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Catherine Horel, Les archives croates et hongroises de l'après 1945

Les archives croates et hongroises de l'après 1945

 

Bulletin n° 9, printemps 2000

 

 

 

 

Catherine Horel

 

 

 

Les deux pays visés par cette étude ont vu récemment leurs archives centrales profondément réorganisées. En raison de l'éclatement de la Fédération yougoslave et du conflit serbo-croate qui a suivi, mais aussi, et c'est également le cas en Hongrie, en raison des réorientations idéologiques intervenues depuis la disparition du régime communiste. Ces fonds présentent de multiples sources d'intérêt pour les chercheurs spécialisés dans la période de l'après 1945, ils sont pour la plupart peu exploités par les historiens étrangers et certains ne sont accessibles que depuis fort peu de temps[1].

Si le personnel de ces institutions est généralement polyglotte, il est à noter en revanche que les inventaires et a fortiori les documents sont rédigés dans la langue nationale, le français n'étant plus dans l'après 1945 la langue de la diplomatie et faisant de surcroît l'objet d'une élimination délibérée dans les pays communistes[2]. Le travail dans ces fonds ne peut donc s'envisager sans une parfaite connaissance de leurs langues respectives.

 

 

Des archives réorganisées

 

 

La transition démocratique intervenue en Hongrie en 1989 a permis l'ouverture de nombreux fonds demeurés jusque-là interdits ou dont l'exploitation devait répondre à des nécessités politiques et non scientifiques. Néanmoins les archives hongroises étaient avant 1989 parmi les plus accessibles de la région et les chercheurs étrangers y étaient généralement bien accueillis. Les fonds de l'après 1945 étaient cependant d'une utilisation étroitement contrôlée voire purement et simplement interdite dans certains cas et un épisode tel que la révolution de 1956 relevait du tabou absolu. En revanche, la période de l'Entre-deux-guerres pouvait faire l'objet de travaux sérieux et approfondis tandis que les sources relatives à la Seconde Guerre mondiale voyaient leur accessibilité varier selon des critères parfois incompréhensibles. Le bouleversement du paysage politique après 1989 a fait éclater les cadres de la recherche sur cette période et la révolution de 1956 est devenue un élément à part entière de la recherche avec la création de l'Institut de 1956 (1956-os Intézet) qui dispose de fonds propres largement diffusés.

 

 Après l'abolition des anciens textes de lois sur les archives et de la loi promulguée par le dernier gouvernement de 1989, la Cour constitutionnelle hongroise a fait comprendre au législateur la nécessité d'un nouveau texte devant régir, notamment, les conditions d'accessibilité aux documents et la sauvegarde de ceux-ci[3]. La loi sur les archives de 1995 n'a pas changé fondamentalement l'organisation des archives centrales hongroises (Archives nationales, ministère de l'Intérieur, etc.) mais elle a permis, par exemple, le retour de certains fonds ecclésiastiques aux Églises reconnues dans le pays et, surtout, le transfert des archives du Parti communiste hongrois aux Archives nationales. Dans la foulée, l'ancien Institut d'histoire du Parti a été reconverti en Institut d'histoire politique (Politikatörténeti Intézet) et il conserve certains fonds qui sont désormais accessibles.

 

 Les archives croates ont été sérieusement affectées par la guerre qui a suivi la déclaration d'indépendance de la Croatie en 1991, en particulier dans les villes qui ont été frappées par les bombardements (Dubrovnik, Osijek), mais aussi dans celles qui ont été menacées, dont Zagreb, entraînant le déplacement et la mise à l'abri de fonds entiers qu'il a ensuite fallu remettre en place dans leurs anciens dépôts et réorganiser, ou bien installer dans de nouveaux bâtiments. La nouvelle structure étatique de la Croatie, indépendante de la Fédération yougoslave, a nécessité la réorganisation des archives nationales (Hrvatski državni arhiv) qui ont profité de la construction toute récente, à quelque distance du centre-ville, de la Bibliothèque nationale et universitaire (Nacionalna i sveucilišna knjižnica) pour étendre leurs surfaces de stockage et améliorer la gestion des fonds. Le superbe bâtiment Art nouveau qui abritait auparavant les deux institutions est maintenant entièrement à la disposition des archives, mais la salle de lecture est encore en travaux et ne permet pas une utilisation optimale. Jusqu'au mois de janvier dernier, la Croatie souffrait en outre d'un isolement international dramatique dû aux conditions fort peu démocratiques régnant dans le pays, ce qui interdisait pratiquement tout contact institutionnel et, par conséquent, tout espoir de financement de ces énormes travaux de restructuration. Les Archives et la Bibliothèque nationales se trouvent à présent dans une situation favorable, propice à leur fonctionnement, et elles sont aussi susceptibles d'attirer et d'accueillir de nombreux chercheurs. Ces institutions sont par ailleurs interconnectées et leur aménagement fait l'objet d'une politique concertée, ce qui devrait permettre aux autorités culturelles d'étendre ce système dans tout le pays et de moderniser rapidement l'ensemble des fonds d'archives croates[4]. Le bulletin édité par les archivistes croates (Bulletin-Hrvatski državni arhiv) s'est fait l'écho depuis 1991 de ces efforts de réorganisation, des transferts et des acquisitions de fonds consécutifs aux bouleversements intervenus dans le pays. Cette publication permet, en plus des inventaires, de suivre l'itinéraire parfois complexe des archives régionales et locales[5].

 

 

L'accessibilité et l'accueil des chercheurs étrangers

 

 En Hongrie, la loi sur les archives votée en 1995 stipule que tout fonds peut être ouvert aux chercheurs sans distinction de nationalité, toutefois une prescription de quinze ans s'applique aux documents les plus contemporains dont la limite a été fixée au 2 mai 1990; pour les documents émis ultérieurement, c'est la règle des trente ans qui s'applique. Des dérogations sont possibles pour contourner ces délais, les demandes sont régies par un curatorium (Levéltári kutatások kuratoriuma) composé de membres des principaux fonds (Archives nationales) et des instituts d'histoire (Institut d'histoire politique, Institut de 1956, Académie des Sciences). Les documents plus sensibles, archives personnelles, secrets d'État etc., font l'objet de périodes plus longues de communication, voire d'interdictions. Mais de manière générale, la loi demeure très libérale et les difficultés de communication surgissent dans la plupart des cas pour des raisons indépendantes de la législation: manque de place, de personnel, absence de catalogage pour les fonds les plus récents. Cette situation caractérise notamment les fonds qui ne dépendent pas des archives centrales tels que les archives des syndicats (Szakszervezetek központi levéltára), les archives des anciennes grandes entreprises publiques qui sont censées être regroupées dans les fonds locaux correspondantset, enfin, les archives régionales qui souffrent d'un manque de moyens évident ne permettant pas un accès suffisamment large. Ces contraintes affectent avant tout les chercheurs hongrois et, dans une bien moindre mesure, les scientifiques étrangers qui travaillent le plus souvent dans les archives centrales, toutes situées à Budapest, lesquelles fonctionnent de façon tout à fait satisfaisante. Néanmoins, la loi sur les archives stipule que les différentes administrations (excepté le ministère de l'Intérieur qui dispose de ses propres archives) doivent, dans les années qui viennent, reverser aux archives nationales et locales les documents concernant la période 1965-1980; cette disposition, qui constitue certes une avancée, menace d'encombrer encore davantage des services déjà surchargés de dossiers à archiver et que les restrictions budgétaires récentes privent de personnel. Dans l'état actuel, aucune révision de la législation de 1995 n'est envisagée et encore moins une augmentation du budget dévolu aux archives par le ministère de la Culture.

 

 Malgré des conditions de travail parfois précaires, les principaux services d'archives centrales de Hongrie accueillent généralement les chercheurs avec bienveillance et sans méfiance a priori envers les historiens étrangers non-magyarophones, même si un certain étonnement persiste toutefois, en particulier en province, où la situation peut être à la fois plus simple, car on y rencontre souvent les archivistes eux-mêmes, mais aussi plus difficile, l'absence de moyens humains et matériels rendant aléatoire l'accès aux documents. Les Archives nationales ont mis en place depuis peu un bureau d'accueil chargé de l'inscription et de l'orientation des chercheurs, dont l'existence est fort appréciable et évite l'errance dans les différents départements. On peut y voir une réaction devant le nombre croissant de demandes et donc une amélioration du service offert. Néanmoins, le personnel se montre quelque fois inquisiteur, surtout envers les étrangers souhaitant travailler sur les fonds les plus récents, et l'on éprouve paradoxalement un sentiment de surveillance inconnu dans les années précédant 1989. L'historien ne doit donc pas se laisser décourager et insister, ce qui finit toujours par payer, et une fois que l'on a fait preuve de persévérance, le ton change et les portes s'ouvrent. Pour les chercheurs ou enseignants confirmés, il n'est pas nécessaire de produire de quelconques lettres de recommandations ou attestations, le passeport suffit généralement. En revanche l'administration se réserve le droit de demander aux impétrants s'ils disposent du soutien d'un scientifique hongrois reconnu, professeur d'université ou chercheur de l'Académie des sciences, ce qui peut se révéler embarrassant en plein mois d'août. Mais l'historien désemparé trouvera toujours à l'Institut d'histoire de l'Académie, qui se trouve à quelques mètres des archives, un collègue bienveillant disposé à appuyer sa demande.

 

 En dépit de l'augmentation du nombre de chercheurs, les spécialistes des relations internationales trouveront aux archives nationales suffisamment de postes de travail et la période estivale demeure favorable aux recherches, malgré la fermeture du bâtiment qui intervient en alternance avec celle de la Bibliothèque nationale. Il est donc préférable de se renseigner par téléphone avant d'organiser son voyage, ou bien de prévoir un séjour assez long pour pouvoir exploiter les ressources des deux institutions. Toutes les salles de travail des Archives nationales sont équipées de façon à permettre l'utilisation des ordinateurs portables; en revanche les services de photocopie et de microfilmage laissent encore à désirer en rapidité et facilité d'utilisation. Les autres fonds disséminés à Budapest et dans les provinces pratiquent des périodes de fermeture variables selon les années et, là encore, il est bon de prendre ses précautions, même si une coordination existe dans la capitale, évitant au chercheur de trouver toutes portes closes.

 

Les archives centrales de Croatie sont presque entièrement regroupées dans le bâtiment des Archives nationales et la relative dispersion rencontrée en Hongrie y est inconnue, en partie à cause des nécessités récentes de réorganisation, qui ont conduit les responsables à centraliser les fonds étatiques, mais aussi en raison de la taille réduite du pays. Le regroupement des fonds est cependant loin d'être achevé et la détente politique qui vient de se produire ne peut que faciliter le déblocage des archives des partis politiques et l'accès plus large aux documents les plus récents. L'état de chantier poussiéreux dans lequel se trouvait encore, en mai dernier, la grande salle de lecture des Archives nationales est largement compensé par l'accueil exceptionnellement ouvert du personnel et du directeur lui-même, Josip Kolanovic. Il est à noter par ailleurs que les Archives nationales croates sont un bastion de la francophonie[6] et que, dans l'ensemble, les personnels de ces institutions de recherche, Archives et Bibliothèque nationales, sont tous polyglottes, et ménagent au chercheur étranger un accueil à la mesure du besoin de contacts d'un monde scientifique étouffé par l'isolement que la Croatie a subi ces dernières années. On ne peut qu'encourager les historiens étrangers à explorer des fonds nouveaux, peu étudiés par les chercheurs locaux et que le retour du pays à une pratique démocratique ne saurait rendre que plus accessibles.

 

 Les archives nationales croates (Hrvatski državni arhiv) et la Bibliothèque nationale et universitaire (Nacionalna i sveucilišna knjižnica) sont ouvertes à tous les chercheurs sans distinction de nationalité et les formalités d'inscription et de consultation sont extrêmement simples; comme ailleurs, il est cependant souhaitable de disposer de contacts sur place afin d'éviter une perte de temps lors des premières approches, notamment à la Bibliothèque nationale dont la récente transformation en une institution ultra-moderne rend parfois la circulation et la recherche ardues, à l'égal des débuts de la Bibliothèque nationale de France. Malgré sa situation en marge du centre ville, la bibliothèque est pourvue de toutes les commodités, les conditions de photocopie y sont relativement libérales et l'endroit dispose en outre d'un self-service plus que correct agrémenté d'une terrasse et d'un café situé dans le hall d'entrée. Les Archives nationales sont loin de proposer les mêmes agréments, mais, en contrepartie, le chercheur aura le plaisir de travailler dans l'un des plus beaux bâtiments Art nouveau de la monarchie des Habsbourg, construit en 1911, et dont bien des éléments du mobilier et de la décoration sont restés tels qu'au premier jour. Là également, peu de contraintes administratives. L'accès aux inventaires se fait par l'intermédiaire des archivistes eux-mêmes ou de la directrice de la bibliothèque. Leur photocopie est possible sans frais à condition de ne pas avoir d'exigences extravagantes. Les archivistes répondent également à distance, par fax ou e-mail, aux questions précises des chercheurs et envoient gracieusement publications et renseignements, toujours dans la limite du raisonnable. Les historiens des relations internationales de l'après 1945 n'ont guère de raisons de fréquenter les archives locales, sises dans les principales villes de Croatie et qui concernent surtout les spécialistes de l'histoire nationale et de la monarchie des Habsbourg. Il faut néanmoins savoir qu'elles sont pareillement accessibles. Mais pour les villes qui ont été touchées par la guerre, il est plus prudent de se renseigner auprès des archives nationales sur leur degré d'accessibilité.

 

 

Les principales collections de fonds consacrés aux relations internationales de l'après 1945

 

 

Hongrie[7]

 

 Archives nationales hongroises (Magyar országos levéltár), Hess András tér 5., 1014 Budapest (téléphone: 00361 1557 122, fax: 00361 1754 385). Ces coordonnées s'appliquent au service des archives contemporaines (depuis 1945), qui regroupe les fonds de l'État et des principaux ministères, mais également les archives économiques, celles des associations, des corporations et celles d'organes institutionnels indépendants tels que la radio-télévision. Les archives du parti communiste (Magyar dolgozok pártja-Magyar szocialista munkaspárt) appartiennent également aux archives nationales mais sont conservées au siège de l'ancien Institut d'histoire du Parti, Alkotmány utca 2., 1054 Budapest (téléphone: 00361 111 56 59, fax: 00361 112 52 34).

 

Archives d'histoire militaire (Hadtörténelmi levéltár), Kapisztrán tér 2., 1014 Budapest (téléphone 00361 1569 522). On y trouve les fonds centraux de l'armée hongroise du ministère de la Défense, notamment de l'état-major et des tribunaux. Les fonds concernant l'après 1945 sont accessibles sans restriction jusqu'en 1957, y compris les documents relatifs à la révolution de 1956.

 

Institut d'histoire politique (Politikatörténeti Intézet), Alkotmány utca 2., 1054, Budapest. Des fonds concernant la période des gouvernements de coalition de 1945 à 1948 y sont conservés, notamment ceux des partis communiste et social-démocrate, ainsi que les documents des mouvements de jeunesse du parti[8].

 

Bibliothèque nationale Széchenyi (Országos Széchenyi Könyvtár), Budavári palota F épület, 1827 Budapest (téléphone 00361 175 7533, fax: 00361 202 08 04). Hormis les fonds imprimés, la bibliothèque possède une considérable collection de manuscrits (Kézirattár) où sont conservés des documents émanant des hommes politiques et personnalités de la vie culturelle hongroise. Une collection d'interviews historiques (Történeti Interjúk Tára) est en voie de constitution, rassemblant des documents filmés de personnalités contemporaines de la vie politique hongroise.

 

Fondation László Teleki (Teleki László Alapítvány), Szilágyi Erzsébet fasor 22/c, 1022 Budapest (téléphone 00361 176 4565). Les fonds de cette institution qui regroupe l'Institut d'Europe centrale (Középeurópái Intézet) et l'Institut de relations internationales (Külügyi Intézet) sont essentiellement consacrés à la question des minorités hongroises.

 

 

Croatie

 

Archives nationales croates (Hrvatski državni arhiv), Marulicev trg 21, 10000 Zagreb (téléphone 003851 48 01 900, fax: 003851 48 29 000). Tous les fonds des organes centraux de l'État croate sont conservés au même endroit, y compris les archives des institutions non ministérielles (associations, corporations, etc.). Les fonds sont classés selon une méthode thématique héritée du XIXe siècle et les inventaires sont ordonnés en fonction de grandes catégories (1. Services centraux de l'administration, 2. Justice, 3. Affaires militaires, etc.) au sein desquels le classement se fait chronologiquement. Pour le spécialiste des relations internationales, il va de soi que les principaux fonds traitant de la politique extérieure yougoslave se trouvent à Belgrade, mais les documents relatifs à la place de la Croatie dans la Fédération yougoslave après 1945 doivent être recherchés à Zagreb dans plusieurs fonds déposés aux Archives nationales, dont la plupart se trouvent dans la première section (uprava i javne službe), d'une part pour la période 1941-1945 (arhivski fondovi 1941-1945), d'autre part pour la période post-1945 (arhivski fondovi poslije 1945). Les archives du présidium du Parlement croate (Prezidijum sabora narodne republike hrvatske) sont par exemple accessibles sans restriction jusqu'en 1958, celles d'autres institutions de la République fédérale croate jusque vers la fin des années 1960 et les archives des ministères suivent globalement la même règle. Les archives des institutions culturelles, universitaires et scolaires croates sont rassemblées dans la quatrième section (Prosvjetne, kulturne i znanstvene ustanove i organizacije), dont l'accès est possible jusqu'à la fin des années 1970. Pour les périodes ultérieures, il est préférable de voir directement avec les archivistes car les inventaires publiés sont encore incomplets et s'arrêtent vers la fin des années 1970[9]. Les archives disposent également d'un nombre considérable de papiers personnels des principaux acteurs de la vie politique et intellectuelle croate au XXe siècle.

 

 Trois autres institutions disposent encore de fonds contemporains, notamment sous forme de papiers privés[10] ou de documents relatifs aux liens de ces institutions avec l'étranger:

 

 Bibliothèque nationale et universitaire (Nacionalna i sveucilišna knjižnica), Hrvatske bratske zajednice bb, 10000 Zagreb (téléphone 003851 616 4111, fax 003851 616 4186).

 

 Archives historiques de la ville de Zagreb (Povijesni Arhiv Zagreb), Opaticka 29, 10000 Zagreb (003851 45 55 244).

 

Archives de l'Académie croate des sciences et des arts (Arhiv Hrvatske akademije znanosti i umjetnosti), Strossmayerovo trg 2, 10000 Zagreb (téléphone 003851 45 69 77-45 69 084).

 

 Dans les deux cas, Hongrie et Croatie, les divers fonds sont peu exploités par les chercheurs étrangers, faute de connaissances linguistiques suffisantes, ce qui est particulièrement problématique pour la période très contemporaine où les documents sont dans leur écrasante majorité rédigés dans l'idiome national. Cette situation ne caractérise pas seulement les occidentaux et il faut regretter que les scientifiques de la zone, y compris les locuteurs slaves, ignorent généralement la langue du voisin, ce qui les empêche souvent de faire de l'histoire comparative, qui est pourtant le fondement de la compréhension de l'histoire de l'Europe centrale et orientale. Ainsi, hormis les personnes originaires de groupes minoritaires dans chaque pays, mais qui deviennent rarement des scientifiques, les historiens se tournent plutôt, et certes avec raison, vers les langues occidentales et négligent l'apprentissage simultané des langues régionales, se fermant ainsi des fonds qui recèlent bien des éléments d'appréciation des relations internationales.

 

 



[1] Ce texte se base sur l'expérience personnelle de l'auteur dans les archives nationales croates et hongroises, ainsi que sur la documentation fournie en octobre 1999 sur le serveur Habsburg.net par l'historien britannique Mark Pittaway sous le titre «Research in Hungarian Archives on post-1945 History». Le serveur annonçait alors d'autres comptes-rendus de recherches dans les fonds d'archives d'Europe centrale et orientale.

[2] Signalons cependant que les instituts français de Budapest et de Zagreb échapperont à la fermeture généralisée de toutes les institutions culturelles françaises dans le monde communiste.

[3] KÖRMENDY (Lajos), Guide introductif à l'utilisation des archives hongroises pour la période contemporaine (XXe siècle). Ce volume est disponible au Centre interuniversitaire d'études hongroises de Paris III et je remercie Paul Gradvohl de m'en avoir procuré une photocopie.

[4] RoksandiC (Drago), “Croatia”, dans INGRAO (Charles W.), A guide to East-Central European Archives, Austrian History Yearbook, volume XXIX, Center for Austrian Studies, University of Minnesota, 1998, p.14.

[5] Ibid., p.13.

[6] Je suis reconnaissante à mon collègue le professeur Drago Roksandic de m'avoir facilité l'accès aux archives nationales croates, je remercie chaleureusement l'archiviste Ornata Tadin et Jasna Petric, conservatrice de la bibliothèque, qui m'ont permis cette vision interne et leur directeur Josip Kolanovic qui m'a reçue avec la plus grande bienveillance

[7] L'ensemble des renseignements pratiques est tiré du travail de Lajos Körmendy déjà cité

[8] Kati Cszösz-Jutteau, qui prépare actuellement une thèse au CRECC sur le mouvement hongrois des pionniers, fréquente régulièrement ce fonds sans aucune difficulté d'accès.

[9] Inventaire général des archives nationales croates communiqué par Ornata Tadin.

[10] RoksandiC (Drago), op. cit., p.21-22.