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Anne Rio, L’image de l’Ethiopie dans la revue Asija i Afrika segodnja

L’image de l’Ethiopie dans la revue Asija i Afrika segodnja

 

 

 

Bulletin n° 23, printemps 2006

 

 

 

Anne Rio[1]

 

L’étude d’une revue se situe à mi-chemin entre l’étude des perceptions et, principalement dans le cas soviétique, l’étude de la communication d’un pays.

 Traditionnellement, les perceptions du pouvoir soviétique ont été déduites de sa politique étrangère, des déclarations de ses dirigeants, des articles et des conversations avec les universitaires, les dirigeants militaires et d’autres experts en relations internationales, mais également de l’analyse des différents médias[2]. Cette méthode d’analyse est subjective, influencée par les remous de l’opinion publique et par des a priori idéologiques persistants. D’autres données exercent une influence sur le processus de décision, parmi lesquels on peut classer la définition des intérêts nationaux, les possibilités et les capacités de la politique étrangère etc. Une longue discussion pourrait attribuer une signification à l’un ou l’autre des facteurs. Quoi qu’il en soit, les perceptions du monde extérieur ont un rôle dans la définition de la politique étrangère.

Sur l’autre versant, la communication et la propagande, s’agissant de l’Union soviétique, ont également une incidence politique. Cette incidence est voulue par les dirigeants soviétiques et elle est effective. Si nous prenons le cas de l’Afrique, la propagande a enregistré de nombreux succès. Bien que la stratégie soviétique n’accorde pas un intérêt prioritaire à ce continent, le Kremlin réussit à s’implanter dans de nombreux pays de manière plus ou moins stable, dans les années 1970 et 1980. Le marxisme-léninisme reçoit un large soutien sur ce continent. Plusieurs facteurs expliquent ces succès : l’attraction de l’idéologie marxiste-léniniste, l’aide militaire directe, l’appui au moment de la nationalisation des ressources naturelles, le soutien à la liquidation des vestiges du colonialisme… Mais, surtout, les succès du Kremlin en Afrique ont été favorisés par l’efficacité de sa communication vers ce continent[3].

Ainsi l’étude de l’image de l’Ethiopie dans la revue Asija i Afrika segodnja  (L’Asie et l’Afrique aujourd’hui) peut nous donner des indications sur les perceptions soviétiques de l’Ethiopie et ainsi sur la politique adoptée à son égard. En même temps, cette étude indique en quoi l’alliance avec l’Ethiopie et son adhésion au marxisme-léninisme ont pu servir la propagande et la stratégie soviétiques dans le Tiers Monde.

 

Une revue académique axée sur la propagande

 

La revue Asija i Afrika segodnja émane de deux centres de recherche, axés sur l’étude du Tiers-Monde : l’Institut d’Orientalisme, depuis la création de la revue en 1957 et l’Institut d’Afrique, depuis mars 1961. Il s’agit donc d’abord d’une revue académique, la mission des deux instituts étant l’information sur les pays afro-asiatiques et la formation des cadres intervenant dans la sphère des relations internationales. Dès la période khrouchtchévienne, les directeurs et le personnel de ces instituts sont aussi engagés dans des associations internationales qui promeuvent les relations bilatérales entre l’URSS et les Etats du Tiers Monde[4]. Depuis 1976, la revue est codirigée par le Comité soviétique de solidarité des peuples afro-asiatiques. Il s’agit d’une organisation internationale de masse, dirigée par le Département International du PCUS et appartenant au dispositif des « mesures actives » dans la guerre politique, engagée par l’Union soviétique contre l’Occident[5]. En effet l’URSS participe à l’Organisation de solidarité des Peuples afro-asiatiques dès sa création. Ce qui lui permet de s’associer aux revendications des pays afro-asiatiques et de se présenter comme l’alliée naturelle du Tiers Monde. Ainsi la revue est tout à la fois une revue académique et une revue de propagande. A partir de 1976, elle est traduite en français et en anglais, et à partir du mois d’août 1985, elle connaît de nouvelles versions, en arabe, portugais et dari (langue employée en Afghanistan)[6]. Elle est ainsi diffusée dans les pays occidentaux et les pays du Tiers Monde. Dans les années 1970, son tirage global s’établit à 120.000 exemplaires[7] en Union soviétique et dans le reste du monde. C’est donc une publication d’importance, qui s’adresse au plus large lectorat possible. Les collaborations à la revue sont prestigieuses dans le domaine académique : il s’agit des directeurs des instituts et d’orientalistes qui mènent une grande carrière. Si l’on ne peut pas évaluer la réception de cette revue, sa large diffusion et son importance académique témoignent de la volonté politique de traiter de ces sujets.

L’analyse du contenu de la revue entre 1973 et 1991 révèle la priorité accordée aux questions politiques et économiques et aux sujets d’actualité. D’autres aspects, en particulier culturels, sont également traités. La politique étrangère de l’URSS est reflétée dans la revue, à commencer par les revendications soviétiques de lutte contre le racisme, le sionisme, le colonialisme, le néocolonialisme et l’impérialisme, lutte qui est également la raison d’être du Comité soviétique de solidarité des peuples afro-asiatiques. Certains dossiers de l’actualité internationale apparaissent au premier plan : la situation des pays d’Afrique du Sud, le conflit au Proche-Orient. La politique étrangère soviétique est défendue, en particulier l’invasion de l’Afghanistan. L’Asie et l’Afrique sont traitées avec une égale importance. Mais l’Inde ressort comme le pays le plus étudié par la revue, en raison de son aura parmi les pays afro-asiatiques et de son « amitié exemplaire » avec l’Union soviétique. Par la suite, viennent la Chine (d’autant plus après son rapprochement avec l’URSS), le Japon et le Vietnam, puis l’ensemble des pays à orientation socialiste.

Dans cette revue, l’Ethiopie a une place comparable à celle des autres Etats progressistes : 58 articles concernent l’Ethiopie entre février 1973 et décembre 1991, ainsi qu’une rubrique spéciale en septembre 1984, à l’occasion du dixième anniversaire de la révolution. En observant la place dans la revue des différents Etats de la Corne de l’Afrique, on peut noter que l’Ethiopie se substitue à la Somalie à partir du mois d’août 1977.

 

L’installation  du Derg[8] au pouvoir (1974-1978)

 

La révolution éthiopienne est relatée dans la revue quelques mois après la déposition de l’empereur Haïlé Sélassié. Dès le début, les commentateurs soviétiques prennent le parti des militaires du Derg, qu’ils qualifient de démocrates révolutionnaires. La révolution éthiopienne est analysée en termes marxistes : un régime féodal-monarchique est renversé par les couches populaires. La revue précise que les paysans ont participé à ce mouvement d’opposition, qu’ils possèdent déjà une conscience de classe. En réalité, les paysans ne se sont pas mobilisés, la révolution reste un phénomène essentiellement urbain[9].  Le Derg devient un auxiliaire de la révolution prolétarienne. Une guerre civile s’ensuit, mais la revue n’emploie jamais ce terme pour qualifier la situation en Ethiopie. Tout comme elle ne mentionne pas le mot de terreur, qui se déchaîne en plusieurs vagues entre septembre 1976 et janvier 1978. Les rédacteurs présentent une opposition manichéenne entre des réactionnaires ou des partisans d’extrême-gauche et un gouvernement révolutionnaire et démocrate. La revue reprend exactement la terminologie marxisante[10] de la presse éthiopienne pour qualifier ces opposants. La guerre de l’Ogaden est l’occasion d’un renversement d’alliance de l’Ethiopie, ancien allié américain, qui se lie à l’Union soviétique, elle-même abandonnant la Somalie[11]. La revue publie un article lorsque la situation est devenue claire et que la victoire est déjà assurée.  En mars 1977, l’URSS tente d’apaiser la situation et propose la création d’une Confédération marxiste-léniniste regroupant l’Ethiopie, la Somalie, Djibouti et le Yémen-Sud. Le projet échoue[12], sans que la revue y fasse aucune allusion. Elle met l’accent sur l’agression somalienne, en insistant sur le fait que le bellicisme émane des couches supérieures de la société somalienne. Et elle incrimine dans un même élan les Occidentaux pour leur soutien, fictif, à la Somalie.

La mise en pratique du marxisme-léninisme (1975-1988)

 

La revue Asija i Afrika segodnja relate avec empressement la mise en pratique du marxisme-léninisme par le gouvernement éthiopien à partir du choix de l’orientation socialiste. En effet, elle applique le sceau de socialisme scientifique au Programme de la Révolution Nationale démocratique, proclamé en avril 1976. Les sources utilisées pour la rédaction des articles sont les documents, lois, discours, presse officielle. Très tôt les dirigeants soviétiques prennent le parti de Mengistu, qui se retrouve seul à la tête du Derg comme de l’Etat en mars 1977. Dès lors, la revue ne mentionne plus aucun autre responsable politique, et étayent les articles de ses citations. Elle décrit le processus de formation du parti d’avant-garde, qui fut très lent dans le cas éthiopien. Une rubrique spéciale accueille les dix ans de la révolution éthiopienne et la formation concomitante du Parti des Travailleurs d’Ethiopie. L’aboutissement de cette évolution, la formation de la République démocratique populaire d’Ethiopie en septembre 1987, est célébré par la revue.

Sur e plan économique et social, les articles accordent une large place à la formation des kébélés[13] dans les villes et les commentateurs soviétiques maintiennent la fiction de l’auto -gouvernement, alors que ces associations de quartier sont très tôt reprises en main par le pouvoir central[14]. De même pour la transformation du monde paysan, la revue présente la réforme agraire de mars 1975, dans l’ensemble réellement populaire. Ils appuient les tentatives de collectivisation de l’agriculture. Les auteurs restent muets quant aux difficultés de l’agriculture éthiopienne, et surtout quant aux résultats bien inférieurs des formes de coopératives et de fermes d’Etat, façonnées d’après le modèle est-européen, par rapport aux résultats des fermes de paysans ordinaires[15]. La grande famine de 1984-85 n’est mentionnée que très tardivement, en septembre 1987 et en réponse aux critiques des Occidentaux. Le domaine culturel est examiné lui aussi et les auteurs mettent en avant la campagne d’alphabétisation et le développement des arts de propagande.

 

La question nationale et la politique étrangère (1975-1988)

 

L’Ethiopie est un empire multiethnique qui souffre de difficultés d’intégration des différentes nationalités. Le régime militaire voit le développement de mouvements d’opposition au sein de plusieurs peuples : chez les Erythréens, les Tigréens, les Oromos, les Somalis et les Afars. La revue explique en détail les difficultés de la question nationale. Mais elle défend dans le même élan la politique d’égalité entreprise par le Derg. Les causes des soulèvements sont à rechercher dans la politique de domination des Amharas, mise en place par Haïlé Sélassié, et dans les conséquences de la domination coloniale. En ce qui concerne le soutien des rédacteurs envers le pouvoir militaire, le cas de l’Erythrée est très significatif. En effet, les articles ne mentionnent pas le soutien passé au mouvement séparatiste du temps d’Haïlé Sélassié, par l’intermédiaire de son allié, la Syrie[16]. Les orientalistes expliquent l’ancienneté du mouvement mais ils le trouvent obsolète dans le cadre de l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement marxiste-léniniste. Ainsi, ce n’est pas l’Union soviétique qui a changé de bord, c’est le mouvement séparatiste érythréen qui a changé de nature : de progressiste, il est devenu réactionnaire car il lutte contre un régime marxiste-léniniste.

Face à ces guérillas, l’Ethiopie a besoin d’un soutien militaire permanent qu’elle trouve en Union soviétique. En contrepartie, l’Ethiopie présente un alignement parfait sur les positions soviétiques et reçoit les louanges de la revue dans ce domaine. La coopération soviétique est largement mise en avant dans les articles, même si en pratique l’assistance soviétique souffre d’une mauvaise adaptation au contexte africain. Les auteurs de la revue s’appliquent à montrer la pérennité de l’amitié soviéto-éthiopienne et de l’assistance soviétique. C’est Anatolij Gromyko[17] en personne qui retrace l’histoire des liens entre les deux pays, remontant aux échanges d’ambassade au Moyen Age. L’histoire paraît linéaire, l’alliance avec les Etats-Unis est éludée. Mais la revue cache le principal : l’assistance militaire. Car le volume de l’assistance militaire en direction de l’Ethiopie dépasse celui des Américains au temps d’Haïlé Sélassié, et celui accordé à la Somalie avant la guerre de l’Ogaden. On peut retenir le chiffre de 1 800 millions de dollars d’armement dans la période 1976-1979[18].

 

Aucun reproche, une identification (1975-1988)

 

La revue Asija i Afrika segodnja ne fait pas état des divergences entre l’Union soviétique et l’Ethiopie. Les dirigeants soviétiques ont exercé plusieurs pressions pour la formation rapide d’un parti d’avant-garde, alors que la revue célèbre chaque avancée dans ce sens. Quelques incidents surviennent dans la politique étrangère sans que les auteurs y fassent référence. Au cours de la guerre civile au Yémen-Sud en 1986, l’URSS entreprend une action contre l’homologue apprécié de Mengistu, Ali Nasser Mohammed. Ce qui provoque une vive réaction du dirigeant éthiopien mais n’a pas pour conséquence l’envoi de troupes. La coopération soviétique est mise en avant, alors que les Ethiopiens se montrent insatisfaits. Ainsi la revue s’emploie à lisser l’histoire de l’Ethiopie révolutionnaire, montrée comme un exemple parfait à suivre.

Une comparaison récurrente est faite entre la Russie soviétique des premiers temps et l’Ethiopie révolutionnaire. Les régimes renversés sont tous les deux des monarchies féodales, appuyées sur la puissance de la propriété foncière et sur l’Eglise orthodoxe. Les deux pays ont immédiatement mis en œuvre une réforme agraire radicale qui donne la possession de la terre aux paysans. Les deux Etats, comme peut-être dans toute révolution, connaissent une guerre civile fratricide. La revue dans ce cas rappelle les rébellions des provinces périphériques en URSS. Enfin, les deux Etats sont des empires multiethniques, confrontés au problème de la question nationale. Un centre (Grand russe ou Amhara) étend sa domination sur des peuples colonisés. Ainsi, la perception soviétique traduit une projection de l’histoire proprement soviétique sur le cas éthiopien. On peut relever un certain préjugé des orientalistes de la revue : l’Ethiopie est considérée comme un « double noir »[19] de l’Etat soviétique. En conséquence, l’Ethiopie est appelée à suivre le modèle de développement de l’URSS.

 

La perestroïka ou le temps des critiques (1988-1991)

 

Au moment de la perestroïka, les dirigeants soviétiques modifient leur politique envers l’Ethiopie, c’est l’heure du désengagement. Toutefois, la révision des attitudes soviétiques vis-à-vis de l’Ethiopie est plus rapide au niveau pratique, politique et militaire, qu’au niveau intellectuel et universitaire. Alors que dès 1985, un rapport critique de Sokolov remet en cause la politique agricole et que la même année, les dirigeants soviétiques tentent de convaincre Mengistu d’une solution négociée avec les rebelles, la revue n’émet ses premières critiques qu’à la fin de 1988. La glasnost qui bouleverse la presse à partir du milieu des années 1980 fait sentir ses effets plus tardivement dans la revue Asija i Afrika segodnja. Les auteurs s’appuient désormais sur les travaux des Occidentaux pour analyser la situation éthiopienne. L’Ethiopie est encore une fois appelée à suivre le modèle soviétique, et à s’engager dans une « perestroïka à l’éthiopienne »[20]. Les réformes sont engagées et le marxisme-léninisme est abandonné officiellement en mars 1990, mais cela ne dissuade pas les guérillas de poursuivre leur combat. A partir du désengagement soviétique en Ethiopie, les militaires ne peuvent résister aux assauts des mouvements séparatistes. Les Etats-Unis font leur retour dans la Corne et s’entendent avec les dirigeants soviétiques pour pacifier la zone[21]. La chute du régime est analysée dans l’angle de vue des rapports entre grandes puissances. L’Ethiopie est lâchée sans que la revue souligne cet aspect. Les temps ont changé et les liens d’amitié avec l’Ethiopie, tant célébrés, sont vite oubliés.

 

En conclusion, la revue Asija i Afrika segodnja projette l’image d’une Ethiopie conforme au modèle soviétique. Les rédacteurs n’hésitent pas à opérer quelques distorsions par rapport à la réalité et l’histoire pour faire correspondre le cas éthiopien au schéma révolutionnaire orthodoxe. Pendant toute la période brejnévienne, les développements politiques et économiques sont approuvés et l’Ethiopie constitue un exemple à suivre pour les pays afro-asiatiques. D’après les perceptions, l’Ethiopie constitue une sorte d’alter ego de l’URSS de la période révolutionnaire. Ainsi l’Union soviétique est célébrée à travers le cas de son disciple et par son attitude envers ce pays du Tiers Monde. Même pendant la perestroïka, l’Ethiopie est appelée à faire sa grande réforme, à l’instar de l’Union soviétique. En 1990-91, la revue entre dans une nouvelle époque et modifie son approche de l’Ethiopie : ce pays est relégué au second plan derrière le grand sujet du moment : l’entente avec les Américains.



[1] Etudiante en Master 2 d’histoire contemporaine des relations  internationales et des mondes contemporains, Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Article issu d’un mémoire de maîtrise, soutenu en octobre 2005 sous la direction de Mme Marie-Pierre Rey.

[2] PAPP (Daniel S.), Soviet Perceptions of the Developping World in the 1980s : the Ideological Basis, D.C. Heath and Company, 1985, p. ix.

[3] ERIBO (Festus), In Search of Greatness. Russia’s Communications with Africa and the World, Westport, Ablex Publisher, 2001, p. 85.

[4] ERAM (Oded), The Mezhdunarodniki : an assessment of professionnal expertise in the making of Soviet foreign policy, Ramat Gan, Turtledove Publisher, 1979, p.246.

[5] SHULTZ (Richard H.), GODSON (Roy), Dezinformatsia. Mesures actives de la stratégie soviétique, traduit de l’anglais par Simon Trope, Paris, Anthropos, collection Guerre et paix, 1985, p. 28.

[6] « Vstupaja v cetvertoe desjatiletie » (En entrant dans le quarantenaire), Asija i afrika segodnja, 361, Moscou, juillet 1987, p. 0-1.

[7] Entretien en mars 2005 avec Dimitri Pavlovitch Kasatkine, rédacteur dans la revue Asija i Afrika segodnja depuis 1974, entretien retranscrit dans le mémoire.

[8] Mot amharique qui signifie « Comité des égaux », et qui sert à désigner la junte militaire arrivée au pouvoir après la déposition d’Haïlé Sélassié, formant à partir du 12 septembre 1974 le Comité Militaire administratif provisoire.

[9] LEFORT (René), Ethiopie : la révolution hérétique, Paris, François Maspero, Cahiers Libres 362, 1981, p. 108.

[10] TUBIANA (Joseph), « Le langage de la révolution », La révolution éthiopienne comme phénomène de société, essais, témoignages et documents réunis par Joseph Tubiana, Paris, L’Harmattan, 1990, p. 101-119.

[11] CARRERE D’ENCAUSSE (Hélène), Ni paix, ni guerre. Le nouvel Empire soviétique ou du bon usage de la détente, Paris, Flammarion, collection Champs, 1987, p. 81.

[12] PATMAN (Robert), The Soviet Union in the Horn of Africa. The diplomacy of intervention and disengagement, Londres, Cambridge University Press, 1988, p. 202.

[13] Cooperative societies of urban dwellers, chargées de distribuer les immeubles et maisons urbaines aux habitants, de récolter les impôts et de gérer les services sociaux.

[14] CLAPHAM (Christopher), Transformation and Continuity in Revolutionary Ethiopia, Cambridge, Cambridge university press, 1988, p. 133.

[15] Ibid., p. 174.

[16] PATMAN (Robert), op.cit., p. 56.

[17] Directeur de l’Institut d’Afrique de l’Académie des Sciences de l’URSS, fils d’Andrej Gromyko, ministre des Affaires étrangères.

[18] PATMAN (Robert), op.cit., p. 277.

[19] PRUNIER (Gérard), « La vision soviétique de la révolution éthiopienne ou les limites politiques de l’anthropologie. », dans Regards sur l’anthropologie soviétique, actes du colloque Anthropologie soviétique et sociétés traditionnelles, organisé par le Centre d’Etudes sur l’URSS, l’Europe orientale et le domaine turc de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, les 16-18 mars 1989 à Paris, Cahiers du monde russe et soviétique, Paris, vol. XXXI (2-3) 1990, p. 413-428.

[20] GASCON (Alain), « La perestroïka à l’éthiopienne : le pari de Mengistu », Politique africaine, Paris, 38, juin 1990, p. 121-126.

[21] FONTRIER (Marc), La chute de la junte militaire éthiopienne (1987-1991). Chroniques de la République populaire et démocratique d’Ethiopie, Paris, L’Harmattan, ARESAE, Bibliothèque PEIRESC 13, 1999, p. 251.