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Johann Protais, Lectures mexicaines des années 1820

Lectures mexicaines des années 1820

 

 

Bulletin n° 17, automne 2004

 

 

 

 

Johann Protais

 

La double identité des élites latino-américaines, américaines de naissance et européennes de culture, est au cœur du concept d'Euro-Amérique défini par François-Xavier Guerra. Les historiens français se sont naturellement penchés sur l'influence exercée par la France sur le continent durant tout le XIXe siècle. Un lieu commun consiste à la faire remonter à l'époque de la pénétration des Lumières en Amérique dès la fin du XVIIIe siècle.

Les années 1820 sont assurément un tournant. Bien que politiquement indépendantes, les nouvelles nations d'Amérique latine continuent à puiser leurs racines intellectuelles et philosophiques en Europe.

 

 Pour le Mexique, la période rêvée de l'influence française est le temps de Juárez et la fin du XIXe siècle, période dite de l'afrancesimiento[1]. Le Brésil et le Mexique sont alors des terres d'élection du positivisme. Cependant, les conditions d'émergence de cette passion pour la France restent plus mystérieuses. C'est avec le souci d'apporter un éclairage sur ces origines mal connues que François-Xavier Guerra m'a proposé d'étudier la présence du livre français au Mexique.

 

 

Le livre est en effet un indicateur matériel privilégié pour l'étude des transferts culturels entre les deux rives de l'Atlantique. Nous nous trouvons ici au confluent de deux écoles historiques. Cette étude utilise en grande partie les méthodes initiées par Roger Chartier et Daniel Roche. Depuis les travaux de ce dernier sur les Lumières, fondés sur l'étude de bibliothèques privées, l'étude du livre est une voie privilégiée pour appréhender l'outillage mental dont disposent les hommes d'un temps donné[2]. L'école a aujourd'hui essaimé au Mexique puisque, à l'institut Mora de Mexico, des étudiants et des chercheurs réunis autour de Laura Beatriz Suárez de la Torre, se penchent sur le rôle de l'imprimerie, de l'édition et des libraires dans l'apparition de la modernité politique en cette première moitié de siècle[3]. Le livre est une marchandise culturelle à prendre dans ses deux dimensions. Il est tout d'abord, par son contenu, un message écrit, vecteur d'idées et de pensées. Il obéit par ailleurs aux lois du commerce. C'est une production dont les prix varient, il passe successivement dans les mains de professionnels : imprimeurs, libraires, revendeurs, avant de terminer dans les mains des lecteurs. Il existe plusieurs façons de faire l'histoire du livre : on peut faire en amont une histoire de l'édition. L'aval, moment de l'appropriation par le lecteur-acheteur serait une histoire de la lecture. La présente étude se penche sur les lectures mexicaines en insistant sur la dimension proprement intellectuelle des transferts, réalisant par là un procédé tant affectionné par François-Xavier Guerra : l'application des méthodologies historiques à des champs d'étude plus vastes que leurs périodes ou leurs aires de prédilection, en particulier des méthodes françaises à l'aire hispanique.

 

 Le livre français n'a pas attendu l'Indépendance pour faire son entrée au Mexique. Les autorités de la Nouvelle Espagne s'inquiétaient déjà de l'introduction des écrits jugés séditieux des philosophes français du siècle des Lumières. Mais les lendemains de l'Indépendance le voient plus facilement se montrer au grand jour. Cette installation est favorisée par deux facteurs : la fin du monopole espagnol sur ses anciennes colonies et la confrontation directe avec le marché européen qui en découle. Coïncidence historique ou signe du destin, les sources françaises laissent entrevoir l'arrivée massive du livre français au Mexique. Les années 1820 sont bien celles d'une rencontre entre Mexicains et Français : une génération d'Américains récemment libérés de la tutelle espagnole, qui prennent à bras le corps les impératifs intellectuels, scientifiques et mentaux d'une nation qui reste à bâtir, et celle de libraires parisiens de la Restauration armés de solides méthodes commerciales.

 

 Deux sources complémentaires permettent d'esquisser un panorama des lectures françaises offertes au public mexicain des années vingt. La Bibliothèque nationale de France conserve le catalogue de 1825 de la librairie Bossange y Antorán[4]. Le catalogue est une source exhaustive mais statique : c'est une offre, une proposition, il nous indique un horizon d'attente du lectorat mais pas les succès réels de vente. Qui sont les auteurs les plus vendus, les histoires ou les traités les plus recherchés ? Le catalogue sur ce point reste muet. Nous possédons une source complémentaire : les registres d'exportation[5]. Bien que lacunaires, les noms des auteurs ou les titres pouvant être tronqués, les registres représentent une source dynamique qui rend compte des succès réels d'exportation. Mettre en regard les deux sources revient à comparer des projets de vente et leur concrétisation, à mettre en exergue les échecs mais surtout les succès commerciaux du livre français au Mexique. On portera notre attention sur la répartition, la classification des ouvrages proposés et effectivement exportés, ainsi que sur l'introduction des premiers périodiques français cités dans les sources. Enfin en l'absence de tout autre source, on ne peut qu'émettre des suppositions sur les lecteurs, voir apparaître derrière les quantités et les répartitions d'ouvrages, des « silhouettes de lecteurs ».

 

 

Attente et achats

 

 

L'analyse du commerce du livre français ne saurait se limiter à deux études juxtaposées de l'offre et de la demande. Les règles régissant ce commerce sont bien plus fines que la simple confrontation des fonds possédés par les libraires à l'appétit livresque d'une foule de lecteurs. On touche là toute l'originalité de la présence du livre français au Mexique en cette période pré-industrielle. Les difficultés matérielles de circulation du livre resserrent les liens entre le libraire et ses clients. Plus qu'une simple impulsion, l'achat de livre français est un investissement. De leur côté, les libraires ne sont pas arrivés à l'aveuglette avec plusieurs caisses de livres à vendre. On peut voir, comme c'est le cas dans le catalogue Bossange, les lecteurs potentiels, qui correspondraient à la demande selon une terminologie économique, infléchir le libraire dans l'élaboration de son fonds. Ce dernier indique dans le prologue de son catalogue qu'il a tenu compte des « noticias que nos han suministrados hombres ilustrados y conocedores de esto país »[6]. Une première silhouette de lecteurs se dessine. Le fonds de la librairie Bossange de Mexico s'est constitué sous les conseils d'une catégorie privilégiée d'hommes dits « éclairés ». Le catalogue présenté ci-dessous est donc le fruit de la conjugaison entre une demande locale et l'initiative d'un entrepreneur parisien.

 

 En classant les ouvrages par genre, les deux sources nous donnent des résultats presque similaires. L'offre proposée par Bossange semble globalement « coller » avec les réalités des exportations des années 1824 à 1827. La littérature et les sciences l'emportent de loin dans les deux corpus :

 

 

Répartition des ouvrages français du catalogue Bossange

 

 

 

 

Répartition des notices d'exportation de livres en langue française

 

 

 

 

La référence scientifique française

 

 

La catégorie des sciences et des techniques regroupe le plus gros effectif d'ouvrages de langue française proposé dans le catalogue Bossange et la deuxième place dans les exportations de livres, avec pas moins de 125 notices. Sans parler de spécialisation, il y a bien une référence française pour les sciences. Si l'on affine l'analyse, ce sont la médecine et les techniques françaises qui semblent séduire le public mexicain.

 

 Le Mexique importe massivement la théorie médicale française et ses traités d'application pratique. L'offre débute avec les dictionnaires de médecine et le best-seller de médecine de l'époque qui est sans conteste la Physiologie de Richerand. Des pathologies comme les maladies de la peau et les maladies des femmes semblent intéresser le lectorat versé dans les sciences médicales. Notons une originalité propre aux pays tropicaux comme le Mexique, l'intérêt porté aux maladies tropicales comme la dysenterie et la fièvre jaune. L'Essai sur la fièvre jaune de Thomas présent dans le catalogue de Bossange fait l'objet de nombreux réapprovisionnements ainsi que le Traité de la dysenterie de Vignes qui n'était pas prévu à la vente par Bossange. Ces maladies font en effet des ravages sur les côtes tropicales des environs de Veracruz, Mérida et Campeche. La jeune nation vient donc chercher chez les médecins français les moyens de lutter contre ces maux endémiques.

 

 La large place laissée par Bossange aux ouvrages techniques dans son catalogue est corroborée par les fréquents réapprovisionnements mentionnés par les registres. Les traités de formation sont omniprésents, que ce soient les Eléments d'arithmétique et d'algèbre ou des traités militaires. Ces derniers sont pour l'essentiel des ouvrages de stratégie, des travaux relatifs aux fortifications, qu'ils soient de Vauban ou Carnot. Ces livres sont peut-être un moyen de combler les lacunes dans la formation militaire des Mexicains depuis la rupture avec le haut commandement péninsulaire. Il faudrait ajouter ici l'architecture, les sciences naturelles et les grands classiques de Buffon, pour obtenir une juste vue des apports français à la réflexion scientifique du Mexique des années 1820. Les Mexicains semblent avoir conservé leurs liens avec la science et le modèle scientifique français, noués lors des fondations des grandes institutions d'éducation à l'époque bourbonienne[7].

 

 

Les lettres françaises

 

 

La littérature française fait elle aussi figure de référence. Les deux piliers de la présence littéraire française sont Voltaire et Rousseau. Les deux auteurs, connus pour leur réputation de philosophes, sont aussi appréciés pour leur imagination et leur lyrisme : c'est le Rousseau du genre romanesque dans Julie ou la nouvelle Héloïse. On recherche évidemment leurs écrits les plus sulfureux, qui les ont voués durant des années à l'index de l'inquisition : c'est le Voltaire du Dictionnaire philosophique ou le Rousseau du Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes. Si la possession des œuvres complètes de ces deux auteurs est un des signes de l'appartenance à une certaine élite lettrée en France, les mêmes désirs doivent animer les lecteurs mexicains les plus avisés... La philosophie politique, fille des Lumières est représentée par le publiciste anglais Bentham, appréhendé à travers la langue française, ainsi que par Condillac ou Raynal.

 

 Les Mexicains sont tout aussi sensibles aux beaux vers du siècle de Louis XIV : l'esthétique du grand siècle est représentée par La Fontaine, Bossuet ou encore par le Voyage du jeune Anacharsis en Grèce de l'abbé Barthélémy. Les lecteurs n'en sont pas moins sujets aux modes du siècle. Le Gil Blas de Santillane de Le Sage, roman picaresque d'inspiration hispanique, est ainsi lu en français. Sa première édition date de 1715, mais il conserve une vigueur jusque dans les années 1820, et ce, jusqu'au Mexique ! L'auteur français contemporain le plus mentionné dans les registres est François-René de Chateaubriand. Ce n'est pas tant le Génie du Christianisme, qui séduit les lecteurs francophones du Mexique que le roman empreint de christianisme et du mythe du bon sauvage : Atala. Servando Teresa de Mier n'avait-il pas déjà traduit les aventures de la jeune Natchez dès 1801 ?[8] Les Mexicains sont eux aussi touchés par la vague romantique mais selon des inclinaisons qui peuvent différer des choix des libraires : si Bossange propose dans son catalogue une vingtaine des meilleurs romans de Walter Scott tels Ivanhoé ou Quentin Durward, les romans historiques en français ne semblent pas séduire outre mesure le public mexicain.

 

 Si Walter Scott est bien présent dans les caisses en partance vers le marché mexicain c'est pour sa biographie de l'empereur. L'ombre de l'aigle plane aussi outre-Atlantique... La mort de l'Empereur à Sainte-Hélène en 1821 est immédiatement suivie d'une vague d'édition d'ouvrages d'histoire, de mémoires, de récits de campagnes militaires. Le mythe si vivace dans la France de la Restauration trouve plus qu'un écho en Amérique latine, un véritable relais. Le Journal de Sainte Hélène, très couramment expédié dans sa traduction castillane, séduit aussi dans sa version française, comme pour mieux lire la légende dans sa propre langue. De la même façon, les registres mentionnent des quantités énormes de caisses emplies de gravures de l'empereur, de ses généraux et de la grande armée, aux côtés d'un autre grand militaire : Simon Bolivar. L'Empereur présenté comme l'Antéchrist dans bien des sermons de l'époque bourbonienne, reste une figure fascinante pour une Amérique plongée dans l'ère des libertadores.

 

 A côté de ces lectures viriles et militaristes, les registres font apparaître des profils féminins. Si le XIXe siècle marque l'arrivée massive des femmes dans le paysage des auteurs et des lecteurs français, les femmes mexicaines semblent elles aussi bénéficier de ces transferts culturels de la France vers le Mexique. Le genre romanesque, présent dans les registres, est un terrain propice aux lectures féminines. L'achat des œuvres de Mme Cottin ou de Mme Pichler, romans sentimentaux tels Coralie ou les dangers de l'exaltation, laisse deviner des silhouettes de lectrices. D'autres indications des registres nous ôtent tout doute : des volumes de la Bibliothèque choisie des dames sont expédiés à trois reprises par deux particuliers et la librairie Bossange père. De telles bibliothèques sont des œuvres choisies destinées à l'éducation et à la formation intellectuelle d'un public féminin. A défaut d'en faire des femmes savantes, elles visent à donner une culture relative à des demoiselles mises à l'écart de l'enseignement supérieur. Il se peut que ces volumes soient venus compléter la formation intellectuelle et linguistique de bien des jeunes filles de bonne famille. Grâce à ces quelques lectures féminines, à la présence des romantiques, et du genre romanesque en général, on voit que la présence du livre français au Mexique ne se limite pas aux livres d'érudition hermétiques. Avant la traduction en castillan, le livre français peut aussi appartenir à la sphère du divertissement, de la lecture extensive, passionnée et non utilitaire.

 

 

Les revues françaises

 

 

Les revues et les périodiques jouent un rôle essentiel dans les transferts culturels entre la France et le Mexique. Les éditions périodiques relèvent de l'immédiateté, de l'actualité et du débat au jour le jour. Regroupant les articles d'écrivains célèbres et de grands penseurs, les revues constituent également un support pour la publicité de l'imprimé. Elles consacrent fréquemment leurs dernières pages à des critiques bibliographiques sensées guider les lecteurs dans leurs achats. De tels conseils s'avèrent essentiels pour des lecteurs éloignés de l'effervescence éditoriale et intellectuelle des cercles parisiens. Les revues permettent aux lecteurs mexicains de faire connaissance avec la plume des plus grands publicistes contemporains et de suivre, à distance, les débats idéologiques, politiques et littéraires. Dans un monde et une époque où la notion d'espace-temps trouve toute sa force, l'accès aux périodiques ne peut évidemment se faire que dans des conditions différentes de l'Europe. Le catalogue Bossange propose la collection complète d'une revue réputée libérale, la Minerve littéraire, dont les collaborateurs principaux sont Saint Aignan et Benjamin Constant, reliée en 9 volumes in 8°. Ce n'est pourtant pas cette revue qui se retrouve dans les exportations de 1824 à 1827. Bossange en avril 1825, importe des exemplaires des Annales des sciences, quelques numéros du Moniteur. Il s'agit en fait du Moniteur Universel, journal officiel du gouvernement français, fondé en 1789 par l'imprimeur parisien Panckoucke. Les registres ne spécifient ni l'année ni la quantité d'exemplaires. Bossange expédie aussi quelques vieux journaux scientifiques ou politiques. Les titres ne sont malheureusement pas précisés. Les lecteurs mexicains consomment ainsi de vieux journaux expédiés en ballots, humant, avec un peu de retard, l'air de Paris. Les registres mentionnent trois envois d'exemplaires de la Revue encyclopédique par la même librairie les 9 novembre 1825, 18 mars et 28 avril 1826. La revue, fondée en janvier 1819 par Jullien de Paris, fidèle aux principes de Diderot et d'Alembert, est constituée d'articles relatifs aux lettres, aux sciences et aux arts. La Revue encyclopédique s'avère un véritable outil bibliographique car elle est, entre autres, composée d'un bulletin bibliographique et d'une rubrique d'analyse des ouvrages. La revue joue donc un rôle primordial, elle est en effet objet et instrument de lecture, aide à la sélection des ouvrages, à la constitution de bibliothèques, et participe à la meilleure connaissance du monde parisien des auteurs et éditeurs. Les choix des lecteurs du Mexique semblent donc massivement se porter sur une revue réputée libérale, et non sur des revues jugées conservatrices comme le Conservateur lancé en 1818, par le non moins célèbre Chateaubriand. L'Amérique et le Mexique en particulier, semblent très tôt réceptifs à ce support. La grande période des revues n'a pas encore débuté : la vague de créations date de la fin de la Restauration et surtout de la monarchie de Juillet. La Revue française de Guizot n'est fondée qu'en 1828, et les deux revues les plus célèbres, que sont la Revue de Paris et la Revue des Deux Mondes, ne sont fondées qu'en 1829[9].

 

Les années 1820 voient apparaître un type d'ouvrage emblématique de la présence du livre français pendant tout le siècle : le livre scientifique. La culture française séduit toujours par les piliers de la philosophie des Lumières et les auteurs du grand siècle. Les revues fidèles à l'esprit du XVIIIe siècle trouvent elles aussi un lectorat, qui pour le moment, reste difficile à définir. Le Mexique lettré et francophone est aussi séduit par des succès plus récents, par les précurseurs du romantisme. A travers ces quelques ouvrages, ce sont deux visages du Mexique des années 1820 qui s'offrent à nos yeux : le Mexique des lectures viriles et intellectuelles, celles des fils spirituels de l'âge des Lumières, lecteurs des derniers débats politiques ou philosophiques, adeptes des dernières découvertes médicales, et celui d'un Mexique qui trouve dans les auteurs français du XIXe, une évocation juste et douce de son identité exotique. Le livre français entame son siècle de présence au Mexique, un livre qui embrasse tout le champ des esprits des lecteurs les plus hardis : de la référence à la distraction.

 

 



[1]     LEMPÉRIÈRE (Annick), LOMNÉ (Georges), ROLLAND (Denis) (dir.), L'Amérique latine et les modèles européens, Paris, L'Harmattan, 1998.

[2]     ROCHE (Daniel), « Une déclinaison des Lumières », in RIOUX (Jean-Pierre), SIRINELLI (Jean François), Pour une histoire culturelle, L'Univers Historique, Paris, Editions du Seuil, 1997, p. 30.

[3]     SUAREZ DE LA TORRE (Laura Beatriz) (dir.), Empresa y cultura en tinta y papel (1800-1860), México, Instituto de investigaciones Dr José Maria Luis Mora, Universidada Nacional Autonoma de México, Miguel Ángel Castro, 2001 ; SUAREZ DE LA TORRE (Laura Beatriz) (dir.), Constructores de un cambio cultural : impresores y libreros en la ciudad de México, 1830-1855, México, Instituto de investigaciones Dr José Maria Luis Mora, Universidad Nacional Autónoma de Mexico, 2001.

[4]     Catálogo de la librería Bossange padre Antoran y cia, México, Paris, C.J. Trouvé rue des filles Saint Thomas, 1825.

[5]     Archives nationales. F18 (118) à (128).

[6]     Catálogo de la librería Bossange padre Antoran y cia, op. cit.

[7]     TRABULSE (Elias), Historia de la ciencia en México, México, Conacyt : fondo de cultura económica, 1983-1989, Tome III : siglo XVIII, p. 24.

[8]     CARILLA (Emilio), El romanticismo en la América hispánica, 2e édition, Madrid, Gredos, 1967, Tome I, p. 72.

[9] CHARTIER (Roger), MARTIN (Henri Jean) (dir.), Histoire de l'édition française, Tome III : le temps des éditeurs, Paris, Promodis, 1983, p. 455-456.