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Camille Begin, La naissance de l’environnementalisme américain moderne

La naissance de l’environnementalisme américain moderne

 

 

Bulletin n° 23, printemps 2006

 

 

 

Camille Begin[1]

 

<h1 style="margin-top:4.0pt;margin-right:0cm;margin-bottom:0cm;margin-left: 0cm;margin-bottom:.0001pt;text-align:justify;line-height:120%;tab-stops:0cm">Trois événements fondateurs</h1>

 

Du 15 au 28 mai 1969, la ville de Berkeley est placée sous couvre-feu militaire. Les troupes de la garde nationale, dépêchées sur place par le gouverneur Reagan, font régner l’ordre sur le campus. Au cours de ces violents évènements, des centaines de personnes sont blessées, un homme est tué. S’agit-il d’émeutes raciales, d’une résurgence de la révolte estudiantine dont Berkeley est le haut lieu depuis 1964 ? Non, ce que défend la garde nationale est un terrain de deux hectares, propriété de l’Université. Or, ce lieu fait l’objet, depuis quelques semaines, d’une réhabilitation spontanée par les étudiants et hippies installés en ville. Peu à peu, l’ancien terrain vague est devenu le People’s Park, construit et entretenu collectivement pour le bien-être de tous. Le People’s Park, « c’est du travail, de l’amour, de la générosité, de la dévotion, du jeu, […] c’est être ni possesseur ni possédé »[2]. La connaissance de cette initiative suscita mon intérêt pour l’histoire de l’environnementalisme américain moderne. Aujourd’hui encore, toutefois, les historiens du mouvement contestataire des années soixante le considèrent comme une anecdote au sein de la révolte de la jeunesse et négligent de mettre en avant la dimension écologiste et écologique de cette nouvelle forme d’organisation communautaire.     

Un second fait éveilla ma curiosité et se trouve également à l’origine de mon mémoire de maîtrise. Il s’agit du vote par le Congrès, au début des années soixante-dix, des premières lois protectrices de l’environnement selon une configuration bipartisane classique dans la vie politique américaine. Cette législation innovante est la conséquence institutionnelle d’un courant de pensée scientifique novateur qui met en avant le bien-être des classes moyennes. On constate ainsi une concomitance d’intérêts inattendue entre les protestataires gauchistes et les milieux politiques de Washington. La terre, notamment son exploitation et sa capacité à soutenir la vie humaine, est dans tous les esprits. Dès 1973, l’historien Roderick Nash n’hésite pas à affirmer que « le mot « environnement », et son compagnon « écologie » sont des indicateurs culturels clefs. Ils révèlent à propos [de notre époque] autant de choses que le mot « foi » a pu le faire pour les puritains, « efficacité » pour les progressistes et « sécurité » pour la génération de la grande dépression »[3]. Mes recherches préliminaires ont eu pour objectif de déterminer si ces interrogations simultanées aux deux extrêmes de l’échiquier politique se sont accompagnées d’une véritable coordination. Les deux mouvements s’ignorent-ils, se concertent-ils ou se font-ils concurrence ?

Un troisième événement historique doit à son tour être mis en perspective, Le « Jour de la Terre », une manifestation organisée pour la première fois le 22 avril 1970. A cette occasion, vingt millions de citoyens se réunissent à travers tous les États pour un teach-in à l’apolitisme déclaré. Les organisateurs parviennent à reprendre les motifs contre-culturels des manifestations des années précédentes, mais construisent un mouvement avec une base élargie qui transcende les positions partisanes traditionnelles. Somme toute, c’est « un mouvement pour lequel les gens comptent plus que la technologie et les opinions politiques, pour lequel les gens comptent plus que le profit »[4].

Prenant en considération ces trois évènements fondateurs, nous avons pris le parti d’analyser l’environnementalisme américain moderne comme une instance de dialogue entre des catégories a priori opposées de la société : les militants radicaux et la majorité centriste. Nous considérons que c’est dans cet échange que réside le caractère moderne du mouvement, car il permet à toute la nation de prendre en main son avenir environnemental. Etudier cette alliance à première vue contre-nature nous permet de porter un regard nouveau sur les décennies soixante et soixante-dix aux Etats-Unis. Le « gap » politique et générationnel qui constitue l’un des ferments du malaise de la jeunesse américaine peut-il être comblé par l’environnementalisme ? Comment et pour quelles raisons diverses franges de la société ont-elles été séduites, l’espace de quelques années, par le discours environnementaliste?

 

Un mouvement aux multiples voix

 

En 1962, la biologiste Rachel Carson publie son livre pionnier intitulé Printemps Silencieux, dans lequel elle dénonce les effets désastreux de l’insecticide DDT sur les zones traitées et leurs habitants, devenant ainsi la « mère » du mouvement en renaissance[5]. La même année, le manifeste de Port Huron établit les grands principes de la Nouvelle Gauche étudiante qui gagne de plus en plus d’audience dans les années suivantes et forge de fructueux contacts avec l’environnementalisme. La seconde borne chronologique, l’année 1973, marque la signature de la dernière des grandes lois directement issues de la pression populaire instaurée par le « Jour de la Terre » sur l’administration (Endangered Species Act). Dans le même temps, le premier choc pétrolier paraît confirmer les prédictions apocalyptiques de certains environnementalistes.

Afin de déterminer comment des idées confidentielles ont pu, en l’espace d’une dizaine d’années, se forger une place dans le débat national et intégrer la législation et l’administration des Etats-Unis, nous procédons à l’analyse de trois moments de cette remarquable émergence. D’abord, nous tâchons de déterminer comment les organisations environnementales traditionnelles comme le Sierra Club ou l’Audubon Society ont connu une reprise d’activité, soutenues par une opinion publique de plus en plus sensible à la qualité de ses conditions de vie. Issue des mouvements « conservationniste » et « préservationniste » du début du siècle, ces clubs sont tenus de moderniser leur discours et activités face à l’augmentation du nombres de sinistres environnementaux majeurs, à l’image de la marée noire qui dévaste la côte de Santa Barbara en 1969. Les cercles scientifiques exposent leurs inquiétudes pour l’avenir de la planète dans plusieurs ouvrages de vulgarisation qui rencontrent d’indéniables succès éditoriaux. Les chercheurs Rachel Carson, Paul et Anne Ehrlich, Barry Commoner, ou encore l’économiste Kenneth Boulding deviennent ainsi des personnages publics aux avis écoutés. Leurs travaux permettent de dégager les nouvelles problématiques auxquelles se confronte l’environnementalisme : boom démographique, épuisement des ressources naturelles, pollution et utilisation d’engrais chimiques ayant pour conséquence une mise en danger accrue de la santé humaine. L’accumulation de leurs avertissements nourrit une « montée des tensions » perceptible dans l’opinion publique. Durant cette période, on voit par exemple se développer les premiers sondages portant sur l’inquiétude des citoyens face à la pollution. L’amplification du nombre d’articles consacrés aux problèmes environnementaux de 1962 à 1973, que ce soit dans les pages nationales, dans la book section ou dans les multiples suppléments de l’édition dominicale du New York Times, est tout aussi remarquable. A partir de l’année 1969, le journaliste Gladwinn Hill se spécialise dans ces questions et y consacre tous ces articles. Newsweek, Time magazine ainsi que la New York Review of Books connaissent des évolutions semblables.

La deuxième partie de notre étude est consacrée à l’analyse de l’intégration des problématiques environnementales au sein du mouvement contestataire de la jeunesse. Les protestataires s’appuient sur plusieurs traditions pour forger un environnementalisme qui leur est propre : les principes politiques de la nouvelle gauche, les modes de vie alternatifs créés par les tenants de la contre-culture, le courant scientifique émergeant, mais aussi les traditionnelles organisations conservationnistes. Les écologistes radicaux prônent une écologie politique s’appuyant sur une rhétorique révolutionnaire. L’étude du People’s Park permet ainsi de mettre en valeur l’existence d’un Green Power qui détourne à son usage les slogans maoïstes et proclame : « Laissez cent parcs fleurir ! ». A cette face politique s’articule un environnementalisme culturel qui met en avant une nouvelle éthique de la terre et s’exprime notamment dans les écrits poétiques de Gary Snyder. Paradoxalement, certains trouvent dans les valeurs environnementales un biais efficace pour se repositionner dans la tradition américaine. Ainsi l’existence écologique et idéalement autosuffisante des communautés rurales hippies est une marque spectaculaire de marginalité, mais tend également à pondérer leur rupture. La « quête du bonheur » n’est-elle pas un objectif qu’ils partagent avec les Pères Fondateurs de la nation américaine ? Dans ces conditions, l’idéal du mouvement « Back to the land » ne peut-il pas être considéré comme une version moderne du mythe des pionniers ?

La consultation des journaux de la Free-Press permet de déterminer l’idéologie écologique et libertaire qui émerge au sein de la nouvelle gauche à la fin des années soixante, le courrier des lecteurs s’étant révélé une ressource documentaire fructueuse [6]. Les écrits de penseurs engagés aux cotés de la jeunesse comme Paul Goodman, Charles Reich ou Theodore Roszac furent des relais de notre réflexion car ils permettent d’inclure l’écologie politique des contestataires au sein d’un ensemble de revendications plus vaste. A ce titre, le Journal de Californie du philosophe et essayiste français Edgar Morin est lui aussi riche en renseignements. Néanmoins, afin d’étudier l’environnementalisme culturel hippie, Internet est une source incontournable. En raison de la grande liberté qu’offre la toile, de nombreux sites ayant trait à la contre-culture s’y trouvent, à l’image de celui du journal écologiste Mother Earth News qui a mis en ligne ses très instructives archives. Le principe de mise en réseau des informations est historiquement lié au idéaux de la contre-culture, à la recherche d’une  « utopie électronique, d’un univers alternatif où les individus séparés par de grandes distances pourraient partager leurs idées, leurs images et leurs pensées avec des milliers d’autres personnes connectées tout autour du monde »[7].

Enfin, dans une troisième partie, notre recherche s’intéresse à l’analyse des modalités de l’apparition de l’environnementalisme sur la scène médiatique et politique nationale. L’alliance des découvertes scientifiques du début des années 60 et des méthodes de protestation de la contre culture contribue à donner sa forme au mouvement environnemental moderne qui éclot au début des années soixante-dix. Comme le note justement l’historien français François Duban, la protection de la planète est une cause « propre mais suffisamment subversive » qui permet de « se donner pour rebelle et ce, à bon compte, à une époque où la contestation était de rigueur »[8]. La presse généraliste, fascinée par la nouvelle gauche et la contre-culture depuis une décennie, contribue fortement à la réalisation de cette synthèse[9]. La large et enthousiaste couverture médiatique du « Jour de la Terre » est à ce titre exemplaire. Des éditions spéciales sont dédiées à l’événement. Les questions environnementales deviennent « un lieu de rencontre pour des segments majeurs et parfois divergents de la société américaine »[10]. Un puissant consensus bipartisan est établi, qui revendique une nécessaire modification de la manière dont est pris en compte le milieu naturel par le monde industriel et administratif. La mise en place d’une « charpente législative environnementale » de 1969 à 1973, ainsi que la création de la puissante administration fédérale de l’Environmental Protection Agency en 1970, autorise l’instauration de normes de qualité environnementale et leur application à l’échelle nationale[11]. Les organisations environnementales ont un rôle de pression primordiale dans cette évolution. Leur présence à Washington est de plus en plus manifeste grâce à la consolidation du lobby environnemental, aussi connu sous le nom de « Groupe des Dix ». Certains, comme le Sierra Club Defense Fund, se spécialisent dans la lutte judiciaire. D’autres, comme la Ligue of Conservation Voters, cherchent à devenir une force électorale. Notre étude s’achève sur le constat d’une réussite institutionnelle incontestable, mais qui tend à occulter le rôle de la base militante des groupes environnementaux, s’aliénant ainsi certaines sections de la société. C’est par exemple le cas des communautés afro-américaine et latino-américaine qui vivent dans les quartiers les plus écologiquement dégradés, mais qui ne s’identifient pas à la cause environnementale en raison du sensible embourgeoisement des organisations nationales.

 

Les paradoxes d’une réussite

 

Au cours des dix ans qui séparent la prise de parole de Rachel Carson de l’interdiction effective du DDT par le Pesticide Control Act, les Etats-Unis sont bien entrés dans un  « âge écologique » qui « non seulement [offre] une explication crédible du fonctionnement de la nature, mais aussi une sorte d’éclairage métaphysique, un ensemble de préceptes éthiques et peut-être même un programme révolutionnaire »[12]. La modernité environnementale vient de l’alliance entre ces différentes sphères, qui façonne une nouvelle manière d’envisager la présence de l’homme sur terre et de concevoir la vie de la communauté nationale. Le Green Power, indéniablement présent au sein de la nouvelle gauche dans ses dernières années, a agi à la manière d’un ferment actif. La « washingtonnisation » de l’environnementalisme n’aurait pu avoir lieu si la conscience environnementale américaine moderne ne s’était d’abord incarnée dans un mouvement qui a établi un programme révolutionnaire sur des bases écologiques. La radicalisation temporaire de l’environnementalisme au contact du mouvement contestataire a permis à une école de pensée en perte de vitesse de renaître. Le dynamisme de la jeune écologie politique de la fin des années soixante est une chance pour le courant plus traditionnel, que ce dernier a magistralement su saisir. Héritier de son passé, mais vigoureusement actualisé, l’environnementalisme moderne est innovant, aussi bien dans ses principes que ses modes d’action.

 

Paradoxalement, ce rôle de « caisse de résonance » qu’a joué l’écologie contestataire a sensiblement amenuisé sa force de parole. La nouvelle gauche est dépassée par le caractère universel des problèmes écologiques, qui ne concernent pas une minorité spécifique, ni une tranche d’âge précise de la population. La « révolution environnementale » législative et administrative des années soixante-dix s’effectue au prix de la perte des ambitions révolutionnaires visant à établir une société écologique. Comme le note Kirkpatrick Sale, à la fin des années soixante-dix, « il n’y avait pas de Green Movement aux Etats-Unis, mais, l’environnementalisme, en travaillant sur d’autres fronts, était parvenu à se faire accepter dans la vie publique »[13]

Mais l’institutionnalisation, marque a priori éclatante de réussite, est-elle la voie la plus adéquate pour l’épanouissement de l’environnementalisme ? La période d’ascension des questions environnementales de 1962 à 1973 démontre la nécessité de mettre en place des systèmes de régulation au sein des sociétés industrielles modernes, ce qui ne peut s’instituer que grâce à des politiques publiques volontaristes. Cependant, les racines plus anciennes et profondes de l’environnementalisme américain sont, sous plusieurs rapports, réfractaires à toute idée de contrôle et de standardisation. A l’instar des nouvelles utopies des années soixante, les transcendantalistes, véritables fondateurs de cette tradition, calquent leurs systèmes de valeurs sur le monde naturel, aspirant à une liberté totale au sein de communautés écologiques vivant en autonomie. Leur rapport au pouvoir central, à la contrainte qu’il incarne, est donc historiquement problématique : l’Etat peut être un allié, aussi bien qu’un opposant venant corrompre leurs idéaux. En intégrant de fait le système administratif, l’environnementalisme se place dans une situation de dépendance par rapport au politique. Or, le pouvoir législatif, accaparé par de nouveaux enjeux, abandonne peu à peu à la fin des années soixante-dix sa promotion des politiques environnementales. Malgré la puissance des lobbies, les acquis du début de la décennie sont constamment menacés. D’ailleurs, l’expression « environmental backlash » est couramment employée pour décrire le « dédain écologique » qui caractérise les deux mandats présidentiels de Reagan[14].

Alors que le « Jour de la Terre » avait unifié dans un même élan les groupes environnementaux locaux, la reconnaissance accordée par le monde politique provoque paradoxalement une dispersion des revendications et des structures, revivifiant ainsi les organisations « grassroots ». Après 1973, l’environnementalisme américain adopte ainsi un caractère polymorphe évident. Malgré ces déboires et désillusions, il faut cependant souligner que le mouvement américain aura été l’aiguillon d’une prise de conscience mondiale qui s’exprime dès 1972 à la conférence onusienne de Stockholm. Ceci est d’autant plus prégnant que les problèmes eux-mêmes sont mondialisés : dégradations de la qualité des océans, atteintes à la couche d’ozone, réchauffement climatique, etc. Cette vocation internationaliste est incarnée au niveau des organisations environnementales par Greenpeace, fondée en 1972 par des activistes canadiens de Colombie-Britannique influencés par les avancées américaines. L’organisation s’implante rapidement sur le sol des Etats-Unis (Greenpeace USA) et s’agrège aux lobbies du « Groupe des Dix ». Mais dès ses origines, ses campagnes sont mondiales[15]. En 1979, Greenpeace International est créé à Amsterdam.

 

Les Etats-Unis peuvent donc apparaître à cette date comme les leaders des politiques environnementales planétaires. C’est donc à la suite des environnementalistes américains que le Green Movement mondial prend forme. L’écologie devient un mouvement important en Europe occidentale, mais se démarque de la tutelle américaine et n’hésite pas à affirmer ses ambitions politiques et électorales face à un environnementalisme américain confiné à jouer un rôle culturel[16]. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de l’Amérique face à l’environnementalisme qui est ainsi mis au jour. Elle aura été une initiatrice qui n’a pas assumé son rôle de provocation, entendu dans un sens idéologique mais aussi purement mécanique. Paradoxalement, c’est sur le Vieux Continent, ainsi que dans les pays émergents, que les idéaux de l’écologie utopique des contestataires américains des années soixante trouvent le plus d’écho.



[1] Mémoire de maîtrise dirigé par André Kaspi et Hélène Harter soutenu au Centre de recherches d’histoire nord-américaine de Paris I en juin 2005. Camille Bégin effectue actuellement sa deuxième année de master en relations internationales en tant qu’étudiante en échange à l’Université de Toronto.

[2] REIM (Tair), To Dream, Berkley Tribe, 13-17 novembre 1969, p. 16-17.

[3] NASH (Roderick F.), Wilderness and the American Mind, New Haven, Yale University Press, 1973, préface.

[4] Cité par LEWIS (Jack), The Spirit of the First Earth Day, EPA Journal, Janvier-Février 1990.

[5] CARSON (Rachel), Printemps Silencieux, Paris, Plon, 1970.

[6] Le terme Free-Press désigne la presse de la contre-culture, distribuée grâce à des réseau parallèles (boutiques psychédéliques, cafés…). Ces titres locaux sont souvent éphémères. D’autres paraissent régulièrement. Dans le cadre de notre étude, nous avons consulté le fond de la bibliothèque de documentation contemporaine. Celle-ci possède une collection, malheureusement incomplète, du Berkeley Barb, qui a une diffusion de 60 000 exemplaires en 1968 et dont l’histoire se confond par la suite avec celle du Berkeley Tribe ou encore Ramparts, bi-mensuel ayant une diffusion de 250 000 exemplaires en 1968.

[7] BRAUNSTEIN (Peter) and DOYLE (Michael William), ed, Imagine nation: The American counterculture of the 1960’s & 70’s, New-York, Routledge, 2002, p. 373.

[8] DUBAN (François), L’écologisme aux Etats-Unis. Histoire et aspects contemporains de l’environnementalisme américain, Paris, L’Harmattan, 2000, p. 43.

[9] Notre recherché est fondée sur la consultation du New York Times (1962-1973), de Newsweek (1969-1970), de la Saturday Review (1969-1970), de Time Magazine (1969-1970), et de la New York Review of Books (avril 1966, avril 1970).

[10] COMMONER (Barry), “Beyond the Teach-In”, in “Environnement and the Quality of Life”, Saturday Review, 4 avril 1970, p. 50

[11] GRAHAM (Mary), The Morning After Earth Day: Practical Environmental Politics, Washington, Brooking Institution Press, 1999, titre du troisième chapitre.

[12] WORSTER (Donald), Les Pionniers de l’Ecologie, Paris, Éditions Sang de la Terre, 1998, p. 370.

[13] SALE (Kirkpatrick), The Green Revolution and the American Environmental movement, Hill & Wang , p. 44.

[14] ZINN (Howard), Une Histoire Populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours, Paris, Agone, 2002, p. 645.

[15] La première, qui a lieu en 1975, concerne la sauvegarde des baleines.

[16] Ecology Party en Grande-Bretagne en 1973, Die Grünen en Allemagne en 1980, les Verts en France en 1984