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Thomas Gomart, Double détente : les relations franco-soviétiques de 1958 à 1964.

Double détente : les relations franco-soviétiques de 1958 à 1964.

 

 

Bulletin n° 14, automne 2002

 

 

 

 

Thomas Gomart

 

 

Résumer une thèse en quelques pages est un exercice frustrant mais doublement nécessaire. Sur un plan personnel, il favorise, avec un peu de recul, la mise en perspective des principaux commentaires et critiques, formulés à l'occasion de la soutenance et sonne donc comme une première réponse écrite. Sur un plan pratique, il encouragera ou, au contraire, dissuadera les lecteurs éventuellement intéressés de se reporter à l'ouvrage dans sa totalité[1].

Que retenir de ces six années de recherche? Cette question un peu brutale aide à discerner l'essentiel de l'accessoire. Au départ, une recherche est guidée par un projet, qui mélange réflexions théoriques et tâtonnements empiriques. À quelques exceptions près, celui-ci a été suivi. Une thèse avance une argumentation et défend un point de vue en apportant des éléments nouveaux au débat. Enfin, elle fonctionne surtout, après coup, comme une fontaine inépuisable de recherches complémentaires et de nouveaux projets. Dans cette perspective, les prolongements immédiats donnent une indication de l'exploitation qui pourrait en être faite.

 

 

Le projet

 

Hypothèse et problématique

Double détente examine une hypothèse de travail très simple: la relation bilatérale compte trois niveaux, s'organise autour de noyaux durs et délimite un espace. De bas en haut, les niveaux personnel, intermédiaire et politico-diplomatique la composent. Le premier correspond aux individus et, plus précisément, aux rapports entre ressortissants ainsi qu'aux rapports entre ressortissants et appareils d'État. Le second réunit les groupes professionnels, les partis politiques, les associations et les entreprises qui alimentent les flux entre les deux pays. Le niveau politico-diplomatique correspond aux échanges interétatiques et désigne le niveau d'intervention des dirigeants politiques, qui s'appuient pour mettre leurs décisions en œuvre sur un appareil diplomatique. Les interconnexions entre ces trois niveaux dépendent étroitement du contexte.

Organiser la relation bilatérale autour de noyaux durs revient à reconnaître l'existence d'éléments structurants en son sein, autour desquels gravitent des électrons plus ou moins libres. Dans le cas présent, les gouvernements et leurs appareils diplomatiques forment ces noyaux durs. Dans notre optique, la relation bilatérale délimite un espace servant de cadre aux échanges de toute nature. Celui-ci s'inscrit dans des espaces stratégiques contraignants: autrement dit, la relation franco-soviétique constitue un des théâtres d'opérations sur lesquels se joue la confrontation Est-Ouest. Double détente vise également à mettre en lumière l'action des individus et des groupes agissant au plan infra-étatique tout en examinant la portée des logiques supra-étatiques. Cette thèse vise, en définitive, à incarner la relation bilatérale, c'est-à-dire à retracer des parcours individuels et significatifs, à les insérer dans un récit, qui a pour fonction de décrire et d'analyser les points de vue, de varier les angles d'attaque et de jouer sur les éclairages afin de restituer la complexité des relations franco-soviétiques au début des années soixante.

L'ambition de cette recherche consiste à confronter hypothèse de travail et contexte historique en répondant à la question suivante: quelle est la nature des relations franco-soviétiques de 1958 à 1964? La période étudiée est un entre-deux s'inscrivant entre la première détente (1953-1955) et la détente proprement dite (1964-1968). Elle s'ouvre par l'affirmation définitive du pouvoir personnel de Khrouchtchev (mars 1958), quiprécède de peu le retour au pouvoir du général de Gaulle (mai 1958) et se clôt par la destitution de Nikita Khrouchtchev (octobre 1964).

Cette période de transition permet de soulever trois séries de questions. La première d'entre elles porte sur l'insertion des rapports franco-soviétiques dans la confrontation Est-Ouest: à quel(s) moment(s) influent-ils sur le cours de la confrontation bipolaire? La deuxième série porte sur les politiques extérieures française et soviétique et leurs horizons stratégiques. S'il semble acquis que l'URSS occupe la première place dans la stratégie française, en termes de hiérarchisation des menaces, il s'avère beaucoup plus délicat de situer la France dans la stratégie soviétique. Nous y reviendrons en nous interrogeant sur l'existence d'une véritable politique russe à Paris et, inversement, d'une politique française à Moscou. La troisième série de questions porte sur les acteurs bilatéraux et les tentatives émanant de la sphère non-étatique visant à prendre pied dans l'espace bilatéral. Cette focalisation sur des groupes ciblés s'explique par la nature de la guerre froide. En effet, à partir du moment où le contrôle des esprits est un des enjeux centraux de l'affrontement Est-Ouest, les acteurs bilatéraux, en tant que médiateurs, forment une population névralgique. Si la guerre froide est totale (dans le sens où la compétition concerne tous les secteurs), chaque échange représente alors un coup tactique dans l'affrontement général. A l'inverse, les multiples contacts tissent des liens qui amorcent un dialogue entre les deux peuples. La connaissance et la compréhension de l'autre sont alors au cœur des processus bilatéraux. La nature de la relation bilatérale au début des années soixante réside probablement dans la combinaison inédite entre une logique de guerre et une logique de paix.

 

Sources

 L'hypothèse de départ supposait la consultation de sources très diversifiées afin de varier les points de vue. Au final, une vingtaine de fonds a été explorée. Les archives diplomatiques constituent le socle du corpus. À Paris, les archives du ministère des Affaires étrangères fournissent les informations indispensables à la compréhension des échanges entre les deux pays[2]. À Moscou, les archives du MID (Ministerstvo inostrannyh del) et des RGANI (Rossijskij Gosudarstvennyj Arhiv Novejšej Istorii) permettent d'examiner l'appareil diplomatique de l'intérieur[3]. Soulignons d'emblée le double déséquilibre de cette recherche: d'une part, entre archives diplomatiques françaises et soviétiques et, d'autre part, entre archives du MID (abondantes) et archives du PCUS (rares). À Moscou, il n'a pas été possible d'accéder aux archives du Presidium et du Secrétariat, sans même parler de celles des services de renseignement, ce qui fausse la perspective et n'autorise qu'une compréhension partielle des rouages de l'appareil diplomatique soviétique[4].

Pour les questions économiques, financières et commerciales, les archives du ministère de l'Économie et des Finances[5], de la Banque de France[6] et du Crédit Lyonnais ont été dépouillées. Des documents ont pu également être consultés dans les archives d'Air France, de la Délégation générale de l'aviation civile (DGAC) et de la SNCF[7], mais ils restent très fragmentaires et ont une valeur plus illustrative que démonstrative. Au centre d'archives de l'industrie française[8], les archives permettent de reconstituer une négociation commerciale entre la Société des forges et ateliers du Creusot (SFAC) et les autorités soviétiques. Pour les questions militaires et de renseignement, les archives du Service historique de l'armée de terre (SHAT) et du Service historique de la Marine (SHM) ont été consultées[9].

 Aux Archives nationales, les archives présidentielles et celles de l'association France-URSS (auxquelles il convient d'ajouter le fonds personnel de Raphaël Vahé, ancien secrétaire général de l'association) ont été compulsées. À Moscou, les fonds privés de Valentin Svistunov et de Gala Mirosnišenko ont permis de mieux comprendre le fonctionnement d'URSS-France. À la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), les fonds Couve de Murville, Baumgartner et Beuve-Méry ont été explorés. À cette liste, il convient d'ajouter le fonds privé de Robert Bordaz. Au Parti communiste français (PCF), les comptes rendus du bureau politique et du secrétariat de la période étudiée ont été dépouillés ainsi que des documents de la section de politique extérieure. Les archives municipales du Havre et de Saint-Etienne-du-Rouvray ont été consultées pour étudier leurs jumelages[10]. Pour les questions culturelles et intellectuelles, les archives de l'Agence littéraire artistique et parisienne (ALAP), de Gallimard et de l'Institut Mémoires de l'Édition Contemporaine (IMEC) ont été utilisées [11].

 À ces sources écrites s'ajoutent 51 témoignages oraux qui se répartissent en quatre grandes catégories: ministres[12], diplomates et fonctionnaires[13], militants politiques et associatifs[14] et intellectuels[15].

  

Architecture

 L'architecture de l'ensemble repose sur trois piliers. Huit chapitres composent le premier qui s'intitule Construction de la relation et se veut «empirico-descriptif». Cette construction se fait en trois temps. Les chapitres I (Relation bilatérale et relations internationales) et II (L'accumulation du temps) visent à délimiter le cadre des échanges entre les deux pays. Le premier décline la relation bilatérale en pratique diplomatique, en schème de recherche puis en modèle de perception du réel[16], alors que le second souligne le poids de la mémoire bilatérale dans le comportement des acteurs. Trois chapitres analysent ensuite les principaux acteurs de la relation. Le chapitre III (Dirigeants et diplomates) examine les noyaux durs, c'est-à-dire les appareils diplomatiques. Le chapitre IV (Les acteurs intermédiaires) s'intéresse à des groupes, plus ou moins constitués, plus ou moins contrôlés, très actifs dans l'espace bilatéral: le PCF (Parti communiste français), la BCEN (Banque commerciale d'Europe du Nord), l'ALAP (Agence littéraire artistique et parisienne), les journalistes et enfin les traducteurs. Le chapitre V (Les partisans du rapprochement) examine le rôle joué par les associations France-URSS et URSS-France dans le maillage de la relation. Les trois derniers chapitres de cette partie décrivent des vecteurs, c'est-à-dire des segments de relation par lesquels un pays influe sur l'autre. Le chapitre VI (Une relation à la base: les jumelages) décrit les liens établis entre Le Havre et Léningrad et entre Saint-Etienne-du-Rouvray et Novaïa Khakovska. Le chapitre VII (Une relation au grand jour: les expositions de 1961) revient sur deux manifestations décidées et organisées par les autorités des deux pays afin d'entrer en relation avec la population de l'autre. Le chapitre VIII (Une relation invisible: les affaires de renseignement) tente de saisir les enjeux de l'intense lutte secrète à laquelle se livrent les deux pays.

 Les deuxième et troisième parties sont chronologiques et comptent chacune quatre chapitres. Le récit met en intrigue les acteurs identifiés au cours de la Construction avec la juxtaposition des chronologies de chacun pour fil rouge. La deuxième partie Une détente amorcée couvre la période de janvier 1958 à mars 1960[17]. La troisième Une détente grippée va d'avril 1960 à décembre 1964[18]. Ces deux parties ne proposent pas une chronique mais un va-et-vient permanent entre les différents niveaux de la relation.

  

Premières conclusions

 Dans le cadre de cet article, les conclusions sont présentées de manière synthétique. Elles nécessiteraient, bien évidemment, d'être nuancées et illustrées, mais il est d'ores et déjà possible d'apporter des éléments de réponse aux questions soulevées.

  

Poids du bilatéralisme franco-soviétique dans la confrontation Est-Ouest

 Le poids des rapports franco-soviétiques n'est ni négligeable ni déterminant. Les deux pays sont indispensables à tout équilibre des puissances sur le continent européen. Après la guerre, la France et l'URSS prennent part au quadripartisme mis en place pour le règlement de la question allemande et deviennent membres du conseil de sécurité de l'ONU. Ces données géopolitiques et historiques sont démultipliées par le facteur nucléaire qui confère des responsabilités de premier ordre aux deux capitales en matière de sécurité. Pour autant, le dialogue entre Paris et Moscou n'a pas un poids déterminant dans la confrontation générale en raison principalement du déséquilibre de puissance au sein de la relation.

 Au déséquilibre stratégique entre une Union soviétique superpuissance (spatiale, mondiale et nucléaire) et une France puissance moyenne (post-coloniale, européenne et tout juste nucléaire) s'ajoute un déséquilibre tactique. Moscou dispose en France de puissants relais d'influence (PCF et BCEN notamment), alors que les autorités françaises ne peuvent compter sur aucun vecteur durable de pénétration en Union soviétique. De plus, la relation bilatérale n'a pas de réelle portée en dehors du cadre européen. Dans la vision stratégique soviétique, la France est un coin à enfoncer pour affaiblir la cohésion occidentale. Dans cette optique, la politique d'indépendance du général de Gaulle, rendue partiellement crédible par l'arme nucléaire, est encouragée à Moscou dans la mesure où elle s'exerce avant tout aux dépens de Washington.

 À aucun moment (après les échecs du plan Fouchet puis de la communauté stratégique franco-allemande), la France n'a pu constituer un pôle stratégique, suffisamment puissant, pour inquiéter Moscou. La relation bilatérale n'a pas un effet d'entraînement pour le règlement des dossiers de fond de la confrontation Est-Ouest. Avec sa capacité de nuisance, Paris tente d'entraver, ou du moins de limiter, les conséquences d'un éventuel dialogue soviéto-américain sur le désarmement. Malgré tout, en raison non seulement d'une tradition d'échanges mais aussi de la personnalité des dirigeants français et soviétiques, la relation bilatérale contribue sans conteste à la diffusion d'une nouvelle atmosphère entre les deux blocs et, par conséquent, à créer les conditions de la détente. Ces éléments diffus de détente sont vite rattrapés par le principe de réalité, c'est-à-dire la logique des systèmes d'alliance. En cas de crise, les réflexes stratégiques priment et induisent les comportements militaires.

  

Les buts et moyens des politiques étrangères respectives

 Une chose est sûre: la politique française de Moscou est subordonnée à sa politique allemande, ce qui revient à relativiser un peu plus encore l'importance des rapports franco-soviétiques. Treize ans après la fin de la guerre, Moscou cherche, avant tout, à renforcer ses positions, à obtenir la reconnaissance du statu quo en Europe et à progresser dès que possible. À cet égard, les Soviétiques se situent moins dans une logique de rupture que de négociations et de tensions calculées. L'utilisation du dossier algérien illustre assez bien l'habileté de la diplomatie soviétique, qui s'évertue à relier les dossiers allemand et algérien afin que la moindre tension s'exerçant sur le premier se répercute aussitôt sur le second. La France pour sa part n'a pas encore les moyens de mener une réelle politique russe. Elle a plutôt tendance à utiliser son dialogue avec Moscou pour s'imposer auprès de ses alliés. Par son intransigeance à l'égard des Soviétiques (lors des crises de Berlin et de Cuba), le général de Gaulle compense ses revendications pour un partage des responsabilités au sein de l'Alliance occidentale et garantit surtout la crédibilité de sa politique allemande.

 À propos du fonctionnement des politiques étrangères et des moyens dont elles disposent, il faut souligner l'importance de part et d'autre de Nikita Khrouchtchev et du général de Gaulle. Le premier incarne l'URSS à l'étranger au cours de cette période. En ce sens, il provoque un choc après les années de plomb staliniennes. Il utilise sans arrêt ses aptitudes médiatiques et sa vigoureuse énergie. Sa personnalité change le style et le ton de la politique soviétique sans qu'il ne perde jamais de vue l'objectif ultime de la coexistence pacifique: le triomphe du socialisme. Du côté français, le rôle décisif du général de Gaulle apparaît à l'occasion de la gestion des crises. Profitant de l'héritage de la IVe République (arme nucléaire et dispositif bilatéral en cours de construction), il change le cours de la relation et trouve avec Khrouchtchev un adversaire à sa mesure. L'appareil diplomatique soviétique se structure autour du Département International et des services de renseignement dont le rôle exact reste difficile à apprécier. À l'époque, le MID fait fonction d'exécutant. Toutefois, une nouvelle génération de diplomates commence à émerger en son sein. À propos des affaires russes, l'appareil diplomatique français est traversé par deux grands courants. Le premier, incarné par Maurice Dejean, défend une conception classique et voit dans l'Union soviétique un utile contrepoids à une Allemagne en voie de reconstruction. Il considère le dialogue franco-soviétique comme un moyen privilégié pour Paris de se rehausser au plan international et d'affirmer son indépendance vis-à-vis de Washington. Le second, incarné par Jean Laloy, se montre beaucoup plus prudent à l'égard de la Russie soviétique et veille à ne jamais baisser la garde. Il insiste sur le caractère idéologique et, par conséquent, expansionniste, de la politique étrangère soviétique[19].

 Au moment où le général de Gaulle s'emploie, au plan intérieur, à restaurer l'autorité de l'État, des revendications émanant de la société civile expriment le souhait de participer à la relation bilatérale. Les jumelages en fournissent un exemple intéressant. Des associations comme l'ALAP et France-URSS animent l'espace bilatéral alors que le PCF et la BCEN le structurent en partie. Du côté soviétique, impossible d'observer la moindre participation civile à la politique extérieure car cette dernière demeure sous le contrôle exclusif du pouvoir central. Tout est instrumentalisé, à l'image d'URSS-France, en fonction de la ligne définie par le Parti.

  

Les acteurs bilatéraux

 Les parcours personnels de Pierre Courtade, Michel Tatu, Lucien Gouazé, Fernand Lumbroso ou Boris Pasternak illustrent, parmi beaucoup d'autres, la diversité des trajectoires qui traversent l'espace bilatéral. En termes d'affrontement, les relations franco-soviétiques s'apparentent à une lutte pour le contrôle des esprits. À titre d'exemple, le voyage de Nikita Khrouchtchev en France (mars-avril 1960) donne lieu à un intense travail de propagande soviétique qui utilise ses relais en France. À l'inverse, les autorités françaises préparent avec une extrême minutie l'exposition française de Moscou (août 1961) qui est leur première occasion de toucher directement la population soviétique.

 Plus profondément, la période correspond à un début d'interaction, encore timide et prudent, entre les sociétés des deux pays. En ce sens, les relations franco-soviétiques aux niveaux intermédiaire et personnel participent au changement de physionomie de la confrontation Est-Ouest au tournant des années soixante. En France, il existe alors une mode de l'Union soviétique, qui est alimentée par ses réussites techniques, une tradition d'échanges mais aussi par la découverte d'artistes aux multiples facettes qui parviennent à toucher le public français. En URSS, l'impact des échanges avec l'étranger reste difficile à apprécier en raison du contrôle systématique exercé par les services de sécurité. Cependant, leur développement a des effets secondaires. Les témoignages concordent sur ce point: à cette époque, il existe une réelle curiosité à l'égard du niveau de vie occidental, d'autant que les Soviétiques croient pouvoir le dépasser à brève échéance. Ces échanges à double sens conduisent à dire que la relation bilatérale fonctionne également comme un facteur d'ouverture des sociétés et ne se résume pas à la confrontation de deux politiques étrangères.

  

Premiers prolongements

  

Pistes de recherche

 À ce stade, il semble possible de prolonger la recherche et la réflexion dans trois directions principales. Sur le plan méthodologique, l'approche par niveaux mérite d'être enrichie. L'ambition de Double détente était de mettre à jour ces trois niveaux en leur accordant a priori la même importance. À l'issue de cette recherche, force est de constater qu'ils n'ont ni la même portée ni les mêmes implications. Les chronologies de chaque niveau ne coïncident pas: une tension au niveau politico-diplomatique ne se répercute pas forcément au niveau intermédiaire. Inversement, une amélioration au niveau politico-diplomatique peut se traduire par une aggravation des tensions au niveau individuel. Le niveau intermédiaire semble relativement autonome par rapport aux deux autres: il fonctionne à la fois comme une garantie et une limitation de la relation bilatérale. En effet, il sert à assurer en tous temps un volume minimal d'échanges entre les deux pays. Dans le même temps, il porte en lui les limites de l'intensification de la relation bilatérale. Pour des raisons stratégiques, les autorités françaises ne souhaitent pas dépasser un certain volume d'échanges (en matière d'approvisionnement énergétique notamment) alors que les autorités soviétiques restent prudentes face au développement des échanges culturels, privilégiant toujours leur dimension technique et scientifique. À terme, l'enjeu consiste à étudier plus en détail l'interaction entre les trois niveaux. Le poids des niveaux individuel et intermédiaire ne suffit pas à peser sur le cours du politico-diplomatique. En d'autres termes, la relation bilatérale pendant ces années de transition reste étroitement tributaire des intérêts stratégiques défendus par les deux régimes.

 Précisément, au plan stratégique il reste beaucoup à faire pour cerner les intentions de chacun au plus près. Sur ce plan, archives et témoignages manquent encore du côté français mais surtout soviétique. L'arme nucléaire française ne modifie pas radicalement la nature de la relation bilatérale. Pour tout dire, elle ne figure pas comme dossier prioritaire aux yeux des Soviétiques trop occupés à atteindre la parité avec les États-Unis dans ce domaine. En revanche, elle donne du contenu et du crédit à la politique d'indépendance prônée par le général de Gaulle à l'égard de l'allié américain. C'est pourquoi elle intéresse Moscou. Les intentions véritables du général de Gaulle, ainsi que leurs implications militaires[20], restent encore à éclaircir. Du côté soviétique, il semble acquis que l'Allemagne constitue l'alpha et l'oméga de la politique française de Moscou. La vraie question est de savoir jusqu'à quel point Moscou a cru à la création d'une communauté stratégique franco-allemande et quels sont les moyens mis en œuvre pour faire avorter toute tentative dans cette direction. Le fonctionnement de l'appareil diplomatique soviétique nécessite des analyses approfondies pour comprendre les rapports qui s'exercent au sein du triangle: bureau politique - département international du comité central - ministère des Affaires étrangères[21]. Il reste surtout à apprécier le rôle, l'influence et les orientations des services de sécurité dans l'élaboration et la conduite de la politique extérieure soviétique[22]. La spécificité de cette dernière réside probablement dans leur participation active. Le travail d'analyse de la communauté diplomatique soviétique[23], en termes de parcours, de formation et de carrière, mériterait d'être étendu à la communauté du renseignement. Là encore, archives et témoignages manquent.

 Dans la mesure où une relation bilatérale est un sous-système des relations internationales, il s'avère indispensable de l'insérer dans un cadre élargi. À cet égard, la comparaison avec d'autres relations bilatérales, en particulier avec les relations soviéto-britanniques, permettrait de mieux mesurer la portée des rapports entre Paris et Moscou. Dans le domaine culturel, des comparaisons sont d'ores et déjà possibles[24]. Dans le domaine stratégique, les réactions britanniques aux propositions soviétiques en matière de désarmement, par exemple, mériteraient un examen approfondi tant elles se distinguent, sur le fond et sur la forme, des réactions françaises. La diplomatie soviétique obtient davantage de résultats avec la diplomatie britannique qu'avec les diplomaties italienne et française. Cette situation est d'autant plus paradoxale que les Soviétiques ne disposent pas en Grande-Bretagne d'un puissant parti communiste susceptible de relayer leurs positions comme le PCF et le PCI le font dans leur pays respectif.

 

Affiner les chronologies

 De nouvelles recherches en archives permettraient de mieux décrire certaines articulations. Du général au particulier, plusieurs chronologies doivent être enrichies. Les différents types de relations entre la France et l'Union soviétique et entre la France et la Russie seraient rendus plus intelligibles par une vaste chronologie allant de 1924 à nos jours. Au niveau politico-diplomatique, elle semble relativement simple à concevoir. En revanche, au niveau intermédiaire, un patient travail reste à fournir (notamment au plan statistique) pour mesurer la réalité des flux financiers, commerciaux et de personnes entre les deux pays. Au niveau individuel, son élaboration est évidemment un exercice plus subjectif. Il pourrait sans doute être fécond d'étudier dans des archives publiques ou privées une correspondance familiale ou amicale. Reste à la trouver!

 Le deuxième axe de recherche est, bien entendu, celui de la guerre froide. Outre-Atlantique et outre-Manche, l'historiographie est florissante. La période 1958-1964 est charnière dans la mesure où elle se situe entre la première détente (1953-1955) et la détente proprement dite (1964-1968). Elle se caractérise par une atmosphère nouvelle qui mêle, de manière parfois détonante, des éléments de détente et des éléments de crise. Dans ce contexte, un dossier, parmi d'autres, mériterait des recherches approfondies, celui du désarmement. Si le principe des positions françaises[25] et soviétiques est connu, ses implications politico-militaires demandent à être éclairées. Les questions de renseignement nécessitent également une meilleure connaissance des chronologies. En France, la fin de la guerre d'Algérie et les premiers transfuges ont eu un effet décisif sur la réorientation des services.

 Le troisième axe de recherche concerne directement la relation bilatérale au cours de la période étudiée. Deux moments pivots mériteraient d'être approfondis. Côté français, il s'agit de la période allant de juin à septembre 1958. En effet, au cours de ces quatre mois, le général de Gaulle oriente sa politique étrangère de manière décisive, ce qui dénote à la fois une vision du monde déjà construite mais surtout une capacité d'adaptation aux crises (Moyen-Orient et Extrême-Orient). Côté soviétique, la période allant de janvier 1963 (signature du traité franco-allemand) à août 1963 (signature du traité de Moscou) correspond à une évolution de fond de la diplomatie soviétique à l'égard de la France. Le tempo de ces différentes phases gagnerait à être suivi plus attentivement.

  

Passé/Présent

 La question de l'utilité «sociale» de la recherche historique, en dehors du cadre universitaire, est un sujet récurrent et délicat. La difficulté consiste à concevoir la thèse comme une période de formation (durée, volume, séjour à l'étranger, enseignements complémentaires, expérience professionnelle sont autant de pistes de réflexion) permettant d'accéder à l'expertise. À la légitime question des débouchés professionnels s'ajoute celle de la concurrence épistémologique avec d'autres disciplines, en particulier la science politique[26]. Il faudra bien se résoudre à aborder ce double débat, sans se dérober, au risque de détacher un peu plus la recherche historique des réalités socio-économiques et des préoccupations immédiates des chercheurs. Cet effort collectif est possible car à la différence d'autres spécialités, l'histoire des relations internationales dispose d'atouts pour proposer une diversification de ses débouchés professionnels.

 Travailler sur les relations franco-soviétiques au tournant des années soixante conduit presque naturellement à suivre l'état de la relation bilatérale aujourd'hui. L'éclairage de l'historien ainsi que ses contacts sur le terrain aident à déchiffrer la complexité actuelle. Parallèlement à notre travail d'archives, nous avons mené, au premier semestre 2001, 24 entretiens à Moscou avec des analystes sur leur(s) vision(s) des relations entre Paris et Moscou[27]. Cette enquête a permis d'établir une cartographie des analystes et des clivages qui les séparent. Deux idées, parmi d'autres, retiennent l'attention de l'historien des relations franco-soviétiques. Tout d'abord, le poids de la mémoire gaulliste. Celle-ci est fréquemment évoquée au sujet de la position de la France au sein de l'OTAN, de la nécessité de construire un système multipolaire et de la sécurité européenne. Certains analystes utilisent encore la formule d'une Europe de «l'Atlantique à l'Oural». D'autres qualifient la politique de Vladimir Poutine de «gaullisme à la russe»[28] pour expliquer ses raidissements et son souci de défendre l'indépendance du pays. Deuxième idée récurrente: la priorité donnée à l'Allemagne par Vladimir Poutine en Europe. Il y a sur ce point une constante historique: la politique française de Moscou est tributaire de sa politique allemande[29]. Selon les domaines, cette assertion mériterait d'être nuancée, mais elle conduit les analystes russes à plaider pour une refondation de la relation bilatérale dans un cadre européen.

 La recherche en histoire donne du recul et permet d'apprécier un phénomène sur la durée. Aujourd'hui, la pertinence d'une approche bilatérale stricto sensu se pose avec acuité. Le développement des structures multilatérales ainsi que l'importance des rapports que Moscou entretient simultanément avec Washington, Bruxelles et Pékin relativise sévèrement le bilatéralisme franco-russe. Force est de constater que son degré d'auto-suffisance dans le système international s'est fortement atténué depuis plusieurs années.

 Une périodisation sur les cinquante dernières années aide à repérer ce déclin du bilatéralisme. Quatre séquences peuvent être découpées. La première (1945-1958) correspond à une période d'échanges a minima en raison du poids de la confrontation bipolaire. La seconde (1958-1967) apparaît comme un âge d'or de la relation: les avatars des outils bilatéraux élaborés au cours de ces années sont toujours à l'œuvre. La troisième séquence (1967-1984) se caractérise par une normalisation, en dépit d'aléas politiques, des échanges économiques, culturels ou universitaires. La dernière séquence (1985-2002) correspond à une diminution du volume de la relation bilatérale dans le cadre mondial et européen. Dix ans après le dernier traité franco-russe (février 1992), il s'avère indispensable de refonder le dialogue bilatéral en réfléchissant, en priorité, au rôle qu'il pourrait jouer dans le partenariat entre l'Union européenne et la Russie[30]. À l'évidence, ce sujet sera crucial dans la décennie à venir[31].

 

 



[1]     GOMART (Thomas), Double détente: les relations franco-soviétiques de 1958 à 1964, Paris I, thèse de doctorat sous la direction de Robert Frank, 750 p. La soutenance a eu lieu le 29 avril 2002 devant un jury composé de Frédéric Bozo (Université de Nantes), Robert Frank (Université de Paris I - Panthéon-Sorbonne), Beatrice Heuser (Department of War Studies, King's College), Marie-Pierre Rey (Université de Paris I - Panthéon-Sorbonne) et Georges-Henri Soutou (président) (Université de Paris IV - Sorbonne).

[2]     Les fonds consultés sont les suivants: Europe, Nations-Unies et Organisations internationales, Direction des Affaires économiques et financières, Relations culturelles, Papiers Agents et Ambassade de France à Moscou. Il est à noter que des demandes de dérogation ont été rejetées.

[3]     Les fonds consultés au MID sont les suivants: n°136 (Referentura po Francii) et n°197 (Pol'stvo SSSR vo Francii). Le fonds consulté au RGANI est le suivant: n°89 qui conserve les archives de la «Commission du Comité central du PCUS pour les questions d'idéologie, de culture et de rapports avec les partis étrangers».

[4]     Malgré l'aide précieuse de certains conservateurs, il faut constater que les conditions d'accès restent difficiles et qu'elles varient d'un séjour de recherche à l'autre.

[5]     Fonds Trésor et Commerce extérieur.

[6]     Fonds Direction générale des services étrangers et Études

[7]     Centre du Mans.

[8]     Centre du Creusot: fonds personnel et questions sociales.]

[9]     Au SHAT, les fonds consultés sont les suivants: Secrétariat général de la Défense nationale, Cabinet du ministre, 2e Division de l'État-major des forces armées, Attachés militaires, 2e Bureau de l'État-major de l'armée de terre. Au SHM, le fonds Marines étrangères a été consulté. Il est à noter que des demandes de dérogation ont été rejetées.

[10]    Pour une approche havraise du phénomène communiste, voir DHAILLE-HERVE (Marie-Paule), Communistes au Havre, Communistes du Havre, Société, culture et politique, 1930-1983, IEP de Paris, thèse d'histoire sous la direction d'Antoine Prost, 1997, 844p.

[11]    Les premières sont accessibles aux archives municipales d'Aubervilliers. Chez Gallimard, les dossiers de presse de la collection «Littératures soviétiques» ont été dépouillés. A l'IMEC, le fonds Pierre Courtade a été exploité.

[12]    Jacques Chaban-Delmas, Maurice Couve de Murville et Pierre Sudreau.

[13]    Jacques Andréani, Robert et Mathilde Bordaz, Marcel Chalet, Ûri Dubinin, Vladimir Erofeev, Isabelle Esmein, Henri Froment-Meurice, Marcel Girard, Francis Grangette, René Guillot, Philippe Husson, Henri Jean, Monique Lanchon, Roal'd Matveev, Raymond Nart, Jean-François Noiville, Yves Pagniez, José Paoli, Ûri Rubinskij, Vol'fSedyh, Robert de Souza, Valentin Svistunov, A. Tarasevic, Jean-Emile Vié et V. Zagladin.

[14]    André Duroméa, Jean Giustiniani, Gilbert Lasfargues, Roland Leroy, Serge Leyrac, Janine Lebret, Raymond Marquié, G. Mirosnišenko, Serge Monegard (pseudonyme), Mattéo Poletti, Janine Ringuet et André Thomazo.

[15]    Francis Cohen, Lily Denis, Marc Ferro, Bernard Féron, René Girault, Jacqueline de Proyart, Léon Robel, Jacques Rossi, Michel Tatu et Jean Triomphe.

[16]    Pour une approche synthétisée, voir GOMART (Thomas), «La relation bilatérale: un genre de l'histoire des relations internationales», Matériaux pour l'histoire de notre temps, janvier-juin 2002, n°65-66, p. 65-68.

[17]    Les titres des quatre chapitres sont: La transition bilatérale (janvier 1958 - mai 1958), L'impact de De Gaulle (juin 1958 - mars 1959), La diversification bilatérale (avril 1959 - mars 1960) et Khrouchtchev en France.

[18]    Les titres des quatre chapitres sont: L'accentuation des tensions (avril 1960 - juillet 1961), Le temps des crises (août 1961 - février 1963), Esquisse de rapprochement (mars 1963 - décembre 1964) et Les malgré-eux.

[19]    Ces deux figures du Quai mériteraient des études approfondies tant leurs parcours et leurs personnalités sont dissemblables. L'un et l'autre ont joué un rôle décisif dans l'attitude de la diplomatie française à l'égard de l'Union soviétique. En rejoignant de Gaulle à Londres, le premier a assuré son avenir. Sur cette période, voir LIENART (Thibaud), Maurice Dejean: diplomate de la France libre, Paris I, mémoire de maîtrise sous la direction de René Girault, 1993. Le second a exercé une forte influence intellectuelle sur toute une génération de diplomates. Ce traducteur des Récits d'un pèlerin russe laisse une œuvre, avec des titres importants comme Entre Guerres et Paix, 1945-1965, Paris, Plon, 1966, 380 p.

[20]    Pour des indications sur les conceptions stratégiques des chefs militaires français, voir SARMANT (Thierry) et MERCIER (Benjamin), «La guerre qui n'a pas eu lieu, vision stratégique et plans d'opération français dans l'hypothèse d'une invasion soviétique, 1945-1969», Revue historique des armées, n°2, 2002, p. 111-128.

[21] Pour une vision problématisée, voir PLESHAKOV (Constantin), «Studying Soviet Strategies and Decisionmaking in the Cold War Years», in WESTAD (Odd Arne) dir., Reviewing the Cold War, Approaches, Interpretations, Theory, Londres, Frank Cass, 2000, p.232-241.

[22]    Sur ce vaste chantier, voir pour commencer: AZRAEL (Jeremy), The KGB in Kremlin Politics, RAND, 1989, 49 p.; KNIGHT (Amy), «The KGB and Soviet Foreign Policy», in FLERON (Frederic J.) et al. dir., Soviet Foreign Policy, Classic and Contemporary Issues, New-York, Aldine de Gruyter, 1991, p. 464-487.; FURSENKO (Aleksandr) et NAFTALI (Timothy), One Hell of a Gamble: Khrushchev, Castro, and Kennedy, 1958-1964, New-York, Norton and Compagny, 1997, 420 p.

[23]    Pour des approches actuelles prenant en compte les parcours antérieurs, voir IBOS-HERVE (Caroline), «Les diplomates russes et la politique étrangère», Les études du CERI, n°32, 1997, p. 2-32.; TATU (Michel), Les élites russes et la politique étrangère, Leurs origines et leur évolution, Paris, FRS, 1999, 70 p.

[24]    Sur le dispositif britannique, voir LEE (J.-M.), «British Cultural Diplomacy and the Cold War: 1946-1961», Diplomacy and Statecraft, n°1, mars 1998, p. 112-134.

[25] Pour une synthèse, voir KLEIN (Jean), «Désarmement ou Arms control: la position française sous la Ve République», Etudes internationales, n°3, septembre 1972, p. 356-389.

[26]    Sur ces débats «disciplinaires», voir ELMAN (Colin) et ELMAN (Miriam), «Diplomatic History and International Relations Theory, Respecting Difference and Crossing Boundaries», International Security, n°1, 1997, p. 5-21. En France, le rapport de François Heisbourg (1998) a marqué une inflexion en soulevant la question de la professionnalisation. Deux manuels de politistes ont alimenté le débat: SMOUTS (Marie-Claude) dir., Les nouvelles relations internationales, Pratiques et théories, Paris, Presses de Sciences Po, 1998, 410 p. et CHARILLON (Frédéric) dir., Politique étrangère, Nouveaux regards, Paris, Presses de Sciences Po, 2002, 438 p. Dans le flot des publications sur ce sujet, deux articles synthétisent les principaux enjeux épistémologiques: MONTBRIAL (Thierry de), «Réflexions sur la théorie des relations internationales», Politique étrangère, n°3, 1999, p. 467-490.; BADIE (Bertrand), «Les grands débats théoriques de la décennie», La revue internationale et stratégique, n°41, printemps 2001, p. 47-54.

[27]    Pour une synthèse de ces entretiens, voir GOMART (Thomas), Les Rapports russo-français vus de Moscou, Paris, Les notes de l'Ifri, n°41, 78 p (avant-propos de Dominique David).

[28]    NIKONOV (Vyacheslav), «La Russie et l'Occident: des illusions au désenchantement», Critique internationale, n°12, juillet 2001, p.188-189.

[29]    Sur l'importance des relations germano-russes depuis dix ans, voir ROMER (Jean-Christophe), «La Russie et l'Allemagne de Eltsine à Poutine», Revue d'Allemagne et des Pays de langue allemande, n°4, 2000, p. 609-623.

[30]    Pour quelques propositions d'actions, voir DAVID (Dominique) et GOMART (Thomas), «Franciâ i Rossiâ», Meždunarodnaâ Žizn', n°3, 2002, p. 27-37.

[31]    Pour une approche française de cette question, voir FACON (Isabelle), Les relations politiques et de sécurité entre la Russie et l'Union européenne, Paris, FRS, 2002, 100 p. Pour une approche russe, voir MALGIN (Artem), Russia - EU relations within European politics, Louvain, UCL - Institut d'études européennes, 2002, 19 p.