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Robert Frank, Éditorial

Éditorial

 

 

Bulletin n° 11, printemps 2001

 

 

 

 

Robert Frank

 

 

Ce numéro répond bien à une des vocations du Bulletin de l'Institut Pierre Renouvin, celle de donner la parole aux jeunes chercheurs. Cette fois-ci, une commande et une demande ont été faites à quelques-uns des doctorants et nouveaux docteurs de l'Institut: parlez-nous de votre thèse en cours, ou tout juste achevée, et à partir d'un, de deux ou de plusieurs de ses éléments - son sujet, une de ses problématiques, une notion rencontrée, une méthode à éprouver - livrez nous une bonne et belle réflexion historique. Il appartient au lecteur de juger du résultat.

Je me permettrai seulement de souligner, d'abord, la variété des thèmes et des objets destinés à exciter notre curiosité intellectuelle, puis de mettre en perspective plusieurs convergences fécondes qui donnent quelques indices du renouvellement de la recherche en histoire des relations internationales[1]. Les thèses dont il est question ici nous font faire un véritable tour du monde: la France, l'Allemagne, les États de la mer Baltique, la Russie, l'Europe, l'Asie à travers le Vietnam, les Amériques et l'Afrique. Tous les aspects de la vie internationale sont abordés: les affaires, la culture, la diplomatie, la guerre, la paix, le jeu des États, petits et grands, l'influence des intellectuels et même du cinéma.

  

Chaque article pose une question stimulante ou ouvre des pistes intéressantes. Christophe Laforest part d'une interrogation maintenant classique, celle des investissements à l'étranger - ici, en l'occurrence la pénétration économique française en Pologne entre les deux guerres. Il mesure les rôles respectifs des milieux d'affaires et des gouvernements: est-ce l'autorité politique qui est obligée de pousser des milieux d'affaires peu entreprenants à investir conformément à des intérêts stratégiques et diplomatiques? Dans ce cas, il s'agit pour la France d'un «impérialisme du pauvre», pour reprendre l'heureuse formule de Georges-Henri Soutou. Ou l'initiative vient-elle “naturellement” des investisseurs selon des critères économiques, en particulier le profit? L'impérialisme français de l'époque rejoindrait alors l'impérialisme des riches Anglo-Américains. À un questionnement ancien, c'est une réponse plutôt nouvelle et nuancée qui est donnée.

  

À travers sa recherche sur l'influence de Jacques Maritain en Amérique latine, Olivier Compagnon, croisant les méthodes de l'histoire culturelle, réfléchit sur les notions d'«échanges intellectuels» et de «transferts culturels», bien mis en valeur par les travaux de Michel Espagne et Michael Werner[2]. Comment s'élaborent les modes de circulation des idées à travers les frontières?

 

 Caroline Moine développe le même type de questionnement à propos des films documentaires, à partir de l'exemple est-allemand et du festival international de Leipzig commencé en 1955. La production cinématographique de RDA était évidemment un outil de propagande, un vecteur d'identité est-allemande, une vitrine des pays socialistes à l'extérieur, mais elle était également une fenêtre d'ouverture sur le monde, et cela ne pouvait manquer d'exercer en retour une influence sur la société de cette “démocratie populaire”. Assurément, les échanges culturels fonctionnent dans les deux sens: même pour un régime communiste, s'ouvrir au-dehors ne se limite pas à une politique volontaire d'exportation de l'image de soi; c'est aussi, qu'on le veuille ou non, générer des importations et des logiques d'emprunt.

 

 

C'est la circulation des idées qui fait leur force et la force des idées fait certainement partie des “forces profondes” qui façonnent les relations internationales. D'où le rôle des intellectuels dans cette arène et l'intérêt que leur portent de plus en plus les “historiens internationalistes”. De ce point de vue, Jean-Michel Guieu apporte une contribution essentielle à “l'histoire intellectuelle” en étudiant l'action des juristes, jusqu'alors trop souvent négligés. Pendant l'entre-deux-guerres, leur combat pour l'unité de l'Europe a été spectaculaire et les débats d'ordre institutionnel qu'ils ont alors lancés sont devenus ou redevenus aujourd'hui d'une actualité tout à fait brûlante.

 

 Il est un paradoxe que suggère l'article suivant. Les mêmes milieux de la SDN qui prônaient l'européisme et les regroupements régionaux dans le monde vantaient aussi les mérites des “petits États” - small is beautiful. Julien Gueslin analyse la notion elle-même (un petit État est finalement plus une “représentation”, un “comportement”, qu'une unité objectivement mesurable), et réfléchit sur le type de diplomatie qu'ils déploient ou peuvent déployer.

 

 La question que se pose Pierre Journoud porte d'une façon plus centrale sur les ressorts de la diplomatie: une bonne dose de “secret” n'est-elle finalement pas nécessaire dans une négociation de paix, comme le montrent certains pourparlers auxquels participèrent des Français pendant la guerre du Vietnam? Abolir la “diplomatie secrète”, comme le voulait le président Wilson, ne signifie pas supprimer le “secret de la diplomatie”, même en démocratie, nous rappelle justement Pierre Journoud en empruntant cette forte distinction à Alain Dewerpe. Une négociation est en effet délicate et ne concerne pas seulement les diplomates, mais elle met en jeu bien des “forces profondes”. Si “la guerre”, c'est “faire violence à l'ennemi”, “la paix”, écrit Elias Sanbar, c'est “faire violence à soi-même”[3]. Cette épreuve qu'il faut imposer à sa communauté ou à son peuple demande donc une préparation psychologique; elle implique une phase de discrétion sur les concessions que l'on est prêt à faire pour ne pas déchaîner un tir de barrage venant de son propre camp, et la phase de publicité ne peut venir que lorsque le plan de paix apparaît dans sa globalité, avec les contreparties, les concessions de l'Autre, et pas seulement les siennes propres. S'intéresser historiquement à la chose diplomatique ne signifie en aucune façon, on le voit, un retour à l'histoire traditionnelle. Au contraire, il est possible de faire une histoire non diplomatique de la diplomatie.

 

 L'article de François Durpaire confirme bien cette démarche. Une approche trop classique de la vie internationale délaisse l'Afrique, perçue comme située hors des rivages du main stream, jugée comme objet et non sujet de cette histoire; ou bien les pays de ce continent sont uniquement considérés dans leurs relations bilatérales avec tel ou tel pays européen, métropole ou ancienne métropole. Voilà pourquoi il convient de suivre les traces de John Kent et de faire pour la décolonisation ce qu'il a fait pour la colonisation: analyser le phénomène d'une façon moins eurocentrée, dans un cadre multilatéral, celui de l'internationalisation, ce qui fait d'emblée intervenir le facteur américain. La focale des recherches s'en trouve changée, avec des zooms indispensables non seulement sur les interférences entre guerre froide et décolonisation, mais aussi entre émancipation des peuples africains et libération des Noirs des États-Unis. L'histoire de la diplomatie est en effet inséparable de l'histoire des sociétés.

  

Georges Saunier le dit aussi à sa façon lorsqu'il en vient à faire une histoire sociale du groupe influent au palais de l'Élysée, autour de François Mitterrand dans l'élaboration de la politique étrangère et européenne. Puisque le principe hologrammatique veut à la fois que la partie soit dans le tout et que le tout se retrouve organiquement dans toutes les parties qui le constituent, l'historien des mécanismes de décision doit analyser le petit groupe qui fait la politique de la France, mais aussi mesurer la part de France et le poids des forces profondes françaises se réfractant dans le prisme de ce petit groupe décideur. On comprend le blues pascalien du doctorant, pris de vertige devant les deux infinis à scruter, celui de la micro-histoire du “microcosme” élyséen et celui de la macro-histoire de l'espace français, européen et international. Le double maniement du microscope et du télescope devient encore plus malaisé lorsqu'il s'agit d'une histoire - la période mitterrandienne - qui n'a pas vingt ans. C'est toute une réflexion sur l'histoire du temps présent que développe Georges Saunier, et l'histoire qu'il écrit pose de grandes questions méthodologiques, moins à cause du caractère très contemporain des faits que parce qu'il s'agit d'une “histoire non close” pour reprendre l'expression de Paul Ricœur: la construction européenne, relancée par la conférence de Fontainebleau de 1984, l'Acte unique de 1986 et le traité de Maastricht de 1992, est en effet un processus à effets non terminés aujourd'hui, une dynamique dont on ne connaît pas la fin de l'histoire. Néanmoins, il est légitime pour l'historien de faire cette recherche et même d'y consacrer une thèse. L'histoire du temps présent n'est en aucun cas du “journalisme”, surtout quand le chercheur a la chance d'accéder aux archives très récentes - celles de la présidence Mitterrand-, quand il maîtrise les méthodes de la discipline historique, quand il accepte de consacrer du temps à son étude. Oui, le temps de travail de l'historien est long, et cette lenteur fait sa “force scientifique”, puisqu'elle permet de fabriquer la distanciation nécessaire, la médiation propre à dissoudre l'immédiateté. Mais, elle fait en même temps sa “faiblesse sociale”: le temps de réaction de l'historien du temps présent est forcément moins rapide que celui du journaliste, celui des experts d'autres sciences de l'homme, et il est souvent décalé par rapport à l'attente de la société. C'est une réflexion qu'il conviendra de poursuivre.

 

 Lorsque l'histoire est récente, mais “close”, elle devrait être plus facile à faire. Ce devrait donc être le cas de l'URSS. Sa mort en 1991 n'a certes pas sonné la “fin de l'histoire”, mais donné le fin mot d'une histoire: celle d'un régime, d'une fédération, d'un empire. Néanmoins, cette histoire spécifique pose bien d'autres problèmes de méthode. Sous la rubrique “Lieux de recherche”,Laurent Coumel ne s'est pas contenté de reproduire l'entretien qu'il a eu avec Marie-Pierre Rey et Sabine Dullin, mais a joint à leurs passionnantes réflexions les siennes propres pour écrire un véritable article méthodologique sur l'usage des nouvelles archives russes, sur les différentes grilles d'interprétation applicables aux politiques extérieures de l'URSS, de Staline à Brejnev, et au système soviétique en tant que tel.

  

La première convergence entre ces articles réside dans la question des archives et des sources. Pour l'historien, les archives sont tellement nécessaires et tellement insuffisantes à la fois! D'elles, il faut savoir tirer tout le miel en veillant à ne se coller ni les doigts ni les yeux. Que ce soit pour comprendre l'URSS, la politique européenne de Mitterrand ou la paix au Vietnam, il faut créer la distanciation historique en diversifiant la nature des sources. D'autre part, François Durpaire le montre bien, le choix d'un fonds d'archives est déjà le choix d'un angle d'attaque, risquant d'induire telle interprétation (une lecture eurocentriste de l'Afrique par exemple) et de faire passer à côté d'autres questionnements utiles.

 

 Il est une autre convergence intéressante: l'indispensable recoupement des méthodes de l'histoire politique, de l'histoire sociale, de l'histoire culturelle et de l'histoire des relations internationales conduit à placer dans notre boîte à outils des notions tout à fait précieuses. Il y a d'abord celle de réception ou de réceptivité d'une société aux éléments extérieurs à elle, à l'Autre, à “l'international” tout simplement. Cette réception et cette réceptivité ne vont pas de soi et elles varient non seulement d'une société à l'autre, mais à l'intérieur d'une société en fonction du contexte et de la conjoncture. Olivier Compagnon en analysant le transfert de la culture française en Amérique latine s'interroge sur la capacité de réception de cette culture par les sociétés latino-américaines, sur l'afrancesamiento des élites de ce continent à une époque donnée. Des questions du même type ont été posées sur les phénomènes d'américanisation ici ou là dans le monde: le pluriel est nécessaire, car la réception sociale transforme l'émission culturelle et l'américanisation n'a pas les mêmes traits selon la société réceptrice. D'où aussi l'importance de la notion de processus d'acculturation qui s'applique à l'international. L'ouverture des pays de l'Est à l'Occident pendant la détente a fini par susciter une acculturation de valeurs et pratiques dites occidentales qui ont pu avoir un effet-retard après la seconde guerre froide sur les événements de 1989-1991. Il est d'ailleurs difficile de mesurer dans cette dynamique d'acculturation ce qui relève des anciennes couches archéologiques pré-communistes et ce qui résulte du transfert culturel pendant les années soixante. L'acculturation suppose une imprégnation, une transformation, une adaptation, une acclimatation et finalement une restitution quelque peu différente par rapport au modèle d'origine. Toute cette dynamique implique une durée, celui de la métamorphose. Avec le temps, la phase de “réception” cède la place à une phase de production et d'émission de signes nouveaux, dont certains peuvent avoir une dimension politique: ainsi, de l'influence de Maritain en Amérique latine, on passe à la naissance de la démocratie chrétienne latino-américaine; de même, lorsque l'Est s'ouvre culturellement à l'Ouest, c'est finalement la culture politique de certains milieux qui finit par se modifier comme dans un “creuset”. Si celui-ci en vient à éclater, il ne disparaît pas totalement et, de la “mixité” obtenue du temps du transfert culturel, il reste toujours quelque chose dans les sociétés post-communistes.

 

 D'où la possibilité que donnent ces articles de réfléchir aussi sur le processus de politisation[4] en relations internationales, ou mieux, sur le processus d'internationalisation du politique. Tout n'est pas politique dans les relations internationales, mais beaucoup d'éléments internationaux peuvent se politiser. De même, tout n'est pas international dans le politique, mais bien des phénomènes politiques intérieurs peuvent s'internationaliser. Le processus de politisation est le passage du non politique au politique. Ce passage a lieu lorsqu'il y a conscience du fait que des intérêts de la “cité” sont en jeu, c'est-à-dire des intérêts collectifs “supérieurs” à ceux des individus ou des groupes concernés ou agissants, et lorsque, au nom de ces intérêts dits supérieurs, on recherche à exercer, à accroître un pouvoir, une influence sur les autres. L'historien internationaliste doit s'intéresser à ce passage de l'international non politique à l'international politique: ainsi l'instrumentalisation par le gouvernement français des exportations de capitaux en Pologne, analysée par Christian Laforest, ou celle du festival international du film documentaire de Leipzig par le régime est-allemand, étudiée par Caroline Moine. L'historien internationaliste doit également réfléchir sur le passage du politique non international au politique à dimension internationale. Bien des événements «locaux» ou «nationaux» n'ont pas ou quasiment pas d'incidence internationale. Certains en ont d'emblée; d'autres encore en ont après un temps de latence ou après le développement d'un phénomène de résonance. Peu à peu, toute l'évolution du XIXe et du XXe siècle fait que tout point du globe en vient à être plus ou moins “branché” au réseau des relations internationales. Mais les fils qui relient le “local” au circuit central sont plus ou moins “conductibles”. Tout dépend de la perception qu'on a, au centre, des menaces, des intérêts, des engouements que tel ou tel espace du monde peut fabriquer à tel ou tel moment. On pourrait penser que ce différentiel de conductibilité internationale tient à la présence ou à l'absence de telle grande ressource économique, à telle ou telle position plus ou moins stratégique dans le monde. En 1990, le massacre des Kurdes par Saddam Hussein a pu se faire en “circuit fermé”; il ne pouvait pas en être de même avec l'agression contre le Koweït. Le circuit était par définition ouvert, pas seulement à cause des intérêts économiques (le pétrole), mais à cause de la série facilement prévisible de menaces et de capacité de nuisance induite par le surcroît d'impunité et de puissance politique (encore le pétrole, mais dans sa dimension non économique) acquise dans la région par le dictateur irakien. Le différentiel de conductibilité peut dépendre également de la distance qui peut exister entre la “périphérie” et le “centre”, entre l'Afrique par exemple, jugée marginale, et l'ensemble euro-américain. Il y a du vrai dans cette assertion. Mais l'article de François Durpaire montre une réalité plus complexe. Par exemple, il ne faut sous-estimer ni la conductibilité de l'Afrique aux courants internationaux, ni, à l'inverse, l'importance de l'échelle locale: lorsque telle affaire ou telle crise africaine s'internationalise, il convient de ne pas tout ramener aux rivalités des puissances extérieures ou à leur jeu en niant celui des acteurs africains. L'historien doit d'autant plus analyser ces effets de conductibilité internationale que, pour un même lieu, ils varient dans le temps. La “menace talibane” en Afghanistan n'a pas la même intensité de conductibilité avant ou après le 11 septembre 2001, selon qu'elle est perçue comme devant rester en circuit fermé ou vue comme fondamentalement associée au grand terrorisme international[5].

  

Pour comprendre le seuil d'internationalisation d'un phénomène, il convient de procéder à l'analyse, comme le font bien des articles du présent numéro, des différents jeux d'échelle dans le monde. De ce point de vue, les “petits États” ont leur importance, les “petits groupes”, les “microcosmes” aussi. Une grande crise internationale peut partir d'un micro-phénomène à haute conductibilité, générateur de haute tension. D'ailleurs, bien des catastrophes sont dues à des erreurs de perception et à la non-reconnaissance à temps de cette capacité d'électrisation du circuit international. Voilà pourquoi l'historien des relations internationales doit concentrer son attention sur les espaces de référence que les acteurs ont dans leurs têtes, et les interférences existant entre ces espaces représentés. Les juristes français de l'entre-deux-guerres se réfèrent d'abord à l'espace national et à l'espace international au sens mondial du terme; puis, nous explique Jean-Michel Guieu, devant les difficultés de la SDN à faire la paix dans le monde, ils se fabriquent un autre espace de référence intermédiaire, l'espace européen. Dans ce jeu de variation des échelles, le reste de la société ne suit pas, car - et l'on revient à la problématique de la réception - la réceptivité sociale à ce nouvel espace européen est alors assez faible. Autour de François Mitterrand, on se livre en 1982-1983 à une véritable bataille des espaces adéquats de référence: la France seule, cap à gauche, ou la France européenne? Il peut y avoir aussi difficulté de bien distinguer ce qui relève de l'espace intérieur et de l'espace extérieur. Les règles de gestion politique ne sont pas les mêmes. C'est ce que le président Nixon a oublié: la pratique du “secret” nous rappelle Pierre Journoud, n'a ni la même signification, ni le même résultat, en diplomatie et en politique domestique. Dans un cas, elle débouche sur le succès des accords de Paris et la paix au Vietnam, dans l'autre elle conduit à la farce du Watergate. Que c'est compliqué la démocratie...

 

Oui, la démocratie est bien un thème qui affleure dans presque tous les articles. Alors que dans les années quatre-vingt, la notion de “puissance” retenait l'attention des historiens internationalistes, il est significatif de voir qu'une nouvelle problématique s'esquisse dans bien des travaux en cours autour de la question:“Démocratie et relations internationales”. Voilà un beau chantier qu'il convient de développer.

 



[1]     Voir aussi une réflexion sur l'histoire des relations internationales dans l'hommage rendu à René Girault, Matériaux pour l'histoire de notre temps, n°65-66, janvier-juin 2002.

[2]     ESPAGNE (M.) et WERNER (M.), Transferts: les relations interculturelles dans l'espace franco-allemand (XVIIe et XIXe siècle), Paris, Recherche sur les civilisations, 1988; ESPAGNE (M.), Les transferts culturels franco-allemands, Paris, PUF, 1999.

[3]     SANBAR (E.), «Un spectre hante Israël...», Le Monde, 25 janvier 2001.

[4]     J'emprunte cette expression à Didier Musiedlak qui lance un grand chantier sur cette notion avec l'équipe d'historiens de l'Université de Paris X-Nanterre.

[5] Le présent numéro du Bulletin est certes daté du printemps 2001, mais les retards éditoriaux font que ce texte a été rédigé après le 11 septembre 2001.