europe. 

 

Face à ces sollicitations d'alliance, lourdes de conséquences pour la France, René Massigli, ambassadeur à Londres, des diplomates de la Direction Europe (sous-direction d'Europe orientale) au Quai d'Orsay, formulent immédiatement des réserves[7]. Une lenteur calculée est adoptée par le Quai d'Orsay pour répondre à ces avances ; mais projets et contre-projets sont effectivement échangés dans l'année[8]. La prudence l'emporte, l'analyse des exigences des partenaires, des contraintes, conduit à l'interruption des échanges franco-tchécoslovaques en octobre 1947, tandis que de leur côté les Polonais suspendent les discussions au même moment. Entre-temps, le contexte international a évolué, chacun a choisi  ou s'est rangé dans un camp. Dans la dépêche de mai 1946 puis dans une seconde, de mars 1947, René Massigli fournit des mises en garde et le modus vivendi d'une diplomatie raisonnée : avoir une politique de présence,  « et même une politique active ; cela veut dire seulement que les méthodes de cette politique doivent être adaptées à nos moyens... », non pas une politique d'alliances avec des petites puissances, certainement plus lourdes de contraintes, voire de contradictions et de dangers que d'avantages, mais « une action sur le plan culturel »[9].

 

La culture plutôt que l'alliance. L'analyse de Massigli incite ainsi à poursuivre la ligne de conduite déjà adoptée, sans la franchir et aller vers des décisions hasardeuses : le déploiement d'un instrument culturel aux nombreuses facettes doit être un support essentiel de la diplomatie. Les décideurs y voient un champ d'expansion des relations bilatérales dans lequel peuvent se concrétiser – sans risques – coopération, relations de réciprocité, a priori très favorables aux positions de la France. Les conventions culturelles conclues (ou renouvelées), très tôt avec les Tchécoslovaques, dès l'hiver 1945, en février 1947 avec les Polonais, sont établies sur ces principes. Dans les deux cas, elles sont signées avec des partenaires qui y sont favorables, ainsi Masaryk, Clementis, Kopecky, Modzelewski, et dans une atmosphère assez sereine. C'est donc, outre les relations classiques liées à l'enseignement, de relations culturelles, d'échanges artistiques qu'il est question dans les toutes premières réunions des commissions mixtes inaugurées avec ces accords. Mais, en fait, celles-ci ne siègent pas avant 1947, au printemps puis à l'automne avec Prague, en décembre avec Varsovie. Avant ces dates, la volonté de coopération s'est manifestée, de manière plus informelle, et des réponses sont apportées à des sollicitations, même si les ambitions et objectifs de la diplomatie française ont modelé les programmes artistiques dans les deux États.

 

 

 

1946 et 1947 : une présence artistique intense

 

 

 

Sur toute l'année 1946, des manifestations artistiques organisées et financées par l'AFAA ou par d'autres structures se succèdent en Tchécoslovaquie, à Prague et, dans plusieurs cas, à Bratislava et  Brno :  tournée du quatuor Calvet en janvier-février, en mai participation de huit virtuoses au premier « Festival international de musique de Prague », en mai-juin l'exposition de dessins déjà citée ; à l'automne la  mode française s'expose lors de la Foire de  Prague et une exposition d'affiches patronnée par l'Information participe, par la notoriété des créateurs, à la mise en valeur des arts graphiques. Enfin, les structures diplomatiques coopèrent au déroulement du « Festival du cinéma français » organisé par l'Information tchécoslovaque. En Pologne, où l'ampleur des destructions limite les possibilités, en 1946, seule l'exposition de « L’École de Paris » est présentée à Varsovie, Cracovie et Poznań. Dans l'année 1947, le rythme des événements artistiques ne faiblit pas. L'AFAA patronne deux expositions d'art à Prague, Bratislava et Brno : gravure en février puis, sur plusieurs mois, du printemps à l'automne, sculpture contemporaine ; en mars « L'élégance française », pendant l'été une exposition d'architecture  et d'urbanisme. À nouveau, on participe au festival de musique de Prague. A Varsovie, la Cinémathèque française apporte son concours à la société « Polski » pour  « 50 ans du cinéma français » ; enfin éditions de luxe et métiers d'arts graphiques sont présentés à Gdynia-Sopot et Poznań. Durant ces deux années, d'autres manifestations, de dimension plus modeste, sont également recensées dans plusieurs villes de province. Pour 1948, l'AFAA et la DGRC prévoient une exposition de tapisseries contemporaines et surtout la tournée d'une troupe de théâtre de renom ; Jean-Louis Barrault et Louis Jouvet sont sollicités. Seule la troupe de Louis Jouvet accomplit une tournée de plusieurs semaines au printemps 1948 ; elle se produit dans les deux capitales ainsi qu'à Cracovie, Bratislava, Moravská Ostrava en jouant L'École des Femmes de Molière.

 

 

 

La construction d'une image : hommes et événements artistiques

 

 

 

Avec ce rythme soutenu, l'art doit servir les intérêts de la France. Au même titre que les liens intellectuels et universitaires, il est relais, émetteur de messages, d'images, mais sur un autre registre que ceux-ci et avec une vigueur extrême, car il ouvre la possibilité d'atteindre des populations entières, de leur apporter une vision favorable de la France, de forger ainsi une influence, d'en contrebalancer d'autres. Pour renforcer le retentissement des événements, une très grande attention est portée, à Paris, à la composition des comités de patronage comme aux délégations officielles, composées de ministres ou de secrétaires d'État, de personnalités du monde des arts et de la culture.

 

Dans cette période de l'après-guerre, cette dimension "diplomatique" confiée à l'art est dans les mains d'un petit nombre de personnalités placées à la tête des institutions culturelles. On retrouve là les hommes qui ont joué un rôle de premier plan dans l'effervescence et la création artistique déployée au temps du Front Populaire et soutenue par lui (associations diverses, compagnies théâtrales d'avant-garde subventionnées). Dans cette génération qui souvent s'identifie à la gauche politique, et a dans ses rangs des compagnons de route et des membres du PCF, il faut citer ceux qui vont agir directement sur l'expansion artistique à l'étranger, en tant que membres de droit du conseil d'administration de l'AFAA, et qui vont intervenir directement dans les programmes établis annuellement, en particulier dans la conception des expositions : Jean Cassou, qui devient en 1947 Conservateur en chef du tout nouveau Musée national d'Art moderne, René Huyghe, conservateur en chef des peintures au Musée du Louvre, Raymond Cogniat, Inspecteur principal des Beaux-Arts, André Chamson, Conservateur en chef du Petit Palais. Reconnaissant toute leur valeur à l'art vivant et aux « générations montantes qui s'inscrivent dans l'héritage de l'École de Paris »[10], ainsi qu'aux  troupes de théâtre de Jouvet et de Barrault, ils travaillent en phase avec les directeurs des relations culturelles, Henri Laugier puis Louis Joxe. Sous leur impulsion, la modernité et la création française vont pouvoir répondre aux attentes du gouvernement français. Il faut aussi évoquer pour le domaine du cinéma le rôle joué par Jean Grémillon, président de la Cinémathèque nationale, par Léon Moussinac, membre du PCF, directeur de l'IDHEC et de l'École nationale supérieure des Arts Décoratifs, promoteurs des films des années de guerre et d'après-guerre.

 

Entre 1946 et 1948, dans les trois grandes expositions d'art plastique organisées en Pologne et Tchécoslovaquie par l'AFAA, ce n'est pas un caractère patrimonial qui domine, au contraire, les artistes contemporains sont présentés, illustrant ce que Paris et la France peuvent apporter en termes de création, de modernité. Dans l'exposition « Dessins des artistes de l'École de Paris », ceux qui sont reconnus désormais comme des « grands aînés », Picasso, Matisse, Braque, Rouault, Dufy, Marquet... groupent  autour d'eux « les maîtres de la jeune peinture » : Monessier, Marchand, Greber, Estève, Bazin, Pignon, Fougeron, Gischia, Taslitsky...[11]. En 1948, à l'exposition de tapisseries sont montrées 54 œuvres de Lurçat, Dufy, Matisse, Gromaire, St Saens, Savin, Dom Robert, Picart-Le-Doux, Vogensky. Parmi ces artistes, plusieurs se rangent dans les rangs « des progressistes » ou sont membres du PCF –citons entre autres Gischia, Fougeron, Lurçat, Taslitzky – et participent à l'élaboration de l'image d'une « France nouvelle » et en communion avec les changements politiques et sociaux en cours à l'Est, une démonstration qui perdure donc encore en 1948 de la part de gouvernements français de centre-gauche.

 

En mai et juin 1948, c'est en véritable ambassadrice de la France que la tournée de la troupe de Louis Jouvet (Théâtre de l'Athénée) est financée par l'AFAA à Varsovie et Cracovie où elle multiplie les représentations trois semaines durant. En Tchécoslovaquie, avec une durée similaire, la troupe est reçue dans le cadre du congrès organisé par l'Institut Théâtral. La signification de sa présence est assez différente puisque c'est l'occasion pour les organisateurs pragois de mettre en avant le caractère « progressiste » du théâtre, des syndicalistes français et Armand Salacrou appuyant cette approche idéologique. Les instances parisiennes et sur place les diplomates collaborent à cette tournée favorable au prestige de la France ; André Barsacq, l'une des figures du renouveau théâtral depuis les années 1930 (avec le Théâtre des Quatre Saisons), assure plusieurs conférences dans le cadre de l'Institut français et de l'Alliance française, en présentant le théâtre de Jean Anouilh[12].

 

La tournée, très attendue, remporte partout un immense succès. La grande notoriété de Louis Jouvet, le choix de Molière, répertoire classique, en vers (qualifié par l'ambassadeur à Varsovie de difficile pour un public coupé de la France pendant dix ans)[13], une mise en scène et un décor égalant ceux des représentations parisiennes, en font dans les deux États un épisode d'une portée qui dépasse le seul fait artistique, portant haut le prestige de la France. C'est un moment qui reste longtemps inscrit dans les esprits dans une période où des entraves mises aux contacts culturels avec l'Ouest sont déjà ressenties. Succès, affluence, triomphe, émotion, sont les termes qui le qualifient. Il constitue l'unique épisode théâtral jusqu'en 1951 organisé par l'AFAA dans ces pays, un investissement jugé nécessaire malgré son coût élevé.

 

Servir l'image de la France, patrie de la démocratie et du droit des peuples, et le rétablissement de la vérité historique, c'est à Louis Jouvet et à sa compagnie qu'incombe cette tâche en ce printemps 1948. Face à une falsification de l'histoire qui se prépare à Varsovie comme à Prague, avec l'attribution du vent de liberté dans le « Printemps des peuples » de 1848 à la Russie (!), la décision est prise de faire intervenir les acteurs pour servir la commémoration de la Révolution de 1848 : lectures ou récitations de textes historiques et littéraires par les artistes sont prévues[14].

 

Le cinéma est aussi un « ambassadeur », présenté sous la bannière des relais de la diplomatie. Au printemps 1946, avant même d'être primé au Festival de Cannes, à Prague comme à Varsovie, un film symbole, La bataille du Rail  (René Clément-Coopérative Résistance Fer) illustre la résistance des cheminots. Le choix est fait par les structures publiques, la Cinémathèque en particulier, de présenter au public un nombre limité de films des années d'occupation et de l'après-guerre mais significatifs de courants récents et reconnus : L'Éternel retour (J. Delannoy), Les Enfants du paradis, Les Visiteurs du soir (M.Carné) – illustrant par l'allégorie la capacité de résistance des esprits à l'oppression, Lumière d'été (J. Grémillon), Goupi mains rouges (J. Becker), La Bête humaine (J. Renoir). Plusieurs d'entre eux représentent le courant du « réalisme poétique », d'autres évoquent des thèmes liés au peuple. Mais c'est plus au niveau de ses délégués que le cinéma apporte une image « progressiste », dès les deux festivals de 1946 et 1947. À Prague en 1946, Jean Grémillon présente Lumière d'été, ses conférences portent sur « La fonction sociale du cinéma », « Le film et l'Histoire ». Georges Sadoul, rédacteur de la publication communiste L'Écran français, est également présent. Ces deux personnalités restent ensuite, avec Léon Moussinac et Fourré-Cormeray, directeur de l'Office national du film, les principaux « commis voyageurs » du film, entretiennent des contacts (syndicats, producteurs, Studios Barrandov…) dans le cadre de missions officielles en coopération avec la DGRC (et ce jusqu'au printemps 1949), ou sont sollicités directement par les partenaires.

 

En un temps où la concurrence anglo-saxonne est forte, où la diffusion commerciale s'avère de plus en plus difficile, freinée par des entraves venant d'administrations contrôlées par les partis communistes, utiliser l'espace ouvert par les festivals peut être fructueux. L'après-guerre inaugure en effet le temps des festivals. Créé en 1946, le Festival de Karlovy Vary accueille des films français et leurs porte-paroles, celui de Marianské Lazné également. La DGRC et la Cinémathèque sont attentives aux invitations et y répondent.

 

Le Festival international de musique de Prague est créé également en 1946, par le président Beneš. Les artistes qui  s'y produisent cette première année comme dans les années suivantes, solistes ou chefs d'orchestre (qui dirigent les philharmoniques du pays hôte) sont tous de renom international. Certaines interventions prennent une dimension quasi diplomatique, significative de l'importance accordée au public et à la vie artistique nationale ; c'est le cas, en 1946, de la violoniste Ginette Neveu, se produisant pour la première fois en Tchécoslovaquie, et qui connaît un triomphe[15]. L'AFAA intervient pour assurer la participation au festival, pour des tournées patronnées par les Instituts et leurs filiales. La musique française est également très présente en Pologne, à Varsovie, Cracovie, Poznań, Łódz, Gdańsk, Szczecin, Katowice. Les interprètes sont nombreux : les chefs d'orchestre Charles Munch, Roger Desormière, Jean Martinon, le Quatuor Calvet, les solistes Michèle Boussinot, Monique de la Bruchollerie, Monique Haas, Nicole Henriot, Jacques Février, Jean Fournier, Maurice Maréchal et Olivier Messiaen, auxquels s'ajoutent entre 1948 et 1951, entre autres, Tony Aubin, Bernard Flavigny, Lélia Gousseau. Des compositeurs français ou « de formation française » de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle sont régulièrement interprétés. Ici l'image apportée est d'abord celle de l'excellence et de la modernité[16].

 

Pour être plus visibles, à chaque événement important sont associées des manifestations annexes et des conférences, les Instituts restant des lieux privilégiés, et, en Tchécoslovaquie, jusqu'en 1948, les Alliances françaises également. Une lacune est souvent signalée, la trop grande rareté des livres pour assurer un prolongement aux manifestations ; elle reflète le vaste problème de la commercialisation du livre dans le bloc de l'Est. Une grande attention est portée à la solennité des inaugurations, aux réceptions dans les ambassades, consulats et instituts. Les dépêches regorgent d'informations sur la collaboration positive ou non des autorités locales, sur le déroulement de la gestuelle diplomatique, avec présence – ou absence – de tel ou tel invité, ministre ou autre personnalité officielle. Ces informations sont autant d'indicateurs des dispositions d'esprit des gouvernements. Le déroulement des manifestations artistiques est un baromètre assez fiable du « climat » des relations bilatérales, beau fixe ou dégradation. Ceci est encore plus vrai au fur et à mesure que se concrétise l'entrée dans la « Guerre froide » et que l'emprise  des communistes ralliés à Moscou sur les pouvoirs de l'État et sur les rouages des sociétés se renforce ou s'impose, soit dans la seconde partie de l'année 1947, soit quelques mois plus tard.

 

 

 

Préserver l'avenir ? Un art instrumentalisé à l'Est

 

 

 

La signature des conventions culturelles et l'installation des commissions culturelles mixtes sont intervenues avant l'entrée en Guerre froide et avant le changement de ton, les frictions, le silence aussi, qui s'installent dans les relations bilatérales. Elles ont établi une règle de réciprocité dans les échanges culturels. L'AFAA et la Direction générale des Relations culturelles en respectent l'esprit, recevant des partenaires, finançant l'accueil de quelques expositions : ainsi, en octobre 1946, une exposition de peinture tchécoslovaque est présentée dans une galerie de la rue de la Boétie. Mais cette réciprocité se concrétise peu, semble-t-il, dans le domaine musical et théâtral, les archives ne fournissent que quelques noms d'artistes présents dans l'hexagone[17]. Et, manifestement, l'AFAA n'a pas obtenu satisfaction de la part de l'Opéra de Paris, ou a choisi de ne pas répondre à une demande pragoise pressante : la représentation, à Paris, de Jenufa, opéra de Janaček, n'est pas inscrite au répertoire de 1948[18].

 

L'art continue à servir une diplomatie qui veut assurer une présence de la France derrière le rideau de fer, « préserver l'avenir » en maintenant des contacts, quand les relations bilatérales se détériorent en symbiose avec les événements mondiaux et avec les décalages grandissants dans les évolutions respectives en politique intérieure. Pourtant les relations avec les représentants des ministères, des Beaux-Arts et le plus souvent de l'Information, des associations officielles, se modifient profondément, évolution liée à la mise à l'écart des interlocuteurs modérés et souvent francophiles (y compris des communistes), remplacés par des staliniens. Ces changements se produisent en 1948 ou 1949, en parallèle avec l'implantation du modèle soviétique. À partir du printemps 1949, avec une campagne « contre le cosmopolitisme » culturel, qui vise en particulier la France pour anéantir son influence, orchestrée par les organes du Kominform, la situation empire et une « guerre » réciproque des visas se développe. Soustraire les faits culturels aux tensions internationales et bilatérales, en faire un « terrain neutralisé purifié de toute action politique »[19], telle est la règle adoptée depuis plusieurs mois par le Quai d'Orsay, la consigne donnée aux représentants de la France. Sur ce « terrain neutralisé », des invitations sont encore possibles et des expositions prévues par les commissions mixtes réalisées jusqu'au milieu de l'année 1949 : invitations à Paris pour le Tricentenaire de l'École des Beaux-Arts, pour une exposition internationale de sculpture, ouverture d'une exposition d’« Art populaire polonais et de l'industrie artistique » au Musée d'Art moderne, en décembre 1948, au moment où, à Prague, Bratislava et Brno se tient l'exposition de tapisseries françaises contemporaines.

 

À partir de l'automne 1949, au cours de l'année suivante, l'art est un « terrain » de moins en moins « neutralisé ». Du fait des difficultés accumulées, des contrôles policiers qui vont croissant et mettent en danger le public, d'arrestations effectuées à proximité des lieux français[20], dans les Alliances françaises également contre lesquelles une offensive est menée, des manifestations artistiques connaissent des aléas. La presse est muette à leur sujet, très naturellement la fidélité du public faiblit quand la surveillance policière se renforce, par vagues successives. En 1949, des projets sont annulés : une exposition conjointe franco-polonaise dans le cadre du centenaire de la mort de Chopin, un projet franco-tchèque d'échanges de marionnettes (G. Baty - Skypa). Les décideurs français renoncent à l'exposition Courbet, le peintre du « réalisme », prévue à Prague dans le cadre de l'accord culturel et la seule exposition signalée par l'AFAA (exercice 1949) est celle de Pasteur ; la science et ses figures tutélaires ont encore droit de cité, les crédits artistiques sont « reconvertis ».

 

L'art reste présent, même lorsque la rupture est consommée sur d'autres plans. C'est le cas au niveau des instituts, piliers d'une présence à l'Est ; en Pologne, avec la fermeture de l'Institut français et l'expulsion de la mission universitaire, associées à des arrestations et des emprisonnements, la rupture se situe en janvier 1950 ; en Tchécoslovaquie, les mêmes faits interviennent en avril 1951. Musique et cinéma deviennent à partir de 1950, avec les échanges commerciaux et techniques, les seuls supports de l'affirmation d'une diplomatie devenue essentiellement une résistance à l'éviction totale, « en évitant de créer la coupure ». Mais ils sont instrumentalisés par les organisateurs des festivals, dans un contexte de « normalisation » de la culture, tandis qu'à l'Institut de Prague, comme en un territoire de liberté, la pression policière se faisant moins sentir qu'ailleurs, des séances de projections de films se poursuivent.  En mai 1950 le Festival de musique de Prague est utilisé à des fins politiques et Roger Desormière, invité à diriger l'orchestre national, est présenté comme un « progressiste... l'un des travailleurs éminents du camp de la paix... »[21].  Au Ve festival de Karlovy Vary, qui se déroule en 1950 dans une atmosphère de « combat socialiste », films français (Jour de fête, de Jacques Tati, La Beauté du diable de René Clair), acteurs (Michel Simon, Gérard Philippe), représentants officiels, sont instrumentalisés. La Beauté du diable voit son thème (Faust) réinterprété pour dénoncer la bombe atomique, avec pour argument que le progrès scientifique mal orienté conduit au désastre. Une évolution qui se dessinait dès l'année précédente, avec la présentation de trois longs métrages dont Point du jour de Louis Daquin, en présence de Jean Grémillon.

 

Avec la renonciation aux expositions d'art, la musique est l'unique rubrique artistique qui subsiste dans les comptes-rendus annuels de l'AFAA (exercices 1949-1950), très minces, avec deux mentions dans chacun des États[22]. C'est l'illustration d'un immense recul par rapport aux années de l'immédiat après-guerre, d'une renonciation devant le poids de la réalité rencontrée sur place. La théorie du « terrain neutralisé » est mise en échec, l'art ne peut plus apporter une contribution suffisante, il doit se plier lui aussi – comme la littérature – aux exigences de l'idéologie des régimes communistes. Les archives n'apportent pas d'explication précise à l'abandon des derniers projets d'expositions. A travers les courriers échangés, on peut saisir des tensions, des signes d'entraves, parmi lesquels  l'absence de contacts, « une conspiration du silence » écrit le consul de Bratislava, Etienne M. Manac'h. Mais, sans aucun doute, un décalage se crée et s'accentue entre ce que les responsables de l'affirmation artistique proposent, et ce qu'il est possible de présenter dans des États où tout est orienté vers une culture « populaire », destinée à forger « l'homme socialiste ». En 1949, à Prague, Pasteur remplace Courbet, exposition annulée. Même avec Gustave Courbet, le peintre du réel et du peuple, un choix réfléchi et judicieux, en s'adaptant comme dans le champ littéraire aux attentes des idéologues des démocraties populaires favorables au seul « réalisme socialiste », il devient impossible de présenter dans une manifestation publique l'art français. Et au printemps 1950, le choix d'une exposition Balzac, à l'occasion du centenaire de sa mort, dans les locaux de l'Institut, à Prague et à la « Maison de France » à Bratislava, ainsi qu'à Brno et Olomouc, reflète le repli.

 

Quand la rupture se profile, que les organes du Kominform se concentrent sur l'élimination de l'influence de la France, dont l'empreinte est profonde, l'art ne peut plus servir suffisamment la diplomatie. Alors la diplomatie se met au service des liens artistiques, mais échoue. Un fait précis illustre ce va-et-vient entre art et diplomatie : en 1950, l'échange annuel organisé sous l'égide de l'AFAA des anciens élèves des Conservatoires nationaux de Paris et de Prague s'interrompt ; aucun visa de sortie n'est délivré aux musiciens par les administrations tchèques, et ce malgré de longs pourparlers. En 1950 et 1951, la diplomatie de la France continue-t-elle à trouver dans l'art un auxiliaire en direction des deux démocraties populaires? Oui, sans doute, par le biais du festival de Cannes, « Festival international du cinéma », créé lui aussi en 1946 : la Pologne, la Tchécoslovaquie continuent à répondre positivement aux invitations[23]. De façon plus qu'hypothétique – et avec des compromissions – en Europe de l'Est : la musique et le film, mais eux seuls, continuent à vivre dans le cadre des festivals en Tchécoslovaquie, et à Varsovie en 1950, à l'occasion du festival Chopin, l'année même de l'éviction de la mission universitaire. À l'aube des années 1950, instituts et missions universitaires ont disparu,  seuls les relais diplomatiques sont présents et, avec l'art, le fil n'est pas totalement rompu ; mais celui-ci doit s'adapter aux normes idéologiques d'États satellites de l'Union Soviétique. L'étude reste à faire de la poursuite d'une « participation » artistique française, ultérieurement, pour en observer les stratégies et l'évolution[24], et voir si, avec l'entrée en « coexistence pacifique », l'expression artistique peut davantage apporter un appui à la diplomatie.



[1] L’auteur a soutenu le 19 novembre 1994 à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne une thèse de doctorat sous la direction du professeur René Girault, intitulée « La présence culturelle française en Europe centrale et orientale avant et après la Seconde Guerre mondiale (1936-1940 ; 1944-1949). Le jury était composé des Professeurs Catherine Durandin (INALCO), Robert Frank (Université Paris I), René Girault (Université Paris I), Bernard Michel (Université Paris I) et Pascal Ory (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).

[2] La Direction des relations culturelles devient en 1946 la Direction générale des relations culturelles (DGRC).

[3] En 1946, Philippe Erlanger est à la tête du « Service d'action artistique », transféré des Beaux Arts aux Affaires Étrangères et rattaché à la DGRC, et auquel l'AFAA est rattachée. Enfin, R. Seydoux, à la tête du Service des Échanges Culturels de la DGRC, est très régulièrement en relation avec les ambassades et les directeurs d'Instituts.

[4] MAE, Relations Culturelles (1945-1959), oeuvres diverses (1945-1947), volume 206, Pologne, discours du 14 mai 1946.

[5] MEN (1945-1947), Série AJ 16, volume 6955. Institut français de Pologne. Prévue par Pierre Francastel. Enseignant d'histoire de l'art et directeur-adjoint de l'Institut de Varsovie à la veille de la guerre, il en est le directeur à partir de l'automne 1945.

[6] La Pologne, par la tonalité du gouvernement provisoire installé officiellement en décembre 1944 avec l'appui des Soviétiques ; la Tchécoslovaquie par le traité d'alliance signé en août 1944 par le président Bénès.

[7] MAE, Série Z Europe (1944-1960), 60, Tchécoslovaquie ; dépêche de R. Massigli du 17-5-1946 ;  minute du 17-7-1946.  Série Z Europe (1944-1960), 77, Pologne.

[8] Le 14 février 1947 une déclaration commune franco-tchécoslovaque est signée, qui officialise les discussions en cours. MAE,  Série Z Europe (1944-1960), 61, Tchécoslovaquie.

[9] MAE, Série Z Europe (1944-60), 60, Tchécoslovaquie, dépêche de R. Massigli du 31 mars 1947.

[10] PINIAU (Bernard), TIO BELLIDO (Ramon), L'action artistique de la France dans le monde, Paris, L'Harmattan, 1998, p. 94.

[11] MAE, Relations culturelles (1944-1959), oeuvres diverses (1945-1947), volume 206, Pologne. Courrier de Pierre Francastel à Henri Laugier, le 6 février 1946.

[12]  MAE, Série Z Europe  (1944-1960), 68,  Tchécoslovaquie ;  80,  Pologne. 

[13]  MAE, série Z Europe (1944-60), 80, Pologne, courrier de J. Baelen, 10 juin 194..

[14] MAE, Relations Culturelles (1944-1959), Échanges culturels (1948-1955), volume 86, Tchécoslovaquie, mai 1948.

[15] MAE, Relations Culturelles (1944-1959), Oeuvres diverses (1945-1947), volume 237, Tchécoslovaquie.

[16] Lors du premier « Festival international de musique » de Prague, le répertoire français et « de formation française » est largement interprété : Chausson, Debussy, Ravel, Franck, Roussel, Martinů, Honegger.

[17] Tchécoslovaques : échanges entre les Conservatoires nationaux de Paris et de Prague ; des musiciens se produisent à Paris en octobre 1947 ; Rafael Kubelik, en mai 1948. Polonais : Concours international d'interprétation,  organisé par  Marguerite Long et Jacques Thibaud.

[18] MAE, Relations culturelles (1944-1959), échanges culturels (1948-1955), volume 86, Tchécoslovaquie ;  Réunion plénière de la Commission mixte, à Prague, en décembre 1948.

[19] MAE, Série Z Europe (1944-1960), 189, Tchécoslovaquie, propos tenus à  Clementis par Rivière, le nouvel ambassadeur à Prague, en février 1950, reprenant les consignes données depuis 1948 par Paris.

[20] Et, à Bratislava, dans les locaux même de la Maison de France, le 1er mars 1950.

[21] La tournée qu'il a effectuée en URSS en 1935 est exploitée pour forger cette qualification.

[22] MAE, Service des échanges artistiques, assemblées générales de l'AFAA, volume 73. Assemblée générale du 13 juillet 1950, compte rendu de l'exercice 1949, p. 52 et 57.

[23] Le festival est placé sous la tutelle de la DGRC. En 1950, il est annulé, officiellement pour des questions d'argent, avec en arrière-plan le déclenchement de la Guerre de Corée et une tension extrême dans les relations de la France avec les démocraties populaires.

[24]  Noter que le TNP effectue une tournée en 1955.