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Hélène Trocmé, Editorial

Editorial

 

 

Bulletin n° 10, automne 2000

 

 

 

 

Hélène Trocmé

 

 

Vu de France, le Canada est généralement considéré comme une puissance atlantique, que l'histoire rattache encore étroitement au monde européen dont il est issu. Pourtant, à l'aube du xxie siècle, force est de constater que ce grand pays se tourne de plus en plus vers son «Extrême-Ouest», en multipliant les échanges commerciaux et culturels avec les pays riverains de l'océan Pacifique, en accueillant chaque année en nombre de plus en plus grand des immigrants venus du continent asiatique, et en occupant une place non négligeable au sein de l'APEC, organisme de coopération économique de l'Asie-Pacifique.

Le gouvernement d'Ottawa est même allé jusqu'à déclarer officiellement l'année 1997 «Année de l'Asie-Pacifique», dans l'espoir de susciter, au plan national, un regain d'intérêt pour cette région du monde en plein essor. La crise financière et économique en Asie du Sud-Est a certes conduit les Canadiens a modérer leur enthousiasme... mais il n'empêche qu'aujourd'hui il semble impossible d'envisager la place du Canada dans le monde sans tenir compte de sa présence et de ses liens avec le monde pacifique. C'est ce qu'a voulu faire le Centre de Recherches d'Histoire Nord-Américaine de l'Université de Paris I en organisant, en février 2000, avec l'aide des Services culturels de l'ambassade du Canada, un colloque sur le thème «Le Canada et le Pacifique». Nous sommes heureux aujourd'hui de présenter dans les pages qui suivent la plupart des interventions qui ont eu lieu au cours de cette rencontre.

 Nous avions souhaité associer à ce projet de notre centre, non seulement des chercheurs français et canadiens, mais aussi des spécialistes de différentes disciplines: histoire, géographie, science politique, urbanisme etc., afin d'esquisser un tableau le plus large et le plus divers possible des rapports entre le Canada et le monde Pacifique.

 Comme le lecteur pourra s'en rendre compte, les participants à ce colloque nous proposent ici des approches très variées. Trois axes principaux se dégagent de leurs travaux. Une première série de contributions présente l'histoire récente des relations diplomatiques entre le Canada et les pays d'Asie: Fred Bild, nous fait profiter de sa riche expérience de diplomate dans cette région du monde qu'il connaît bien; Gérard Hervouët étudie les différentes étapes de la diplomatie canadienne dans l'espace Asie-Pacifique depuis la seconde guerre mondiale et surtout depuis les années soixante. Bernard Frolic, du Joint Center on Asia-Pacific Studies de Toronto, concentre sa réflexion sur les relations entre le Canada et la République Populaire de Chine depuis les événements de Tiananmen.

Une seconde série d'études est consacrée à la Colombie Britannique aux XIXe et XXe siècles: colonie expérimentale de l'Empire Britannique (Françoise Lejeune), lieu d'implantation d'une culture très "britannique" à travers l'exemple de la réinvention de Halloween (Adrien Lherm), cette province possède aussi d'immense richesses forestières dont l'exploitation nécessite aujourd'hui de nouvelles approches décisionnelles (Colin Coates), et dont le particularisme illustre bien la complexité de l'identité nationale canadienne (Philip Resnick).

Enfin, les trois dernières contributions se concentrent sur l'étude de la communauté chinoise de Vancouver, son complet renouvellement par l'arrivée récente des Hongkongais (Augustine Chang), son influence culturelle sur le paysage urbain et l'architecture de la bourdonnante métropole de Colombie Britannique (Sherry McKay et An Te Liu)

Malgré sa diversité et sa richesse ce tableau est évidemment très incomplet. Mais nous espérons qu'il n'est qu'un commencement et qu'il suscitera, en particulier chez les jeunes chercheurs du Centre de Recherches d'Histoire Nord-Américaine, l'envie de poursuivre de nouvelles recherches dans un domaine encore fort peu exploré en France, et d'approfondir les liens ainsi ébauchés avec nos amis canadiens.