X
Bientôt fans, merci !
Pourquoi pas vous ?
Facebook J'aime Paris 1
Accueil » Institut Pierre Renouvin » Les revues » Le bulletin de l'Institut Pierre Renouvin » Tous les bulletins » Bulletin n° 06 : Centre Europe centrale » Christophe Laforest, La nationalisation des biens français en Pologne et ses conséquences sur les relations franco-polonaises (1946-1948)

Christophe Laforest, La nationalisation des biens français en Pologne et ses conséquences sur les relations franco-polonaises (1946-1948)

La nationalisation des biens français en Pologne et ses conséquences sur les relations franco-polonaises (1946-1948)

 

 

 

Bulletin n° 6, automne 1998

 

 

 

 

Christophe Laforest

 

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses entreprises polonaises aux mains de puissances ennemies - dont la France -, furent réquisitionnées par l'occupant allemand, tandis que d'autres encore étaient provisoirement abandonnées par leurs propriétaires étrangers.

À la Libération, l'une des premières mesures des nouvelles autorités communistes de Pologne consista à nationaliser ces entreprises qui étaient censées constituer le noyau de la future industrie dans une économie de type socialiste et ce bien avant qu'une telle politique fût appliquée de jure à l'ensemble de l'industrie polonaise (décret du 3 janvier 1946)[1].

 

 Les banquiers et les industriels français étaient cependant résolus à récupérer les capitaux qu'ils avaient investis en Pologne avant la guerre. Les Français y étaient alors les premiers investisseurs étrangers - les capitaux français représentaient 26,7 % des capitaux étrangers placés en Pologne en 1929, 24,4 % en 1935 et 26,2 % dans les années 1935-1937[2] - et leur poids dans l'économie polonaise était tel qu'il avait pu prêter à bien des critiques sur la politique impérialiste de la France en Europe centrale[3]. Si des zones d'ombre subsistent encore dans le déroulement des négociations économiques et financières, il nous est d'ores et déjà possible de rendre compte des principaux enjeux de cette délicate affaire. Quelle était la valeur des biens français nationalisés? Les Polonais pensaient-ils vraiment s'en tirer à bon compte sans verser d'indemnités aux propriétaires français de biens nationalisés? Ont-ils délibérément choisi de faire traîner les négociations en longueur pensant peut-être avoir ainsi une chance d'avoir la partie française "à l'usure"? Les Français étaient-ils véritablement démunis face à la mauvaise volonté du gouvernement polonais? Les négociations tendant au renouvellement de l'alliance franco-polonaise qui avait les faveurs de Varsovie ne représentaient-elles pas un formidable moyen de pression entre les mains du gouvernement français afin d'obtenir satisfaction sur la question des nationalisations? Autant de questions auxquelles nous nous proposons maintenant de répondre.

 

 

Le problème de l'évaluation

  

La valeur des biens français en Pologne touchés par le décret de nationalisation, qui avait été estimée dans un premier temps à huit milliards de francs par le Quai d'Orsay sans doute sur la base d'évaluations d'avant-guerre[4], atteignait vraisemblablement au moins vingt cinq milliards[5]. De tels écarts s'expliquaient par la difficulté de procéder à une évaluation fiable de la valeur de ces biens tant que des représentants des intérêts français n'avaient pu se rendre sur place pour dresser un état des lieux afin de pouvoir ultérieurement soumettre aux autorités polonaises une proposition d'indemnisation.

 

 Dès le mois de mai 1945, alors que le décret de nationalisation de l'industrie n'avait pas encore été pris mais que leurs entreprises avaient pour la plupart déjà été nationalisées dans les faits, un groupe de représentants des intérêts français en Pologne avait cherché à obtenir des visas d'entrée pour ce pays[6]. Toutefois, ces visas n'étaient toujours pas accordés à la fin du mois d'octobre 1945. Entre-temps, le gouvernement polonais avait posé comme principe que ces visas ne seraient pas délivrés tant que le travail législatif sur la nationalisation des principales branches de l'économie n'aurait pas abouti[7].

  

La mauvaise volonté des autorités polonaises était manifeste car, " en dépit des promesses des Polonais et sauf une ou deux exceptions ", les industriels français n'avaient toujours pas pu visiter leurs usines au printemps 1947[8].  

 

Ce n'est en effet qu'après d'incessantes démarches auprès de l'ambassade de Pologne à Paris et du Quai d'Orsay que les compagnies pétrolières françaises qui avaient des participations dans des sociétés polonaises avant-guerre étaient parvenues à envoyer en Pologne un fondé de pouvoir, Marty, qui put dresser un premier état des lieux, à l'automne 1946. Dans son rapport, Marty insistait sur la nécessité pour les industriels français de se grouper sous l'égide de l'ambassadeur Roger Garreau et surtout de désigner une commission restreinte, comprenant un représentant de chaque industrie, qui assisterait l'ambassadeur lors des négociations avec les autorités polonaises[9].

  

Il convient toutefois de souligner que le ministère polonais des Affaires étrangères n'avait aucune autorité dans cette affaire qui relevait exclusivement du ministère de l'Économie nationale dirigé par le tout-puissant Hilary Minc[10]. Ainsi, lorsque le chef du département occidental des Affaires étrangères polonaises, Tadeusz Chromecki, chercha à s'informer de la valeur des biens français en Pologne, il n'obtint pas davantage de renseignements que ses collègues du Quai d'Orsay. Minc prétexta en effet que l'évaluation était en cours et qu'il était dans l'impossibilité de lui fournir quelque indication que ce soit à ce sujet[11].

  

Les services du ministère polonais de l'Économie continuèrent leur obstruction tout au long de l'année 1946. Ainsi, Garreau ne reçut de réponse à la note de protestation formelle qu'il avait remise au vice-ministre polonais des Affaires étrangères, à la suite de la publication du décret de nationalisation (3 janvier 1946), qu'avec six mois de retard[12]. Dans sa réponse, le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Zygmunt Modzelewski,expliquait la position de son gouvernement de la manière suivante:

 "Le gouvernement provisoire d'union nationale se déclare parfaitement d'accord pour entamer avec le gouvernement français les pourparlers relatifs au dédommagement à accorder aux citoyens français du fait de la nationalisation de leurs entreprises. Pourtant de tels pourparlers seraient prématurés, vu la difficulté d'une évaluation définitive de la valeur des entreprises entrant en jeu[13].

 À la fin de l'année 1946, le ministère polonais de l'Économie n'avait toujours pas procédé aux évaluations des biens français touchés par le décret de nationalisation du 3 janvier 1946 et il devenait manifeste que le "gouvernement polonais [cherchait] à gagner du temps"[14].

 

 

Une monnaie d'échange ? Le pacte et la déclaration politique

 

 

Dès la première quinzaine de septembre 1945, Garreau avait rencontré des représentants du ministère polonais des Affaires étrangères pour connaître leur état d'esprit quant à l'éventualité d'un renouvellement de l'alliance franco-polonaise. L'ambassadeur de France, qui était persuadé qu'il existait un risque de détérioration des relations franco-polonaises lié au problème de la nationalisation des industries en Pologne[15], avait souligné la nécessité pour le gouvernement polonais de définir au plus vite une position sur la question des nationalisations des biens étrangers. Garreau était même allé jusqu'à suggérer aux Polonais de s'emparer dans les plus brefs délais des biens français, faute de quoi, avait-il prévenu, les négociations tendant au renouvellement de l'alliance franco-polonaise s'en trouveraient passablement compliquées[16]. Il avait d'ailleurs ajouté qu'en cas d'accord sur cette question des nationalisations, les industriels français accepteraient volontiers de "travailler sur une base nouvelle offrant à la Pologne l'expérience et l'argent"[17].

  

La position de la France dans cette affaire nous semble empreinte d'une grande modération qui tranche singulièrement avec l'attitude plus vindicative des autres États occidentaux. Nous ne partageons donc pas l'avis de l'attaché militaire polonais à Paris, Marian Naszkowski, lorsqu'il prétend dans ses mémoires que la France "défendait radicalement et avec rapacité" ses intérêts économiques au cours de ces négociations[18]. Des déclarations intempestives comme celles faites par l'attaché commercial de l'ambassade de France, Sazy, au vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Modzelewski, constituent un cas isolé, mais elles contribuent peut-être à expliquer la méprise du diplomate polonais:

  

"Les capitaux français - avait en effet prévenu Sazy - n'afflueront pas vers la Pologne parce qu'on peut pas me demander qu'ils aillent là où ils sont expropriés"[19].

 

 ll n'en demeure pas moins que face au désir du gouvernement polonais de procéder au renouvellement de l'alliance avec la France, les Français comprirent tout le parti qu'ils pouvaient tirer de la volonté des Polonais de conclure au plus vite les négociations politiques, et firent du règlement de la question des nationalisations la condition préalable à l'ouverture de négociations politiques[20]. C'est en substance ce que le sous-directeur d'Europe orientale au Quai d'Orsay, Henri Roux, suggérait à Bidault en insistant sur la nécessité d'"envisager tout d'abord le règlement des principaux problèmes qui se [posaient] entre les deux pays", notamment dans le domaine économique et financier[21].

  

Le chef de la diplomatie française, Georges Bidault, profita en effet de l'occasion qui lui était donnée de s'entretenir avec le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Zygmunt Modzelewski, pour exposer à la partie polonaise le point de vue français. Pendant l'entrevue du 13 janvier 1946 organisée en marge de la conférence de Londres (conseil des ministres des Affaires étrangères), Bidault expliqua qu'il était favorable à un resserrement des liens politiques entre les deux pays mais rappela à son interlocuteur polonais qu'il lui faudrait d'abord résoudre le problème des biens français frappés par le décret de nationalisation du 3 janvier 1946 avant d'envisager la conclusion d'une déclaration politique commune. Dans sa réponse, Modzelewski se contenta d'une vague promesse de convoquer une commission ad hoc qui examinerait "globalement [et] sans aucune discrimination" les doléances des anciens propriétaires étrangers[22]. La poursuite des pourparlers politiques au printemps 1946 montre d'ailleurs que les exigences économiques françaises avaient été reléguées à l'arrière-plan et qu'elles n'avaient nullement entravé la bonne marche de ces négociations dont l'échec ne résulta que de considérations d'ordre politique.

  

Mais l'ouverture d'un nouveau round de négociations en février 1947 vit le triomphe de la stratégie française. Tandis que les négociations politiques s'enlisaient, les Français avaient obtenu l'ouverture de négociations économiques et financières. Bidault pouvait alors donner pour instructions à son ambassadeur en Pologne de mener simultanément les négociations politiques et celles ayant trait à " l'ensemble du contentieux franco-polonais " y compris les questions économiques et financières[23].

 

 

Le règlement du contentieux économique et financier

 

 

Les négociations économiques et financières s'ouvrirent enfin le 27 février 1947 entre une délégation française présidée par le haut fonctionnaire du Quai d'Orsay, Monmayou, et des représentants de la commission polonaise de nationalisation dirigée par le vice-ministre du Trésor, le professeur Kurowski.

 

 

Les Polonais cherchaient à subordonner le règlement de la question des nationalisations à une contrepartie sous forme d'aide technique[24]. À cela rien d'étonnant car l'économie polonaise était exsangue en ce début d'année 1947 et manquait cruellement de crédits pour poursuivre son effort de reconstruction. En effet, l'aide de l'UNRAA venait de prendre fin et, quelques mois auparavant, le secrétaire d'État américain, Dean Acheson, avait annoncé (10 mai 1946) que ni le crédit de quarante millions de dollars que la Banque d'Import-Export de Washington avait initialement accordé au gouvernement polonais, ni le crédit supplémentaire de cinquante millions de dollars qui avait reçu l'aval du département d'État n'entreraient en vigueur en raison du manque de garanties quant à la tenue d'élections libres en Pologne[25].

 

 La partie française était quant à elle convaincue de la nécessité de régler les affaires pendantes " tant que le gouvernement polonais [était] demandeur car une fois qu'il [aurait] obtenu satisfaction par la signature d'un pacte", les chances de parvenir à un accord seraient minces[26]. Il importait donc de procéder à la " liquidation du passé", selon le mot de Georges Bidault, c'est-à-dire au règlement définitif du contentieux économique et financier (indemnisation des propriétaires français de biens nationalisés en Pologne, remboursement des créances financières arriérées)[27].

 

 Pour ce faire, le chargé d'affaires français en Pologne, Jean de Beausse, expliquait la marche à suivre lors des négociations en cours:

  

"Si irritantes que soient ses questions, nous n'avons pas intérêt à nous montrer cassants car nous ferions le jeu d'éléments peut-être plus nombreux qu'on ne l'imagine qui désirent ici l'éviction de la France. Nous n'avons pas davantage intérêt à les brusquer, ce serait la meilleure manière de ne rien obtenir, mais nous devons être ferme et ne jamais donner l'impression qu'à force d'insistance ou par des voies détournées [ils obtiendraient] satisfaction"[28].

  

Depuis le début de cette affaire, la stratégie de la partie polonaise reposait en effet sur la multiplication des manoeuvres dilatoires et on peut s'étonner que l'ambassadeur Garreau leur ait fourni un prétexte supplémentaire de surseoir au règlement des questions litigieuses. Lors des négociations qui s'ouvrirent à Paris au mois de juillet 1947, les Polonais refusèrent en effet d'évoquer les indemnités à verser aux propriétaires de biens nationalisés et les dettes de l'État polonais à l'égard du Trésor français, reportant la discussion sur ces questions à une négociation spéciale qui devait se tenir à Varsovie en septembre. Quelle ne fut donc pas la stupéfaction des négociateurs français lorsque les Polonais se justifièrent en arguant du fait que "cette position avait été, antérieurement portée à la connaissance du gouvernement français qui aurait donné son accord". N'ayant pas été prévenu par le Quai d'Orsay, le ministre des Finances, Robert Schuman, chercha à y voir plus clair et ordonna une enquête à la suite de laquelle ses services découvrirent que l'accord avait été donné " verbalement" par l'ambassadeur de France, sans instruction de la part du Département[29].

  

Les négociations ne reprirent alors qu'en septembre à Varsovie avec " plus de solennité que précédemment" mais dans une atmosphère toujours aussi " lourde"[30]. Cependant, la présence de toutes les parties concernées(le vice-ministre polonais du Trésor, Kurowski, le directeur des Affaires économiques du ministère polonais des Affaires étrangères, Lychowski, un représentant du Quai d'Orsay, Monmayou, un délégué du ministère des Finances, Bizarre, et le fondé de pouvoir de l'office des Avoirs et Intérêts privés, Jaudon) laissait entrevoir une issue favorable à ces pourparlers.

 

 Garreau, qui n'avait pas encore quitté la Pologne[31], reçut la mission de signer ad referendum le protocole relatif à l'indemnisation des intérêts français touchés par le décret de nationalisation du 3 janvier 1946. Après trois jours de négociations qui se déroulèrent dans la résidence de l'ambassadeur du 10 au 12 novembre 1947, un accord fut finalement trouvé entre les deux parties[32]. Le gouvernement polonais s'engageait à indemniser en nature les propriétaires de biens français nationalisés par des livraisons de 3800000 tonnes de charbon qui auraient dû s'étendre sur quinze ans à partir de 1951. Quant aux créances arriérées de l'État polonais, il était prévu de les inscrire sur le compte des exportations polonaises vers la France[33].

  

A l'issue de ces négociations, Garreau pouvait ainsi écrire :


"Je n'ai pas hésité à signer ad referendum le texte que nous avons élaboré avec les Polonais car j'ai pleine conscience qu'il constitue le maximum de ce que nous pouvions obtenir et qu'il permettra de fournir aux intéressés un dédommagement non négligeable"[34].

 

 Finalement conclu le 19 mars 1948[35], cet arrangement pouvait alors être présenté par Georges Bidault à l'Assemblée nationale comme le "moins mauvais" des accords possibles dans la mesure où il permettait de liquider le passé sans hypothéquer l'avenir[36].

 

 

Conclusion

  

Il ne faudrait pas cependant se méprendre sur la véritable nature de cet accord et y voir une volonté commune aux deux parties de rompre les liens économiques qui les unissaient. En dépit des déclarations de Wladyslaw Gomulka à la conférence constitutive du Kominform à Szklarska-Poreba qui doivent être replacées dans leur contexte (volonté de l'U.R.S.S. de reprendre en main les destinées des différents partis communistes, désir des communistes polonais de ne pas être assimilés àleurs camarades français et italiens accusés de fléchissement idéologique)[37], les relations commerciales continuèrent à un rythme appréciable. Au protocole signé le 19 mars 1948 vint s'ajouter l'accord d'équipement du 26 mai 1948 qui prévoyait l'exécution d'un programme de soixante millions de dollars sur quatre ans. De telle sorte qu'au moins sur le plan économique, "la Pologne avait bien plus à perdre que la France par la rupture des relations entre les deux pays"[38].

 

Il s'agissait donc plutôt, selon nous, de prendre acte de l'évolution du contexte politique international de guerre froide dans lequel s'inscrivaient désormais les relations franco-polonaises et d'en tirer les conséquences pratiques en envisageant de nouvelles formes de coopération économique. Cette hypothèse n'avait pas échappé aux services du Quai d'Orsay qui, dans une note du 18 janvier 1946, constataient déjà que l'évolution des moeurs politiques en Pologne ne manquerait pas d'avoir des répercussions sur les relations économiques franco-polonaises :


"Si nous devons abandonner l'espoir de maintenir nos avoirs sous leur forme actuelle, nous devrons trouver une position de repli par l'emploi de modalités nouvelles qui nous permettrons de maintenir une coopération économique à laquelle nous tenons, soit sous forme d'autres participations dans le secteur demeuré libre, soit sous forme d'aide technique, par l'envoi d'ingénieurs, de spécialistes, de directeurs d'usines, et par l'apport dans des conditions à débattre de licences, de brevets et de procédés de fabrication"[39].

  

Tels étaient désormais les principes et les limites de la coopération franco-polonaise et si cette collaboration industrielle évolua au gré des fluctuations de la guerre froide, elle se poursuivra néanmoins jusqu'à la chute du régime communiste en Pologne dans le cadre nécessairement étroit - mais non négligeable-, défini par les divergences de système tant politique qu'économique[40].

 



[1] ROLLET (H.), La Pologne au XX e siècle, Paris, Pédone, 1984, p. 438

[2] Voir LANDAU (Z.), " Foreign Capital in Poland 1918-1939 ", Acta Poloniae Historica, vol. 57, 1989, p. 55-94

[3] On se reportera avec profit aux articles que Georges-Henri SOUTOU a consacrés à la question: " La politique économique de la France en Pologne (1920-1924) ", Revue Historique, n°509, janvier - mars 1974, p. 85-116, et "L'impérialisme du pauvre: la politique économique du gouvernement français en Europe centrale et orientale de 1918 à 1929. Essai d'interprétation", Relations internationales, n°7, 1976, p. 218-239. C'est un thème sur lequel nous comptons revenir dans la thèse que nous préparons sous la direction du professeur Michel à propos des "Ambitions et contradictions de la stratégie économique française en Pologne (1919-1939)"

[4] Note de la sous-direction d'Europe orientale, 21 septembre 1945. Archives du ministère des Affaires étrangères (ci-après: AMAE), Europe 1944-1960 (ci-après: EU 44-60), vol. 55, ff. 82-87.

[5] Note pour le ministre, 29 octobre 1945, Ibid., vol. 59, ff. 115-119

[6] Note de la sous-direction d'Europe orientale, 21 septembre 1945, ibid., vol. 55, ff. 82-87

[7] Note pour le ministre, 29 octobre 1945, ibid., vol. 59, ff. 115-119.

[8] Télégramme du chargé d'affaires français en Pologne, Jean de Beausse, au ministère des Affaires étrangères (ci-après: MAE), 12 mai 1947, ibid., vol. 60, ff. 185-189

[9] Marty, représentant des compagnies pétrolières françaises en Pologne, à Garreau, 19 novembre 1946, ibid., vol. 66, ff. 126-130.]

[10] Ministre de l'Industrie et du Commerce depuis décembre 1944, Minc était en fait le véritable " patron économique" de la Pologne et le principal artisan des réformes tendant à la socialisation des diverses branches de l'économie polonaise (premières tentatives d'introduction de la collectivisation dans l'agriculture, nationalisations de l'industrie et du commerce). Proche du président Boleslaw Bierut, qu'il avait côtoyé pendant la guerre au sein du Bureau central des communistes polonais réfugiés en Union soviétique, il formait avec celui-ci, Jakub Berman (vice-premier ministre) et Stanislaw Radkiewicz (ministre de la Sécurité publique), le noyau dirigeant de la Pologne qui jouissait du plus grand crédit auprès de Moscou

[11] Entretien Minc - Chromecki du 8 septembre 1945. Voir BORODZIEJ (W.), "Entre le marteau et l'enclume: les entretiens polono-français, 1945-1947", Acta Poloniae Historica, vol. 56, 1987, p.134

[12] Le 3 janvier 1946, l'ambassadeur Garreau avait remis à Modzelewski une note dans laquelle il lui faisait part, au nom du gouvernement français, de "toutes les réserves utiles à l'égard des mesures de nationalisations" prises par les autorités polonaises. A.M.A.E., EU 44-60, Pologne, vol. 71, f. 6.]

[13] Télégramme de Garreau au MAE, 22 juin 1946, ibid., vol. 66, ff. 78-79.

[14] Marty à Garreau, 19 novembre 1946; ibid., ff. 126-130

[15] MARCZAK (T.), Granica zachodnia w polskiej polityce zagranicznej w latach 1944-1950 (La frontière occidentale dans la politique étrangère polonaise dans les années 1944-1950), Wroclaw, Wydawnictwo Uniwersytetu Wroclawskiego, 1995, p. 289.

[16] Pour cet entretien de Garreau avec le chef du département occidental du ministère polonais des Affaires étrangères, Tadeusz Chromecki, le 8 septembre 1945, voir BORODZIEJ (W.), op. cit., p. 134.]

[17] Note de Chromecki, 1 - 2 octobre 1945, citée par BORODZIEJ (W.), ibid., p.137

[18] NASZKOWSKI (M.), Paryz - Moskwa. Wspomnienia dyplomaty (1945-1950) (Paris - Moscou. Mémoires d'un diplomate (1945-1950)), Varsovie, 1986, p.97

[19] Note sur l'entretien Modzelewski - Garreau - Sazy du 25 septembre 1945, citée par BORODZIEJ (W.), Od Poczdamu do Szklarskiej-Poreby. Polska w stosunkach miedzynarodowych 1945-1947 (De Potsdam à Szklarska-Poreba. La Pologne dans les relations internationales, 1945-1947), Londres, Aneks, 1990, p.212.

[20] MIKOLAJCZYK (M.), "Polityka Francji wobec Polski (wrzesien 1944 - luty 1948) " (La politique de la France à l'égard de la Pologne (septembre 1944 - février 1948)), in MALENDOWSKI (W.) et ROBAKOWSKI (K.), Panstwa zachodnie przelomowych wydarzen w Polsce w latach 1945-1995 (Les États occidentaux face aux événements décisifs en Pologne dans les années 1945-1995), Poznan, Wydawnictwo Fundacji Humaniora, 1995, p.71

[21] Note de Roux pour le ministre, 26 novembre 1945, AMAE, EU 44-60, Pologne, vol. 59, ff. 127-129

[22] LICZMANSKI (R.), " Próby odnowienia polsko-francuskiego sojuszu politycznego w latach 1945-1947 " (Les tentatives de renouvellement de l'alliance politique polono-française dans les années 1945-1947), Sprawy Miedzynarodowe, n°5, mai 1982, p. 128

[23] Télégramme de Bidault à l'ambassade de France à Varsovie, 11 juin 1947, cité par SOUTOU (G. H.), "Georges Bidault et la construction européenne", in BERSTEIN (S.), MAYEUR (J. M.) et MILZA (P.) (dir.), Le M.R.P. et la construction européenne, Bruxelles, Complexe, 1997, p. 230.

[24] Télégramme de la direction des Affaires techniques à Beausse, 3 avril 1947. AMAE, EU 44-60, Pologne, vol. 71, f. 180.

[25] Voir Documents on American Foreign Relations, vol. 8, Princeton University Press, 1948, p. 887

[26] Télégramme de Beausse au M.A.E., 12 mai 1947, AMAE, EU 44-60, Pologne, vol. 60, ff. 185-189.

[27] Télégramme de Bidault à l'ambassade de France à Varsovie, 11 mai 1947, ibid., vol. 66, ff. 133-135.

[28] Télégramme de Beausse au M.A.E., 12 mai 1947., ibid., vol. 60, ff. 185-189.

[29] Schuman au MAE, 12 août 1947, ibid., ff. 264-267

[30] Télégramme de Beausse au MAE, 17 septembre 1947, ibid., vol. 66, f. 195

[31] Le 24 septembre 1947, le conseil des ministres avait décidé, sur proposition du ministre des Affaires étrangères, de nommer Jean Baelen, alors ambassadeur à Stockholm, en lieu et place de Roger Garreau, appelé à d'autres fonctions au Conseil de tutelle. La demande d'agrément à la nomination du nouvel ambassadeur qui avait été présentée au gouvernement polonais, le 26 septembre, resta lettre morte jusqu'au 18 novembre, ce qui en dit long sur la volonté des Polonais de conclure les négociations avec l'ambassadeur Garreau. Télégramme de Beausse au MAE, 18 novembre 1947, ibid., vol. 2, f. 93.

[32] Télégramme de Garreau au MAE, 12 novembre 1947, ibid., vol. 66, ff. 222-223

[33] CASTAGNÉ (J.), " les relations franco-polonaises (1945-1972)", Notes et Études documentaires, n°3 922, 25 septembre 1972, p. 25

[34] Télégramme de Garreau au MAE, 12 novembre 1947, AMAE, EU 44-60, Pologne, vol. 66, ff. 222-223.

[35] Il aura fallu cependant l'intervention décisive de Léon Blum, alors directeur de l'office des Biens et Intérêts privés, auprès du président du Conseil, Robert Schuman, pour que ces accords soient signés, en dépit des réticences du ministère des Finances qui contestait notamment les délais de versement au profit du Trésor prévus dans l'accord financier. Or,tous ces accords étant solidaires, l'opposition du ministère des Finances aurait pu menacer "le sort de l'ensemble des intérêts français" qui se serait alors trouvé "commandé par une exigence d'ordre financier dont l'importance n'[était] peut-être pas de nature à compromettre la conclusion d'un accord essentiel à la protection des intérêts français à l'étranger". Blum à Schuman, le 10 mars 1948, ibid., Papiers d'agents - Archives privées, 073 - Schuman, vol. 10, f. 3.

[36] ROLLET (H.), op. cit., p. 475.

[37] Le secrétaire général du Parti ouvrier polonais appelait dans son discours à une réorientation du commerce extérieur de son pays par l'intermédiaire des traités de coopération économique avec l'Union soviétique et les pays de démocratie populaire et ceci afin de se dégager de l'emprise des "États-Unis et de leurs vassaux". Voir PROCACCI (G.) (dir.), The Cominform. Minutes of the three conferences 1947/1948/1949, Milan, Fondazione Giacomo Feltrinelli, 1994, p. 332-343.

[38] CASTAGNÉ (J.), op. cit., p. 25.

[39] Télégramme de la sous-direction des Intérêts français à l'étranger à l'ambassade de France à Varsovie, 18 janvier 1946, AMAE, EU 44-60, Pologne, vol. 71, ff. 42-43.]

[40] CASTAGNÉ (J.), op. cit., p. 16.]