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Véronique Hébrard, Mona Huerta, Christine Laurière, Sur les traces de François Chevalier : constitution et analyse d'un patrimoine

Sur les traces de François Chevalier : constitution et analyse d'un patrimoine

 

 

Bulletin n° 16

 

 

 

Véronique Hébrard, Mona Huerta, Christine Laurière,

 

 

Cette table ronde organisée les 12 et 13 décembre 2002 à la Maison de l'Amérique latine visait à présenter les résultats d'une recherche menée depuis 1999, par une équipe de six chercheurs, sur le fonds de bibliothèque et d'archives de François Chevalier qui est déposé pour une grande partie au Centre de recherches d'histoire de l'Amérique latine et du monde ibérique de l'Université Paris I.

Repenser le parcours d'un chercheur à partir de sa bibliothèque et de ses archives, c'est opérer une plongée dans les différentes dynamiques qui ont traversé les sciences sociales relatives à l'Amérique latine au cours du siècle passé. C'est aussi s'interroger sur la démarche d'un chercheur dans différents champs et terrains de recherche. Par la médiation du chercheur, de ses livres, de ses archives et de ses papiers personnels, on découvre la logique des écoles et la façon dont se fait la recherche dans une période et dans un contexte donnés. Cette table ronde avait pour but, à partir du fonds réuni par François Chevalier, de mettre en valeur l'action de ce grand historien du Mexique, auteur d'une thèse fondatrice sur les grands domaines mexicains[1].

 

 Les différentes étapes de la carrière du chercheur sont examinées et prises en compte au cours des travaux. Mises en perspective avec la bibliothèque et les archives léguées, elles permettent de comprendre l'évolution et les partis pris de l'historien, successivement directeur de l'Institut français d'Amérique latine de Mexico, professeur d'histoire et de civilisations de l'Amérique latine à l'Université de Bordeaux, directeur scientifique de l'IFEA (Institut français d'études andines) de Lima, directeur de la Casa Velázquez de Madrid, premier titulaire de la chaire d'histoire de l'Amérique latine à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne puis professeur émérite de cette même université.

 

 Au cours de ces journées d'étude, la composition et la fonction des fonds de chercheurs dans la recherche individuelle et collective ont d'abord été étudiées, avant que soient mis en évidence trois axes de recherche : François Chevalier, archiviste et créateur de patrimoine ; François Chevalier, médiateur scientifique et culturel ; François Chevalier et sa pratique d'historien.

 

 Il est à noter que ces journées ont également voulu, dans leur déroulement même, refléter le « regard » et la conception de la recherche de François Chevalier, avec la projection de diaporamas thématiques réalisés à partir des photos qu'il avait prises durant son séjour au Mexique (entre 1946 et 1962) et avec les photos faites par l'équipe de recherche lors d'un voyage dans le Bas Michoacán en avril 2001, sur les traces de François Chevalier.

 

 La première table ronde, « Fonds de chercheurs, fonds sur l'Amérique latine », rappelle l'importance de la sauvegarde et de la valorisation des fonds de chercheurs, qui sont un matériau de premier ordre pour l'histoire des disciplines et la mise à nu des rapports de force et de sens les parcourant. Le fonds Chevalier permet ainsi de se plonger dans les différentes dynamiques ayant traversé les sciences sociales opérant en Amérique latine au cours du siècle passé et de repérer les passerelles entre histoire, géographie, sociologie et ethnologie. Geneviève Dreyfus-Armand, directrice de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, souligne l'importance des fonds de chercheurs, comme matériaux pour l'histoire de notre temps, avant que Mona Huerta (CREDAL-CNRS) rappelle le rôle de François Chevalier comme historien et pionnier des études sur l'Amérique latine et que Véronique Hébrard (Université Paris I Panthéon-Sorbonne) présente en quoi le fonds François Chevalier peut être une contribution à l'histoire des sciences.

 

 La seconde table ronde, « Chevalier, archiviste et créateur de patrimoine », a montré quels types d'analyses pouvaient être menés à partir du catalogue de la bibliothèque d'un chercheur, et quels enseignements pouvaient en être tirés. Cela permet de se rendre compte de la sensibilité intellectuelle d'un chercheur, de son souci de dépasser les frontières géographiques et disciplinaires, de son attention au comparatisme et aux nouvelles problématiques. Mexicaniste de formation, François Chevalier a toujours été fasciné par le monde andin, ce que reflète bien sa bibliothèque. L'exploitation de sa filmothèque et de sa photothèque prouve qu'il fut un témoin attentif des cultures populaires mexicaines. Dans cette table ronde sont successivement présentés la genèse et développement du fonds bibliographique (Véronique Hébrard et Mona Huerta). Un certain nombre d'aspects sont ensuite mis en valeur : gros plan sur les fonds andin et mexicain (Gérard Borras, Université Rennes 2, Mickaël Augeron, Espace Nouveaux Mondes, Université de la Rochelle) et le fonds « littérature » entre histoire et civilisation (Jorge P. Santiago, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand). Michèle Bincaz (GIS Réseau Amérique latine, Université Toulouse 2-Le Mirail) présente ensuite la mise en ligne de la bibliothèque Chevalier. Jorge P. Santiago et Gérard Borras montrent la richesse et la spécificité des films et photos, qui témoignent d'un certain regard sur l'Amérique latine.

 

 La troisième table ronde, « L'œil et la plume : reconstitution d'un parcours », adopte une logique davantage génétique, en mettant à plat le parcours professionnel de François Chevalier, et en s'interrogeant sur les temps forts de sa carrière. Les intervenants ont été plus particulièrement attentifs aux carnets de terrain, de notes, de François Chevalier, révélateurs de l'homme et du savant. La formation d'hispanisant qu'il reçut pendant ses études universitaires agit comme un puissant prisme puisqu'il ne cesse dans ses carnets d'établir des comparaisons avec le monde ibérique, avant de percevoir l'originalité de la société mexicaine et la vitalité de ses traditions populaires.

 

 Mathias Gardet (historien et archiviste) en fait la démonstration dans sa communication : « Prisme espagnol et fascination du nouveau, les carnets mexicains », et Gérard Borras étudie dans la sienne, intitulée « Des carnets de voyage aux carnets de terrain : le cas des pays andins », la fonction de ces carnets dans la genèse de la recherche. C'est d'ailleurs ce qui apparaît dans les entretiens avec François Chevalier, mais aussi avec les historiens Ernesto de la Torre et Silvio Zavala, et avec l'ethnologue Guy Stresser-Péan, interviewés au Mexique dans le cadre de cette recherche. Véronique Hébrard propose pour clore cette session des « Réflexions sur un parcours : entretiens avec et autour de François Chevalier », avant que ne soient présentés et commentés les rushs du film documentaire « Destination Ostula » réalisé par Augustin Viatte avec la participation de Véronique Hébrard, Mathias Gardet et Jorge P. Santiago.

 

 La quatrième table ronde, « François Chevalier, médiateur scientifique et culturel », s'est intéressée à un aspect souvent négligé de la vie d'un savant, mais qui n'est pourtant pas neutre, son réseau de sociabilité. Les réceptions organisées à l'IFAL, à la Casa Velázquez (Madrid), qui reposaient, en coulisses, sur Mme Chevalier, montrent la surface sociale de l'individu ; les tables rondes organisées dans le cadre de l'IFAL regroupant des intervenants des milieux économiques, scientifiques, culturels, dénotent quant à elles le souci de l'écoute et du dialogue interdisciplinaire.

 

 Jean-Pierre Berthe (EHESS, Paris) et Jorge P. Santiago font ainsi renaître « Les tables rondes de l'IFAL : un laboratoire de l'interdisciplinarité » et passant « d'une table à l'autre », tandis que Mona Huerta et Véronique Hébrard rappellent ce qu'a été la flamboyante sociabilité des Chevalier. Cette sociabilité est enfin illustrée par un témoignage sur la construction de cette sociabilité particulière, celui de Madame Josèphe Chevalier.

 

 Enfin, la dernière table ronde, « François Chevalier et sa pratique d'historien », est revenue sur le rôle de François Chevalier comme passeur de savoirs en tant que professeur des universités. D'anciens étudiants de François Chevalier, devenus depuis des chercheurs, des collègues, ont évoqué leurs souvenirs, témoignant de l'empreinte qu'il avait pu laisser. C'est ainsi qu'Alain Musset (EHESS, Paris) montre dans sa communication « Temps, espaces, territoires », l'intérêt du maître ouvrage de l'historien pour la géographie, tandis que Jean Piel (Université Denis Diderot-Paris 7) témoigne de l'importance du terrain dans la formation de l'historien, dans une communication au titre suggestif : « L'historien en fiches, à cheval ou en jeep ? (Souvenirs d'ancien jeune chercheur à propos de François Chevalier au Pérou) ». Bernard Lavallé (université Paris III -Sorbonne Nouvelle) revient quant à lui sur les années bordelaises de François Chevalier et leur sillage, durant lesquelles il fit en sorte d'introduire l'histoire de l'Amérique latine dans les études hispaniques. Enfin, Yves Saint-Geours (ministère des Affaires étrangères) rappelle son expérience d'historien et de collaboration éditoriale avec François Chevalier pour la publication de la nouvelle édition de la Nouvelle Clio sur l'Amérique latine : « Travailler à l'écriture d'un livre avec François Chevalier ».

 

 Avec ces journées d'études un travail d'équipe de trois années a été présenté. Financé par l'Université Paris I et par le ministère de l'Enseignement et de la Recherche, ce travail a permis le traitement et la mise en ligne de la bibliothèque selon une grille thématique (http://www.reseau-amerique-latine.fr), la constitution et l'inventaire du fonds d'archives François Chevalier ainsi que la réalisation de divers entretiens mettant en perspective et en contexte ces documents. Venant parachever ces travaux, les cinq demi-journées thématiques ont mis en évidence la fécondité d'une approche raisonnée d'un fonds d'archives, pouvant apporter sa contribution à l'histoire des sciences sociales.

 

 Au-delà, les débats et discussions auxquels cette table ronde a donné lieu ont ratifié la validité de la démarche, donnant par là même une meilleure visibilité à d'autres entreprises du même type, comme l'a mis en évidence, entre autres, Christine Laurière à travers son expérience de sauvetage des archives de Paul Rivet au Musée de l'Homme.

 

 En outre, on a vu se confirmer l'urgence de sauver certains fonds et, dans le même temps, la nécessité de sensibiliser les chercheurs, les institutions dépositaires de certains fonds et les héritiers, à la valeur de ce patrimoine scientifique.

 

 On peut donc souhaiter que cette recherche ne demeure pas isolée et qu'elle puisse servir de modèle pour la mise en œuvre de projets visant à la sauvegarde d'autres fonds de latino-américanistes.

 

 Les actes de cette table ronde sont en cours de publication.

 

Véronique Hébrard, Mona Huerta, Christine Laurière,

 

 

Cette table ronde organisée les 12 et 13 décembre 2002 à la Maison de l'Amérique latine visait à présenter les résultats d'une recherche menée depuis 1999, par une équipe de six chercheurs, sur le fonds de bibliothèque et d'archives de François Chevalier qui est déposé pour une grande partie au Centre de recherches d'histoire de l'Amérique latine et du monde ibérique de l'Université Paris I.

Repenser le parcours d'un chercheur à partir de sa bibliothèque et de ses archives, c'est opérer une plongée dans les différentes dynamiques qui ont traversé les sciences sociales relatives à l'Amérique latine au cours du siècle passé. C'est aussi s'interroger sur la démarche d'un chercheur dans différents champs et terrains de recherche. Par la médiation du chercheur, de ses livres, de ses archives et de ses papiers personnels, on découvre la logique des écoles et la façon dont se fait la recherche dans une période et dans un contexte donnés. Cette table ronde avait pour but, à partir du fonds réuni par François Chevalier, de mettre en valeur l'action de ce grand historien du Mexique, auteur d'une thèse fondatrice sur les grands domaines mexicains[2].

 

 Les différentes étapes de la carrière du chercheur sont examinées et prises en compte au cours des travaux. Mises en perspective avec la bibliothèque et les archives léguées, elles permettent de comprendre l'évolution et les partis pris de l'historien, successivement directeur de l'Institut français d'Amérique latine de Mexico, professeur d'histoire et de civilisations de l'Amérique latine à l'Université de Bordeaux, directeur scientifique de l'IFEA (Institut français d'études andines) de Lima, directeur de la Casa Velázquez de Madrid, premier titulaire de la chaire d'histoire de l'Amérique latine à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne puis professeur émérite de cette même université.

 

 Au cours de ces journées d'étude, la composition et la fonction des fonds de chercheurs dans la recherche individuelle et collective ont d'abord été étudiées, avant que soient mis en évidence trois axes de recherche : François Chevalier, archiviste et créateur de patrimoine ; François Chevalier, médiateur scientifique et culturel ; François Chevalier et sa pratique d'historien.

 

 Il est à noter que ces journées ont également voulu, dans leur déroulement même, refléter le « regard » et la conception de la recherche de François Chevalier, avec la projection de diaporamas thématiques réalisés à partir des photos qu'il avait prises durant son séjour au Mexique (entre 1946 et 1962) et avec les photos faites par l'équipe de recherche lors d'un voyage dans le Bas Michoacán en avril 2001, sur les traces de François Chevalier.

 

 La première table ronde, « Fonds de chercheurs, fonds sur l'Amérique latine », rappelle l'importance de la sauvegarde et de la valorisation des fonds de chercheurs, qui sont un matériau de premier ordre pour l'histoire des disciplines et la mise à nu des rapports de force et de sens les parcourant. Le fonds Chevalier permet ainsi de se plonger dans les différentes dynamiques ayant traversé les sciences sociales opérant en Amérique latine au cours du siècle passé et de repérer les passerelles entre histoire, géographie, sociologie et ethnologie. Geneviève Dreyfus-Armand, directrice de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, souligne l'importance des fonds de chercheurs, comme matériaux pour l'histoire de notre temps, avant que Mona Huerta (CREDAL-CNRS) rappelle le rôle de François Chevalier comme historien et pionnier des études sur l'Amérique latine et que Véronique Hébrard (Université Paris I Panthéon-Sorbonne) présente en quoi le fonds François Chevalier peut être une contribution à l'histoire des sciences.

 

 La seconde table ronde, « Chevalier, archiviste et créateur de patrimoine », a montré quels types d'analyses pouvaient être menés à partir du catalogue de la bibliothèque d'un chercheur, et quels enseignements pouvaient en être tirés. Cela permet de se rendre compte de la sensibilité intellectuelle d'un chercheur, de son souci de dépasser les frontières géographiques et disciplinaires, de son attention au comparatisme et aux nouvelles problématiques. Mexicaniste de formation, François Chevalier a toujours été fasciné par le monde andin, ce que reflète bien sa bibliothèque. L'exploitation de sa filmothèque et de sa photothèque prouve qu'il fut un témoin attentif des cultures populaires mexicaines. Dans cette table ronde sont successivement présentés la genèse et développement du fonds bibliographique (Véronique Hébrard et Mona Huerta). Un certain nombre d'aspects sont ensuite mis en valeur : gros plan sur les fonds andin et mexicain (Gérard Borras, Université Rennes 2, Mickaël Augeron, Espace Nouveaux Mondes, Université de la Rochelle) et le fonds « littérature » entre histoire et civilisation (Jorge P. Santiago, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand). Michèle Bincaz (GIS Réseau Amérique latine, Université Toulouse 2-Le Mirail) présente ensuite la mise en ligne de la bibliothèque Chevalier. Jorge P. Santiago et Gérard Borras montrent la richesse et la spécificité des films et photos, qui témoignent d'un certain regard sur l'Amérique latine.

 

 La troisième table ronde, « L'œil et la plume : reconstitution d'un parcours », adopte une logique davantage génétique, en mettant à plat le parcours professionnel de François Chevalier, et en s'interrogeant sur les temps forts de sa carrière. Les intervenants ont été plus particulièrement attentifs aux carnets de terrain, de notes, de François Chevalier, révélateurs de l'homme et du savant. La formation d'hispanisant qu'il reçut pendant ses études universitaires agit comme un puissant prisme puisqu'il ne cesse dans ses carnets d'établir des comparaisons avec le monde ibérique, avant de percevoir l'originalité de la société mexicaine et la vitalité de ses traditions populaires.

 

 Mathias Gardet (historien et archiviste) en fait la démonstration dans sa communication : « Prisme espagnol et fascination du nouveau, les carnets mexicains », et Gérard Borras étudie dans la sienne, intitulée « Des carnets de voyage aux carnets de terrain : le cas des pays andins », la fonction de ces carnets dans la genèse de la recherche. C'est d'ailleurs ce qui apparaît dans les entretiens avec François Chevalier, mais aussi avec les historiens Ernesto de la Torre et Silvio Zavala, et avec l'ethnologue Guy Stresser-Péan, interviewés au Mexique dans le cadre de cette recherche. Véronique Hébrard propose pour clore cette session des « Réflexions sur un parcours : entretiens avec et autour de François Chevalier », avant que ne soient présentés et commentés les rushs du film documentaire « Destination Ostula » réalisé par Augustin Viatte avec la participation de Véronique Hébrard, Mathias Gardet et Jorge P. Santiago.

 

 La quatrième table ronde, « François Chevalier, médiateur scientifique et culturel », s'est intéressée à un aspect souvent négligé de la vie d'un savant, mais qui n'est pourtant pas neutre, son réseau de sociabilité. Les réceptions organisées à l'IFAL, à la Casa Velázquez (Madrid), qui reposaient, en coulisses, sur Mme Chevalier, montrent la surface sociale de l'individu ; les tables rondes organisées dans le cadre de l'IFAL regroupant des intervenants des milieux économiques, scientifiques, culturels, dénotent quant à elles le souci de l'écoute et du dialogue interdisciplinaire.

 

 Jean-Pierre Berthe (EHESS, Paris) et Jorge P. Santiago font ainsi renaître « Les tables rondes de l'IFAL : un laboratoire de l'interdisciplinarité » et passant « d'une table à l'autre », tandis que Mona Huerta et Véronique Hébrard rappellent ce qu'a été la flamboyante sociabilité des Chevalier. Cette sociabilité est enfin illustrée par un témoignage sur la construction de cette sociabilité particulière, celui de Madame Josèphe Chevalier.

 

 Enfin, la dernière table ronde, « François Chevalier et sa pratique d'historien », est revenue sur le rôle de François Chevalier comme passeur de savoirs en tant que professeur des universités. D'anciens étudiants de François Chevalier, devenus depuis des chercheurs, des collègues, ont évoqué leurs souvenirs, témoignant de l'empreinte qu'il avait pu laisser. C'est ainsi qu'Alain Musset (EHESS, Paris) montre dans sa communication « Temps, espaces, territoires », l'intérêt du maître ouvrage de l'historien pour la géographie, tandis que Jean Piel (Université Denis Diderot-Paris 7) témoigne de l'importance du terrain dans la formation de l'historien, dans une communication au titre suggestif : « L'historien en fiches, à cheval ou en jeep ? (Souvenirs d'ancien jeune chercheur à propos de François Chevalier au Pérou) ». Bernard Lavallé (université Paris III -Sorbonne Nouvelle) revient quant à lui sur les années bordelaises de François Chevalier et leur sillage, durant lesquelles il fit en sorte d'introduire l'histoire de l'Amérique latine dans les études hispaniques. Enfin, Yves Saint-Geours (ministère des Affaires étrangères) rappelle son expérience d'historien et de collaboration éditoriale avec François Chevalier pour la publication de la nouvelle édition de la Nouvelle Clio sur l'Amérique latine : « Travailler à l'écriture d'un livre avec François Chevalier ».

 

 Avec ces journées d'études un travail d'équipe de trois années a été présenté. Financé par l'Université Paris I et par le ministère de l'Enseignement et de la Recherche, ce travail a permis le traitement et la mise en ligne de la bibliothèque selon une grille thématique (http://www.reseau-amerique-latine.fr), la constitution et l'inventaire du fonds d'archives François Chevalier ainsi que la réalisation de divers entretiens mettant en perspective et en contexte ces documents. Venant parachever ces travaux, les cinq demi-journées thématiques ont mis en évidence la fécondité d'une approche raisonnée d'un fonds d'archives, pouvant apporter sa contribution à l'histoire des sciences sociales.

 

 Au-delà, les débats et discussions auxquels cette table ronde a donné lieu ont ratifié la validité de la démarche, donnant par là même une meilleure visibilité à d'autres entreprises du même type, comme l'a mis en évidence, entre autres, Christine Laurière à travers son expérience de sauvetage des archives de Paul Rivet au Musée de l'Homme.

 

 En outre, on a vu se confirmer l'urgence de sauver certains fonds et, dans le même temps, la nécessité de sensibiliser les chercheurs, les institutions dépositaires de certains fonds et les héritiers, à la valeur de ce patrimoine scientifique.

 

 On peut donc souhaiter que cette recherche ne demeure pas isolée et qu'elle puisse servir de modèle pour la mise en œuvre de projets visant à la sauvegarde d'autres fonds de latino-américanistes.

 

 Les actes de cette table ronde sont en cours de publication.

 

 

 



[1] CHEVALIER (François), La formation des grands domaines au Mexique : terre et société aux XVIe-XVIIe siècles, Paris, Institut d'ethnologie, 1952, 508 p.

[2] CHEVALIER (François), La formation des grands domaines au Mexique : terre et société aux XVIe-XVIIe siècles, Paris, Institut d'ethnologie, 1952, 508 p.