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Philip Resnick, La Colombie-Britannique comme région distincte du Canada

La Colombie-Britannique comme région distincte du Canada

 

 

Bulletin n° 10, automne 2000

 

 

 

 

Philip Resnick

 

 

Je présenterai dans cet article quelques réflexions sur l'idée de région et de régionalisme comme on la vit en Colombie-Britannique. Les thèmes abordés ici sont tirés de mon prochain ouvrage, The Politics of Resentment[1], qui porte sur le régionalisme en Colombie-Britannique et sur son rapport avec la question de l'unité canadienne.

Comment peut-on définir une région? Selon Louis Mumford, écrivant dans les années 1930, «entre le continent et le village historique se trouve un territoire qui peut être soit plus grand, soit plus petit qu'un État politique. Il s'agit d'une région humaine»[2]. Pour les directeurs d'un ouvrage portant sur le régionalisme américain, «chaque région existe à l'intérieur d'une unité plus grande»[3]. Le Comité des Régions de l'Union Européenne indique que «la région est une unité politico-territoriale qui existe juste au-dessous du niveau national avec son propre gouvernement et des pouvoirs autonomes»[4]. Bref, une région n'est pas la même chose qu'un État politique souverain; et pourtant, ses habitants peuvent bien avoir une identité géographique, politique, culturelle, et économique à part.

 

 

La Colombie-Britannique fait partie de la Confédération canadienne depuis 1871. Pourtant, les dirigeants de cette province partaient régulièrement en guerre contre Ottawa. Il y eut des menaces de sécession dans les années 1870 et 1880, liées aux retards dans la construction du chemin de fer transcontinental. Les plaintes se multiplièrent au début du XXe siècle et dans les années 1930 quant au traitement non-équitable de la province dans les transferts fiscaux venant d'Ottawa. «B.C. buys in a protected market and sells in an unprotected one» fut la constatation de la Colombie-Britannique dans son rapport à la Commission Royale d'Enquête Rowell-Sirois[5]. Plus tard, les Premiers Ministres W.A.C. Bennett et Bill Bennett réclamèrent, dans les années 1960 et 1970, la reconnaissance de l'existence de cinq régions au Canada, dont la Colombie-Britannique. Et plus récemment, lors du litige entre Victoria et Ottawa portant sur la pêche au saumon, on entendit des voix comme celle de la Sénatrice Pat Carney brandir la menace de la séparation de la province[6]. Ce n'est donc pas pour rien que déjà dans les années 1870, le Premier ministre John A. Macdonald traitait la Colombie-Britannique comme «l'enfant gâté de la Confédération»[7]. Car le sentiment de constituer une région distincte, éloignée du centre, y était déjà fortement implanté.

 Comment caractériser ce sentiment régional? Pour l'artiste Emily Carr, retournant en train dans sa province natale après un voyage dans l'Est du pays, «c'est l'Ouest, aucune trace de l'Est ne reste plus - un ciel bas, des forêts énormes, des fleuves cruels, le pouvoir et l'intensité de la nature partout»[8]. Pour l'écrivain contemporain Brian Fawcett, «Part of it is that crazy Jack Kerouac thing. It's the end of the world»[9]. Certains observateurs soulignent le manque de valeurs traditionnelles dans une province où la majorité des gens sont nés ailleurs, soit dans d'autres provinces, soit à l'étranger. Le système politique provincial depuis les années 1930 se démarque du système fédéral, avec des partis comme le CCF-NPD et le Crédit Social, et avec l'ajout d'une forte dose de populisme[10]. La Colombie-Britannique a connu à la fois de fervents entrepreneurs, les «robber barons», et un mouvement syndical actif.

 Dans le passé, la Colombie-Britannique, comme son nom l'indique, s'orientait vers la Grande-Bretagne et son empire; d'ailleurs le taux de participation de ses habitants dans l'armée canadienne durant les deux guerres mondiales fut le plus élevé du pays. Après la Deuxième Guerre mondiale, ce sont les États-Unis qui prirent la relève, en fournissant un marché d'exportation de choix pour les ressources naturelles de la province. De nos jours, l'Asie représente 35% des exportations de la Colombie-Britannique, ce qui fait de la province le portail du Canada vers le Pacifique. Parallèlement, 80% des immigrants qui sont venus s'installer dans la province durant les années 1980 et 1990 étaient d'origine asiatique, ce qui a laissé des traces. Ainsi, il n'y avait qu'une minorité d'élèves dans les écoles de Vancouver en 1995 dont l'anglais était la langue maternelle; le chinois devançait l'anglais de près[11]. Le multiculturalisme fait partie de la réalité contemporaine de la province; tout comme, d'ailleurs, la présence d'une population importante de souche autochtone, tels les Nisga'a, à la recherche de la reconnaissance de ses droits ancestraux par des traités.

La Colombie-Britannique a d'autres caractères qui renforcent l'image d'une province bien distincte. C'est une province avec des taux de divorce et de délinquance bien au-dessus de la moyenne canadienne, et avec beaucoup moins de croyants. C'est aussi une province où le bien-être physique compte pour beaucoup et où les valeurs écologiques ont pris racine: ici se trouve le lieu de naissance de Greenpeace, une O.N.G. qui a eu, depuis deux décennies, beaucoup d'importance au niveau mondial.

Il n'est pas surprenant que, face à l'émergence d'un nouveau nationalisme québécois depuis les années 1960, les réactions de la Colombie-Britannique ont été parmi les plus vives. En quelque sorte, ni la classe politique britanno-colombienne, ni les acteurs de l'opinion n'accueillirent favorablement la volonté québécoise d'obtenir un statut particulier à l'intérieur du Canada, et encore moins la cause souverainiste. Et pourtant, certains s'accordèrent avec le désir d'un renforcement des pouvoirs des provinces. Ainsi, Bill Vander Zalm appuya l'Accord du Lac Meech, car il y voyait un moyen de décentraliser le pouvoir du gouvernement fédéral et de réduire la puissance économique de l'Ontario[12]. Pour le journaliste et ancien député (libéral) de la province Gordon Gibson, «les Québécois, comme beaucoup de gens de l'Ouest, veulent que le pays change dans la voie de la décentralisation»[13]. Selon Norman Ruff, politologue à l'Université de Victoria, «la mondialisation a renouvelé le sentiment d'une dimension foncièrement Pacifique qui différencie la Colombie-Britannique des provinces des Prairies; elle a renforcé le désir de donner la priorité à un agenda tout-à-fait britanno-colombien»[14]. Mais force est aussi de reconnaître l'existence de courants d'opinion qui s'opposent à toute régionalisation excessive du pays. Ainsi Dave Barrett, ancien chef du NPD provincial, déclarait en 1980: «Le maintien du programme actuel de soins médicaux et hospitaliers sur une base pan-canadienne contribue au bien-être des Canadiens et à l'unité du Canada. La Colombie-Britannique doit éviter de prendre des positions qui risquent de balkaniser le pays»[15].

 Toute proposition constitutionnelle qui semble donner une position spéciale au Québec rencontre une opposition. Prenons comme exemple le vote de 68% des électeurs de la Colombie-Britannique contre l'Accord de Charlottetown en 1992 - le rejet le plus marqué dans tout le pays. Il faut souligner l'opposition à la clause dite «société distincte» de l'Accord du Lac Meech, et l'immense appui que les Britanno-Colombiens accordèrent à l'époque à Claude Wells. Fin 1995, 67% d'entre eux disaient qu'il fallait laisser partir les Québécois en cas d'un vote favorable à la souveraineté, sans essayer de les convaincre de rester[16].

 En outre, on peut citer ici quelques-unes des interventions des habitants de la province lors du processus consultatif qui eut lieu à la suite de la Déclaration de Calgary de septembre 1997:


«The majority of people I talked to felt strongly that the association with Quebec has been highly detrimental to the welfare of this country and the only solution is to encourage the province to leave - the sooner the better.»; «It is time we put the Quebec crisis to rest, we are one country with 10 provinces, we are not a Canada with two founding nations.»;«We need to drop the prefixes used to describe Canadians. No more Indo-Canadians, French-Canadians, etc. We are simply Canadians»
[17].

 Pourtant, les attitudes britanno-colombiennes envers le Québec et la question de l'unité canadienne sont plus complexes. Le Premier Ministre Bill Bennett déclara en 1980, lors du premier référendum québécois: «Le Parlement de la C.-B. réaffirme son engagement envers le Canada et son désir de poursuivre les réformes nécessaires pour permettre aux peuples de toutes les régions de notre pays de s'épanouir à l'intérieur d'un pays uni. Ce Parlement se joint à tous les Canadiens en exprimant au peuple du Québec notre amour du pays, notre désir de maintenir l'unité, et l'espoir que le Québec continue de rester avec nous comme partie intégrale de notre nation»[18]. Andrew Petter, Ministre des Affaires Intergouvernementales dans le gouvernement NPD actuel, tint un discours dans le même esprit, lors du débat sur l'Accord de Calgary au Parlement de la C.-B.: «D'un côté, les Britanno-Colombiens ont un sens très aigu de leur propre identité et de ce qui les distingue du reste du pays. De l'autre côté, nous restons fidèles à notre appui à un Canada uni et au principe de l'égalité des provinces»[19]. Citons aussi quelques autres intervenants lors des séances publiques sur la Déclaration de Calgary:


«I want Quebec to stay in Confederation, because I believe we are stronger for our diversity.»; «I am not a Manitoban, Ontarian, nor British Columbian.
My nationality is Canadian. It is my birthright».

 Il est significatif que lors des séances du Forum des Citoyens sur l'Avenir du Canada de 1991, des intervenants québécois aient déclaré: «Le Québec n'est pas une région, il s'agit d'une nation»[20]. Pour leur part, des intervenants de la Colombie-Britannique précisèrent: «Le Canada est un pays vaste avec des régions géographiquement et ethniquement diverses. Il faut reconnaître une certaine dose de régionalisme. Néanmoins, les mêmes réalités militent en faveur d'un gouvernement central fort»[21]. Si au Québec la majorité des personnes interrogées depuis une bonne décennie mettent leur identité québécoise au-dessus de leur identité canadienne, tel n'est pas le cas en Colombie-Britannique, où 83% des sondés en 1989 mettaient leur identité canadienne au-dessus de leur identité britanno-colombienne[22]. Comme l'écrit le politologue David Elkins, «un grand nombre de Canadiens habitant la Colombie-Britannique peuvent exprimer leur désaccord raisonné avec le gouvernement fédéral, son chef, et son parti sans mettre en question leur affection envers le Canada»[23].

 Le regretté Ernest Gellner, dans un ouvrage posthume, a fait l'observation suivante: «Il y a des nations qui possèdent des nombrils anciens, d'autres qui se font inventer des nombrils par leur propagande nationaliste, d'autres encore qui restent sans nombril. Je crois personnellement que la deuxième catégorie est de loin la plus importante»[24]. On pourrait, à mon avis, adopter ce raisonnement pour le phénomène régionaliste. Il y a des gens en Colombie-Britannique qui s'imaginent que cette région possède un nombril ancien qui remonterait au XIXe siècle. La Colombie-Britannique a toujours été une région périphérique, exploitée par le gouvernement fédéral, ou, comme le disait le Premier ministre W.A.C. Bennett dans les années 1960: «a goblet to be drained» - «un gobelet à vider»[25]. Pour d'autres, le régionalisme britanno-colombien réflète un nombrilisme moins inspiré, qui plonge tout simplement ses racines dans une certaine indifférence à l'égard du reste du pays. Comme le journaliste Bruce Hutchison a pu l'observer: «Vancouver ne pense pas à autre chose qu'à Vancouver. Et la Colombie-Britannique ne pense pas à autre chose qu'à la Colombie-Britannique»[26]. Mais il y a aussi des gens qui se laissent aller à rêver, en inventant de nouveaux nombrils - «Cascadia», par exemple, est un projet de réunion entre la Colombie-Britannique et les États de Washington et de l'Oregon; on peut mentionner encore l'idée d'un État-région britanno-colombien, comme Gordon Wilson, actuel ministre de l'éducation en Colombie-Britannique, l'a envisagée à un moment[27].

 Voilà une manifestation, à mon sens, du syndrome des régions riches, comme on peut l'observer par exemple en Lombardie, où une partie de l'opinion ne veut plus subventionner le Sud de l'Italie, taxé d'oisiveté; ou en Belgique où l'égoïsme économique sous-tend le discours musclé des porte-parole de la Flandre face à la Wallonie. C'est à partir de ces exemples que j'ai pensé à la constatation du sociologue américain Louis Wirth, formulée à propos du régionalisme il y a cinquante ans:


«As a counterpoise to gigantism, to uniformity, to standardization, and to overcentralization, regionalism can have wholesome effects; but these legitimate aspirations can also degenerate into regional cultism and jingoism and lend themselves to exploitation by political and cultural demagogues»[28].

 Il y a quelque chose de tout à fait légitime dans le phénomène régionaliste comme on le vit en Colombie-Britannique. Pour reprendre une des définitions que j'évoquais au début, je dirais que la Colombie-Britannique constitue une région humaine qui existe à l'intérieur d'une unité plus grande, et qui a son propre gouvernement avec des pouvoirs autonomes. Dans la psychologie de ses habitants, sa position géographique sur le Pacifique - l'un des pôles dominants du monde du XXIe siècle - compte beaucoup; par ailleurs son économie axée historiquement sur les ressources naturelles est en voie de transformation vers l'informatique et le tourisme; ses traditions politiques sont marquées par une forte polarisation entre droite et gauche. Enfin, elle possède une culture hybride et ouverte à la nouveauté. Mais pour autant la Colombie-Britannique n'est pas une région-État, et elle n'est pas non plus, à la différence du Québec, une région-nation.

 Pour moi, la Colombie-Britannique constitue bien une région-province distincte du Canada, dont l'avenir se joue dans la conjugaison de trois éléments: ses rapports avec le reste du Canada, ses rapports avec la côte Ouest des États-Unis, et enfin ses rapports avec le bassin du Pacifique, et plus particulièrement avec les pays de l'Asie de l'Est, d'où viennent beaucoup de ses plus récents habitants et où se trouvent ses partenaires économiques de demain. C'est une région-province plus portée vers l'avenir que vers le passé; plus ouverte aux grands courants culturels de la Californie et de l'Asie qu'aux courants originaires de l'Est du Canada ou de l'Europe. Enfin, elle aura un rôle important à jouer dans l'évolution future du Canada, comme dépositaire, dans un certain sens, du rêve canadien. Mais sa classe politique, jusqu'à maintenant, a préféré exprimer son ressentiment envers l'Ontario, le Québec et le gouvernement fédéral, plutôt que jouer un rôle plus positif. Il reste à voir si cela peut changer avec le siècle qui commence.

 



[1] RESNICK (Philip), The Politics of Resentment: British Columbia Regionalism and Canadian Unity, Vancouver, UBC Press/Institute for Research on Public Policy, 2000.

[2] MUMFORD (Louis), Regionalism, cité par ODUM (Howard) et MOORE (Henry), eds., American Regionalism: A Cultural-Historical Approach to National Integration, New York, Henry Holt and Company, 1938, p. 2.

[3] ODUM (Howard) et MOORE (Henry), op. cit., p. 17

[4] European Union, Committee of the Regions, Regions and cities, pillars of Europe, Amsterdam, 1997, p.10.

[5] British Columbia in the Canadian Confederation, Submission to the Royal Commission on Dominion-Provincial Relations by the Government of British Columbia, Victoria, 1938, p. 276.

[6] MULGREW (Ian), «Angry Carney says B.C. shouldn't rule out separation.», The Vancouver Sun, 25 septembre 1997.

[7] Lettre de John A. Macdonald au Marquess de Lorne, datée du 11 juillet 1883, citée par STEVENSON (Garth), Ex Uno Plures, Montreal, McGill-Queen's University Press, 1993, p. 141.

[8] Emily Carr, citée par BARMAN (Jean), The West beyond the West: A History of British Columbia, Toronto, University of Toronto Press, 1996, p. 368.

[9] Cité par CERNETIG (Miro), «The Far Side of the Rockies: Politics and Identity in British Columbia», in TARAS (David) et RAPORICH (Beverley), eds, A Passion for Identity, Toronto, Nelson, 1997, p. 452.

[10] Voir entre autres CAIRNS (Alan), «Socialism, Federalism, and the B.C. Party System», in THORBUM (Hugh), ed., Party Politics in Canada, 5ème édition, Toronto, Prentice-Hall, p. 300-301; ELKINS (David), «British Columbia as a State of Mind», in BLAKE (Don), Two Political Worlds, Vancouver, UBC Press, 1985.

[11] Government of British Columbia, BC Media Handbook: Your Guide to British Columbia, Gateway to the Pacific Century, 1997, Tab #2.

[12] PALMER (Vaughan), «Premier satisfied with his Meech stance», The Vancouver Sun, 4 juin 1990, A6.

[13]    GIBSON (Gordon), Thirty Million Musketeers, The Fraser Institute/Key Porter, 1995, p. 203.

[14]    RUFF (Norman J.), «Pacific Perspectives on the Canadian Confederation», in BROWN (Douglas M.), ed. Canada: The State of the Federation 1991, Institute for Intergovernmental Affairs, Queen's University, p. 201.

[15]    Dave Barrett, British Columbia, 32nd Parliament, 2nd Session, April 16, 1980, p. 2010.

[16]    GREGG (Alan), «Can Canada Survive?» Maclean's, 25 December1995-1 January 1996, p. 17.

[17]    Ces citations sont tirées des interventions qui ont eu lieu lors des séances publiques du B.C. Unity Panel qui fit le tour de la province durant l'automne 1997

[18] Cité dans le discours que Bill Bennett prononça devant le Montreal Board of Trade, le 12 mai 1980.

[19] PETTER (Andrew), Speech to the B.C. Parliament, 19 mai 1998

[20] Citizens' Forum on the Future of Canada, Ottawa, 1991, p. 54.

[21] Ibid., p. 47.

[22] Selon un sondage de Decima/Maclean's de 1989, cité par KILGOUR (David), Inside Outer Canada, Edmonton, Lone Pine, 1990, p. 197

[23] ELKINS, "Allegiance and Discontent in British Columbia," in BLAKE, op. cit., p. 131.]

[24] GELLNER (Ernest), Nationalism, London, Weidenfeld and Nicolson, 1997, p. 94.

[25] Cité par HUTCHISON (Bruce), The Vancouver Sun, 11 juin 1990.

[26] HUTCHISON (Bruce), The Unknown Country, Toronto, 1948, p. 275.

[27] WILSON (Gordon), A Civilized Revolution, Vancouver, Ronsdale Press, 1996, p. 103.

[28] WITH (Louis), «Limitations of Regionalism», in Merrill JENSEN (Merrill), ed., Regionalism in America, Madison, University of Wisconsin Press, 1951, p. 391-392.