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Katalin Csösz-Jutteau, Le mouvement politique d'enfants dans les pays communistes

Le mouvement politique d'enfants dans les pays communistes

 

Bulletin n° 20, automne 2004

 

 

Le mouvement politique d’enfants dans les pays communistes :

les activités du Comité international des mouvements d’enfants et d’adolescents (CIMEA) vues depuis la Hongrie

(1970-1980)

 

Katalin Csösz-Jutteau[1]

 

L’esprit et l’idéologie du mouvement des pionniers

 

Les organisations de pionniers sont parties intégrantes des mouvements socialistes. Leur période d’existence est liée à celle des mouvements ouvriers. Nous souhaitons présenter ici quelques clés de nos recherches en cours. Le terme de « pionnier »[2] dans le contexte d’un mouvement d’enfants apparaît au début du XXe siècle dans l’histoire du mouvement ouvrier international. Les théoriciens de l’Internationale socialiste (Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg)[3] préconisent l’encadrement des enfants en instituant des mouvements de jeunesse pour assurer une éducation et une morale socialistes.

C’est en Union soviétique que l’idéologie du mouvement et sa pédagogie se développent en premier sur le fondement des travaux pédagogiques de Nadejda Kroupskaïa[4] et de Makarenko[5]. Ils se basent sur quelques valeurs du scoutisme et du mouvement allemand Wandervogel[6], et s’appuient sur les nouvelles recherches pédagogiques du tournant du XXe siècle. « C’est l’école qui donne l’arme de la connaissance et de la compréhension, ainsi que la méthode d’utilisation pratique de cette arme. Le devoir du mouvement de pionniers est de faire fonctionner cette arme »[7] (Nadejda Kroupskaïa).

Les régimes communistes ont créé leurs mouvements de jeunes pour affirmer leur position, en assurer la durée et la continuité et préparer la relève en formant les futurs cadres. Les Komsomols soviétiques (Jeunesses communistes), avec leur hiérarchie établie en fonction de l’âge, ont servi de modèle à tous les pays socialistes, dont la Hongrie. L’activité de l’Union des pionniers hongrois fondée en juin 1946 répond à un double objectif : d’une part elle prépare les enfants à la construction du socialisme dans l’esprit marxiste-léniniste en suivant la politique du parti communiste, d’autre part elle oriente les choix des enfants vers l’Organisation des jeunesses communistes et le Parti, car le régime sait qu’il a besoin d’un vivier de zélateurs sincèrement convaincus. Dès sa création, l’Union des pionniers hongrois est censée défendre les droits des enfants et les représenter devant les pouvoirs publics. L’Union des pionniers enseignait à ses membres le respect des parents[8] et des travailleurs, l’internationalisme et la morale communiste. Le mouvement composé d’enfants « volontaires » âgés de 6 à 14 ans inculquait une forme d’éducation comprenant la diffusion de l’idéologie socialiste, un uniforme, l’honneur du foulard rouge, une hiérarchie respectée, un étendard, des chants, des activités collectives, l’amour et la découverte de la nature, des travaux manuels. Ses aspirations éducatives s’appuient sur un système d’épreuves (une sorte de formation) emprunté au scoutisme. Les divers rituels comme le serment, le lever des couleurs, la remise de médaille jalonnaient le parcours du futur « camarade ». Le mouvement d’enfants fonctionnait dans toutes les écoles primaires et dans les collèges où la plupart des enseignants assuraient des missions d’encadrement des pionniers.

L’organisation fut fondée dans l’esprit de la révolution de 1848 qui évoquait la participation des enfants à la guerre d’indépendance de 1848-1849. L’organisation hongroise des pionniers emprunte également à cette période le salut « Előre ! » [En avant !], la dénomination de « petit tambour » pour les enfants âgés de 6 à 10 ans et les « douze points » qui expriment l’idéal éducatif et idéologique du mouvement :

 2. Le pionnier aime sa patrie, son peuple : lutte et travaille pour eux (...) 6. Le pionnier est toujours prêt à aider les autres (...) 9. Le pionnier se soumet volontairement aux intérêts de tous [9].

Cette évocation historique et cette utilisation d’un événement marquant l’histoire de la Hongrie, la lutte pour l’indépendance, révèlent une facette ambiguë du mouvement des pionniers hongrois dans un régime dépendant de l’Union soviétique.

 

Les mouvements d’enfants s’internationalisent au-delà du « Bloc de l’Est »

 

Les visées politiques affichées par les mouvements d’enfants sont internationales. Ainsi, on peut lire en 1984 le compte rendu public du présidium de l’Union des pionniers hongrois :

Nous sommes au seuil d’une nouvelle époque de la guerre froide... Le danger d’une guerre nucléaire détruisant l’humanité s’accroît. L’offensive contre les transformations sociales et contre le socialisme continue et provoque tensions et aggravation des conflits politiques dans plusieurs régions du monde... Ce danger nous révèle le besoin d’agir pour la paix... A l’origine de l’action, nous retrouvons non seulement le mouvement international pour la paix, les mouvements de jeunesse mais aussi la participation de plusieurs organisations d’enfants[10].

Ce ton caractérise les analyses et les études faites au début des années 1980 sur les mouvements d’enfants par l’Union des pionniers hongrois conservées dans les archives hongroises. L’attention des partis communistes et socialistes pour la tranche d’âge des 4-6 ans progresse notablement dans les années 1970. Pour les pays communistes, l’utilisation du mouvement d’enfants est un bon moyen de propagande dans les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud où différents conflits politiques s’installent durablement à cette époque.

Dans les pays occidentaux (Finlande, Autriche, France), ces mouvements sont soutenus par des sections des partis communistes et sociaux-démocrates qui essayent de faire connaître aux enfants de leurs militants la voie d’une alternative politique. À la suite de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe devenue « le processus d’Helsinki » en 1975, une rencontre internationale de la jeunesse est organisée à Varsovie sous le nom d’« Helsinki des jeunes »[11], où 1 200 jeunes débattent de la paix, du progrès social et de la sécurité mondiale. Ce grand forum donne un élan à la coopération entre les organisations de jeunesse de différents courants politiques, qui ne se réalisera vraiment qu’au milieu des années 1980.

Le paysage des mouvements internationaux pour enfants dans les années 1970 est dominé respectivement par :

– le Comité international des mouvements d’enfants et d’adolescents (CIMEA)[12].

– le Mouvement international des faucons, basé à Bruxelles regroupant les mouvements sociaux-démocrates de « l’Ouest ».

­­– le Mouvement international des scouts (Organisation mondiale du mouvement scout – OMMS – et Association mondiale des guides et éclaireuses – AMGE), principalement catholique.

­– les Villages internationaux d’enfants, fondés aux États-Unis à Cincinnati.

Pour comprendre cet ensemble, il paraît utile de développer quelques éléments sur l’activité du Comité international des mouvements d’enfants et d’adolescents, tout à fait méconnu en Europe occidentale, mais dont le souvenir reste encore vivant dans les pays d’Europe centrale et orientale. Le CIMEA a cherché à étendre son influence sur les différents réseaux.

C’est au début des années 1970 qu’apparaît véritablement le nouvel emblème, Vicky CIMEA[13], un petit personnage rigolo au ventre rebondi en forme de globe terrestre et un foulard rouge. Pour les pionniers des années 1970, dont j’étais membre comme jeune Hongroise, il représentait une organisation très mal connue. Nous avions bien sûr entendu parler des campagnes politiques, des camps d’été auxquels seuls les meilleurs pionniers participaient sous l’égide du CIMEA. Mais cette organisation paraissait très loin des activités du mouvement des pionniers hongrois. En fait, le CIMEA fut essentiellement élitiste : il a permis aux dirigeants et aux cadres des Jeunesses communistes, à quelques moniteurs et pionniers de voyager à l’étranger, de participer à des colloques et de séjourner dans les colonies de vacances spécialement organisées. La majorité des pionniers ne connaissait que la mascotte de Vicky CIMEA. Les pionniers hongrois ne connaissaient pas le sens de l’intitulé de l’abréviation de cette organisation et dans tout le bloc soviétique, on utilisait son nom en français. Ce comité international fut une grande fédération de pionniers pour les pays socialistes, financée par les partis communistes et utilisée comme outil de propagande en direction des pays du Tiers Monde.

Les débuts du CIMEA remontent aux années 1950 où pendant le congrès de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD)[14] qui se déroula à Kiev en août 1957, naît l’idée de fonder un comité chargé des questions relatives à l’éducation et à la coordination des organisations de jeunes enfants. La FMJD reconnaît que s’occuper des problèmes éducatifs et des droits des enfants nécessite une approche au niveau international dans les mouvements de jeunesse.

L’organisation créée le 15 février 1958 à Budapest se fixa pour tâche d’éduquer la jeune génération dans l’esprit de la camaraderie et de la solidarité en apportant un soutien moral pour les « forces progressistes », termes utilisés par la propagande communiste de l’époque. Son nom et sa charte de fondation ne furent acceptés qu’en 1962 au cours de l’assemblée générale de Varsovie. Ses fondateurs sont des organisations d’Argentine, de Chypre, de Finlande, de France, de Hongrie, d’Indonésie, de Pologne, de RDA, d’Union soviétique et du Vietnam. A la fin des années 1970, le CIMEA regroupait 44 mouvements d’enfants et d’adolescents de 39 pays sur quatre continents.

L’assemblée générale de l’organisation se réunit tous les quatre ans, en liaison avec les assemblées générales de la FMJD. L’assemblée élit la présidence formée des 12 fédérations. C’est la présidence qui dirige le CIMEA entre les deux assemblées se réunissant une fois par an.

La composition de la présidence au début des années 1980 était la suivante:

– présidence : Le Mouvement des pionniers du Congo Démocratique et son président Jean-Baptiste Dzangue,

– vice-présidences : l’Union des pionniers finlandais, l’Union des pionniers soviétiques « Lénine » et l’Organisation des pionniers du Soudan,

– secrétaire général : l’Union des pionniers hongrois[15] et son délégué, Sándor Molnári.

          Les objectifs proclamés par son comité exécutif reflétaient le large éventail de moyens à disposition des vues idéologiques :

 – débattre de tous les problèmes qui touchent l’éducation et le travail des organisations d’enfants et d’adolescents ;

– coordonner et élaborer des projets au niveau international, comme l’organisation des festivals, des séminaires, des échanges de délégations ;

– promouvoir les échanges parmi les fédérations des différents pays, véhiculer des études, des statistiques, des informations scientifiques ;

– publier des bulletins pédagogiques, méthodologiques ainsi que diffuser des ouvrages sur les thèmes de la paix, du travail des enfants, des médias[16].

Le CIMEA, comme organisation d’enfants de la FMJD, travaillait pour l’évolution sociale, la coopération mutuelle, la démocratie dans un esprit d’amitié, de paix et de solidarité anti-impérialiste[17]. À en croire sa propagande, il avait l’intention d’assurer les conditions d’un avenir plus sûr, plus harmonieux, plus constructif aux enfants. Ses activités les plus courantes furent les suivantes :

a) Camps internationaux d’été ; compétitions culturelles et sportives ; camps de « la Paix et de l’Amitié » organisés dans les différents pays socialistes[18] ; séjours dans les célèbres camps d’Artek[19] en Crimée. En été 1977 y fut organisé un grand festival d’enfants intitulé « Que le soleil brille toujours ». Tous les camps des organisations sœurs pouvaient être considérés comme camps du CIMEA s’ils admettaient dans leurs activités le programme spécial du comité international. Sur la demande des organisations, périodiquement les camps spéciaux pouvaient être intégrés dans le programme annuel.

b) Séminaires et rencontres pour les enseignants, les moniteurs, les cadres des Jeunesses communistes, comme le séminaire « Sur les bases principales de l’éducation extrascolaire » organisé à Congo-Brazzaville en 1971 pour contribuer à la formation des cadres moniteurs des mouvements d’enfants d’Afrique. L’Union des pionniers hongrois a contribué avec le CIMEA à l’organisation d’une Rencontre européenne des enfants dans ses camps de Csillebérc (sur les collines de Buda) et de Zánka au bord du Balaton aux mois de juillet et août 1979.

c) Campagnes et actions politique de solidarité sous différentes formes : aide matérielle et morale ; collecte d’argent, de médicaments, d’équipements scolaires ; campagnes de signatures (campagne pour la libération d’Angela Davis[20]) ; pour les hôpitaux du Vietnam ; solidarité avec le Nicaragua, le Laos, l’Algérie.

Pour illustrer la manière d’utiliser la jeunesse d’un pays communiste dans les événements internationaux, citons un extrait d’un appel destiné à ces jeunes de 6 à 14 ans :

Le pouvoir de l’Unité populaire, gagnant une reconnaissance mondiale, a été réprimé dans le sang le 11 septembre 1973 par la junte militaire fasciste. Le président Allende fut assassiné. Un régime de terreur a été installé, des milliers de personnes ont disparu sans laisser de trace, des centaines de milliers d’autres ont été emprisonnées sans jugement. Nous combattons avec les forces démocratiques du monde pour la liberté du peuple chilien, pour la réhabilitation de ses droits démocratiques, pour la libération des patriotes chiliens encore emprisonnés. Le sens de ce combat est justifié et sa signification est augmentée puisque nous avons réussi à sortir de prison le camarade Corvalan.

  Du 4 septembre au 11 mars 1977 nous organisons une semaine de solidarité au cours de laquelle nous exprimons derrière la devise « Solidarité anti-impérialiste, paix et amitié » notre unité avec les peuples et leurs jeunesses qui combattent l’oppression nationale, l’exploitation, les orientations néocolonisatrices et le fascisme renaissant !

Le 1er juin, Journée internationale des enfants, est devenu une date autour de laquelle les campagnes politiques étaient lancées par le CIMEA. Ce mouvement préparait ses actions en utilisant les dix principes de la Déclaration des droits des enfants votée par l’ONU le 20 novembre en 1959. Il suivait attentivement les changements politiques intervenus dans le monde, surtout dans les pays pauvres depuis la décolonisation, et essayait d’attirer l’attention des enfants des pays communistes sur les conflits internationaux. Il espérait y parvenir par des moyens éducatifs.

Le début des années 1980 est l’aboutissement d’une collaboration avec les différentes organisations d’enfants comme les scouts et le mouvement des faucons. Depuis sa création, le CIMEA tissait également des liens avec l’UNESCO et l’UNICEF. Puis il participe pour la première fois à l’organisation d’une Rencontre internationale de la jeunesse[21] en 1973 à Berlin[22]. Pendant les festivités, un vaste programme de plusieurs jours fut réservé aux jeunes enfants[23]. Ce fut l’occasion d’une grande reconnaissance pour cette organisation de la part des partis communistes qui la félicitèrent alors de son travail de propagande.

1979 fut l’année internationale des enfants, lancée par l’Organisation des Nations Unies. A cette occasion, le succès de la Rencontre européenne des enfants organisée en Hongrie, dans les camps de Csillebérc (Budapest) et de Zánka (le lac Balaton), met en valeur le CIMEA qui, en s’appuyant sur le réseau diplomatique hongrois, croit peser sur la grande politique. Elle y invite les organisations d’enfants des pays frères et les organisations des pays occidentaux qui ne sont pas membres du CIMEA.

 

Le réseau était à son apogée dans les années 1980, et nous constatons à mesure de nos recherches que la politisation des mouvements d’enfants n’est pas une dérive accidentelle des années 1950, mais une fuite en avant jusqu’à 1989.

Le pionnier devait prêter allégeance à son pays, à l’amitié avec l’URSS et au socialisme. L’appartenance à l’organisation des pionniers devait être un élément fondamental d’intégration sociale pour les enfants. Leur temps libre était encadré tout au long de l’année scolaire et pendant les grandes vacances d’été. Les camps du CIMEA avec ses banderoles et ses pionniers joyeux au foulard rouge illustraient bien l’idéologie des régimes communistes en contribuant à leur mise en scène.

Mes recherches s’inscrivent dans les études historiques et sociales des pays d’Europe centrale et orientale concernant leur passé communiste. Il est indispensable à travers un mouvement de jeunes, de comprendre le système communiste, sa psychologie et sa « pédagogie socialiste ». Les responsables, les membres de l’Union des pionniers hongrois peuvent encore témoigner aujourd’hui. Ainsi, mes analyses s’appuient d’une part, sur des archives, sur des entretiens avec des acteurs directs et, d’autre part, sont formulées à travers le prisme de mes souvenirs personnels. Le CIMEA, organisation internationale des mouvements d’enfants socialistes, faisait de la propagande pour la coexistence pacifique et « pour une enfance heureuse dans un monde de paix », contre la course aux armements et la dépense militaire. Il espérait participer au processus international de la détente politique des années 1970-1980. Mais concrètement, pour les cadres des Jeunesses communistes, l’existence d’une organisation internationale a permis de voyager en Occident et dans plusieurs pays africains, ce qui était beaucoup plus difficile aux autres citoyens. Le Parti communiste français a d’ailleurs lui-même été un élément de ce réseau, car les Pionniers de France accueillirent des moniteurs des pays de l’Est à l’occasion des « Cavalcades de l’amitié », organisées dans différentes villes de la ceinture rouge de la région parisienne (Gennevilliers, Malakoff …).

Les dirigeants du CIMEA croyaient accomplir une mission de formation des jeunes patriotes socialistes, mais leurs convictions internationalistes affichées n’atteignaient que peu de pionniers de base qui n’avaient pour l’essentiel pas même l’âge d’une conscience politique.

 

 

 


[1] Prépare une thèse de troisième cycle sous la direction du professeur Bernard Michel intitulée « Histoire du mouvement des pionniers hongrois dans les années 1970 ».

[2] C’est Daniel Carter Beard qui fonde en premier une organisation nommée “The boy-pioneers” à la fin du XIXe siècle aux États-Unis.

[3] Karl Liebknecht (1871-1919), Rosa Luxemburg (1871-1919), membres fondateurs du Parti communiste allemand et du groupe des Spartakistes, organisateurs des mouvements socialistes de jeunesse.

[4] Nadejda Kroupskaïa (1869-1939), membre du Parti communiste soviétique, compagne de Lénine, docteur en pédagogie, membre de l’Académie scientifique de l’Union soviétique. Kroupskaïa fut un des théoriciens de l’enseignement public soviétique, fondatrice des écoles dites polytechniques (écoles de travail socialistes). Elle a beaucoup soutenu le mouvement des pionniers en Union soviétique.

[5] Anton Makarenko (1888-1939), pédagogue et écrivain soviétique. Il fonde l’établissement Gorki pour les jeunes délinquants où il perfectionne ses idées et ses méthodes pédagogiques socialistes. Il décrit son expérience dans son roman intitulé Poème pédagogique.  

[6] Wandervogel : mouvement de jeunesse allemand bourgeois du début du XXe siècle. Les idées principales du Wandervogel sont les suivantes : la jeunesse allemande doit se débrouiller seule, devenir très tôt responsable de ses actes. Il enseigne l’amour de la nature, la vie paysanne.

[7] SZABÓ (Ferenc), « Krupszkaja és az úttör mozgalom » [Kroupskaïa et le mouvement des pionniers], Pedagógiai Szemle [Revue pédagogique], Budapest, 1969, p. 397.

[8] Les parents sont obligés d’accepter cette éducation. Ils ne communiquent  et partagent guère à la maison leurs opinions politiques avec leurs enfants. 

[9] Extrait des « douze points » de l’année 1946.

[10] PIL, Politikatörténeti  Intézet [Institut d’histoire politique (Budapest), successeur de l’Institut historique du parti communiste], 289, f 13/1984-89/339, p. 10. Traduction de l’extrait d’un compte rendu sur la situation du mouvement d’enfants international [Tájékoztató a nemzetközi gyermekmozgalom helyzetéről], préparé pour le présidium de l’Union des pionniers hongrois le 3 décembre 1984 à 180 exemplaires.    

[11] PIL. 289. f 13/1977/55, p. 43. ;  Tájékoztató az Országos Elnökségnek a nemzetközi gyermekmozgalom időszerű kérdéseiről [Compte rendu à l’attention du présidium national sur la situation du mouvement d’enfants international].

[12] En hongrois : Gyermek- és Serdülőkori Mozgalmak Nemzetközi Bizottsága.  

[13] En hongrois Viki (Vicky) est le diminutif des prénoms Viktor et Viktória.

[14] FMJD, Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (en hongrois : Demokratikus Ifjúsági Világszövetség - DIVSZ). Elle fut créée en novembre 1945 à Londres et financée par la suite par l’Union soviétique et ses pays satellites. Son siège se trouvait jusqu’en 1951 à Paris puis il fut transféré à Budapest. Après 1989, le nom de la FMJD apparaît encore dans les programmes de soutien aux pays africains coordonnés par l’UNICEF.

[15] Comme le siège du CIMEA se trouve à Budapest, le poste du secrétaire général est toujours assumé par l’Union des pionniers hongrois.

[16] Gyermekmozgalmak, gyermekszervezetek [Mouvements d’enfants, organisations d’enfants], Budapest, MÚSZ [Union des pionniers hongrois], 1985, p. 11.

[17] Ibid., p. 12.

[18] Le premier camp international fut organisé du 27 juillet au 6 août 1960 à Werbelliesensee, en RDA avec la participation de 31 pays et de 36 organisations d’enfants. 

[19] Sur la vie dans les camps de pionniers, il faut absolument lire l’excellent ouvrage de Thorez (Paul), fils de Maurice Thorez, qui a fait plusieurs séjours à Artek dans les années 1950, intitulé Les Enfants modèles (Paris, Folio, 1986).

[20] Angela Davis (née en 1944), membre du parti communiste américain et du mouvement de Black Panthers, philosophe de formation. Elle fut arrêtée en 1970 et emprisonnée pendant 16 mois.

[21] En hongrois : VIT (Világifjúsági Találkozó).

[22] 10e RIJ du 28 juillet au 5 août 1973.

[23] PIL. 289 f. 13/1977/55, p. 44.