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Zeevar Scheik, L'Inde, le Pakistan et le Cricket

L'Inde, le Pakistan et le Cricket

 

 

Bulletin n° 16

 

 

Zeevar Scheik,

 

You have two sides, one out in the field and one in. Each man that's in the side that's in goes out, and when he's out, he comes in and the next man goes in until he's out.

When they are all out the side that goes out comes in and the side that's been in goes out and tries to get those coming in out.

Sometimes you get men still in and not out.

When both sides have been in and out including the not-outs, that's' the end of the game'.

Howzat ?


The rules of cricket as explained to a foreign visitor... and the history of Indo-Pakistan relations as explained to everyone else...

 

La petite histoire raconte qu'après sa victoire sur Napoléon, le duc de Wellington fit remarquer que la bataille de Waterloo avait été remportée sur les terrains de sport d'Eton. Il est vrai qu'à l'époque, les futurs diplômés d'Eton, Harrow et Oxbridge se faisaient remarquer dans le monde entier non seulement sur les champs de bataille, mais aussi (et littéralement) sur les terrains de sport. Ils ont laissé un héritage tel, qu'aujourd'hui encore, toute personne cherchant à repérer sur une carte les anciennes colonies britanniques voit sa tâche amplement facilitée : il suffit tout simplement de repérer les pays, dits « cricket-playing nations[1].

 

 À l'heure actuelle, on joue au Cricket[2] (ou compte au moins un terrain) dans 154 pays ou entités politiques dans le monde. La plupart, et les plus connues d'ailleurs, sont les anciennes colonies britanniques membres du Commonwealth et se situent majoritairement en Asie, aux Antilles et en Océanie. Même pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec ce jeu étrange et compliqué, ce sont bien l'Inde et le Pakistan qui demeurent « les enfants terribles » de l'ancien Empire Britannique et aussi de ce sport[3] : tous deux s'avèrent posséder les meilleures équipes. Les deux pays se révèlent être à la fois voisins et ennemis rancuniers en raison du différend du Cachemire[4]. Dotés de l'arme nucléaire depuis 1998, les deux pays ont connu des périodes douteuses pendant et après la guerre froide, la guerre d'Afghanistan et les évènements du 11 septembre 2001. L'Inde et le Pakistan se trouvent aujourd'hui plus que jamais au cœur des tensions régionales et mondiales.

 

 Le cricket reste le sport le plus populaire et le plus médiatisé de tout le sous-continent indien : on compte un public de près de deux milliards de spectateurs. Toutefois au cours des trois dernières décennies, les parties de cricket entre l'Inde et le Pakistan n'ont malheureusement pas échappé aux tensions nées des mauvaises relations entre les deux pays. Néanmoins, on constate que loin de se réduire à des considérations d'ordre géopolitique, cette « rivalité » sportive remonte à une période bien plus ancienne, aux fameux « champs de jeu d'Eton »[5].

 

 

Le jeu des maîtres : le cricket en lnde britannique

 

 Le cricket fit son apparition dans le sous-continent indien peu après que la Compagnie des Indes se soit manifestée dans le pays. On affirme que le premier « match » joué là-bas remonte à l'année 1721. Il est peu surprenant d'apprendre que dans un premier temps, les Anglais jouent contre la communauté Parsee[6] et le Young Zorastran Club établi en 1850[7]. A cette époque, les musulmans sont maintenus à l'écart, et les hindous sont peu disposés à jouer dans une équipe indienne qui aurait pu inclure la caste des intouchables[8].

 

Ce n'est que vers la fin du XIXe siècle que les hindous et les musulmans s'organisent en club ; les premiers à le faire sont les hindous, en 1866. Les musulmans les suivent vingt ans plus tard, en 1883. Cette initiative assez tardive d'établir des relations, même sportives, avec des Anglais est en soi peu surprenante : nous sommes alors au lendemain de la Guerre d'Indépendance indienne[9].

 

 Il n'est pas non plus étonnant que les hindous forment leur club de cricket avant les musulmans, considérés alors comme persona non grata. En effet, les hindous, qui voient dans l'entente avec les Anglais un moyen de libérer leur patrie des envahisseurs musulmans, s'adaptent aux modes de l'Inde anglaise, et deviennent l'élite autochtone du pays. En 1885 est créé le Hindou Congress Party[10]. À l'inverse, la population musulmane indienne est en plein déclin sur les plans socio-économique et politique. La création du club de cricket musulman coïncide avec une époque qu'on nomme la « renaissance musulmane » sous l'égide du fonctionnaire Ahmed Khan, également père de « la théorie des deux Nations »[11].

 

 Néanmoins, malgré les différends politiques et ethniques qui opposent l'Inde et le Pakistan, le cricket devient si incontestablement populaire que bientôt, « toutes les communautés dans chaque coin du sous-continent apprécient le jeu »[12]. Au début du XXe siècle, les cricketers indiens ont même acquis une réputation de joueurs de talent sur le plan international. Or le cricket est un « jeu de gentlemen ». Ces derniers sont issus des milieux aisés et sont formés à Eton, Harrow et Oxbridge où ils jouent au cricket pour des counties anglais.

 

 Dans l'Inde de la pré-Partition, des années trente et quarante, Jinnah et la Ligue musulmane réclament une patrie musulmane. Gandhi et Nehru s'y opposent, avec Chandhra Subhash Bose et le Indian Liberation Army, qui mènent le « Quit India », mouvement contre les Britanniques ; on constate cependant qu'en ce qui concerne les relations sportives à l'époque, c'est le « old boys network », et l'amour du jeu prend le dessus sur ces courants. Hindous et musulmans jouent dans la même équipe, et l'équipe indienne, continue ses tournées en Angleterre, même en 1946.

 

 

Un héritage partagé : l'Inde, le Pakistan, le Cachemire, et...le cricket

 

 

Août 1947 marque le départ des Anglais de l'Inde, la naissance turbulente du Pakistan et de l'Inde[13], et le début du conflit de Cachemire, qui dure maintenant depuis plus d'un demi-siècle[14]. Dans l'arène internationale, chaque pays choisit un des deux camps ennemis : le Pakistan devient « l'allié le plus allié » des États-Unis tandis que l'Inde maintient le cap d'une politique fermement non-alignée, mais proche de l'URSS. En mars 1950 et à nouveau en 1951 une grande mobilisation des troupes indiennes est signalée aux frontières du Pakistan, et en 1952, pour la deuxième fois, les Indiens coupent les approvisionnements en eau du Pakistan, ce qui provoque la perte de toute la récolte de coton, le principal produit d'exportation du pays[15].

 

 

Puis, en 1954, l'assemblée du Cachemire (élue par les peuples) vote son rattachement à l'Inde devenant ainsi, de façon plus ou moins légale, une partie de ce dernier[16]. De ce fait le Pakistan est anxieux car désormais l'Inde peut légalement réduire des milliers de kilomètres carrés du territoire pakistanais en désert comme elle a déjà tenté de le faire.

 

 Toutefois, les échanges sportifs se déroulent dans les meilleures conditions ; l'équipe pakistanaise part en tournée en Inde en 1952, et l'équipe indienne rend la visite en 1954. Une fois de plus, c'est le « old boys network » qui domine : les membres des deux équipes se connaissent bien, font partie de la même élite anglophone, s'apprécient et faisaient partie d'une seule et même équipe auparavant. Le capitaine de l'équipe pakistanaise, Hafeez Kardar, et le capitaine de l'équipe indienne Lala Amarnath, jouaient ensemble dans l'équipe nationale indienne en 1946.

 

 

Une guerre froide s'impose en Asie

 

 

Mais au début des années soixante, tout échange cricket entre le Pakistan et l'Inde est subitement suspendu, et cela à cause d'un tiers : la République Populaire de Chine, et la guerre sino-indienne de 1962.

 

 La victoire chinoise laisse l'Inde extrêmement vulnérable, et sévèrement traumatisée. De plus, devant l'aide militaire fournie par l'administration Kennedy à l'Inde, les décideurs pakistanais se rendent compte de la faiblesse de leur alliance avec les États-Unis. La Chine et le Pakistan, qui ont jusque là entretenu des rapports assez tendus, se découvrent maintenant des « intérêts mutuels », d'autant plus que le Pakistan est en mesure de céder à la Chine une partie du Cachemire qui donne accès en Inde[17]. S'ensuivent d'autres conflits, telles que les guerres indo-pakistanaises de 1965 et de 1971 avec la scission du Bangladesh.

 

 Ce n'est qu'en 1978 que la glace est enfin brisée et que les échanges sont restaurés. C'est en effet en 1978 qu'une entente indo-pakistanaise se produit, sous l'égide des nouveaux gouvernements dirigés par le général Zia ul Haq au Pakistan et le Premier ministre Moraji Desai en Inde. Pour le Pakistan, c'est l'occasion de négocier avec un gouvernement indien non « nationaliste ». Pour L'Inde c'est l'occasion d'entamer des pourparlers avec un régime pakistanais « pro-peace », à l'opposé du régime précédent pakistanais de ZA Bhutto, connu pour sa ligne farouche anti-indienne. L'Inde possède l'arme nucléaire depuis 1974, mais la décision du général Zia de poursuivre le programme nucléaire de son prédécesseur n'affecte pas les relations avec New Delhi. L'Inde, consciente du rôle joué par les militaires pakistanais dans la politique de leur pays, reconnaît qu'il leur est impossible d'abandonner leur programme nucléaire[18].

 

 Durant l'été 1978, le ministre des Affaires étrangères indien, Atal Behari Vajpayee[19], se rend au Pakistan pour les premiers pourparlers officiels à un haut niveau depuis les accords de Simla en 1972. Ce sont les premières discussions qui se déroulent au Pakistan depuis douze ans. L'issue de la rencontre est plutôt positive : on restaure les relations socio-économiques[20] et, bien sûr, les liens tissés par le cricket se renouent. Bien que les Indiens aient fait montre d'un intérêt particulier pour cette entente, c'est au général Zia que reviennent les efforts d'ouverture les plus significatifs envers l'Inde[21]. L'équipe indienne entreprend alors une tournée au Pakistan en 1978-1979, tournée à laquelle fait écho la tournée de l'équipe du Pakistan en Inde en 1980[22].

 

 En 1984, le parti du Congrès est de nouveau au pouvoir en Inde. L'armée indienne lance une intervention surprise sur le glacier de Siachen au Cachemire, près de la frontière chinoise. Le Pakistan dénonce une violation de l'accord de Simla et désormais les deux armées se battent dans des conditions extrêmes, sur le plus haut champ de bataille du monde.

 

 Trois ans plus tard l'Inde et le Pakistan semblent suffisamment réconciliés sur le plan géopolitique et sur le plan sportif pour que les deux pays soient nommés co-hôtes pour accueillir la Coupe du Monde de Cricket de 1987. C'est un véritable événement historique, puisque c'est la toute première fois que la Coupe du Monde a lieu hors d'Angleterre. Lors de cet événement, le Pakistan peut se féliciter de son usage très fin de la « cricket diplomacy » pour prévenir ce qui aurait pu être la quatrième guerre indo-pakistanaise.

 

 

Le Pakistan : de la « cricket diplomacy » à la dissuasion nucléaire...

 

 En effet, en novembre 1986, l'armée indienne s'engage dans des manœuvres à grande échelle, opération nommée « Operation Brass Tacks », dans le désert du Rajasthan, à seulement 60 kilomètres de la frontière avec le Pakistan, alors que l'armée pakistanaise était engagée dans des exercices militaires dans la province voisine du Sindh. En janvier 1987, les deux armées se trouvent pratiquement face à face près de la frontière du Pendjab. Le gouvernement indien accuse alors le Pakistan d'avoir soudainement déplacé ses troupes et le Premier ministre indien Rajiv Gandhi refuse toute invitation pakistanaise à participer à des pourparlers. Pour Islamabad, la guerre est imminente.

 

 Pour l'Inde c'est le moment clé pour attaquer le Pakistan, alors que ce dernier est confronté à la menace russe sur sa frontière nord avec l'Afghanistan. A cela s'ajoutent de fortes tensions dans les relations américano-pakistanaises. Prenant l'initiative, le général Zia se rend à Jaipur « à titre strictement non officiel » pour assister à un match de cricket entre l'Inde et le Pakistan, match auquel assiste également le Premier ministre Rajiv Gandhi. Les deux hauts-responsables discutent de façon informelle et la tension baisse. Mais en vérité la cricket diplomacy n'est qu'un « smoke-screen », et cache une situation beaucoup plus inquiétante.

 

 Pour de nombreux analystes[23], Brasstacks n'était qu'une couverture pour une attaque éventuelle sur des installations nucléaires pakistanaises avant qu'elles ne deviennent opérationnelles. En février 1987 lors de sa visite à Islamabad, Kuldeep Nayar, journaliste indien réputé, est invité à rencontrer le Dr A. Q. Khan, chargé du laboratoire de Kahuta[24]. New Delhi est informé que le Pakistan possède désormais la capacité d'assembler la bombe nucléaire[25]. En mars 1987, le général Zia affirme que le Pakistan possède la technologie requise pour un programme nucléaire et, en 1989 le Pakistan et l'Inde s'engagent mutuellement à ne pas attaquer leurs installations nucléaires. Pour le Pakistan, c'est alors le début de l'ère de la dissuasion pour éviter une quatrième guerre indo-pakistanaise, et pire, un dérapage nucléaire.

 

 À partir de 1990, et suite à l'effondrement de l'URSS et à la fin de la guerre froide, les relations entre les deux pays se dégradent à nouveau[26]. New Delhi maintient que des anciens combattants moujahidines, formés par le Pakistan et les États-Unis, ont été « ré-embauchés » par le Pakistan, cette fois-ci au Cachemire. À Islamabad, les décideurs ont d'autres préoccupations ; en 1992, le parti extrême droite hindou, Shiv Sena, au pouvoir à Mumbai, donne l'ordre de raser l'ancienne Mosquée de Babri, à Ayodha, déclenchant ainsi des émeutes sectaires qui font près de 3 000 victimes et rappellent les massacres de la Partition.

 

 Dans l'immédiat, le climat politique ne met en pas en cause les échanges de cricket bilatéraux, et l'Inde et le Pakistan, sont désignés pour la deuxième fois, cette fois ci avec le Sri Lanka, par le ICC, co-hôtes pour accueillir la Coupe Mondiale du Cricket en 1996. Le public pakistanais continue à accueillir chaleureusement ses voisins indiens, mais bien que les deux équipes se connaissent et s'apprécient, des appels au boycott du parti Shiv Sena contre l'équipe pakistanaise ont pour résultat des menaces et le harcèlement des cricketers pakistanais[27].

 

 

Le cricket : arme ou outil diplomatique ?

 

 

Dans l'époque post-nucléaire, suite aux essais indo-pakistanais de mai 1998, New Delhi se sert du cricket comme d'une arme diplomatique, interdisant toute rencontre avec le Pakistan, même en terrains neutres[28]. Cette décision est prise en 1999, une année après les essais nucléaires de l'Inde et la réplique pakistanaise, et peu après le conflit de Kargill[29]. Quand le BCCI (fédération indienne du cricket) proteste, elle se trouve la cible des attaques d'extrême droite : en 2000, des militants Shiva Sena ravagent le siège de la BCCI à Mumbai et blessent une dizaine de personnes. On note cependant que l'interdiction imposée par New Delhi ne vise que le cricket professionnel et pendant ce temps, l'Inde et le Pakistan maintiennent des échanges de hockey, et le cricket au niveau des juniors.

 

 Pour le Pakistan, la politique de New Delhi est une double épée de Damoclès. Suite aux lourdes pertes financières, liées aux forfaits et aux matchs annulés, le PCB (Pakistan Cricket Board, fédération pakistanaise du cricket) est en grave difficulté financière[30]. Le Global Cricket Corporation (GCC), détenteurs des droits de sponsors (TV et marketing) pour les Coupes Mondiales de Cricket de 2003 et 2007, prend la décision de pénaliser l'Inde pour rupture de contrats marketing. Il réclame par conséquent des dédommagements et des indemnités d'un montant de 2,5 milliards de roupies auprès de la ICC, (International Cricket Council, la Fédération internationale de cricket).

 

 Si New Delhi s'obstine à maintenir ce blocus, c'est surtout parce que le cricket est un sport extrêmement médiatisé, suscitant des passions débordant du cadre du nationalisme. Afin de maintenir une politique hostile vis-à-vis du Pakistan et de rester crédible, New Delhi n'a pas alors d'autre solution que d'appliquer cet « embargo sportif ».

 

 Contrairement à l'Inde, le Pakistan, ne cesse de réclamer une reprise des rencontres sportives. Cela peut être interprété de deux manières : d'un côté, tout comme affirme le slogan de Sports Times, le seul magazine de sport pakistanais des années cinquante et soixante, « keep sports clean of politics » et de l'autre, le Pakistan voit dans le cricket un outil et non une arme diplomatique.

 

 Cela est-il une tentative de rapprochement avec l'Inde ?

 



[1]     « Le jeu est un affrontement entre deux équipes, chacune composée de onze joueurs, habillés en blanc ». Il y a deux jeux de Cricket au niveau international : les tests matches et les matches d'un jour (ODI : One Day International). Un Test Match dure 30 heures, soit 5 journées de 6 heures. Les ODI se jouent en une journée. Pour des règles de cricket, voir les sites Internet de Lords et Cricinfo. www.cricket.org/link_to_database/NATIONAL/IND/

www-aus.cricket.org/link_to_database/ABOUT_CRICKET/LAWS/ www.lords.org/cricket/lw_0000000071.asp

[2]     Le cricket remonte au moins à l'an 1700. Voir le site internet de Lords et CUDDON (J.A.) ed., The Macmillian Dictionary of Sport and Games, London and Basingstoke, Macmillian Press Ltd, 1980.

[3]     La rivalité sportive entre l'Inde et le Pakistan tourne essentiellement autour de deux sports : le hockey sur gazon, sport national du Pakistan, et le cricket qui a pris le dessus. Le hockey n'est pas pratiqué par le grand public, il n'est pas non plus très médiatisé. Pour cette raison, il a pris la seconde place en tant que lieu de confrontation sportive entre l'Inde et le Pakistan. Il faut également retenir que la suprématie indienne a pris fin en 1960 et la suprématie pakistanaise en 1970, lorsque l'Australie et l'Europe sont devenues leaders dans cette discipline. La rivalité indo-pakistanaise en hockey n'est donc plus un enjeu puisque sans prestige.

[4]     La première guerre indo-pakistanaise commence en octobre 1947

[5]     Un des plus graves des incidents à se produire dans l'histoire du cricket est l'incident « Bodyline ». En 1932-1933 les Australiens vont encore remporter le match grâce à leur batteur légendaire Donald Bradman. Le capitaine anglais, Douglas Jardine autorise ses lanceurs (bowlers) à utiliser une méthode de « bowling », qui vise le corps du batteur, et nommée « Bodyline ». C'est une méthode extrêmement dangereuse. Les Australiens protestent : le MCC (Fédération anglaise de cricket) et la Fédération australienne doivent intervenir. En 1935, la méthode Bodyline est interdite. Parmi les incidents les plus notables dans l'histoire du cricket au XXe siècle, on peut également mentionner le boycott décidé par la communauté internationale de tout échange cricket avec le régime d'Apartheid en Afrique du Sud, et plus récemment le boycott de l'Angleterre contre le Zimbabwe pendant la Coupe Mondiale de Cricket en février 2003.

[6]     La secte de Ahura Mazda.

[7]     Le Parsee Club part régulièrement en tournée en Angleterre (en 1881, 1886...). En 1892-1893, on établit un tournoi régulier nommé le Presidency Matches, qui devient le Bombay Triangular avec l'entrée des hindous, en 1907-1908, et des musulmans, en 1912-1913

[8]     Voir LEZARD (Nicholas), The Guardian, Sport and Leisure, March 2003, and GUHA (Ramachandra), A Corner of a Foreign Field: The Indian History of a British Sport, Picador. « One of the earlier great players, Palwankar Baloo, was an Untouchable and obliged to sit apart from his team-mates during the tea interval and drink from a disposable clay vessel while everyone else sipped from porcelain cups ».

[9]     Celle ci-est nommée la Révolte indienne de 1857 par les Britanniques. Lors de l'insurrection, hindous et musulmans s'unissent contre l'occupant britannique. Avec l'écrasement de ce mouvement, les deux fractions se divisent.

[10]    Le parti politique le plus important en Inde. Nehru, Indira Gandhi et Rajiv Gandhi y adhéreront. NEILLAND (Robin), A Fighting Retreat. The British Empire 1947-1997. London, Hodder and Stoughton, 1997.

[11]    « Two nation theory ». Les musulmans de l'Inde prennent conscience de leur différence avec les hindous, et revendiquent leur propre État.

[12]    ARCOTT (John), The Oxford Companion to Sports and Games, Londres, OUP, 1975.

[13]    Les massacres sectaires qui accompagnent l'Indépendance firent près d'un demi-million de morts.

[14]    En 1947 seul l'État de Cachemire n'a pas encore choisi entre l'Inde et le Pakistan. Face à un soulèvement populaire, le Maharaja hindou appelle l'Inde à la rescousse. Mais l'Inde conditionne son soutien à un « Act of Accession » du Cachemire à l'Inde. Le gouverneur-général de l'Inde, Lord Mountabatten, affirme que l'accession devra être confirmée par référendum, ou « reference to the people » (sous réserve que le peuple soit consulté). C'est aussi la décision de la Commission des Nations Unies pour l'Inde et le Pakistan (UNCIP), placée sous les auspices du Conseil de Sécurité, qui définit une ligne de cessez-le-feu (LOC) au Cachemire en janvier 1948, coupant en deux l'État, et permettant au Pakistan d'administrer un tiers de la province, qui devient « Azad Kashmir » (Cachemire Libre), comprenant les quartiers frontaliers du Cachemire du nord et une portion au sud-ouest, laissant le reste à l'Inde.

[15]    Voir SCHEIK (Zeevar), « Le Cachemire dans la politique étrangère du Pakistan : 1947-1972 », Mémoire de Maîtrise, Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, 2000.

[16]    Le rattachement en 1954 est perçu alors par l'Inde comme la « popular consultation ».

[17]    C'est la région d'Aksai Chin. Sous les termes de l'accord frontalier sino-pakistanais de 1963, le Pakistan concède 2 400 kilomètres carrés de son territoire qui n'est plus sous son contrôle et, en contrepartie, il reçoit 1 200 kilomètres carrés de territoire contrôlé par la Chine.

[18]    DHARAMDASANI (M.D) ed., Pakistan under Democratic Regime, Varnasi, Shalimar Publishing House, 1994

[19]    A l'heure actuelle, Atal Bihari Vajpayee est Premier ministre de l'Inde.

[20]    Voir SCHEIK (Zeevar), « Le Pakistan dans les Relations internationales 1972-1979 » Mémoire de DEA, Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, 2001.

[21]    AYAR (Mani Shankar), « Finding common ground », The Nation, 16 juillet 2000.

[22]    À signaler aussi que l'Inde et Pakistan possèdent à l'époque d'exceptionnels joueurs. L'apparition de grands tournois dont les récompenses, tel que le tournoi de Sharjah aux EAU, sont constituées par des sommes d'argent signifie que les spectateurs, les sponsors et les médias préféraient voir l'Inde et le Pakistan lutter en dehors des champs de bataille.

[23]    Entretien avec Shahid SCHEIK, Analyste au Pakistan Institute of International Affairs (Karachi, Pakistan) et journaliste à The Dawn et The Nation (Pakistan). Entretien avec Jean RACINE (CNRS).

[24]    Centre de recherche du programme nucléaire pakistanais. La rencontre a eu lieu par le biais de Mushahid Husain, à l'époque rédacteur du journal pakistanais The Muslim, et futur ministre de l'Information sous le gouvernement de Nawaz Sharif.

[25]    Entretien publié le 28 février 1987.

[26]    Le général Zia est assassiné en 1988 et Premier ministre Rajiv Gandhi en 1991.

[27]    Lors des tournées en Inde en 1996, 1997 et 1999. Le chef du parti Shiv Sena Bal Thackeray a menacé physiquement des joueurs pakistanais. Voir CNN sports illustrated (http://sportsillustrated.cnn.com/cricket/news/1999/01/12/pakistan_india/)

[28]    L'interdiction ne s'applique pas à la Coupe de l'Asie ni à la Coupe du Monde

[29]    Le 12 octobre 1999, un coup d'État militaire au Pakistan remplace le Premier ministre Nawaz Sharif par le président Mushharaf

[30]    On estime déjà une perte d'environ USD 11 millions en tournées annulées suite à l'invasion américaine de 2002