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Catherine Horel, Quoi de neuf dans l’historiographie des relations internationales depuis 1989 ? Colloque de la Commission d’Histoire des Relations Internationales, Sydney 7-8 juillet 2005

Quoi de neuf dans l’historiographie des relations internationales depuis 1989 ? Colloque de la Commission d’Histoire des Relations Internationales, Sydney 7-8 juillet 2005

 

 

Bulletin n° 23,printemps 2006

 

 

catherine Horel[1]

 

À l’occasion du XXe congrès de la Commission internationale des sciences historiques (CISH) qui a eu lieu à Sydney du 3 au 9 juillet 2005, la Commission d’histoire des relations internationales qui est un organisme affilié à la CISH, a tenu son assemblée générale et organisé un colloque sur le thème « What’s New in the History (and Theory) of International Relations since 1989 ». Sur un total de 43 propositions présentées lors de l’appel à contributions, seule une vingtaine d’historiens étaient présents. L’ensemble des papiers est consultable sur le site web de la Commission. Les organisateurs, en l’occurrence le secrétariat général de la Commission qui est basé à Milan, avaient divisé ces deux journées selon les thèmes suivants : 1989, a Watershed for the International Order ? A General Perspective ; a Superpower and Many Regional Tendencies ; la journée du vendredi était entièrement consacrée à l’historiographie (International Relations and Historiography. General Trends and Different Schools).

 

Les intervenants de la première session se sont posé la question du tournant de 1989 en relativisant son importance. Si l’on ne peut certes pas nier la rupture que constitue la chute du mur de Berlin, cet événement ne signifie pas la même chose à l’échelle planétaire. La vision eurocentrée de la fin des régimes communistes doit donc être remise en perspective. En outre, même dans un contexte euro-atlantique, 1989 n’est pas une borne immuable et 1991 pourrait tout aussi bien être mis au même niveau, en tout cas en ce qui concerne l’Union soviétique et la Yougoslavie dont les désintégrations respectives auront des conséquences finalement plus significatives en terme de frontières et de sécurité collective. Paix et guerre acquièrent ainsi une nouvelle dimension que certains auteurs ont soulignée, faisant écho à l’un des thèmes majeurs du congrès proposé par la Commission et consacré précisément à « War and Peace ».

Les mutations de l’ordre international intervenues après 1989 firent l’objet de la deuxième session et là encore, les expériences régionales viennent tempérer l’impression d’unilatéralité. Selon les régions du monde, la superpuissance américaine est non seulement contestée mais aussi moins présente que dans ses sphères traditionnelles d’influence. Les intervenants se sont ainsi interrogés sur les conséquences de 1989 au Brésil, en Afrique et en Asie en montrant dans le cas de cette dernière que si le communisme s’effondre bel et bien en Europe, il se maintient fermement sur le continent asiatique. Les relations des Etats-Unis avec les uns et les autres sont donc l’expression de cet équilibre des forces plus ou moins modifié.

Les troisième et quatrième sessions étaient les plus riches en nombre de communicants présents sur place, ce qui a permis un débat particulièrement intéressant sur les différentes écoles d’histoire des relations internationales. Au-delà des études de cas consacrées à des zones géographiques ou des pays en particulier (Brésil, Argentine, Chine, Slovaquie, Roumanie), l’originalité d’approches plus globales ou comparatives a été le principal apport de cette session. L’histoire de l’intégration européenne et son corollaire d’européanisation du discours historique et politique a fait l’objet de trois interventions. La conceptualisation dans l’histoire des relations internationales et les questions théoriques plus largement ont fourni la matière de cinq contributions. Enfin des thématiques telles que la Première Guerre mondiale, le colonialisme, la Guerre froide, la société civile ont également été évoquées.

La Commission a ensuite réuni son assemblée générale et élu son nouveau bureau composé de treize membres : Joan Beaumont (Deakin University, Australie),  Alfredo Canavero (Université de Milan, siège du secrétariat général), Jost Dülffer (Université de Cologne), Maria Dolores Elizalde (Conseil supérieur de la recherche scientifique espagnol), Bohumila Ferenčuhová (Institut d’histoire de l’Académie des sciences slovaque), Robert Frank (Université de Paris I, président), Christopher Hill (Cambridge), Surjit Mansingh (George Washington University, Washington), Robert McMahon (Université de Floride), Mikhail Narinskiy (Institut d’État des relations internationales, Moscou), Mario Daniel Rapoport (Université de Buenos Aires), José Flavio Sombra Saraiva (Université de Brasilia), Hirotaka Watanabe (Université de Tokyo, trésorier).

Le site web de la Commission (http:/www.comintrel.com) animé par le secrétariat de Milan invite tous les historiens intéressés par la Commission à adhérer et à participer aux forums de discussions mis en place sur le site. Pour de plus amples informations, on peut également contacter le secrétariat par mail (chir@unimi.it).

 


[1] UMR IRICE (CNRS/université de Paris I).