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Suzanne Pourchier, L'emblématique militaire comme élément de construction identitaire nationale

L'emblématique militaire comme élément de construction identitaire nationale

 

Bulletin n° 18, printemps 2004

 

 

 

 

Suzanne Pourchier

 

 

 

 

L'arsenal emblématique auquel ont eu recours les nouveaux États, issus des renaissances nationales du XIXe siècle en Europe médiane, correspond à des catégories bien répertoriées et bien étudiées. Les républiques baltes, dont l'indépendance fut proclamée à l'issue de la Première Guerre mondiale, bâtirent elles-mêmes, en deux décennies environ, une série de références identitaires. Soigneusement préservées, celles-ci constituent un fonds dans lequel ces États, restaurés après 1991, s'empressèrent de puiser pour reconstruire leur visibilité et proclamer leur continuité historique.

Parmi les « outils » de communication étatique, les éléments visuels sont d'une portée et d'une lisibilité universelles. C'est pourquoi leur élaboration et leur choix ont toujours été l'objet d'études particulièrement attentives et ont mobilisé des artistes qui ont participé ainsi à l'aventure patriotique de leur pays. L'enjeu n'est rien moins que la création de l'arsenal identitaire[1] revendiqué par tout nouvel État.

 À cet égard, le cas de la Lettonie se distingue car, lorsque les patriotes lettons veulent élaborer cette emblématique, ils se trouvent devant une réalité historique particulière. Aucun passé prestigieux ne peut être revendiqué, contrairement à la Lituanie, dans la continuité du grand-duché. Aucun passé univoque ne peut être invoqué, à l'instar de l'Estonie, qui s'inscrit entièrement dans la province de la « vieille » Livonie et dont les populations finno-ougriennes ont subi de conserve les mêmes jougs.

  La Lettonie doit se construire à partir de provinces aux destins rendus divers après l'issue de la guerre de Livonie (1629). Si le dernier partage de la Pologne-Lituanie, en 1795, a regroupé l'ensemble du territoire letton au sein de l'Empire russe, le statut de ces provinces n'y est pas identique. À l'est, la Latgale (l'Inflanty du Royaume polonais aux XVIIe et XVIIIe siècles) devenue partie intégrante du gouvernorat de Vitebsk au sein de l'Empire russe en 1772, au nord la Vidzème (la Livonie du Sud) qui, en 1629, passe sous domination suédoise, enfin la Kurzème (Courlande) et la Zemgale, provinces unies et prospères au sein du duché de Courlande-Zemgale, à l'ouest et au centre du pays.

 La tâche à accomplir pour doter le nouvel État d'attributs est d'autant plus complexe et difficile que la concrétisation du processus se situe pendant une période troublée par plusieurs conflits : événements révolutionnaires russes, Première Guerre mondiale qui place le territoire de la future Lettonie sur la ligne du front Est, et enfin guerre de libération nationale qui, après la proclamation de l'indépendance le 18 novembre 1918, prolonge les combats jusqu'à l'expulsion des forces étrangères en novembre 1920. Ces longues années de guerre constituent au demeurant un épisode fondateur de la Lettonie, et les tirailleurs lettons[2], dont l'héroïsme fut unanimement salué, sont au cœur de ces combats et de ces luttes politiques. Cela explique la part prise par l'emblématique militaire dans l'imaginaire des Lettons après 1920, et la centralité de la représentation de ces régiments d'élite.

 Davantage que le drapeau national et les armoiries, déjà amplement étudiés, c'est donc sur le registre militaire de l'expression de l'identité que portera cette étude. Il s'agit de mettre en évidence le parallélisme entre évolution des symboles et événements historiques et de montrer le caractère central de l'emblématique et de la représentation des régiments de tirailleurs lettons dans la construction nationale de la république de Lettonie.

  

Au sein de l'armée russe, les tirailleurs lettons

  

Quand l'Allemagne déclare la guerre à la Russie le 1er août 1914, les troupes de l'Empire russe, mobilisées depuis le 30 juillet, constituent une force supérieure à celle de l'Allemagne avec, pour l'infanterie seule, 33 régiments représentant au total 4 100 000 combattants. Les Lettons, pourtant déjà travaillés par un courant d'autonomie nationale, choisissent immédiatement leur camp et leur loyauté à l'Empire russe est sans faille. Une analyse d'Henry de Chambon, directeur de la Revue parlementaire, résume bien la situation :


« La Lettonie espérait, grâce à la victoire de la Russie, se débarrasser des barons baltes et de l'emprise germanique ; elle escomptait aussi une amélioration sérieuse de sa situation dans le cadre de l'Empire russe. Elle avait tout à perdre de la victoire allemande, elle pouvait beaucoup gagner de la victoire russe »[3].

 

 

Au cours du temps, la guerre prend une signification précise pour les Lettons qui ont connaissance de plans élaborés à Berlin en vue de l'annexion des provinces de Kurzème et Vidzème et d'une implantation de colons allemands qui participeraient ainsi à la réalisation du Baltikum, vaste ensemble germanique esquissé par les chevaliers Teutoniques. Une victoire allemande signifierait donc la fin définitive de leurs rêves d'autonomie ou d'indépendance.

 Les Lettons sont mobilisés dans le XXe corps d'armée et envoyés sur le front de l'Ouest entre Petrograd et Riga. Sous commandement russe, ils subissent des pertes considérables[4], laissant par ailleurs la Kurzème pratiquement sans protection militaire. Il n'y a là que deux bataillons de réservistes lettons sans entraînement particulier. Cependant ceux-ci réussissent à protéger la forteresse de Daugavgriva et, alors que les troupes russes avaient cédé du terrain, ils parviennent à reconquérir Jelgava (Mitau) en avril 1915.

 

 

Cet exploit attire l'attention du commandement suprême des forces russes qui répond favorablement à la proposition du député letton de la Douma, Janis Goldmanis, le 25 mai 1915, de former des bataillons de tirailleurs lettons[5], et ce malgré une double opposition. En effet les Germano-Baltes d'une part, souvent officiers supérieurs de l'armée impériale, se souvenant des révoltes post-révolutionnaires en province (1905), craignent d'armer les Lettons, tandis que, d'autre part, les Russes des provinces de la Baltique voient là une menace de prise d'indépendance, une fois la guerre terminée.

 Un décret est cependant signé dès le 13 juillet 1915[6] pour donner leur autonomie à des unités lettones au sein de l'armée. Le commandement est dévolu à des officiers lettons, donnant leurs ordres en langue lettone, laquelle peut être utilisée également dans les textes figurant sur emblèmes accordés à ces formations. En outre, il est précisé que ces troupes ne serviront pas en dehors du territoire letton. L'importance de ces dispositions est immédiatement perçue par l'intelligentsia patriotique lettone, comme en témoigne cet appel :

« Après 700 ans le destin de notre peuple se construit de nouveau. Après 700 ans de souffrances et d'attente, le rêve de renaissance culturelle du peuple doit s'accomplir. Aujourd'hui ou jamais. Sur le champ de bataille vous, les fils de la Lettonie, devez créer le destin et la gloire de votre peuple. Vous, gens de Vidzème et de Latgale, qui dans les champs travaillez toujours avec vos charrues, et vous, gens de Kurzème dont les faux sont rouillées dans les prés de vos pères, troquez vos faux et vos charrues contre l'épée du guerrier. Et vous tous qui êtes largement disséminés au loin mais dont le cœur bat pour la patrie, tendez la main pour le combat. Plus nous avons perdu, plus nous devons regagner. Le temps de la haine doit se transformer en un temps de grands efforts pour tout notre peuple. Frères, mieux vaut aller au combat que de ne rien faire et d'être ruinés sur les bords des chemins étrangers. Comme toujours, dans ce moment difficile, restons fidèles à notre patrie et forgeons nous-mêmes son destin.

 Sur le billot j'ai posé ma tête pour défendre ma patrie. Frères, l'heure est venue. Celui qui croit, vaincra. En avant avec le drapeau des Lettons, pour l'avenir de la Lettonie »[7].

 Origine paysanne de la population lettone, engagement des Lettons sous des bannières étrangères (russe ou allemande) et ennemies, appel à l'unité : le décor de l'action est campé par ce texte, écrit par les écrivains lettons Atis Kenins et Karlis Skalbe[8], vibrant d'un patriotisme qu'il convient de resituer dans le contexte d'alors.

 

Durant l'été 1915, quand cet appel est lancé, le front de la guerre germano-russe s'établit en Kurzème, à l'ouest du territoire, de part et d'autre du fleuve Daugava. À la suite du recul des armées russes devant les armées allemandes, Riga et la Vidzème se trouvent menacées. On assiste en conséquence à une vaste opération de déplacement de populations, transportées vers l'intérieur de la Russie à partir de la Kurzème et de la ville de Riga, simultanément vidée d'une partie de ses installations industrielles et stratégiques. Pour faire face à l'inorganisation russe, ces masses de réfugiés (environ 800 000[9]) s'organisent elles-mêmes sous la direction du « Comité letton pour les réfugiés », creuset dans lequel se développera plus concrètement l'idée nationale lettone.

 Dans l'épreuve des combats, les responsables russes réalisent la valeur des soldats lettons particulièrement disciplinés et efficaces. Par ailleurs les Lettons comprennent que leur avenir est entre leurs mains. Aussi, quand, le 1er août 1915, le général russe Mihaïl Aleksejev donne l'ordre no 21370 pour le recrutement de bataillons de tirailleurs lettons, la levée se fait massivement, avec des civils volontaires ou des soldats ayant demandé leur mutation à partir d'autres régiments. Quant aux officiers, certains se voient refuser ce transfert, l'état-major appréciant trop leurs capacités dans leur commandement au sein d'unités russes. Dès novembre 1915 la formation des huit bataillons[10] (de 1 500 hommes chacun) rattachés au XXe corps d'armée russe - auquel s'ajoute un bataillon de réservistes de 10 000 hommes - est terminée[11].

 Les tirailleurs lettons tiennent alors leurs positions dans les marécages de l'embouchure de la Daugava (Daugavgriva) et livrent d'âpres batailles, dont celles de Kekava, en mars et juillet 1916 mais surtout celles de Naves sala (l'île de la mort) jusqu'en septembre 1916. En fait ces troupes d'élites sont envoyées en divers points du front, là où les affrontements sont les plus lourds et où les troupes russes ont besoin de renfort. Sous le commandement du colonel Briedis, les attaques se font de nuit, sans tirs d'artillerie préalables, et parviennent ainsi à ouvrir des brèches dans les lignes ennemies. Ultérieurement d'autres combats évoluent de façon analogue : une offensive réussie des troupes lettones suivies d'un soutien insuffisant des armées russes entraînant une perte finale de terrain. Les batailles de Noël 1916, commencées le 23 décembre et qui durèrent 25 jours, constituent une étape décisive dans cette phase des hostilités : en attaque frontale sur 8 kilomètres pour libérer la Kurzème (bataille de Lozmeteju Kalns, la colline du canon), les Lettons maintiennent leurs positions. Mais, exténuées par la violence et la longueur de ces combats, les troupes lettones se replient momentanément vers l'arrière pour une courte récupération, tandis que les effectifs russes qui les remplacent ne peuvent contenir l'avance des Allemands, aidés de renforts venant du front occidental (Verdun). Finalement les Lettons, revenus au front, permettent, en poursuivant les combats par une température de - 32°, de stopper les troupes allemandes.

 Sans que soit altéré le prestige des tirailleurs lettons, dont les victoires provisoires sont connues, l'offensive russe perd du terrain, l'état-major impérial se montrant incapable d'envoyer les soutiens nécessaires à la poursuite des percées durement ouvertes, ou même à la consolidation des positions conquises. Les pertes sont sévères[12] et ces vains sacrifices sont ressentis avec amertume chez ces combattants lettons qui voient s'effondrer par ailleurs leurs espoirs nationaux.

 Pourtant, en mai 1917, les Lettons de ces régiments[13] soutiennent encore le gouvernement provisoire russe dont ils espèrent l'octroi de l'autonomie. Le respect de l'autorité des officiers règne dans les rangs lettons qui ne cèdent ni à la fraternisation qui rapproche soldats russes et allemands, ni aux sirènes bolcheviques.

  

Le triomphe des emblèmes porteurs de l'idée nationale

 

Afin de créer une emblématique lettone pour ces régiments nationaux, une commission ad hoc est mise en place dès 1915, à laquelle participent notamment l'avocat Gustavs Kempelis, vice-président du Comité d'organisation des tirailleurs lettons, le lieutenant-colonel Andrejs Peka et le peintre Ansis Cirulis. Les projets présentés à l'état-major reçoivent l'approbation de celui-ci et sont rapidement réalisés. Pour la contribution graphique, qui nous intéresse ici, le rôle d'Ansis Cirulis est déterminant car il est chargé des projets de drapeaux et d'insignes. Inspiré par le courant du romantisme national, cet artiste déjà renommé, formé à l'Académie Stiglitz[14] de Saint-Pétersbourg, s'impliquera ensuite à de nombreuses reprises pour d'autres figurations emblématiques et notamment pour la conception du drapeau national. Nombre de petites nations en effet, ne disposant pas d'une large réserve d'artistes et de graphistes spécialisés, ont mobilisé pour ces tâches plus « appliquées » les artistes les plus connus et les plus appréciés.

 Proposer des représentations qui s'adressent au peuple, à la fois militaire et civil, et qui, à cet effet, puisent dans l'imaginaire commun des Lettons, nourris des symboles célébrés dans les chants populaires lettons (les daïnas), telle est l'idée directrice de ces projets.

 Examinons tout d'abord les drapeaux[15] prévus dans les règlements provisoires de juillet 1915. À cette époque, l'aigle bicéphale de l'Empire russe cohabite avec les symboles lettons sur les drapeaux de ces bataillons. Ainsi, pour le premier bataillon de la Daugavgriva, sur un côté du drapeau se déploie l'aigle bicéphale russe avec des inscriptions en caractères cyrilliques, tandis que sur l'autre resplendit le soleil, symbole essentiel de la mythologie lettone, croisé de deux épées, évoquant clairement l'attribut d'un héros d'épopée lettone, Lacplesis (le déchireur d'ours), dont la particularité est d'avoir toujours triomphé de l'envahisseur. Le message patriotique des inscriptions, en letton, qui ne figurent que sur cette face, est assez clair : « Ne soyez pas tristes, soldats, le soleil argenté se lève »[16] :

 Pour le deuxième bataillon, le côté russe du drapeau est très similaire au précédent tandis que, sur l'autre face, on peut voir une épée entourée d'éclairs foudroyants, symboles du dieu Perkons, le dieu du tonnerre dans le panthéon balte. Une devise en letton entoure les symboles : « Dans les temps difficiles pour la patrie, ses fils doivent aller l'aider »[17].

 D'autres devises véhiculent également des messages clairement patriotiques : « Sur le billot, j'ai mis ma tête pour défendre ma patrie »[18], devise finale du manifeste de la création des bataillons de tirailleurs lettons (cf. supra).

 Une esquisse de drapeau proposée par Cirulis, mais jamais réalisée, a été conservée. On y voit le soleil argenté - particularité des daïnas lettons - frappé d'une épée avec la devise suivante : Tevu zemes Brivestibu Pirksim mes ar asinim ! (La liberté de notre patrie, achetons-la avec notre sang !), et l'on y lit en marge une note écrite par le général russe chargé de l'homologation du projet : « Cette devise peut être comprise de deux façons »[19]. En effet on peut se demander ce que recouvre le terme de patrie : la Russie ou déjà la future Lettonie ?

 Élément essentiel et distinctif des tirailleurs lettons, qui sont par ailleurs dotés d'uniformes russes, l'insigne de poitrine est l'emblème par excellence de ces troupes d'élite. Très analogue pour les soldats et les officiers, avec cependant quelques déclinaisons selon des variantes de fabrication et de couleurs, il se porte sur la vareuse, sous la capote. Cet emblème cristallise la lettonité de ces combattants et devient un témoin fidèle des tribulations de l'histoire de ces régiments.

 Ainsi, en 1915, l'insigne des soldats est embouti d'une seule pièce[20] et représente un soleil rayonnant-flammé entouré d'une couronne de feuilles de chêne et de branches de sapin, une épée traversant en diagonale l'insigne qui est surmonté des armes de l'Empire russe : l'aigle bicéphale, portant le sceptre et le globe. Au centre de l'emblème, disposées circulairement, on lit les lettres L S B en alphabet latin (Latviesu Strelnieku Bataljons) et leur traduction en alphabet cyrillique. La symbolique est claire : tous ces emblèmes puisent dans la mythologie lettone : le soleil (Saule) personnalisé dans le panthéon letton, la couronne de chêne des célébrations champêtres de la fête des Jean (Ligo), l'épée de Lacplesis, le héros de l'épopée nationale éponyme.

 Pour les officiers, l'ornementation est analogue mais la fabrication est différente et s'apparente davantage à celle des pièces de joaillerie[21] : l'insigne n'est pas embouti mais constitué de parties distinctes soudées[22] entre elles, l'épée est en argent avec une garde dorée - ou en or - comme le sont également le soleil et l'aigle.

 Au sein de l'armée russe où les insignes, attributs, pièces d'uniformes sont souvent portés avec une rigueur toute relative, les combattants de ces bataillons lettons, respectueux des règles édictées, se remarquent par le port de leurs uniformes portés avec grande sobriété.

 De plus la communauté de langue au sein de ces bataillons facilitait une proximité entre les officiers et la troupe, bien peu en usage dans l'armée russe en général.

 On comprend mieux, dans ces conditions, qu'au-delà de leur signification militaire et politique, ces bataillons eurent un rôle de catalyseur de l'idée lettone. Ils furent le creuset des forces culturelles qui s'étaient formées antérieurement à bas bruit et généralement dans la clandestinité. À défaut d'une institution visible, tel qu'un gouvernement en exil pour d'autres nations en formation[23], c'est vers ces régiments que convergèrent tous les espoirs et les efforts des patriotes et de l'intelligentsia. Écrivains, musiciens, acteurs, artistes, tous se mobilisèrent autour de cet embryon, désormais officiel, du futur État letton.

  C'est également autour des bataillons de tirailleurs lettons et des réfugiés qu'est élaboré le drapeau national letton dont l'origine est communément admise. Il s'agit du drapeau rouge-blanc-rouge, à bandes horizontales, inspiré de celui de la ville de Cesis, en Vidzème, mentionné dans la Chronique des rimes (Atskanu Hronika) au XIIIe siècle. En effet, outre les drapeaux militaires, un drapeau letton civil s'impose, surtout parmi les réfugiés, loin de leur patrie. C'est un enseignant et journaliste de Valmiera, Janis Lapins, qui en dessine l'un des premiers projets, en 1916. L'usage de ce drapeau ne se généralise cependant que plus tard après les événements révolutionnaires de 1917[24] et ses proportions et couleurs définitives font l'objet d'études diverses par des artistes comme Oskars Grosvalds, Ansis Cirulis et Valdemars Tone. Finalement le projet de ces deux derniers artistes sera retenu, avec des proportions de 2/1/2 pour les bandes rouge pourpre entourant la bande blanche.

 

 

Les insignes au cœur d'un enjeu politique

  

Compte tenu de l'amertume - voire de l'humiliation - ressentie par les combattants lettons depuis le début des hostilités et devant le constat d'incompétence du commandement des forces militaires russes, il apparaît logique que les Lettons accueillent favorablement le changement apporté par les événements de 1917 et la chute du régime tsariste. Il est non moins logique qu'ils poursuivent leur soutien à la Russie et à ses gouvernements successifs, certains qu'en cas de victoire allemande, c'en est fait de leurs espoirs nationaux.

 Par ailleurs, au sein du Comité exécutif du Conseil uni des régiments de tirailleurs lettons (Latviesu pulku apvienotas padomes izpildkomiteja ou Iskolastrels)[25], élu en avril 1917 conformément aux instructions du gouvernement provisoire, les idées des sociaux-démocrates trouvent un terrain favorable. Lors du deuxième congrès de ce comité, en mai 1917, cette orientation politique est affirmée. Convaincu que l'ennemi national est l'Allemagne, ce comité se rallie alors au camp des bolcheviks, ce qui ne recueille pas l'assentiment général.

 Sur le front de l'Ouest les combats se poursuivent et Riga tombe aux mains des Allemands, le 3 septembre 1917. Le ressentiment croît encore davantage parmi les Lettons. Ceux-ci prennent conscience de la faiblesse de l'état-major et de celle du gouvernement provisoire russes dont les jours sont désormais comptés. Ils se retrouvent ainsi à la croisée de chemins bien opposés.

 Après la prise de pouvoir des bolcheviks, en novembre 1917, une partie des tirailleurs choisit de combattre dans leur camp, Lénine ayant fait miroiter la possibilité d'une indépendance pour la Lettonie - « Pour une Lettonie libre, une Russie libre » -, ce que le gouvernement provisoire de Kerenski ne leur avait jamais promis. Ils deviennent, le 13 avril 1918, la division soviétique des tirailleurs lettons, forte de 18 000 soldats commandés par le colonel Vaceitis. Ils continuent à faire face aux Allemands qui occupent les pays baltes et la Biélorussie et veillent, à Petrograd puis à Moscou, sur les lieux clefs détenus par les bolcheviks. Cette protection du pouvoir bolchevique les ancrera, pour la postérité, dans le camp révolutionnaire.

  Une autre partie de ces tirailleurs, cependant, rejoint les rangs anti-bolcheviques sur les fronts du Nord (armée du général Yudenich), de l'Est (Kolchak, Denikine et Wrangel). À la faveur de la désorganisation qui suit le traité de Brest-Litovsk (mars 1918), certains rejoignent les rangs des nationalistes lettons qui apportent leur soutien à Karlis Ulmanis, l'un des responsables du Conseil provisoire letton formé le 30 juillet 1917, à Valmiera. Les Lettons prennent en effet conscience de ce qui menace l'avenir de leur territoire national tel qu'il l'ont rêvé : la Courlande et Riga sont octroyés à l'Allemagne, la Latgale, à la Russie, tandis que la Vidzème, dont le sort est laissé dans l'indécision, semble devoir basculer dans le camp allemand.

 Avec les troupes anti-bolcheviques, certains font retraite par la Russie et vont, au-delà de la Russie d'Europe, jusqu'en Russie orientale, comme ce fut le cas pour le bataillon de Troisk et le régiment d'Imanta, réunis tardivement, avec l'aide des Français[26], par des officiers lettons[27] qui rassemblèrent des soldats appartenant précédemment à diverses formations et qui, après un périple de plusieurs mois, revinrent finalement en Lettonie par la mer. Leur lettonité est d'autant plus ressentie qu'au sein de l'armée russe, ils sont perçus comme des inorodcy, c'est-à-dire des non-russes[28], ce qui les amène parfois à masquer leur identité. Ces tirailleurs formeront le cœur de la future armée nationale lettone.

 Pour les patriotes lettons, l'objectif est devenu alors l'indépendance de leur pays, contre les Allemands qui occupent leur territoire. En outre, pour beaucoup, soutenir la cause des armées russes « blanches » et de leurs alliés, qui ne peuvent que contribuer à la restauration de l'Empire russe, leur apparaît contraire à leur but. Les mois qui suivent voient, en une mêlée souvent confuse, et parfois fratricide[29], s'affronter, sur le territoire de la future Lettonie, quatre pouvoirs antagonistes : les nationalistes lettons, la Landeswehr des Germano-Baltes, les soldats allemands de la Reichswehr, et les bolcheviks, et ce jusqu'à la libération complète du pays.

 Dans cette confusion, le 18 novembre 1918, aussitôt après l'armistice du 11 novembre[30], est proclamée la république de Lettonie (comprenant la Kurzème-Zemgale, la Vidzème et la Latgale) et se forme le gouvernement de Karlis Ulmanis. À l'issue de la guerre, une partie des troupes revient en Lettonie et, avec des soldats lettons démobilisés dès 1917 et restés dans leur pays, se met au service du gouvernement provisoire letton. Pour faire face aux bolcheviks, les forces régulières allemandes devaient rester sur le territoire letton, selon un accord avec les alliés, jusqu'à la mise en place d'une armée nationale lettone. Mais, à la suite du retrait non prévu des Allemands, les troupes bolcheviques occupent Riga. La guerre continue avec l'entrée en scène de nouveaux acteurs : sur les restes de la Reichswehr se forment les corps francs de Rüdiger von der Goltz et, sur les débris de l'armée russe et de la Landeswehr germano-balte, les troupes de Bermondt-Avaloff, le tout constituant des forces ultra-conservatrices et pangermanistes face aux bolcheviks, russes majoritairement[31].

 Dès janvier 1919, le gouvernement de Karlis Ulmanis parvient à constituer la première armée de la république de Lettonie : un seul bataillon[32], sous le commandement du colonel Kalpaks[33]. Ces soldats - les kalpakiesi - combattent tout à la fois les bolcheviks, les armées blanches, la Landeswehr, et les corps francs allemands. Après un bref épisode bolchevique de janvier à mai 1919 à Riga[34], puis allemand avec le gouvernement du pasteur Niedra à Valka, le gouvernement d'Ulmanis est transféré de Jelgava (Mitau) à Riga, une fois cette ville libérée par l'armée lettone avec l'aide des alliés. Les troupes allemandes évacuent finalement la Lettonie le 30 novembre 1919 et l'armistice avec la Russie est conclu le 1er février 1920, suivi d'un traité de paix signé le 11 août 1920.

 Dans ce contexte particulièrement complexe, on peut se demander comment évoluèrent les emblèmes des tirailleurs lettons. En 1917, après la chute du régime tsariste, il est compréhensible que des tirailleurs aient tout simplement modifié, par des moyens artisanaux, leur insigne de poitrine en décapitant l'aigle bicéphale, symbole d'un régime qu'ils rejetaient. Pour affirmer le caractère révolutionnaire de leur combat, certains ajoutèrent un fond de tissu rouge. D'autres reçurent de nouveaux insignes avec, à la place de l'aigle impérial, une étoile rouge frappée jusqu'en 1922, de l'emblème de l'armée soviétique : une charrue et un marteau.

 Pour les tirailleurs qui se sont engagés contre les bolcheviks - particulièrement des officiers - notamment en Sibérie et en Extrême-Orient, dans le bataillon de Troisk et le régiment d'Imanta, ou encore pour ceux qui désertèrent l'Armée rouge sur le front de Latgale en 1919, l'aigle est remplacé par le soleil levant letton, ou encore un petit écu aux couleurs de la Lettonie (rouge-blanc-rouge) : cf. les illustrations ci-contre[35].

  

La déclinaison de ces variantes est particulièrement riche et le caractère artisanal de ces « bricolages » amène souvent le spécialiste en insignes à s'interroger sur l'origine et l'appartenance de tel ou tel insigne. Confrontés à des conditions de combats particulièrement difficiles, à des intendances souvent débordées, les tirailleurs, comme tous les combattants, s'équipèrent souvent avec les dépouilles des belligérants russes, allemands, ou bolcheviks dont ils arrachaient les attributs. Leur insigne de poitrine était érigé alors en emblème unique, symbole d'appartenance, et leur permettait de s'identifier.

 

 

Insignes de tirailleurs lettons

 

 

Insigne de poitrine d'officiers. Surmonté du Saulite des forces nationalistes lettones. Après 1919.

 

Insigne de poitrine d'officiers. Fabrication « Erhard » Petrograd), 1915.

 

Insigne de poitrine. Aigle décapité. Année 1917.

 

Quant aux drapeaux des régiments de l'armée nationale lettone formée en 1919, un rapide examen visuel en fait ressortir les motifs puisés dans l'ethnographie et la mythologie ainsi que le patriotisme flamboyant des slogans qui, bien évidemment, ne sont plus qu'en letton.

Autre support majeur d'emblématique, le casque d'acier (modèle Adrian 1915 livré initialement par la France à l'armée impériale) subit une évolution parallèle. Originellement les casques fournis aux Russes portent un attribut frontal en tôle de fer emboutie représentant les armoiries impériales. Avec l'avènement du gouvernement provisoire, en mars 1917, les attributs impériaux sont retirés à l'aide de baïonnettes et souvent remplacés par la cocarde tricolore destinée aux casquettes. Ceci vaut pour les tirailleurs lettons comme pour les autres éléments de l'armée russe. Avec la naissance des premières unités de tirailleurs lettons au service des nationalistes la cocarde est enlevée et le casque est utilisé sans attribut. Dès que des attributs lettons de casquettes sont fabriqués, plus ou moins artisanalement (un L dans un cercle surmonté de trois étoiles, l'ensemble servant de base à un soleil radiant), certains tirailleurs en ornent leur casque.

Après la constitution d'une armée nationale (en juillet 1919), de nouvelles cocardes normalisées sont distribuées. Le L a disparu et seules demeurent les trois étoiles représentant la Courlande-Zemgale, la Latgale et la Vidzème. Il règne à cet égard un certain désordre dans la mesure où l'usage de la cocarde n'est jamais généralisé. Et lorsque viendra le temps d'une réorganisation des uniformes et de l'emblématique de l'armée lettone à l'issue de la guerre civile en 1922, les autorités lettones interdisent les cocardes quelles qu'elles soient.

Cette démarche, qui va dans le sens de l'homogénéisation et de la sobriété, peut être interprétée de deux manières. Il s'agit d'une réaction évidente à l'encontre du caractère bigarré et désordonné des uniformes des armées, tant rouges que blanches, mais peut-être davantage encore, d'un souci d'homogénéité afin d'affirmer le caractère uni et déterminé du peuple letton[36].

 

 

Conclusion : l'emblématique mythologisée

 

 En 1923 une Association des anciens tirailleurs lettons voit le jour ainsi qu'un organe de liaison, le magazine Latviesu strelnieks (« Le tirailleur letton »), qui paraîtra de 1924 à 1940. La symbolique de cette épopée s'amplifie alors. On octroie de nouveaux insignes[37] à ceux des combattants qui avaient perdu le leur. Ce sont soit des insignes régimentaires de 40 mm de diamètre avec le soleil, l'épée et l'aigle, soit de petits insignes de 25 x 20 mm. Ces derniers peuvent être portés sur les vêtements civils et même également sur les vêtements féminins, l'insigne étant alors utilisé comme une fibule, pièce d'ornement courante dans le costume national letton. Dans l'ensemble, la production artistique de l'entre-deux-guerres est largement influencée par la représentation de ces tirailleurs, que ce soit en peinture - avec notamment les œuvres de Tillbergs, de Tone ou de Grosvalds[38] -, ou au théâtre avec le succès populaire de la pièce d'August Lavins Svaigznu Pulki (Les régiments des étoiles) ou celle de Lidya Auzane, Dzizmtene sauc (La patrie t'appelle).

 En fait, au-delà des clivages idéologiques, le tirailleur letton est perçu comme le bras armé de la nation en lutte. L'iconographie des années 1920 le représente comme un héros de l'ancienne Lettonie, d'un âge d'or mythique, qui ne connaissait pas le morcellement de la patrie. Le strelnieks apparaît comme une incarnation moderne de Lacplesis, le tueur d'ours, héros d'une mythologie construite, qui s'est, au cours des siècles, opposé aux envahisseurs étrangers. C'est, dans la mémoire collective, cette assimilation entre tirailleurs, daïnas ancestraux, épopée nationale mythique élaborée par Pumpurs au XIXe siècle, qui a été l'une des pierres d'angle de la construction nationale lettone.

 À cet effet l'histoire est revisitée, minimisant le rôle de ces tirailleurs dans l'histoire de la Russie soviétique. Ainsi, l'historien A. Spekke affirme dans son Histoire de la Lettonie[39] : « ... Pourtant leur objectif reste largement patriotique ». Il cite également le fait que souvent, au lieu de chanter l'Internationale, les soldats lettons chantaient l'hymne letton Dieu sauve la Lettonie, et le fait que des trains de combattants lettons arrivant de province à Moscou étaient décorés, non de drapeaux rouges révolutionnaires, mais de drapeaux lettons que les soldats ne voulaient pas enlever. Autre exemple : un ouvrage déterminant sur le sujet, L'armée de la Lettonie dans les années 20[40], présente ces tirailleurs de façon univoque aux côtés des nationalistes, sans qu'apparaisse leur rôle dans les événements révolutionnaires.

 Par ailleurs, il nous a été impossible de trouver des chiffres précis et cohérents donnant la proportion de soldats ayant combattu dans l'Armée rouge et restés en Russie soviétique et de ceux qui ont rejoint la Lettonie pour combattre les bolcheviks et soutenir le gouvernement provisoire de la Lettonie.

 On comprend l'enjeu : tirailleurs lettons, troupe d'élite au cœur des armées révolutionnaires russes, comme l'a mis en lumière l'historiographie soviétique, ou tirailleurs lettons, force patriotique disciplinée et organisée au service de l'idée nationale, tels qu'ils sont passés à la postérité dans l'historiographie de la Lettonie de l'entre-deux-guerres ? Il n'en reste pas moins que leurs emblèmes ont influencé profondément l'iconographie de la Lettonie à la fois dans l'élaboration des emblèmes militaires de la nouvelle armée lettone et dans l'inspiration des artistes et écrivains, pendant la première décennie de la république de Lettonie.

 



[1]     C'est ce qu'Anne-Marie Thiesse qualifie de « check-list identitaire » dans La création des identités nationales. Europe XVIIIe-XXe siècle, Paris, Le Seuil, 1999, p. 224.

[2]     Le terme de tirailleur est la traduction consacrée du terme letton strelnieks, celui qui tire. En fait il désigne le soldat d'infanterie, appelé « chasseur » dans d'autres pays comme en Pologne.

[3]     CHAMBON (Henri de), Origines et histoire de la Lettonie, Paris, Mercure Universel, 1933, p. 24.

[4]     27 998 morts sur un total de troupes d'infanterie de 35 505 hommes, selon les chiffres donnés par SPEKKE (Arnolds), History of Latvia, an Outline, Stockholm, M. Goppers, 1957, p. 327.

[5]     Au sein de l'armée russe les formations ne prenaient pas en compte les nationalités de l'empire, seuls les Lettons seront dotés de bataillons spéciaux : cf. SPEKKE (A.), op. cit., p. 329.

[6]     Règlements provisoires des régiments de tirailleurs qui prévoyaient notamment que les tirailleurs auraient leurs propres drapeaux et porteraient un insigne particulier sur leurs uniformes.

[7]     Manifeste « Pulcejaties zem latviezsu karogiem » (Rassemblez-vous sous les drapeaux lettons), publié dans Dzimtenes vestenis (Le messager de la patrie), 28 juillet 1915. Traduction S. Pourchier.

[8]     Et signé par Janis Goldmanis et Janis Zalitis, députés lettons à la Douma d'empire.

[9]     Le nombre enregistré par le Comité central pour le secours des réfugiés aurait été de 730 000 réfugiés début 1916 et de 1 000 000 en mars 1917. Cf. PLAKANS (Andrejs), The Latvians, a Short History, Stanford, Hoover Institution Press, 1995, p. 115.

[10]    À la fin de l'année 1916, ces formations seront fondues en 8 régiments avec un effectif de 35 000 soldats et 500 officiers : cf. RUTKIEWICZ (Jan), « Les Lettons sous les armes », Militaria, juillet 1997, no 144, p. 34.

[11]    PETERSONE (Inta) (dir.), Latvijas Brivibas cinas 1918-1920, Riga, Preses Nams, 1999, p. 172.

[12]    10 000 hommes pour les combats de Noël 1915 et janvier 1916 selon ROZENSTEINS (H.), Latvijas Armija 20 gados [L'armée de la Lettonie dans les années 20], Riga, Armijas staba Apmacibas dala, 1940, p. 56.

[13]    Devant l'afflux des volontaires, les bataillons ont été transformés en régiments répartis en 2 brigades, en 1916 : ibid., p. 55

[14]    Particulièrement reconnue pour l'enseignement des arts appliqués.

[15]    Cf. PRANDE (Alberts), Pieminas vainags. Latvijas kritusiem varoniem [La couronne du souvenir. Aux héros de la Lettonie tombés au champ d'honneur], Riga, Publication officielle du Comité de construction du cimetière de Bralu Kapi, 1926.

[16]    Nebedaitees, kara viri, sidrabota saule lec. Document fourni par le Musée de la photographie, Riga

[17]    Tevu zemei gruti laiki deleem jaieet paliga (graphie ancienne).

[18]    Uz ezinas galvu leiku sargat savu tevu zeme : cf. la fin du texte du manifeste « Pulcejaties zem latviezsu karogiem » cité supra.

[19]    Pour l'historien A. Spekke, cette remarque aurait été formulée par le tsar (op. cit., p. 329) tandis que, pour Alberts Prande, la remarque aurait été écrite de la main du général Nikolaj Nikolajevic (op. cit., p. 77).

[20]    45 x 35 mm.

[21]    Ces insignes étaient achetés par les officiers sur leurs propres deniers auprès de joailliers souvent réputés dont la maison Erhard de Saint-Pétersbourg.

[22]    50 x 40 mm.

[23]    Comme dans le cas polonais ou tchèque

[24]    Cf. l'article de PUMPURINS (Talis), « Latvijas valsts karoga veidosanas vesture (XIXgs. 70.gadi - 1923.gads). Promocijas darba kopsavilkums » [L'histoire de l'élaboration du drapeau de l'État letton (des années 1870 du XIXe siècle à 1923). Sommaire de thèse de doctorat], Cesis, Publication du Musée d'histoire et d'art de Cesis, 2003. Cf. également CHAMPONOIS (Suzanne), WOCIAL (André), « Symboles nationaux de la Lettonie », Cahiers du Centre d'études de l'Europe médiane, s.d., no 10 (« Emblèmes et drapeaux de l'Europe médiane »), p. 31-42.

[25]    Comité formé à la suite de l'ordre du gouvernement provisoire pour placer les différentes unités sous l'autorité de comités élus.

[26]    Commandés par le général Janin.

[27]    Regroupés au sein de l'Union nationale des combattants des régiments lettons.

[28]    Cf. JANIN (Marcel, Gal), « Influence des unités lettonnes pour la solidité et l'activité du front russe », Latviesu Strelniki, 1936, no 7, p. 669

[29] Par exemple en octobre 1919, les tirailleurs lettons de l'armée bolchevique livrent combat contre leurs compatriotes engagés aux côtés du Prince A. Livens sur le front du Nord.

[30]    Qui comportait l'abrogation des dispositions du traité de Brest-Litovsk concernant les provinces baltes.

[31]    Quelques soviets de soldats allemands s'étaient en effet formés.

[32]    Les Allemands, toujours présents sur le territoire letton, s'opposaient à un recrutement plus large.

[33]    Celui-ci trouva la mort en mars 1919 et fut remplacé par le capitaine Balodis.

[34]    Gouvernement bolchevique de Peteris Stucka

[35]    Illustrations extraites de l'article de KRIGERE (Ilze), « Krusu nozime - latviesu strelnieku simbols », Revue du Musée de la guerre, Riga, 2002.

[36]    Liasse de correspondance avec l'historien militaire letton, en exil en Grande-Bretagne, Indulis Kazocins dans les années 1970-1980.]

[37]    Fabrication de la société Bank. Diamètre 40 mm.

[38] Le peintre Jazeps Grosvalds consacra au thème des tirailleurs le cycle Latviesu Strelnieki, dont chaque exemplaire de la revue éponyme reproduit l'un des tableaux.

[39]    Cf. . SPEKKE (Arnolds), op. cit., p. 335.

[40]    ROZENSTEINS (H.), op. cit.