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Michel Tissier, L'histoire de l'empire russe à partir des archives régionales.

L'histoire de l'empire russe à partir des archives régionales.

 

 

Bulletin n° 14, automne 2002

 

 

 

Michel Tissier

 

 

Les historiens qui travaillent sur la Russie d'ancien régime ont à leur disposition les matériaux considérables des administrations centrales de l'Empire, dont la partie «civile» - les archives militaires et les archives diplomatiques étant conservées à part - se trouve aujourd'hui principalement au RGIA (Rossijskij gosudarstvennyj istoriceskij arhiv) à Saint-Pétersbourg ou au GARF (Gosudarstvennyj arhiv Rossijskoj federacii) à Moscou[1].

 On y trouve également une masse de documents d'origine privée, personnelle (personnalités politiques, scientifiques ou artistiques) ou collective (associations, partis politiques, etc.).

 Cependant il existe aussi, à l'échelon régional au sein de la Fédération de Russie, des archives que l'historien de cette période a tout intérêt à fréquenter. Il s'agit des matériaux mis à la disposition du public dans les services des archives des deux villes dites d'importance fédérale, Moscou et Saint-Pétersbourg, dans ceux de chaque région administrative (oblast') de la Fédération et de ses autres «sujets» comme les républiques ou les différents types de régions autonomes. Après 1991, plusieurs de ces services ont entrepris de mettre à jour l'inventaire de leurs fonds pour la période pré-révolutionnaire, et ce travail a déjà abouti dans un certain nombre de régions. Le présent article a pour objet de donner un aperçu des matériaux qu'on peut y trouver.

 

 De nouveaux guides d'introduction aux archives régionales

 Le découpage des régions administratives de la Fédération de Russie, comme celui de la défunte RSFSR, est partiellement issu de l'ancienne division territoriale de l'Empire russe en provinces (gubernii). Les services d'archives qui dépendent des régions administratives actuelles ont donc normalement hérité, malgré quelques pérégrinations à l'époque soviétique, des fonds des administrations provinciales impériales qui constituent généralement la base de leurs collections pour la période pré-révolutionnaire. Toutefois, les archives d'origine provinciale pour l'époque antérieure aux réformes administratives de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle ne se trouvent pas, sauf exception, dans les centres régionaux, mais sont rassemblées à Moscou au RGADA (Rossijskij gosudarstvennyj arhiv drevnih aktov). Il reste que, à côté des documents conservés dans les archives fédérales héritières des institutions centrales pétersbourgeoises où étaient envoyés les rapports des fonctionnaires de province, les archives régionales constituent bien souvent une source de documentation inédite sur la vie des différentes provinces du pays. Les ressources de ces fonds ne sont cependant pas homogènes car il faut tenir compte des conditions de conservation très variables d'une région à l'autre, avant et après1917.

 Plusieurs centres d'archives régionaux ont publié récemment une édition totalement refondue du premier instrument de travail mis à la disposition des chercheurs, l'état sommaire de leur fonds (putevoditel'). Bien entendu, ces éditions remaniées concernent également les fonds de la période du Gouvernement provisoire et de l'époque soviétique; pour cette dernière, le travail prend plus de temps en raison de l'ampleur et de la diversité des fonds et de l'entrelacs des régimes juridiques qui régissent leur accès[2].

 En Russie centrale, parmi les archives qui ont mené à terme la mise à jour de l'état sommaire de leurs ressources sur l'époque pré-révolutionnaire, le plus ambitieux et le plus riche est celui de l'organisation municipale Mosgorarhiv (Moskovskoe gorodskoe ob''edinenie arhivov) qui, depuis la fin des années1980, a progressivement rassemblé sous sa direction l'ensemble des archives publiques non fédérales ayant trait à Moscou et à sa région[3]. La branche du Mosgorarhiv nommée, depuis1993, CIAM (Central'nyj istoriceskij arhiv Moskvy) couvre les institutions de la ville et de la province depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu'à1917 (et même un certain nombre de documents provenant de provinces voisines de Russie centrale)[4]. L'ancien guide en un volume qui présentait les archives de Moscou date de 1961[5]. Le nouveau guide général des archives de Moscou, publié entre 1999 et 2001 (et réédité en2002 sans modification), comprend cinq volumes principaux classés par grands thèmes, chaque volume thématique recoupant les différentes branches du Mosgorarhiv, avec des fonds allant du XVIIIe siècle à nos jours[6].

 Les archives de deux provinces limitrophes, Toula (G.A.Tul.O.)[7] et Tver (G.A.Tv.O.)[8], ont également mis à jour le descriptif général de leur fonds pour la période impériale.

 Ces trois centres, d'importance inégale, peuvent servir à une présentation systématique des nombreuses ressources «ordinaires» des archives régionales pour l'histoire de l'Empire russe. Une telle présentation ne saurait évidemment pas rendre compte des richesses spécifiques des différents fonds et de l'avantage à utiliser tel fonds plutôt que tel autre pour un sujet de recherche précis. Néanmoins, elle vise à donner une idée générale de ces matériaux provinciaux dans une perspective comparative. Nous la compléterons en indiquant les références de quelques travaux récents qui utilisent, entre autres sources, les fonds de l'un des trois centres d'archives décrits.

 Au moins deux modes de classement rigoureux sont possibles pour présenter les différents fonds. Le premier mode prend pour critère la distinction entre, d'une part, les branches locales des institutions gouvernementales à tous les niveaux hiérarchiques et, d'autre part, les institutions dites «autonomes», les structures indépendantes et les personnes privées[9]. Une deuxième manière de classer les fonds peut se fonder sur l'étendue du territoire où se déploie l'activité des institutions ou des personnes considérées, suivant que leurs archives concernent la province dans son ensemble, ou bien l'une ou l'autre de ses différentes subdivisions, selon la géographie administrative de l'époque[10].

 Pour simplifier, on classera ici grossièrement les types de fonds qui se retrouvent dans les trois provinces de la manière suivante: premièrement, les fonds issus des administrations provinciales ou diocésaines elles-mêmes directement dépendantes d'administrations centrales, mais aussi leurs subdivisions locales; deuxièmement, les fonds qui proviennent de l'activité d'institutions provinciales ou locales dites «autonomes»; enfin, les fonds privés à proprement parler, archives d'entreprises, d'associations ou de particuliers, confiées ou versées avant ou après 1917 aux centres d'archives locaux.

 

Les fonds des administrations provinciales, des consistoires diocésains et de leurs subdivisions

 Les domaines principaux de l'action de l'État concernés par cette rubrique sontl'administration civile, essentiellement les organes du ministère de l'Intérieur et du ministère de la Justice, l'administration militaireet l'administration ecclésiastique. Au sommet de la pyramide institutionnelle, figurent les fonds des chancelleries des gouverneurs de province. A cet égard, Moscou se distingue des autres provinces par la superposition des fonctions administratives entre le général-gouverneur (CIAM fonds16; au XIXe siècle, dans les possessions russes de l'empire, cette fonction n'avait d'équivalent qu'à Saint-Pétersbourg), le gouverneur civil (fonds17), et le préfet de police de la ville de Moscou (ober-policejmejster, puis gradonacal'nik à partir de1905)[11].

 La dissymétrie entre Moscou et deux de ses provinces limitrophes comme Toula et Tver est également sensible dans le domaine judiciaire: après la réforme de1864, Moscou devient siège de la cour d'appel (CIAM, fonds131), dont dépendent désormais entre autres les tribunaux de première instance de Moscou, Toula et Tver. Dans le domaine ecclésiastique, il y a aussi déséquilibre, non pas hiérarchique mais symbolique, puisque l'évêque de Moscou a droit au titre de métropolite. Pour le reste, les administrations diocésaines, à travers les consistoires (CIAM fonds203; G.A.Tul.O., fonds3; G.A.Tv.O., fonds160) sont comparables[12].

 Sans rentrer dans une description détaillée de ces édifices institutionnels et des bouleversements qu'ils ont connus[13], on peut signaler que leur fonctionnement est éclairé par des recherches historiques récentes qui complètent les approches classiques de l'histoire administrative par une attention à l'échelon le plus local. Les matériaux des institutions judiciaires et administratives des districts et des cantons provinciaux ont été abondamment exploités par Stephen P. Frank dans son étude sur la criminalité en milieu rural entre la guerre de Crimée et le début de la guerre de 1914[14]. Les archives des instances spécialement chargées de l'encadrement des populations rurales contiennent une masse d'informations précieuses pour saisir l'évolution de la vie des campagnes à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle sous l'effet de l'industrialisation[15]. En particulier, plusieurs travaux récents se sont intéressés aux conséquences des «contre-réformes» administratives et judiciaires en milieu rural dans le dernier quart du XIXe siècle, avec l'introduction des zemskie nacal'niki[16].

 Illustrant un autre aspect du souci étatique d'encadrer et de connaître les habitants du pays, les archives ecclésiastiques du diocèse de Toula ont fourni la matière première d'une thèse russe en archivistique sur les registres paroissiaux orthodoxes, dans lesquels ont été progressivement enregistrés à partir du XVIIIe siècle les naissances et les baptêmes, les mariages et les décès[17].

 Aux matériaux issus de toute cette hiérarchie d'institutions sur plusieurs décennies, il faut ajouter la documentation fournie par les différentes commissions créées dans les dernières années de l'existence du régime, après la révolution de1905. C'est le cas des commissions chargées dans les provinces et les districts de superviser l'organisation et le déroulement des élections aux quatre doumas successives, ou bien des instances qui donnaient ou refusaient les autorisations aux individus souhaitant se regrouper en association après1906[18].

 Enfin, les institutions éducatives méritent d'être signalées ici, puisqu'elles étaient généralement soumises à la tutelle du ministère de l'Instruction publique. Il faut noter qu'à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle le personnel éducatif joue un rôle fondamental dans l'émancipation de la vie civile à l'égard des formes du contrôle gouvernemental - quelles que soient par ailleurs les distinctions sociales entre les diverses catégories d'enseignants-, ce qui invite à les comparer aux membres des institutions d'autonomie locale à la même époque et aux personnes qu'elles employaient pour leurs compétences professionnelles.

  

Les institutions d'autonomie locale

 Les archives régionales sont le lieu par excellence où peuvent être étudiées les formes d'organisations «autonomes» de la société russe sous l'ancien régime, bien que cette notion d'autonomie (samoupravlenie) ne signifie évidemment pas que les initiatives locales étaient libres des interventions de l'administration. De plus, il faut là encore distinguer entre les deux périodes séparées par les réformes impériales des années1860. Les formes d'autonomie en jeu avant ces réformes sont fondées sur la répartition sociale entre les différents «ordres» (sosloviâ)[19] Après les années1860, bien que les organes propres à chacun des ordres n'aient pas disparu, l'apparition des assemblées de zemstvos fournit un puissant support aux revendications en faveur d'une «société civile» indépendante du contrôle de l'état. Le rôle de ces institutions dans le développement de nouveaux groupes professionnels dont les aspirations politiques étaient de plus en plus souvent contraires au maintien du statu quo autocratique, est aujourd'hui étayé par de nombreuses études régionales[20].

  

Les fonds d'origine privée: entreprises, associations, particuliers

 Les différents centres régionaux sont inégalement dotés en archives d'origine privée, Moscou étant particulièrement riche[21] pour des raisons évidentes. Au sein des archives d'origine privée, les fonds personnels sont généralement considérés comme un ensemble distinct par les archivistes russes[22], alors que les archives d'entreprises, d'associations ou de partis politiques sont soit regroupées, soit intégrées aux rubriques correspondant à leur domaine d'activité[23].

 Les travaux historiques les plus récents montrent ainsi que les matériaux des archives locales peuvent être efficacement utilisés non seulement dans une perspective d'histoire régionale traditionnelle, mais aussi pour mesurer pleinement les transformations générales des provinces de Russie centrale dont l'horizon politique, économique, social et culturel s'est considérablement élargi au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

 

 

 

 


[1]     La répartition des fonds d'origine pétersbourgeoise entre le RGIA et le GARF est due, entre autres, au transfert à Moscou d'une partie des archives des institutions centrales impériales et des ministères en 1924. Pour une première description de ces fonds, voir le site ArcheoBiblioBase, en anglais, mis en ligne par l'Institut d'Histoire sociale d'Amsterdam (IISG): www.iisg.nl/abb. En russe, voir le site officiel www.rusarchives.ru. Des informations pratiques utiles avant de se rendre sur place figurent sur ces deux sites. Enfin, l'inventaire des collections du GARF relatives au XIXe siècle et au début du XXe siècle jusqu'à 1917 (Gouvernement provisoire compris) est désormais consultable en ligne: garf.narod.ru/Volume1/Soderzan.html.

[2]     Des éléments de bibliographie sur la gestion des archives de l'époque soviétique figurent dans: COUMEL (Laurent), «L'URSS dans l'histoire des relations internationales. L'apport des nouvelles archives», Bulletin de l'Institut Pierre Renouvin, printemps2001, n°11, p.159-182.

[3]     Pour une présentation des projets de modernisation et d'agrandissement du Mosgorarhiv - projets actuellement en cours de réalisation - par son directeur, A.S. Kiselev, voir Rossijskaâ Federaciâ, 1997, n°17(32), p.1, 4 et 6.

[4]     Voir les deux premiers sites électroniques indiqués ci-dessus pour une description succincte du CIAM.

[5]     ŠMIDT (S.O.) (ed), Gosudarstvennyj istoriceskij arhiv Moskovskoj oblasti. Putevoditel', Moscou, 1961, 345p.

[6]     Central'nye arhivy Moskvy. Putevoditel' po fondam, Moscou, Mosgorarhiv, 2002. Voici le contenu thématique des différents volumes pour la seule période impériale (chaque volume couvre aussi la période soviétique): le volume1 (368p.) concerne les fonds des administrations civiles et militaires de la province et de la ville de Moscou, ceux des organes de l'administration autonome locale, des instances judiciaires et policières; le volume2 (272p.) couvre notamment les domaines des finances, de l'assurance, de l'économie, du commerce; le volume3 (336p.) décrit les fonds des institutions chargées de l'éducation, ceux des établissements scolaires et universitaires, des organisations culturelles et artistiques, des services médicaux et sanitaires, et enfin des œuvres de bienfaisance ou d'assistance sociale; le volume4 (344p.) couvre les domaines du transport, des communications, des travaux publics et du logement; enfin le volume5 (168p.) concerne les associations, les syndicats et les partis politiques, ainsi que les institutions religieuses, notamment celles de l'Église orthodoxe. Ces cinq guides sont consultables à la bibliothèque du Centre de recherches sur l'histoire des slaves de l'Université Paris-I.

[7]     Gosudarstvennyj arhiv Tul'skoj oblasti. Putevoditel'. Cast' 1-aâ, Tula, G.A.Tul.O., 2001 (2eédition refondue et mise à jour), 743p. Ce guide a été imprimé à trois cents exemplaires seulement, mais il devrait être mis en ligne prochainement sur le site www.rusarchives.ru. On peut d'ores et déjà obtenir sur Internet des informations détaillées sur les conditions de travail locales, l'historique des archives de Toula, les caractéristiques générales des fonds et les divers instruments de recherche disponibles: www.rusarchives.ru/state/gatyo/index.shtml.

[8]     Gosudarstvennyj arhiv Tverskoj oblasti. Putevoditel'. Cast' 1-aâ, Tver', Tverskoe oblastnoe knižno-žurnal'noe izdatel'stvo, 1998, 400p

[9]     Cette distinction n'est certes pas pleinement satisfaisante, compte tenu de la tutelle des administrations impériales sur les institutions d'autonomie locale.

[10]    Géographie dont la terminologie elle-même a varié dans le temps, et selon le type d'institution considéré, civil, judiciaire, militaire ou ecclésiastique! Ces subdivisions pourront ainsi être selon les cas: province (guberniâ), district (uezd), canton (volost'), ville (gorod) ou village (selo, derevnâ...); diocèse (eparhiâ), arrondissement (okrug), paroisse (prihod), etc. Toutefois, les provinces et les diocèses ont en pratique sensiblement le même ressort territorial.

[11]    Sur la répartition des hautes fonctions administratives à Moscou, son évolution entre le XVIIIe siècle et 1917 et son caractère souvent confus, lire l'introduction à la première partie du volume1 de: Central'nye arhivy Moskvy. Putevoditel' po fondam, op.cit., p.20-24. Voir également Spravocnik. Moskva: Gorodskoe upravlenie, Moscou, Mèriâ Moskvy, Mežregionservis, 1997, p.26-29, p.73-74, p.77-78.

[12]    Par le nombre de dossiers conservés, les fonds des consistoires diocésains sont souvent les plus importants de la période pré-révolutionnaire.

[13]    Le guide des archives de Tver (voir supra) fournit en annexe trois tableaux, touffus mais utiles, qui permettent de saisir la place des institutions locales dans la hiérarchie générale de l'administration tsariste.

[14]    Voir STEPHEN (Frank P.), Crime, Cultural Conflict and Justice in Rural Russia, 1856-1914, Berkeley, University of California Press, 1999, 374p. Cette étude se fonde en partie sur les dossiers des archives de Moscou (CIAM), mais la documentation principale provient de la province limitrophe de Riazan.]

[15]    Voir l'utilisation du fonds du Moskovskoe gubernskoe prisutstvie (1889-1917) (CIAM, fonds62) par: ENGEL (Barbara Alpern), Between the Fields and the City. Women, Work and Family in Russia, 1861-1914, Cambridge, Cambridge University Press, 1994, 265p., qui utilise par ailleurs surtout les archives de la province de Saint-Pétersbourg. Également BURDS (Jeffrey). Peasant Dreams and Market Politics. Labor Migration and the Russian Village, 1861-1905, Pittsburgh, University of Pittsburgh Press, 1998, 328p.

[16]    Voir GAUDIN (Corinne), «Les zemskie nachal'niki au village. Coutumes administratives et culture paysanne en Russie, 1889-1914», Cahiers du monde russe, vol.36, n°3, 1995, p.249-272. À partir des matériaux de la province de Tver, voir: LÛBINA (T.I.), «Institut zemskih nacal'nikov Tverskoj gubernii v konce XIX-nacale XX vekov (Istoriko-statisticeskij i sociologiceskij aspekty)» [L'institution des zemskie nacal'niki de la province de Tver à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Aspects historico-statistique et sociologique], Iz arhiva tverskih istorikov. Sbornik naucnyh trudov, Tver', Tverskoj gosudarstvennyj universitet, 1999, p.50-66.

[17]    Selon le modèle des recherches sur les registres paroissiaux en France, dans le but d'en permettre l'utilisation pour la démographie historique: voir ANTONOVA (Irina Andreevna), Metriceskie knigi XVIII-nacala XXv. v Rossii: istocnikovedceskoe issledovanie, Dissertaciâ na soiskanie ucenoj stepeni kandidata istoriceskih nauk, Moskva: RGGU, Istoriko-arhivnyj institut, 1997. 261p.

[18]    Sur ce dernier point, voir: TUMANOVA, A.S. Samoderžavie i obsestvennye organizacii v Rossii, 1905-1917 gody [L'autocratie et les organisations sociales en Russie, 1905-1917], Tambov, Tambovskij gosudarstvennyj universitet im. G.P. Deržavina, 2002, 488p., qui utilise notamment les archives provinciales du CIAM à Moscou (fonds61: Moskovskoe osoboe gorodskoe po delam ob obsestvah prisutstvie, et fonds64: Moskovskoe gubernskoe po delam ob obsestvah prisutstvie).

[19] Ces institutions sont plutôt délaissées par l'historiographie, notamment occidentale, par comparaison avec celles de la période postérieure aux réformes, beaucoup mieux connues.

[20] Dans le cas de la province de Tver, voir: TIMBERLAKE (Charles E.), «Tver Zemstvo's Technical School in Rzhev: A Case Study in the Dissemination of Revolutionary and Secular Ideas», in TIMBERLAKE (Charles E.) (ed.), Religious and Secular Forces in Late Tsarist Russia. Essays in Honor of Donald W. Treatgold, Seattle, University of Washington Press, 1992, p.128-144. Pour une autre approche régionale, dans la province de Saratov, voir MESPOULET (Martine), «Statisticiens des zemstva: formation d'une nouvelle profession intellectuelle en Russie dans la période prérévolutionnaire (1890-1917). Le cas de Saratov», Cahiers du monde russe, vol.40, n°4, 1999, p.573-624.

[21] Voir en particulier le guide des fonds d'origine personnelle, publié séparément: Central'nye arhivy Mosvky. Putevoditel' po fondam licnogo proishoždeniâ, Moscou, Mosgorarhiv, 1998, 232p. (épuisé).

[22] Dans les archives provinciales hors de Moscou, il s'agit souvent des documents des nobles et des propriétaires terriens, des industriels, et des savants locaux. Parmi les richesses des archives personnelles à Tver, voir le fonds du prêtre Ivan Stefanovic Bellûstin (G.A.Tv.O., F.103), auteur d'une «Description du clergé rural en Russie» (Opisanie sel'skogo duhovenstva v Rossii, 1858), traduit et présenté en anglais par Gregory L. FREEZE: BELLIUSTIN (Ivan Stepanovich). Description of the Clergy in Rural Russia. The Memoir of a Nineteenth Century Parish Priest, Ithaca, Cornell University Press, 1985. 214p. Ses archives personnelles comportent des journaux et des carnets de notes, étudiés dans: LEONT'EVA (T.G.), «Byt prihodskogo pravoslavnogo duhovenstva v doreformennoj Rossii (Po dnevnikovym zapisâm i memuaram)» [Le mode de vie du clergé paroissial orthodoxe en Russie avant les réformes, d'après les journaux intimes et les mémoires], Iz arhiva tverskih istorikov, op.cit., p.28-49.

[23] Le volume5 du guide des archives de Moscou (Central'nye arhivy Mosvky. Putevoditel' po fondam, op.cit.) énumère ainsi des fonds de partis politiques, de syndicats et d'associations à but culturel, artistique, sportif, etc. À l'inverse, le barreau des avocats de Moscou, créé après la réforme de1864, est décrit dans la partie consacrée aux institutions judiciaires dans le volume1 (p.213-215). Ce fonds (CIAM, F.1697) a été étudié par: BURBANK (Jane), «Discipline and Punish in the Moscow Bar Association», Russian Review, vol.54, January1995, p.44-64.